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Alex n’avait pas dormi de la nuit. Elle était restée allongée sur son lit, le drap au-dessus d’elle, le regard rivé vers le plafond. Puis, quand elle en avait eu assez, elle était sortie sur le balcon qui offrait une vue imprenable sur la baie de San Francisco.

Le ciel était étoilé. Un léger courant d’air offrait un peu de repos malgré la chaleur étouffante. La jeune fille s’était assise en tailleur sur le sol en bois et s’était perdue dans la contemplation du paysage. Edison était venu la rejoindre pour s’étendre à côté d’elle, sa tête sur ses pattes avant comme à son habitude.

Elle avait passé la nuit sur ce balcon, à se demander comment sa relation avec son père avait pu se dégrader à ce point. Sebastian lui avait appris qu’à sa naissance, Michael avait fait la promesse de ne pas être aussi absent que son propre père.

La promesse avait été tenue, tout du moins depuis ses six ans. Avant ça, elle n’avait que des brides de souvenir, mais elle se rappelait être restée le plus souvent avec sa mère, puis avec sa grand-mère quand cette dernière était morte. Michael était revenu un beau jour, affublé de Sebastian, et n’était plus jamais reparti depuis. Tout du moins pas au sens premier du terme.

L’arrivée de l’Armée avait creusé un fossé entre eux, qu’elle avait essayé d’endiguer les premières années, avant de jeter l’éponge. En grandissant, elle avait pris conscience de l’horreur des méfaits de son père : à ses yeux, il n’était plus qu’un tueur psychopathe, qui prenait des vies sans ressentir le moindre remord. La faille qui les séparait désormais était bien trop large pour espérer y construire un pont, tout du moins tant qu’il ne ferait pas le premier pas dans cette construction.

Et que Sebastian continue à l’épauler ainsi lui échappait complètement. Il était son deuxième père. Pendant des années, il s’était occupé d’elle avec autant d’attention que Michael. Elle ne l’avait jamais vu avec aucune autre femme. Il n’avait jamais exprimé ce besoin d’avoir une relation avec qui que ce soit, ni même d’avoir des enfants. Comme s’il avait mis sa vie entre parenthèses pour s’occuper d’elle.

Ils avaient eu une conversation à ce sujet deux ans plus tôt. Lorsqu’elle lui avait demandé pourquoi il n’avait jamais eu envie d’avoir sa propre famille, Sebastian lui avait répondu que c’était eux, sa famille. Michael était son meilleur ami, son frère. Quant à elle, elle était comme sa fille.

L’espace d’une seconde, elle avait pris son courage à deux mains pour lui demander s’il était gay et, si tel était le cas, s’il était amoureux de Michael. Elle s’était sentie extrêmement honteuse lorsqu’il avait rigolé à plein poumons, avant d’assurer que, bien que Michael possède un fessier assez extraordinaire, il n’avait aucune attirance sexuelle pour lui.

Leur fraternité pouvait s’assimiler à une relation fusionnelle. Ils n’étaient jamais avares d’accolades, d’embrassades en tout genre, même parfois en public. Cela aurait pu causer des problèmes, si Michael n’avait pas été le Commandant Thompson : ce genre de relation entre deux hommes n’était plus permise.

Michael Thompson n’était rien sans Sebastian Murray, et inversement. Alex avait beau essayer de retourner l’équation dans tous les sens, elle ne comprenait pas ce qui pouvait unir ainsi deux hommes. Une enfance commune ne pouvait pas tout expliquer, elle en avait conscience. Sebastian aurait donné sa vie pour Michael. Et inversement, là encore. Plus elle y réfléchissait, et plus elle réalisait qu’il n’existait qu’une seule raison à un tel lien.

Il y avait deux facettes à ce qu’on appelait les liens du sang, tout du moins à ses yeux. Cela pouvait désigner une parenté naturelle, certes, mais aussi quelque chose de bien plus puissant et sombre. L’expérience d’avoir fait couler du sang ensemble, d’avoir participé à quelque chose de macabre et secret. Intérieurement, Alex était persuadée que son père et Sebastian ne lui avaient pas tout dit. Que, à un moment de leur existence partagée, ils avaient tué ensemble, et que cela les avait soudés pour la vie.

