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Le soleil venait de commencer sa lente ascension dans le ciel. L’aube apportait avec elle son lot de nuages rosés, présage d’une journée ensoleillée. Tranquillement posé sur la branche d’un arbre, un aigle prit soudain son envol. Il s’éleva dans le ciel, majestueux, comme s’il avait voulu que la faune entière le vénère. Ses grandes ailes battaient le vent, le laissant prendre de l’altitude. Lorsqu’il fut assez haut, il poussa un cri et se laissa tomber.

La puissance des vagues les faisait s’écraser durement sur les rochers. L’aigle rasa la surface de l’eau pendant plusieurs secondes, prédateur guettant sa proie. Il se déplaça ensuite au-dessus de la petite forêt qui culminait en haut des rochers, à l’affût. Sa victime repérée, il effectua de nouveau un piqué. Ailes repliées, serres en avant, il fondit sur le maigre animal, l’attrapa, puis repartit en poussant un cri et disparut dans le ciel.

Accoudé à la clôture en bois qui cerclait le terrain, Sebastian n’avait pas perdu une miette du spectacle. De tous les rapaces, l’aigle était son préféré. Il admirait son agilité, sa vitesse, et sa capacité à tomber sur ses ennemis.

La nature était pleine de surprises. D’après lui, elle possédait une force à part, bien supérieure à celle des hommes. Après tout, les faits parlaient d’eux-mêmes : chaque fois qu’elle osait les défier, elle gagnait. Sa victoire était entière, implacable, et en aucun cas le combat n’était loyal.

Le soleil avait atteint la moitié de son parcours. Il surplombait le pont d’Oakland, inondant la baie de San Francisco de sa douce lumière hâlée. Autrefois, Angel Island avait été un centre d’immigration. Plusieurs milliers d’années auparavant encore, l’île était reliée au continent. La montée des eaux l’avait reléguée au statut bout de terre perdu au milieu de la baie de San Francisco, désormais uniquement relié par un pont de pierre construit quelques mois après l’arrivée de l’Armée au pouvoir.

Une brise légère s’était levée, faisant s’agiter les buissons entourant la clôture. Un chien vint se frotter aux jambes de Sebastian, un golden retriever dont le poil, de couleur sable, était parsemé de feuilles, témoignage de ses dernières roulades sur le sol. L’homme lui caressa affectueusement le dessus de la tête, appréciant le contact.

– Quand on voit la beauté du paysage, quand on entend ce silence, on pourrait presque croire que tout va bien. N’est-ce pas, Edison ?

Le chien aboya, joyeux, puis se coucha aux pieds de Sebastian, sa tête tranquillement posée sur ses pattes avant. Ils restèrent ainsi un long moment, avec pour seul bruit alentour leurs deux respirations et celui des vagues en contrebas.

Soudain, un son de cloche retentit. Une fois, deux fois, trois fois. Edison se leva et, comme tous les matins, aboya. Il tentait tant bien que mal de couvrir le bourdonnement, qui résonna encore deux fois. Crocs sortis, il semblait prêt à attaquer. Sebastian posa un genou à terre, l’entoura de ses bras.

– Allons, allons, calme-toi. Je suis là, tout va bien.

Il lui chuchotait à l’oreille tandis que le chien peinait à retrouver une respiration régulière. Sebastian le caressa doucement, le regard rivé sur la ville de San Francisco qui apparaissait de l’autre côté de la baie. Si paisible quelques secondes auparavant, des échos s’en élevaient à présent.

– « Les cinq coups de l’Aube résonneront encore et toujours », récita-t-il à mi-voix.

Il regarda sa vieille montre à quartz qui indiquait 6h30. Pile à l’heure, comme toujours. Sebastian attendit qu’Edison ait retrouvé son calme pour se lever. Il soupira et se retourna, marcha en direction de la maison, le chien sur ses talons.

La villa n’était pas très récente. Elle avait été construite plus d’une décennie auparavant, quelques années avant l’arrivée de l’Armée au pouvoir. Pourtant, la bâtisse respirait la fraîcheur. Elle était faite d’un bois clair qui contrastait avec les grandes baies vitrées donnant sur l’extérieur. Cachée au milieu des arbres, elle paraissait prête à résister à tout. Pour rien au monde Sebastian n’aurait voulu quitter cet endroit. C’était chez lui. Un havre de paix, oui, mais plus encore. Un bastion.

