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Débat 5 : Une histoire se doit-elle de faire réfléchir ?

par Marion Tmp  il y a 2 ans
Comme prévu, nous reprenons le rythme ! Mercredi, et un nouveau débat !

Aujourd'hui, c'est Navezof qui pose une question à la communauté :
" Le sujet m'est venu en discutant avec un ami, et il disait ne lire que des "livres qui font réfléchir" (de la philosophie, des livres qui parle de sujet de société, etc...) et ça m'a fait repenser à ma propre nouvelle, et je me suis rendu compte qu'elle ne faisait pas vraiment réfléchir. Elle présente des personnages, leur relations, des lieux nouveaux, etc..., mais elle ne fait pas vraiment réfléchir. D’où les questions : Qu'est ce qu'une histoire qui fait réfléchir ? Une histoire se doit-elle de faire réfléchir ?"

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Samedi : MissJoMarch, posera une question axée sur le divertissement.
Alors, à mercredi prochain !
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C.S. Ringer
Réfléchir, pas forcément. Ce que j'attends d'un livre, c'est qu'il me provoque des émotions ; envie de pleurer ou de jeter le livre, m'attacher à un personnage et avoir de l'empathie pour lui, envie de lire la suite etc.
Après cela dépend de la question traitée, bien sûr. Il y a des thèmes qui nous font réfléchir même quand l'auteur ne le prévoit pas, ou n'en a pas l'intention.
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Alicé Awh
Une histoire doit faire ressentir des émotions et/ou faire réfléchir. Donc, non, ce n'est pas essentiel de faire réfléchir, à condition que l'on transmette tout de même quelque chose au lecteur.
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Luc Witz
une histoire se doit avant tout de plaire.
si elle fait réfléchir c'est bien, si elle fait rêver, c'est bien aussi et si elle fait les deux c'est encore mieux.
mais a mon sens, seuls les imbéciles ont besoin qu'on les aide a réfléchir au moyen d'ouvrages strictement dédiés a cet usage.
mais je m'éloigne.
une histoire n'a aucun devoir et si il n'existe qu'un seul lecteur pour l'apprécier, alors elle remplit déjà largement son office.
la beauté a le droit d'être futile.
quand je lis les post précédents, je ne vois que la réflexion intelligente de gens intelligents, c'est très réducteur par ce que la majorité des lecteurs sont de "faux lecteurs" qui liraient sans doute autre chose si ils étaient capables de réfléchir.
en France, puisque nous y sommes, ce sont les auteurs les moins lus et les moins intéressants qui bénéficient de la meilleure presse et j'aurai tendance a dire que pour réfléchir, il n'y a plus a hésiter entre le journal de mickey et un Goncourt.
depuis quelques jours que je suis sur ce site, j'ai vraiment lu des choses excellentes et certaines ont émoustillé mes neurones, m'ont fait réfléchir ou rêver mais voila, elles sont ici et pas en tète dans les rayons des grandes librairies,
par ce que le lecteur moyen ne réfléchit de toute façon plus, il lit pas snobisme, pour se faire croire qu'il est moins bête, pas pour s'évader ou réfléchir.
et puis réfléchir a quoi? si vous orientez votre œuvre vers une vraie réflexion, vous ferez peur, et si vous ne faites réfléchir que les idiots, l'êtes vous moins qu'eux?
vie la SF et la fantasy qui ne font réfléchir que les rêveurs, beaucoup diront que ca n'est pas de la réflexion mais au moins ca reste propre et sain et personnellement je préfère me demander comment se fabrique un sabre laser plutôt qu'avoir a subir le sophisme pompeux d'un intellectuel de foire.
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JPierre
Bonsoir, Une histoire doit-elle faire réfléchir? Rien quel le fait de "prendre" un livre pour le lire est une réflexion! Isn'it?