Lorsque l’aube avait commencé à se lever, elle était finalement retournée dans sa chambre pour se préparer. Aujourd’hui était son premier jour en tant que Soldat, et elle n’avait pas le droit à l’erreur.


La Caserne se trouvait sur Fulton Street, dans le Golden Gate Park. C’était un grand bâtiment peu accueillant, dont la façade grise était recouverte de nombreuses inscriptions. Une grande porte en bois en fermait l’accès, gardée par deux soldats de l’Armée au garde-à-vous.

Debout sur le trottoir, son sac sur l’épaule, Alex regardait l’immense édifice, une boule dans l’estomac. Pendant un mois, elle allait subir un entraînement intensif destiné à faire d’elle un brillant soldat de l’Armée. À la porte, elle dut montrer son accréditation, un bout de papier officiel signé par le Commandant Thompson et le Chef-Commandeur Roberts.

– Bienvenue parmi nous, mademoiselle Thompson, la salua une des gardes.

Elle lui répondit par un bref signe de tête puis passa la porte. Elle se retrouva dans un hall blanc au sol carrelé rouge et vert. D’immenses pylônes soutenaient un arc de cercle au milieu, surplombé par une voûte. Sur cette dernière était dessinée une fresque représentant un homme en blanc sur un cheval.

Un groupe de recrues attendait dans le hall, aussi Alex se joignit à eux. Bientôt, une femme à l’imposante carrure arriva. Elle avait des cheveux bruns coupés courts et une forte poitrine qui se balançait au rythme de ses pas. Sans un mot, elle somma au groupe de la suivre.

Ils empruntèrent un dédale de couloirs dans lequel Alex aurait été bien incapable de se repérer, finirent par entrer dans une pièce aux murs décrépis. Des bancs étaient disposés un peu partout.

– Asseyez-vous ! ordonna la femme.

Elle avait une voix particulièrement grave, qui s’accordait néanmoins avec le reste de son corps. Une fois que tout le monde fut assis, elle tira de sa ceinture un long bout de bois.

– Bienvenue à la Caserne. Je suis le Lieutenant Casey et je serai responsable de votre formation ici. Alors autant mettre les choses au clair rapidement.

Elle tapa de son bâton contre le mur.

– Si je vous demande de faire quelque chose, vous le faites. Si l’un de vous fait un pas de travers, le reste du groupe en subira les conséquences. Vous êtes la future garde de notre belle Armée, vous vous devez d’être irréprochables ! L’entrainement commence dans cinq minutes.

Elle sortit de ce qui devait être un vestiaire, laissant les recrues seules. Alex parcourut rapidement le groupe des yeux. Il lui semblait qu’un des garçons était dans sa classe au Centre, mais elle n’aurait pu l’affirmer avec certitude.

Sa tenue d’entraînement enfilée, elle laça ses baskets. Ce ne fut pas une tâche aisée tant ses mains tremblaient. Elle aurait préféré être partout plutôt qu’ici, y compris dans l’amphithéâtre de cours des Formateurs, là où on leur faisait lire moults ouvrages sur la grandeur de l’Armée. Un travail peu gratifiant, certes, mais qui n’impliquait pas d’apprendre à tuer.

Quand ils furent tous habillés, ils rejoignirent le Lieutenant Casey dans la pièce d’à côté. C’était un immense dojo, recouvert de tapis, surplombé au milieu par un ring de boxe. Plein de matériel était disposé partout dans la salle, y compris un stand de tir. Le haut personnel de la Caserne déambulait au milieu des tapis, prenant des notes sur ce qui se passait afin de pouvoir évincer au plus vite les éléments qu’ils ne jugeaient pas aptes à faire partie du corps des soldats de l’Armée.

Et, dans le coin à droite, à quelques mètres seulement de la porte du vestiaire, se trouvait le Commandant Thompson. En proie à une discussion passionnée avec un homme roux qui était le Capitaine de la Caserne, il sembla apercevoir sa fille et glissa un regard long et pénétrant vers elle. Comme une mise en garde.

Elle n’eut pas le temps de s’attarder sur lui car déjà Casey leur donnait les instructions. Ils se mirent par groupe de deux. Alex se retrouva avec une fille de son âge aux longs cheveux blonds, qui lui envoya un coup de pied dans le ventre en guise d’introduction.



[...]

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