Dans sa tête

5 minutes de lecture

  Je suis stressée, presque angoissée. Mon estomac est noué, et je n’ai presque rien avalé… Pour quelle raison ? Ce garçon. Très mignon d’ailleurs ! Un petit brun aux épaules larges. Il est venu me voir il y a quelques jours, alors que j’étais seule sur mon banc, dans le parc pas loin de chez moi. Nous avons longuement discuté et finalement, il m’a invité au restaurant.

  Il est temps d’y aller… J’ai deux heures pour me préparer. J’ai le temps ! Je file à la douche, histoire de me rafraîchir. Je sors, me sèche, et marche vers ma chambre, serviette autour du corps. J’entre, et ouvre mon immense placard. Je regarde mes habits, les jugent et finit par déclarer :

« J’ai rien à me mettre ! »

  Je ne peux pas rester sur un échec, il me faut fouiller ! Je sors pleins d’affaires : pulls, pantalons, robes, tuniques,… Rien ne m’attire. Bon, je ne vais pas aller au rendez-vous en serviette tout de même ! Improvise nom de dieu ! Je regarde les affaires étalées sur le lit, et observe. J’attrape et enfile mon jeggins bleu. J’ai ENCORE pris des fesses… Bon, je suis fine, mais faut pas que j’abuse des bonnes choses. J’attrape un tee-shirt blanc à manches courtes. J’aime particulièrement son col en V.

  J’enfile tout ça, me parfume un peu et jette un coup d’oeil dans le miroir. Ma tenue me convient ! Maintenant, le maquillage. Je n’aime pas trop ça, mais on va faire un petit effort pour ce soir ! J’attrape mes pinceaux, le fond de teint, l’eye-liner, le crayon et me met à l’ouvrage. En quelques minutes, j’ai fini. Un petit maquillage discret, mettant en valeur mes yeux bleu clair. Mes longs cheveux blonds sont presque secs. Je les brossent et les lissent. Je fais deux petites tresses sur les cotés, que j’attache entre elles à l’arrière de ma tête.

Je me lève, me regarde dans le miroir et souris.

« T’es vraiment pas mal Noa ! »

  J’entends la moto de mon frère, c’est lui qui me conduit à mon rendez-vous. Je regarde mon téléphone, il est légèrement en avance. J’attrape mon casque, enfile mon manteau en cuir brun, et ouvre la porte. Il est là, à cheval sur sa moto blanche, équipé de la tête aux pieds. Je m’équipe, m’installe à l’arrière et m’accroche à lui. Il démarre en trombe dans notre petite rue, et m’emmène jusqu’au restaurant. Une fois arrivé devant, il me dépose et repars aussitôt. J’enlève mon casque, réajuste mes cheveux et regarde autour de moi. Il est là… J’espère que tout va bien se passer… Il approche. Oh mon dieu ! Je dis quoi ? Je dis quoi ??

— « Salut. T’es vraiment jolie !

— Salut ! Ah, merci, c’est gentil. »

  J’affiche un petit sourire, espérant cacher mes joues qui se teintent de rouge. On entre tous les deux, un serveur nous installe à une table, face à face. Je commande un mojito, il commande un soda. J’ai l’air d’une ivrogne… En tout cas, il est prudent, c’est déjà ça. On commence à discuter, regardant la carte en même temps. Il s’exprime bien, et intelligemment ! Que commander ? La salade, c’est risquer d’avoir une feuille coincée entre les dents. Une izza, ça fait grosse. Surtout pas de plat à l’ail ! On commence à discuter de nos vies, de nos goûts,… Malheureusement, le serveur arrive pour prendre notre commande. Je choisis finalement une salade, il prend des ravioles aux fromages.

  On commence à parler de la musique. Car oui, Jérémy joue de la guitare. C’est joli la guitare ! Pas aussi joli que mon instrument, le piano, mais joli tout de même. On discute longuement de notre parcours musical, de nos débuts. Je sens que l’atmosphère s’est détendue. Le serveur nous apporte les plats. Nous commençons à manger. Je suis concentré sur chacun de mes mouvements, évitant la catastrophe. Je m’imagine bien, la tache de vinaigrette sur mon tee-shirt blanc, un bout de salade entre les dents… La chose la moins classe au monde !

Il me regarde, c’est perturbant. À quoi il pense ? Il pense à moi ? Il se fait peut-être des films… Ah, il a remarqué que je le fixe. En même temps, je ne suis pas très discrète. Il rougit, c’est mignon !

— « Tu penses à quoi ?

— Je me disais que tu avais des yeux magnifiques. »

  Je pense avoir rougi, vu le grand sourire qu’il affiche. Je replonge dans mon repas, et on continue la conversation sur divers sujets. Il finit par faire une blague. J’ai éclaté de rire, j’en ai mal au ventre ! Le repas fini, chacun paye sa part. Il est charmant, souriant, drôle. Je bois ses paroles comme de l’eau, c’est impressionnant. Il me plait je crois. Enfin… Il est encore trop tôt pour le dire !

— « Tu comptes attendre que ton frère te ramène ?

— Oui, je pense. Pourquoi ?

— Je t’aurai bien proposé de te ramener ! »

  Je souris, sachant déjà quoi répondre. J’attrape mon téléphone, envoi un petit message à mon frère afin de le prévenir. Jérémy me montre la direction et nous marchons. Je suis perdue. Je me pose des tas et des tas de questions ! Je dois avoir une mine affreuse pour qu’il passe son bras autour de mes épaules. Il me serre contre lui, silencieusement. Son doux parfum m’envahit. Surpris par ce geste, je lui résiste quelques instants, mais je finis par me laisser aller. On marche un petit peu en ville, le soleil se couche. On dirait une scène de film romantique ! Mais qu’est ce que c’est chouette… On arrive dans une rue, où sa moto est garée. Nous nous installons dessus et nous partons. J’indique quelques directions, et nous arrivons devant chez moi. Il coupe le contact et descends. Jérémy m’accompagne jusqu’à ma porte, un petit sourire aux lèvres.

— « Merci pour la soirée, c’était super agréable. »

  Il me regarde fixement, son sourire s’élargit. Je suis comme une proie hypnotisée. Je m’approche de lui, et j’ai l’impression que le monde s’efface autour de moi. J’ai la sensation de perdre pieds, de tomber. Je balbutie, et je perds totalement le contrôle de mon corps. Je ferme les yeux, lâchant prise, me laissant pleinement aller. Il m’embrasse tendrement, me collant à lui. Je pose une main sur son torse, et profite de ce moment intense et pur.

  Il s’arrête, se retourne, démarre et s’en va, me laissant là, devant ma porte. Que s’est-il passé ? Je touche mes lèvres, comme si j’émergeais d’un rêve. Non, je n’ai pas rêvé. Mais pourquoi être parti aussi vite ? Je suis confuse, désorientée. Je m’appuie contre le mur, cherchant à comprendre. Je sens soudain quelque chose dans ma poche arrière. J’y trouve un petit morceau de papier, plié en deux. Je l’ouvre et y lis :

« Merci pour cette magnifique soirée. Je n’aurai pas pu rêver meilleure compagnie. Tu me plais beaucoup Noa. À très bientôt sur un banc, Jérémy. »

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 5 versions.

Recommandations

Vous aimez lire Morvak ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0