Sinon, je crois, au plus profond de moi, que nous ne cessons jamais de réfléchir; en lisant, en écrivant! La question est plutôt: y a-t-il un message? Sans préjugé, ni limitation. Chaque genre peut l'inclure, Amour, SF, Policier, etc..
Le tout est intimement lié, quand même, à l'accroche de départ. Nous entrons ou pas dans la narration; nous adhérons ou pas; le récit me plait, me révolte, m'indiffère ou autre. A la base, il y a du "réfléchir"; ensuite vient le "penser". Ce n'est pas tout à fait la même chose.
Réfléchir n'inclut pas, obligatoirement, concentration. La pensée, si ! Dans la lecture, pour limiter, il y a aussi le paramètre "songer", synonyme, avec un sens qui peut diverger ou converger.
Bien sur, réfléchir, penser, songer, ont tous en commun la conscience donc la volonté.
Peut-on lire inconsciemment. Je ne le crois point!
Mais, nous pouvons écrire inconsciemment!
Ré Flèche Hire … pour finir par une pirouette cette ébauche de réflexion.
JPierre
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NM Lysias
Pour moi toute les histoires ont une réflexion, quelle quelle soit.
Pas tout le monde à la même logique et le même ressentie. Les histoires sont faites tantôt pour dire, tantôt pour fuir, une réalité ou une fiction. Peut importes leur styles, leur valeur ou ce que l'auteur n'a pas su lire entre ses propres lignes, un récit reste une chose avec une réflexion...Même dans une histoire où l'on rattache des phrases de personne différentes, on peut voir ou déceler une logique qui nous fait réfléchir.
Il n'est pas nécessaire de lire de la grande littérature pour entre voir une réflexion! Livre d'amour, de fiction, histoire, socio dans tout cela, il y aura toujours un mot ou une phrase qui vous fera réfléchir, ne serais-ce qu'un peu.
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Mimi1651
La seule réponse que je me verrais donner est peut-être, car tout dépend de la raison pour laquelle vous écrivez.
Si vous écrivez pour vous faire plaisir, alors votre histoire devrait suivre cette règle : rendre le lecteur heureux et rien d'autre.
Si vous écrivez pour passer un message, par contre, votre histoire aura peut-être pour but de faire réfléchir les lecteurs.
Voilà mon opinion !
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Marion Tmp
Merci d'avoir donner ton opinion !
Je suis entièrement d'accord avec ce que tu dis.
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Max-Louis
Bon jour,
A la question : "Une histoire se doit-elle de faire réfléchir ?" La question est vague tout en étant vaste, quoi que ...
Je dis : Non ! est heureusement, car il est bon aussi de lire sans se poser des questions toutes les trois lignes. Une histoire du genre Arlequin ne fait pas réfléchir (en général), un polar genre SAS, non, plus. Ni d'ailleurs, un Jules Verne (que j'adore). :)
Max-Louis
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Marion Tmp
Tu dis : Non ! Au moins c'est clair. :)
On ne se pose pas de questions toutes les trois lignes mais le sujet, laisse à réfléchir des fois. Par contre, je suis du même avis : " il est bon aussi de lire sans se poser des questions"
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jean-alain Baudry
tout dépend du texte, on n'est jamais à l'abris d'apprendre quelque chose...
même dans un passage distrayant...
quand on veut du "qui fait réfléchir" on s'oriente vers les thèmes qui nous instruisent.
mais c'est chacun qui en juge.
en tout cas, aucune obligation... la "bonne" littérature n'est pas LE maître d'école...
bye, jab.
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Lucas Dalva
Qu'est ce que réfléchir ? (ouais on part comme ça mais ce sera court)