Sebastian tira la porte vitrée, laissa passer Edison et referma avec délicatesse. Il eut un dernier regard vers la ville qui commençait à s’agiter puis se dirigea vers la salle principale. La décoration y était simple, mais élégante. Au centre, deux canapés reposaient sur un vieux tapis, séparés par une petite table basse en bois. Un peu plus loin, un comptoir venait marquer la séparation avec la cuisine. Dessus étaient posés un panier de fruits ainsi qu’une bougie.

Edison trotta jusqu’au canapé sur lequel il sauta et s’allongea, sa crise passagère complètement oubliée. Bientôt, il ferma les yeux et s’endormit, paisible.

Sebastian s’avança vers le comptoir devant lequel était assise une jeune fille. On ne pouvait pas vraiment dire qu’elle était jolie, tout du moins pas selon les soi-disant standards de beauté passés et actuels : son nez était trop grand, ses oreilles décollées, ses dents de travers, alors que ses yeux étaient d’un bleu magnifique.

– Bien dormi ? demanda Sebastian en prenant place à côté d’elle.

Pour toute réponse, elle lui décocha une grimace qui le fit sourire. L’homme l’embrassa sur le front, la faisant soupirer.

– Où est ton père ?

La grimace de la jeune fille s’accentua. Comme à chaque fois que Sebastian abordait ce sujet.

– Aucune idée. Et je m’en fous.

De toutes les personnes qu’il connaissait, Alexandra Thompson était sûrement la plus têtue, un défaut qui lui venait sans aucun doute de son paternel. Sebastian ne se souvenait pas avoir déjà rencontré pareille tête de mule. En plus de son entêtement, la jeune fille donnait l’impression de prendre un malin plaisir à désobéir. Des écarts de conduite qui pouvaient coûter très cher en cette période de terreur.

– Tu veux qu’on en parle ?

Sebastian avait plongé ses yeux dans ceux d’Alex. Ils se défièrent du regard plusieurs secondes, jusqu’à ce que la jeune fille craque. Elle poussa un énième soupir, se leva.

– Je dois y aller si je ne veux pas être en retard.

– Je t’accompagne, décréta aussitôt Sebastian. J’ai des courses à faire au marché.

Avant même que la jeune fille n’ait le temps d’ajouter quoi que ce soit, il s’empara d’un vieux sac qui traînait. Il trottina jusqu’à la porte, l’ouvrit et, un grand sourire sur le visage, lui fit signe de passer.

– Ce que tu peux être vieux jeu, grommela-t-elle.

Dehors, des bruits en provenance de la ville leurs parvenaient. C’était assourdissant, tout aussi étouffant que la chaleur humide du mois de juin. Sebastian referma la porte tandis qu’Alex commençait à s’éloigner au loin.

Elle était plutôt grande, plus que lui, et sa silhouette avait commencé à s’affiner lorsqu’elle avait entamé la préparation physique de l’Armée. Elle avait gagné du muscle, perdu quelques-unes de ses rondeurs, mais avait conservé sa démarche nonchalante qui exaspérait son père.

Il courut pour la rattraper alors qu’elle marchait désormais sur le chemin de terre. Située au sommet de l’île, la maison était reliée au pont par un simple sentier qui serpentait au milieu de la végétation, bordé d’immenses arbres au feuillage imposant. La descente jusqu’au pont prenait une dizaine de minutes, aussi Sebastian engagea-t-il de nouveau la conversation.

– La cérémonie de fin de cycle est dans une semaine. Tu as choisi ce que tu allais faire par la suite ?

– Uhm, laisse-moi réfléchir. J’ai le choix entre m’engager dans l’Armée en tant que Soldat, m’engager dans l’Armée en tant que Formateur, ou bien m’engager dans l’Armée en tant que Spécial. Je ne sais que choisir.

– Cesse donc d’être sarcastique de la sorte, la gronda gentiment Sebastian.

La jeune fille se retourna pour lui faire face. Son visage était emplein d’une lassitude à peine voilée.


[...]

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