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Écrire une autobiographie.

par Je suis une loutre  il y a 4 ans
Boonjour, depuis quelques temps, je me suis lancée dans une oeuvre autobiographique et je me demandais : vous privilégiez quoi dans le cas d'une autobiographie? La notion de vérité et l'exactitude des faits? Votre ressenti par rapport aux faits? Vous trouvez un juste milieu? Comment vous retranscrivez votre histoire?

Merci.
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Guillaume Roussard
Autobiographie ou autofiction ?
Parce que ce n'est pas la même chose. Pour ce qui est de l'autobiographie, la règle depuis Rousseau est de coller au plus près de la vérité de son être. C'est un bilan et une réflexion sur une vie que l'on voit s'achever, ou sur une page en train de se tourner.
Et ce n'est pas quelque chose que l'on écrit à vingt ans. Pour faire les mémoires de sa vie, il faut déjà avoir vécu.
Sinon, plus simple, il y a le journal intime, que l'on peut tout à fait rendre public. Les frères de Goncourt s'étaient faits une spécialité d'en lire des pages entières dans les salons, et leur mauvaise foi était redoutable. Vous les avez invités, voyez comme ils vous étrilleront.
Pour finir, et tout de même d'un degré encore inférieur sur l'échelle de la littérature : le livre de témoignage qui encombre les tables des libraires.
Voyez mes souffrances, voyez mes bubons. Je suis malade, complètement malade. Ai-je assez souffert ? Pourrai-je prétendre à un tome deux ?

Voilà pour le vrai. L'autofiction, c'est prendre le matériau de sa vie, le rêver, le déformer, et en faire un livre. Quel auteur à un degré ou un autre - ne procède pas ainsi ?
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GoM
BIEN LE BONJOUR,
Pour ma part c'est en lisant un journal intime publié par son auteur sur un site comme celui-ci que je me suis dis. Tiens le titre est drôle mais le contenu semble triste ou pas assez dans l'humour que suggérait le titre.
Face à cette critique intérieur je me suis retrouvé en conflit avec moi même - tu ne peux pas critiquer comme ça si toi même tu n'as pas le courage de le faire.
J'ai pris aux mots mon moi intérieur et je me suis dis, je n'ai qu'à le faire.

J'ai pris un parti pris très humoristique et décalé , sous l'angle des mes Moi intérieurs qui discutent. Je n'ai jamais fait de thérapie ou de rencontre avec un psychologue. Mais je me suis toujours dis que j'avais à vider mon sac.

Il y a une vérité, ce sont mes vraies sentiments et mes vrais dialogues intérieurs. D'ailleurs je les écris en temps réels ce qui m'évite de trop les réfléchir et de trop les romancer. C'est un peu spécial comme expérience, car c'est un peu un sketch mais c'est comme ça dans ma tête tout le temps.
D'ailleurs j'ai prévu ce genre d’œuvre pour être interactive, et même réagir aux commentaires via de nouvelles séances. Mais ça ne s'est jamais réellement encore produit.
Je parle de ressenti à un moment T et de fait à un moment T, je ne suis pas là pour me dévoiler entièrement et donner mon identité. Je dis qui je suis sans me nommer. Mais comme c'est vraiment sur mes dialogues intérieurs il y a peu de places aux lieux, aux autres, je les cite sans les nommer.

Mais je me rapproche des autres commentaires, l'autobiographie ce n'est pas un peu de réel dans du fictif. Et si tu ne veux pas tomber dans le voyeurisme, par pudeur, modestie, ou autre, il y a plein de moyen d’atténuer le propos.
J'ai aussi écrit des lettres à mon fils qui sont sur le site et qui sont une vraie autobiographie pour le coup, mais c'est plus des moments de vie et des images figées dans le temps à un instant T. Sans critique, sans fausse émotion, j'y parle à cœur ouvert et je me suis même surpris à verser une larme en parlant à mon fils de "Nous" à sa naissance.
Quand on se livre, qu'on s'écrit à soi ou sur soi, on peut être très toucher par des petites choses mais qui sont pour un lecteur peu importante.
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Auteur inconnu
J'aime pas vraiment l'autobiographie en tant que genre
Mais si je devais l'écrire, ce serait très romancé
Pas faux, mais vrai tel que je m'en souviens, qui n'est pas forcément vrai tel que je l'ai vécu, qui n'est pas forcément vrai tel que d'autres l'auraient vu

Je mettrais une très grosse dose de subjectivité, voire de fantaisie (pas fantasy), l'évènement serait prétexte à l'histoire que je tire de l'évènement

Une vie racontée telle quelle me paraît absolument anecdotique, indépendamment du degré de souffrance vécue
Par contre, le personnage, la vision forgée par cette vie, ça peut être intéressant
Je sélectionnerais dans le réel le romanesque, et ce serait bien plus facilement un roman qui raconte comment je me vois/me vis, qu'un roman qui raconte ce que je vis
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Lisa Giraud Taylor
Pour ma part, une autobiographie doit être à la fois exacte et vraie, sans pour autant tout dire ou tout expliciter. La part d'ombre de chaque personne doit être également préservée. Notamment si certaines actions ne portaient pas à préjudice, elles n'ont pas à être évoquées. Ce n'est pas mentir, c'est omettre un détail négligeable (ou pas).
c'est un peu le principe d'une biographie ; Tout n'est pas forcément intéressant pour le lecteur ; Savoir qu'une personne aimait les pâtes au beurre à trois ans n'est pas primordial, sauf si c'est un grand Chef actuel, principalement connu pour ses "pastas"...

Si je devais faire ma biographie (au secours), je reviendrai sur mes ancêtres, mon passé acquis, les cultures différentes, mes moments-clés, les personnes formatrices de mon avenir, quelques dates-clés qui ont fait basculer mon destin, etc.
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Alicé Awh
Les deux sont essentielles pour une véritable autobiographie, mais si tu veux que le lecteur soit captivé par ton bouquin, il te faudra sans doute exagérer ton histoire pour la rendre plus intéressante (à moins que tu aies eu une vie très palpitante et pleine de rebondissements!) donc plutôt t'approcher du "roman inspiré de faits réels".

En fait, si tu écris ce livre pour toi, je te conseille de rester sur l'autobiographie. Mais si tu l'écris pour qu'il soit lu et apprécié, je te conseille plutôt la deuxième option.
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Je suis une loutre
Merci pour toutes les réponses. Elles sont très utiles. Quand j'ai commencé à écrire j'ai présenté mon ressenti (au moment des faits, donc sans recul) comme une vérité, surtout que je n'ai pas ce dates précises en tête ou des choses comme ça, je sais juste ce que j'ai vécu et comment je l'ai ressenti. Ça fait des années que je veux écrire mon histoire, comme pour exorciser mes démons, mais j'ai aussi le besoin d'être juste (dans le sens de la justice) mais aussi d'émouvoir. (Je n'arrive pas à expliquer clairement ce que je veux dire, là... :3 )
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Clo06
Bonjour je privilégie la vérité pour ma part.
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Max-Louis
Bon jour,
Je ne connais rien de l'autobiographie mais je pense que le style d'écriture peut aider. Par exemple, l'humour : joyeux ou ironique, triste ou noir. Cela permet de faire passer des choses.
Max-Louis
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Alexis Garehn
Dans l'autobiographie, l'important est pour moi l'esprit de synthèse. Ne pas forcément TOUT raconter, mais choisir les faits qui, mis à bout, ont un sens.

Le ressenti me paraît essentiel, sinon ça donne un côté journalistique.
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