Étymologiquement c'est "faire courber".
Donc est-ce qu'une histoire doit nous modifier ? Je crois qu'elle ne doit pas, elle le fera de toute façon.

Après c'est une question de force. Je pense que c'est quelque chose de très personnel. Se laisse-t-on facilement convaincre ? Est-ce que vraiment ce qu'on lit nous apporte vraiment quelque chose de si nouveau ?

Bref, une question qui pour moi ne se posera pas vraiment, car sa conséquence s'impose selon mon point de vue.
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Marion Tmp
Certainement, mais des textes plus humoristiques ou plus absurdes, ne ferons pas forcément réfléchir. Un exemple de film, qui ne fera pas du tout réfléchir : Les Tuches. Quoique, le film a aussi le sujet d'argent... Enfin bon. Des fois, on lit pour lire, sans vraiment réfléchir. Peut être réfléchissons-nous inconsciemment ?
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Lucas Dalva
Non les textes absurdes font relativiser. Les Tuches sont une critique claire de beaucoup trop de choses pour ne pas avoir de message.

L'absurde a toujours un message, celui de relativiser la gravité de la vie. Au moins.

Nous sommes un tissu de milliards de causes additionnées les unes aux autres : tout acte, donc toute lecture, finira par nous définir, même à 0.00001% de nous-même.

Être conscient de ce qu'on lit c'est déjà réfléchir. Peut-on lire inconsciemment donc ? Hmm... ça me parait compliqué. A part un livre qu'on a déjà lu 1000 fois qu'on lit sans faire attention, peut-être, mais je ne vois pas bien l'intérêt :/
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Kiel Kinimo
Certains textes portent des messages volontaires et ont une vocation plus poussée en terme de remises en question, mais je pense que tous les textes peuvent amener à réfléchir.

On raconte l'aventure de personnages, leurs réflexion et leurs conséquences, et il est toujours possible de ramener ça a des "s'il n'avait pas fait ça, ça n'aurait pas entraîné ça", etc...

C'est peut-être parfois simpliste, mais même dans une histoire de romance ultra clichée, on est amené à réfléchir, par exemple, sur l'importance qu'on donne à une relation amoureuse par rapport à sa vie professionnel...

Après, tout comme on peut apprécier l'action et le visuel d'un film sans trop réfléchir au scénario et aux messages délivrés, on peut apprécier un livre pour son histoire sans forcément s'imaginer un message philosophique à chaque paragraphe.

Petit ajout qui me vient à l'esprit, un livre peut faire réfléchir autrement qu'en passant des messages. Un polar, par exemple, est censé vous faire surchauffer le cerveau pour essayer de deviner la fin du livre avant que vous ne la lisiez.
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Marion Tmp
Ce n'est pas faux, réfléchir et réfléchir philosophiquement.
Je pense qu'en étant écrivain, on cherche quand même à faire réfléchir. Quand je dis écrivain c'est écrivain pas écrivain amateur. Qu"on fasse bien la différence. Dans les livres publiés, quels qu'ils soient, il cherche à nous faire réfléchir. Quand aux lycée et collèges, nous procédons à l'analyse d'un livre, on découvre souvent que ce qui est sous-entendu est sujet à la réflexion.
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Kiel Kinimo
Je suis en partie d'accord, un écrivain va généralement vouloir amener à réfléchir, mais il ne faut pas oublier que les gens voient ce qu'ils veulent à travers leur propre analyse de chaque oeuvre, chacun a sa vision des choses.

On a souvent aucune confirmation sur le fait que l'auteur ait vraiment voulu dire telle ou telle chose à travers son écrit. Parfois c'est volontaire et ça transparaît tellement qu'on aurait du mal à penser autrement, parfois c'est plutôt représentatif de sa vie, du coup c'est présent sans qu'il y ait réellement réfléchis, et dans certains cas, c'est tout simplement mal interprété par les gens qui en parlent.

Ma référence pour expliquer mes propos ne sera pas très littéraire, mais j'aime beaucoup l'épisode "L'Histoire de Scrotie McMorvoburnes" de South park, ça résume parfaitement ma pensée sur certaines analyses qu'on m'a contraint à juger comme étant véridiques alors qu'elles me paraissaient injustifiées.
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J.Eyme
Une histoire de base aura toujours un rôle de "réflexion"

Et là, oui oui oui, c'est parti pour un gros pavé pour le plaidoyer qui un jour sera intégré dans l'antimanuel. Aussi, voici les prémisse d'un article qui sans nul doute vaudra pas mieux ^^

Un livre va obligatoirement "réfléchir" et/ou "faire réfléchir". On a de la physique et du figuré et cela va dans les deux sens ^^ (un Doliprane s'vous plait)

Un livre sera soit un "miroir" soit une "fenêtre".

Le miroir "réfléchi" notre propre image.
La fenêtre nous ouvre vers l'extérieur ou l'intérieur et ainsi nous "fait réfléchir"
Cela marche autant pour l'auteur que pour le lecteur.

