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mes commentaires sur "la petite femelle" de Ph Jaenada

par jean-alain Baudry  il y a 2 ans
Philippe JAENADA, la petite femelle…
Un gros pavé de 703 pages sans compter les remerciements et l’imposante bibliographie – 28 références de livres et d’articles de presse, plus deux films, « en cas de malheur » de C Autan-Lara et « la vérité » de Clouzot - Il peut ressembler à une biographie car il retrace in extenso la vie de Pauline Dubuisson devenue célèbre par l’assassinat de son « amant » quelques temps après la guerre de 40.
J’écris ici les commentaires que cette lecture m’a inspiré. Commentaires que je scinde en deux parties. Le fond et la forme. Le fond que l’on pourrait intituler : la vie dramatique de Pauline Dubuisson, avec un sous-titre : autopsie d’un procès. La forme, un déroulé chronologique entrecoupé de post-it venus du futur. Un peu comme si on définissait l’appétence aux mathématiques d’un enfant de classe maternelle par son admission (plus tard) en classe prépa scientifique. Tiens, je fais du Jaenada ! Il truffe son récit de ce genre de formule. Revenons sur le fond. Je ne veux rien dire de Pauline Dubuisson, juger n’est pas dans mes habitudes – pas plus visiblement dans celle de P J – Une jeune femme intelligente, instruite, très attirante physiquement, qui n’a pas le mental, pas les épaules, pour tracer sa vie dans le tumulte de la société. Elle ne fait pas le poids. Comme disait un de mes copains de lycée (un costaud au bide imposant) quand un excité venait le chercher. Par contre le procès et l’enquête sont détaillés minutieusement à la manière d’une thèse. La « justice » vue par P J est une guignolerie dramatique voire sanglante. Il fait le parallèle entre le procès de Pauline et d’autres du même type avec souvent les mêmes auxiliaires de « justice » mais dont le cours fut inversé. Pour lui, ILS ont assassiné Pauline ! Bien sûr son amant est passé de vie à trépas à coups de révolver, et c’est Pauline qui le tenait, mais ce n’est pas si simple. Parce que tout le monde triche, relations, policiers, avocats, chambre d’accusation, jusqu’au juge qui influence honteusement les débats et les délibérations du jury. Une chose que P J n’a pas souligné, ou peut-être n’y a-t-il pas prêté attention, Pauline n’était pas mariée officiellement – devant le maire – comme les autres « tueuses » acquittées. Une différence importante à cette époque que P J n’a pas vécu. Il aurait fallu qu’il lise les planches de Reiser dans Hara-kiri, tout y est dit de l’ambiance des années cinquante. Un « mea-culpa » je n’ai jamais entendu parlé de Pauline avant d’avoir vu une pub de l’éditeur - relayée par une correspondante sur Facebook - qui m’a permis de lire les premières pages du bouquin (du coup je l’avais offert à ma fille ainée qui vient de me le passer). Pourtant mes filles étaient nées quand Pauline a décidé d’en finir. Et je travaillais « dans la presse » …
Pour la forme, alors là, une découverte qui m’influence grave. J’avais déjà des prédispositions, mais maintenant c’est devenu un de mes styles d’écriture de prédilection. Comme je vous l’ai dit, le récit est chronologique mais pas linéaire. Ce qui produit maintes redites à la manière de K Marx. Ainsi les explorations d’impasses qui doivent avoir de l’importance pour P J et qui ont enchanté les chroniqueurs de Ruquier, mais que je trouve « superfétatoires » !!! Par contre, piocher dans le futur me semble une sacrée trouvaille ! Ça met du relief. Ça explique bien des choses. On a l’impression de comprendre le cours du prof Jaenada. Toujours sur la forme, j’ai mentionné 28 références bibliographiques, si on y ajoute les multiples visites dans les archives essaimés aux quatre coins de la France et ailleurs, les contacts par Web avec les survivants, P J a dû mettre cent ans pour collationner toutes les infos qu’il détaille dans un style « journalistique » - c’est sa profession - donc lisibles sans effort. En bref, parfaitement écrit, limpide et prenant. Ou alors… Il a embauché une myriade d’étudiants qui ont tout lu pour lui ? P J « maître de thèse » ? Bon, en tant que lecteur lambda, je m’en fous. Le résultat est là : un plaidoyer féroce – et justifié – de ce que l’on nomme improprement « la justice » et que j’appelle « service de résolution des conflits et des manquements à la LOI ». Une loi qui change tout le temps – les députés sont payés pour – et qui condamne sans faiblir – grâce à son bras armé - les pauvres petits lapins insouciants sortis de leurs terriers un jour de chasse.
Conclusion (de ma note de lecture) : un texte qui m’a marqué et que je ne suis pas prêt d’oublier.
Jab août 2016.
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CharlesB
Un livre inoubliable, ça oui ! Vive Jaenada !
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Caiuspupus
Ta critique donne envie de lire ce livre! J'ai lu "Le chameau sauvage" du même auteur, et j'avais adoré son style.
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jean-alain Baudry
j'ai "posté" ce commentaire dans "lire" mais aucun succès....
peut-être plus ici,
merci pour vos remarques,
jab.
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