Le rêve d'un arbre -

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Je me tenais dans ma forêt. Comme d'habitude, j'étais invisible. Rien ne trahissait ma présence, pas un bruit, pas une emprunte, pas un son, pas un frémissement de la moindre petite feuille. Je passais sans que rien ne m'arrête, ondulant avec la brise.

Cette nuit là, la forêt paraissait en alerte, semblant couver un mystère important. Je cherchais sans assurance des réponses. Oui, je ne faisait que cela, chercher des réponses sans jamais en trouver aucune.

A force de fouiller la nuit, mon regard fini par être attiré vers un arbre où se découpait une silhouette sombre. L'ombre s'assit sur la branche où elle se trouvait et laissa balancer ses jambes dans le vide. Puis, d'un bond souple, elle atterri sur le sol humide. Se redressant avec grâce, la chimère se découpa dans la nuit. Elle était mince et élancée, ses cheveux sombres se confondaient au ciel d'encre et sa robe moyenâgeuse flottait à ses côtés, rendant son apparition plus irréelle encore. Le silence dut à cette nuit ténébreuse revint peu à peu et, quand elle put percevoir les scarabées marchant sur les arbres alentours, alors seulement la femme mystérieuse se décida à esquisser un pas vers l'horizon. Brusquement, elle tendit l'oreille. Elle venait de percevoir comme l'idée d'un bruit. Comme un simple filet de son, lui parvenant de plus loin qu'il n'aurait fallut. Elle inclina la tête sur le côté et se concentra sur le chuchotement lointain. Alors ses lèvres se fendirent en un sourire carnassier d'où pointèrent deux canines scintillantes. Enfin la chimère partie avec une dangereuse rapidité, faisant frémir les feuilles sur son chemin. Mue par une soif de pouvoir, elle couru sans remarquer les yeux luisant qui la fixaient dans un taillis. Quand ils ne la virent plus, les yeux  et leur corps sortirent du buisson. La bête qui se redressa était terrifiante. Se tenant sur deux maigres pattes postérieures, un immense corps couvert d'une mince couche de poils gris ébouriffés portait une tête gigantesque affublée de deux yeux  jaunes aussi brillant que des étoiles, d'un museau félin allongé recouvert des mêmes poils gris qui couvraient son corps, de deux oreilles de loup dont l'une semblait à demi arrachée et d'une bouche énorme où s'alignaient d'interminables dents redoutablement pointues d'où coulaient de longs filets de bave chaude. Tous les membres de la créature traduisaient une virilité féroce, animale et sauvage. Le garou huma l'air, puis bascula la tête vers l'arrière et hurla tel un loup à la lune qui était déjà bien ronde pour mieux l'entendre chanter. Puis il prit appuis sur ses quatre vigoureuses pattes dont les muscles se bandèrent et il s'élança entre les arbres, suivant plus ou moins la piste de la chimère. Le garou slaloma entre les arbres jusqu’à atteindre l'orée de la forêt.

Je l'abandonnais là et retournais au cœur le la forêt, méditant sur les visions de la nuit. Je marchais sans toucher le sol, comme d'habitude, mais progressais plus vite qu’habituellement. Je faillis dépasser mon arbre et me sentie troublée... Je réunis mon esprit, mon âme et mes soucis et enlaça le tronc noueux de mon arbre. Alors notre lien fut rétabli, entre le réel et le rêve et je repris ma place dans son inconscient tandis que mon arbre començait à se réveiller, groggy, avec le lever de l'astre lumineux.

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