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Lire : "L'inconnu du pont Notre-Dame » de Jean-François Paro

par Patrice Lucquiaud  il y a 4 ans
Que cherchons nous à travers nos lectures ?... En premier lieu, je pense, c'est le dépaysement ou, si vous préférez, une sortie manifeste du contexte de nos vies. Plonger dans de nouveaux univers, échapper au train train quotidien, changer d'époque aussi, allant dans le futur ou investissant le passé ; dans un sens comme dans l'autre, ce sera toujours l'inconnu avec, en prime, de nouvelles aventures...



En cela, avec les enquêtes de Nicolas Le Floch, nous ne serons point déçus. Dans celle dont je viens de terminer la lecture constituant le dernier roman de Jean-François Parot, intitulé « L'inconnu du pont Notre-Dame » nous faisons un retour de deux siècles et demi dans le temps.

L'affaire débute exactement au printemps 1786 sous le règne de Louis XVI... nous sommes à trois années avant le début de la Révolution...

Non, cher Internaute de passage, je ne vais pas vous résumer l'histoire, ce n'est pas le but de mon billet. Par contre, que ce que je décris, ici, vous incite à lire ce roman policier d'une époque bien antérieure à la notre, fait bien partie de mes intentions.

Déjà, rien que pour redécouvrir et parcourir le Paris de cette fin du XVIIIe siècle, tourner les pages de ce livre est un délice... les images affluent au gré des descriptions, des déplacements et de toutes les allées-et-venues de notre vaillant, tenace et perspicace commissaire.

Bien sûr, tout ça s'imagine en costumes d'époque où la perruque accomplit encore de nombreux offices mettant en évidence beauté ou défauts des visages. Notre commissaire s'en amuse parfois quand il ne s'agit pas de la sienne...

Pour l’assister ou pour l'éclairer, des personnages sympathiques, et avenants parfois hauts en couleurs, le suivent, le réceptionnent à l'improviste ou s'invitent dans son cabinet à l'hôtel du Châtelet, le plus souvent pour faire le point sur les avancées de l'enquête. Ce sont des grands moments de discussions où la réflexion n'est pas exempte de finesses et de trouvailles. L'auteur donne à ses dialogues une pertinence tout à fait réaliste, jamais surfaite. J'apprécie en outre le ton courtois, nullement badin mais juste relevé, qu'adoptent ces personnages de cour. En émane une distinction suffisante, mais savoureuse pour faire passer des vérités gênantes parfois. Ici, nous sommes loin de la brusquerie des policiers de notre époque même si l'on sait que sous Louis XVI, on a encore recours à « la question », une méthode inquisitoire que réprouve vivement l'humaniste Marquis de Ranreuil alias Nicolas Le Floch.

On évolue donc dans ce « beau monde » jusqu'à la cour du roi à Versailles, on suit les échanges de vues entre ce monarque débonnaire qui sait aussi être mesuré dans ses appréciations et jugements et l'honorable commissaire marquis. Mais on pénètre également les bas-fonds de la capitale :, tavernes obscures, maisons de passes insalubres, bouges immondes, des lieux où le bourgeois croise le misérable qui, parfois, s'adressent la parole, transmettent et reçoivent l'obole, sans doute avec plus de naturel et beaucoup moins de condescendance qu'à notre époque. Les indigents assument leur amère condition d’existence et les bourgeois leurs démarches d'insoucieux ventripotents.

Ce monde chamarré et gris sombre se mélange encore, il ne saura tarder à envisager une séparation inéluctable avec les conséquences cataclysmiques que l'Histoire nous a enseignée.

Mais nous n'en sommes pas encore là, il y a, présentement, cette énigme de l'Inconnu du pont Notre-Dame à résoudre et ce n'est point une mince affaire.

En suivre le dénouement est palpitant, une piste nous conduisant sur une autre et cette dernière sur une nouvelle qui ne semble encore pas la bonne. Ne doit-on alors revenir au point de départ ? Le suspens est bien présent et entretenu, entrecoupé d'agréables et bienfaisants instants constitués de rencontres joyeuses, de repas gouleyants entre amis, ou encore de fêtes et de bals à la cour de Versailles. Entre lueurs et éclats, tout un monde scintille de ses flammes doucettement généreuses ou de ses artifices...



L'écriture est soignée, les descriptions détaillées amplement suggestives, les images séduisantes, tantôt vives, tantôt volontairement floutées. J'apprécie beaucoup leur narration.

C'est au point que même, ayant apprécié les épisodes filmés présentés à la télévision, je préfère encore la lecture de ces romans ayant inspirés ces fictions. Elle constitue pour moi un régal qui va parfaitement dans le sens du dépaysement évoqué au début de cet article. Sans doute parce que la vie dans sa réalité autant que dans sa traduction écrite, ne tient pas qu'aux seuls mouvements résultant de l'agir, elle s'apprécie aussi dans la mouvance du perçu et du ressenti. La véritable action est un tout qui rassemble paysages, personnages, agissements jamais dénués des réflexions qui les suscitent.

Quoi de plus exaltants que de tous, les recréer et les vivre en soi, au fil des mots !....
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jean-alain Baudry
je n'ai pas aimé le style "à la manière de". ma fille dit qu'on s'habitue au bout de quelques pages, je ne suis pas allé jusque là. je préfère la version télé (un peu bof non ?)
mais que ça ne dégoûte pas l’éventuel lecteur alléché par ta présentation on ne peu plus complète et parfaitement "écrite".
bye jab.
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