Un miroir est une histoire "d'égo"
Une fenêtre est une histoire "d'alter" (cf l'antimanuel - putain ! c'est que j'arrive à être cohérent dans ce que je dis ^^)

Quel est l'objectif ?
Se complaire ? => Le livre va nous réfléchir.
Se (re)chercher ? => Le livre va nous faire réfléchir.
Transformer ? => Le livre va réfléchir, briser le miroir, ouvrir la fenêtre et faire réfléchir.

Aussi arrive la petite phrase qui sort du four (attention c'est chaud) : "N'écris pas un dialogue entre deux égos, écrit pour une rencontre entre deux alters"

Lorsqu'un lecteur se retrouve dans une histoire c'est qu'il n'est pas dans un processus de recherche de soi (bon ok, c'est pas aussi simple et je joue avec les mots, mais laissez moi finir) car, Je étant un autre, c'est à la rencontre de l'alter que je me constitue en tant que Je. Et si alors je me re-trouve, c'est l'identification formelle à moi, impossible alors d'ouvrir une fenêtre vers l'extérieur ni vers l'intérieur (car il faudrait que je me prenne moi même comme objet et donc comme autre).

Alors se regarder soi-même à travers un médium (livre, film ou autre) n’enclenche pas de dynamique de recherche, ni de transformation, mais bel et bien de complaisance. Nul besoin d'aller vers l'autre, puisque je suis là et que l'image m'est alors suffisante.

Alors... se prendre comme objet et faire une histoire de soi comme si on était un autre. Partir à sa propre rencontre, savoir où se situe le miroir, savoir où se situent les fenêtres, et savoir surtout briser cette glace qui ne fait que nous renvoyer notre propre image et qui nous empêche de sortir de nous-même.

"Écrire une histoire qui nous écrit" c'est se transformer dans le processus d'écriture.

"Ecrire une rencontre entre deux alters" c'est aller à la rencontre de soi, et c'est permettre au lecteur d'aller à sa propre rencontre, non pas en lui mettant un miroir sous le nez, mais se chercher et trouver un autre, pas soi, un autre.
Alors, transformation il y aura lieu.

Un livre "réfléchira" toujours, il n'est question alors que du processus de réflexion qu'il engagera.

L'adolescent surtout, mais tout le monde est concerné, préférera grandement la "réflexion physique" plus que figurée - qui peut s'expliquer par les mécanismes de comparaison sociale, construction de l'identité, besoin d'appartenance, problématique narcissique.

Et on aura compris que ce plaidoyer milite pour que tous les miroirs soient brisés et qu'on aille à la rencontre de l'autre ;-)

(ps : il y aura surement des modifications dans le propos. Je viens de le pondre en quelques dizaines de minutes et cela exige quand même un peu plus d'écriture pour aller au fond de ma pensée - donc les premiers lecteur, excusez moi si cela est complétement abs-con ^^)
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Rosa Carmon
"Un livre va obligatoirement "réfléchir" et/ou "faire réfléchir". On a de la physique et du figuré et cela va dans les deux sens":
oui, tout à fait d'accord. Le monde est mathématique (énergie, même, il paraît).

"Un livre sera soit un "miroir" soit une "fenêtre".":
si tu t’intéresses à la Renaissance italienne, la peinture était décrite dans ces termes et rattachée à l'idée physique que tu développes au-dessus.

"Le miroir "réfléchi" notre propre image.
La fenêtre nous ouvre vers l'extérieur ou l'intérieur et ainsi nous "fait réfléchir"
Cela marche autant pour l'auteur que pour le lecteur.":
oui, on reconnaît dans le livre ce qui parle de nous, et on apprend ce que l'on ne sait pas sur soi, donc oui, pour le double processus "ego", "alter".

"L'adolescent surtout, mais tout le monde est concerné, préférera grandement la "réflexion physique" plus que figurée - qui peut s'expliquer par les mécanismes de comparaison sociale, construction de l'identité, besoin d'appartenance, problématique narcissique.":
pas forcément, certains jeunes ont déjà une conscience très claire de qui ils sont et n'en ont pas besoin, certains adultes en revanche ..., mais la construction identitaire se fait souvent de toutes façons au fur et à mesure des évolutions, on se construit à chaque instant, et les prises de conscience sont nombreuses dans une vie. C'est plutôt ce que l'on en fait qui fait le degré de maturité.

"Quel est l'objectif ?
Se complaire ? => Le livre va nous réfléchir.
Se (re)chercher ? => Le livre va nous faire réfléchir.
Transformer ? => Le livre va réfléchir, briser le miroir, ouvrir la fenêtre et faire réfléchir."
Je ne vois pas trop ce que tu veux dire, mais je vais prendre un exemple. Je ne sais pas si tu connais Christian Bobin. C'est une écriture très intimiste, qui pourrait se ranger dans la catégorie "se rechercher" ou "combler une douleur". Le premier livre que j'ai lu de lui, j'ai trouvé ça très beau, j'ai pleuré! Le problème, c'est que quand tu lis les autres livres de Christian Bobin, ben, en fait ce sont des déclinaisons du même filon quoi, alors, je suis désolée pour Christian Bobin si l'écriture n'a pas comblé son manque ou sa douleur, mais à force, on tombe dans une complaisance, un truc un peu "sur-fait" qui moi ne me fait plus réfléchir.

Intéressante, ta réflexion, merci, même si je pense que c'est plutôt à la recherche de soi-même qu'il faut aller, grâce et avec l'autre, mais avec un retour sur soi.

Bonne nuit.
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J.Eyme
Oups... l auteur qu'il fallait et ne fallait pas cité :-) Bobin écrit une œuvre fragmentée, c'est une composition qui s'éclaire, morceau par morceau.
Est-ce que l'on pleur par compassion ou par métaphore? Parce qu il su voir là où l on n'a su/pu regarder... Le manque chez Bobin n'est en rien ce qu'on entend dans le sens commun. On pourra en reparler :-)

Merci pour ton commentaire.
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Rosa Carmon
"Bobin écrit une œuvre fragmentée, c'est une composition qui s'éclaire, morceau par morceau."
C'est ce que je me disais au début où je l'ai découvert.
Et puis après, je me suis dit: "mais .... il exploite le filon, c'est tout ...". Et je me suis lassée, mais ... après c'est peut-être moi ai évolué et qui ne me reconnaissais plus dedans? Je ne sais pas, mais j'avais toujours l'impression de lire la même chose et de tourner en rond.
Je n'ai jamais eu cette impression avec Julien Gracq (mais cela fait longtemps que je ne l'ai pas relu, son écriture m'impressionnait beaucoup, j'adorais en fait), Modiano, je connais moins.
Je pleure par compassion bien sûr, jamais par métaphore.
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Jo .
Je pense que chaque histoire doit faire passer un message, pas forcément explicite, évidemment, mais je trouve quand même que réfléchir sur le texte est important.
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phillechat
Oui une histoire se doit de faire réfléchir : mille fois oui !
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Rosa Carmon
Pour moi, toute histoire se doit de faire réfléchir, et même si on choisit un livre ou une activité ou autre où on a l'impression que le but n'est pas de réfléchir et de faire réfléchir, il y a quand même moyen d'en faire quelque chose, parce qu'on ne choisit jamais rien au hasard, donc tout parle de nous quelque part. Même si l'écrivain n'a pas conscience, lorsqu'il écrit, d'écrire pour faire réfléchir, il le fait quand même pour quelque chose (et cela peut être de l'intérêt pur et simple parce qu'un sujet est porteur et qu'il a besoin de vendre, ou parce que ce sujet est là en lui et il ne peut qu'en parler pour des raisons qui le regardent lui et qui regarderont les lecteurs qui potentiellement "se retrouveront" dans son discours).
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Patrice Lucquiaud
Bonjour à Tou/te/s,

Cette question en entraine une autre :
Réfléchir est une chose,
divertir en est une autre,
laquelle serait la plus importante ?...

Reste à savoir, dans le second cas, si le divertissement est source de réflexions et donc d'enseignements ...
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Marion Tmp
Effectivement...
Un livre qui se veut divertissant, entraîne peut être une réflexion si par exemple les personnages ont une similitude avec le lecteur, dans les mêmes difficultés et de voir comment réfléchit et agit le personnage pourrait amener une réflexion sur l'action d'un lecteur.
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Rosa Carmon
Oui, voilà.
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J.Eyme
Tout de suite, je pense à Kaamelott d'Astier, qui est un divertissement des plus pertinentes que j'ai jamais vu.
Certains "divertissements" transpirent d'intelligence.

Et l'on se trompe alors, en disant qu'on a pas envie tout le temps de "réfléchir", c'est le discours de base pour discréditer tout ce qui pourrait être brillant et nous élever.
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Rosa Carmon
Oui, le divertissement, dans le sens pascalien du terme, c'est ce que tu fais de l’œuvre. et pas ce qu'elle est. Tout fait réfléchir.
Cela fait des siècles que l'on étudie Molière, que l'on joue Molière, que l'on va voir Molière, que l'on s'abonne à la Comédie Française pour aller applaudir Molière, que l'on disserte dessus, que l'on en parle sur France Culture sans se rendre compte que Tartuffe et les Précieuses Ridicules, c'est nous, c'est notre époque.
Je me souviens d'une représentation il y a une dizaine d'années du Tartuffe donc dans le lieu que je viens de citer qui avait été interrompue en pleine représentation parce qu'une tirade avait été transformée pour bien faire le parallèle avec l'époque actuelle et cela n'avait pas plu à la bien-pensance parisienne ... La moitié de la salle était partie, et cela avait fait scandale.
Donc cela serait censé nous faire réfléchir (au sens étymologique, c'est renvoyer la lumière), mais on en fait un divertissement (qui nous en éloigne, de la lumière), idem avec les tragédies grecques dont la finalité au départ était de nous guérir de nos passions, soit dit en passant.
Je ne connais pas l’œuvre que tu cites, j'aime bien ce qui transpire d'intelligence en principe.
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Navezof
Pour approfondir un peu (parce que quand même, ça m’intéresse un peu cette question), je vais ajouter un peu de contexte par rapport à ma nouvelle. L'histoire se passe en une période de quelques heures, et c'est globalement de l'action non stop. Il y a très peu de moment ou les personnages vont s’arrêter et se poser des questions. Ou plutôt, à aucun moment en écrivant je suis dit : "Comment faire passer tel ou tel message?"

J'ai écris cette histoire avec comme objectif de raconter des scènes "cool", présenter des interactions entre personnages, faire découvrir des lieux et des événements.

Apres, on pourra toujours y accoler une reflexion, mais le récit n'a pas été conçu explicitement pour faire réfléchir. Tout comme, je le pense, Harry Potter, l'assassin royal, le genre de la romance en général (de ce que j'ai pus en lire). ll ya des réflexions possibles dans ces bouquins, mais elles ne sont pas le coeur du sujet. Je l'accord, c'est tres subjectif comme point de vue, mais c'est ce que j'ai ressenti en lisant ces oeuvres.

A l'inverse, il m'a toujours semblé que les écrits comme Ravage (barjavel), 1984 (orwel), la horde du contrevent (damasio) ont comme objectif principal de faire réfléchir, d'amener le lecteur à se poser des questions.
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phillechat
Oui, absolument oui ! C'est ma conviction, c'est le sens de toutes mes philofictions :https://www.scribay.com/read/text/1264589974/philofictions
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Marion Tmp
Alors nous n'écrivons pas pour nous mais pour les autres ? De sorte à leur faire comprendre ce que nous pensons bien ou mal.
Dans Quotidien 2 (https://www.scribay.com/read/text/72892092/quotidien-ii), j'écrivais pour moi. Et le texte ne cherchait en rien à inculquer quelque chose aux lecteurs... il était écrit pour le simple plaisir d'écrire et de coucher sur papier ce qui me tenait à coeur.
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Nous écrivons pour nous et pour les autres : l'écriture est partage !
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Marion Tmp
Effectivement mais ça dépend. Dans un journal intime, nous n'écrivons que pour nous.
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Ou notre double^^^^^^
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Marion Tmp
Certainement mais l'écriture est au sens large. Si nous parlons de Scribay, évidemment je suis bien d'accord avec vous, et nous sommes ici pour partager mais les histoires peuvent être plus intimes que d'autres.
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C'est mon but, faire réfléchir.Je vais plus loin, je veux rendre présent d'improbables futurs !
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Navezof
"Tout texte fait réfléchir"

Est ce que vous n’êtes jamais tombé sur un livre qui vous a laissé une empreinte dans le cerveau plutôt que le cœur? Pour partir sur cette exemple, il y a Fondation d'asimov. Je n'ai pas trop aimé le lire, mais par contre, il m'a fait beaucoup réfléchir sur les similitudes entre la religion et la technologie.

Plus que le destinataire, c'est surtout sur le contenu que je m’interroge.
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Rosa Carmon
"j'écrivais pour moi. Et le texte ne cherchait en rien à inculquer quelque chose aux lecteurs... il était écrit pour le simple plaisir d'écrire et de coucher sur papier ce qui me tenait à coeur.": le texte qui fait réfléchir n'a pas forcément une présentation pédagogique, c'est juste un fragment de vie qui peut éclairer quelqu'un d'autre qui traverse la même chose, ou tout simplement éveiller l'empathie d'un lecteur qui n'a aucune idée de ce qu'un jeune peut vivre aujourd'hui.
Pour moi, tout texte doit être partagé, sinon l'écriture et la parole n'auraient pas été inventées, à quoi bon si ce n'est pas pour échanger, même si oui, la visée thérapeutique de l'écriture peut être envisagée comme un acte individuel, mais par exemple, le fait que Freud et Jung aient publié certaines des analyses qu'ils ont menées (voir aussi La Conscience de Zeno de Svevo à ce sujet) nous aident, et beaucoup même, alors qu'au départ ce sont des démarches individuelles.
Après, et c'est dommage, on en néglige les autres formes de communication: l'intuition, l'empathie, la télépathie, les synchronicités, etc ... Mais cela revient, par le biais de la littérature et de la parole justement, mais aussi de l'art plus en général.
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On écrit toujours pour l'autre qui est en soi !
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Rosa Carmon
Oui et non.
Tous les êtres humains ne sont pas doubles et certains sont d'une unité remarquable.
Écrire à l'autre en soi relève souvent de la thérapie, on cherche cette unité perdue, on "se" cherche, la plupart des théoriciens de l'autobiographie (Lejeune, Chiantarello) -mais je crois que leur théorie est valable pour tout écrit-, sont d'accord sur le fait que l'on écrit par besoin de reconnaissance (on écrit à ses parents parce qu'on a un truc à régler avec eux... c'est un des exemples de Chiantarello pour parler d'Agrippa d'Aubigné) et une fois l'unité atteinte, temporairement ou de façon définitive, on écrit parce qu'on a un truc à dire au monde et quelque chose nous pousse à le faire, un peu par mission ou fulgurance, voire mysticisme ou prophétie. Ce qui n'empêche pas à un moment donné qu'il y ait un mélange entre les deux et/ou une convergence entre ce type d'écriture et la reconnaissance que tu en reçois.
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Avoir un double ce n'est pas être malade, c'est le secret de la création littéraire !
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Rosa Carmon
Oh, mais être double -ou avoir un double- n'est pas être malade (de toutes façons, la maladie en soi n'est que l'expression de ce qui justement n'a pas été exprimé, "le mal-a-dit", certaines théories à ce sujet sont très à la mode en ce moment). Donc la dualité, ce n'est pas une maladie, c'est une caractéristique, parfois un choix, parfois une technique de survie (c'était mon cas étant enfant), parfois, c'est inconscient, mais elle ne concerne pas tout le monde c'est tout.
Et la création, littéraire ou autre, peut être mue par différentes raisons, suivant qui tu es tout simplement et quelle est la source à laquelle tu puises, bref, je l'ai expliqué plus haut, je ne vais pas reprendre.
PS: ah oui, je viens de comprendre pourquoi tu parles de maladie, c'est parce que j'ai employé le mot "thérapie", mais plutôt dans le sens psychanalytique de "connaissance de soi" et de recherche d'une unité et d'un sens.
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Je la pense essentielle pour l'écrivain !
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Rosa Carmon
"Je la pense essentielle pour l'écrivain !": tu parles de la dualité? Ben, si c'est ton expérience et que tu le vis bien ainsi, c'est merveilleux. Bonne continuation dans ce cas.
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