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Ecrire ce que l'on aime lire ? Doit-on être son lecteur "cible" ?

par Clelie  il y a 4 mois

Bonjour à tous,

Sur mon chemin tortueux et interminable d'apprenti-écrivaine, les questions fleurissent. En voilà une, qui interroge mon rapport au lecteur, et plus généralement, mon rapport à l'écriture :

Je m'aperçois que je ne vais pas spontanément lire des oeuvres similaires (en genre ou stylistiquement) à ce que j'écris moi-même. J'ai tendance à être trop gentille, peut-être un peu mièvre (je suis très autocritique, faites pas attention), lorsque j'écris ; mes personnages sont très classiques, je m'apesantis sur certains détails, je fais des détours.

Autrement dit : mon style ne correspond pas au style que j'aime lire. Est-ce un problème ? Oui, pour moi, c'est problématique car j'ai beaucoup de mal à apprécier ce que j'écris naturellement. Lorsque, en revanche, je force un peu ma nature et m'aventure vers d'autres contrées que je ne maîtrise pas, je préfère, mais cela me correspond moins, et c'est maladroit, je crois.

Je crains de n'être pas claire... Faut-il nécessairement aimer ce que l'on écrit, être son lecteur idéal ?

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Melissa Laurendeau
je crois qu’il faut écrire ce que l’on veux.

Personnellement je lis beaucoup de style différents mêmes si ce que je préfère est le fantasy. Je lis à l’occasion des romances, des romans historiques, même des bd et des mangas!

Au niveau écriture je suis dans le fantasy et la science-fiction, car j’aime me casser la tête avec une certaine liberté. Je crois que mes lectures variées influe sur mon style.

Je ne crois pas que tu doivent forcément écrire dans un genre que tu lirais nécessairement, par contre je te conseillerais d’essayer de lire quelques ouvrage dans le style que tu écris.
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phillechat
J'essaye d'écrire ce que j'aimerais lire ! C'est particulièrement vrai pour mes philofictions qui correspondent à un sous-genre sf : la sf philosophique, qui est (trop ! ) rare , donc j'écris moi-même les histoires:
https://www.scribay.com/text/1264589974/philofictions
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Fortuna
Hello ^^
Pour moi ce n'est pas du tout un problème que d'écrire des choses différentes de ce qu'on aime lire. A dire vrai, je trouve ça même enrichissant. Si tu lisais et écrivais la même chose, où serait l'intérêt ? Tu ne ferais que "pomper" ce que tu as déjà lu ailleurs.

Je suis comme toi, en fait : j'écris du fantastique, mais je lis tout SAUF du fantastique. Cela enrichit ce que j'écris à la lumière d'autres styles, d'autres genres, d'autres influences. Je pense qu'il faut que tu cultives ça, que tu continues d'explorer et ta façon d'écrire et des lectures différentes. En tous cas, il ne faut pas s'enfermer dans un seul style de lecture ou un seul style d'écriture. Je suis complètement d'accord avec le message d'Eithen un peu plus bas ^^

Le fait que tu ne sois pas satisfaite de ce que tu écris est, je pense, un autre problème : ce peut-être parce que tu te compares aux autres, ou bien parce que tu est frustrée avec des choses. Qu'est-ce qui ne te plaît pas dans ta façon d'écrire ? Le rythme de tes phrases ? Le vocabulaire ? Le fond ? La forme ? Je pense que ça vaut le coup de te poser des questions et, pourquoi pas, de tenter des défis ? Les défis, c'est court, ça te permet d'essayer plein de choses ^^ Peut-être auras-tu des révélations ?

En tous cas, ne sois pas trop dure avec toi-même et avec ce que tu écris : un texte parfait, ça n'existe pas. Je ne connais pas un seul auteur qui soit pleinement satisfait de ce qu'il écrit, tout le temps ^^
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@Marie
Tout d'abord quel est ton univers ?
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Elthen
Pour moi si en forçant ta nature tu préfères ce que tu écris c'est le chemin qu'il faut suivre pour progresser - j'ai l'impression que le seul outil de l'artiste (je ne suis pas auteur mais je fais un métier d'auteur artiste-inteprète) pour progresser c'est de suivre ce qu'il aime, et que peut-être tirer dans un sens amènera à force ton naturel vers quelque chose que tu aime plus?
Nénmoins, moi je reste persuadé qu'il ne faut pas faire l'amalgame entre ce que tu aimes lire et ce que tu aime écrire: le talent du lecteur c'est de fouiner dans ce qu'il aime lire, le job de l'auteur c'est d'écrire ce qu'il aime écrire.
Tu n'es pas obligée d'être ta propre lectrice - d'autant plus si tu es naturellement autocritique - mais il est nécessaire pour moi dans la création d'apprécier le processus de création qu'on met en place et d'écrire ce qu'on aime écrire. Dit comme ça ça parait tautologique, mais en vrai ça fait sens...
Pour moi on peut aimer ce qu'on écrit et détester se lire, je crois. Mais c'est le long travail d'une vie d'arriver à accepter ce paradoxe
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Charlotte Miller
J'aime surtout la littérature classique, celle à laquelle on peut mettre un L majuscule, et c'est vrai que c'est le genre de roman que j'aurais envie d'écrire.
Je ne m'en sens pas capable, hélas, mais c'est un peu ma ligne directrice.

Je ne sais pas si j'aimerais me lire si ça n'était pas moi qui avait écrit. Il est probable que non car comme je débute j'écris encore assez mal (selon moi).
Mais le style de livre que j'écris est tout à fait dans le genre d'un livre que j'achèterai pour le lire en effet.

A un moment il faut être convaincu par ce qu'on produit, j'imagine, sinon on ne peut pas le présenter (même ici à la lecture/critique par des gens bienveillants !) Donc oui je pense que c'est un problème.

De là à être son propre lecteur idéal, je ne pense pas :
Si tu considère les auteurs qui écrivent pour les enfants, ils ne sont pas/plus leur lecteur idéal.

Peut être que finalement ta façon d'écrire va changer ta façon de lire ;p
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Kindaichi
J'ai l'écriture égoïste, et j'en suis plutôt fier. J'écris des choses qui me plaisent, si elles ne me plaisaient pas, j'aurais la paresse et le dégoût de finir mes histoires.

Quand on écrit un roman, il arrive une phase où on est ennuyé par la correction/relecture etc, surtout quand on a prévu l'histoire entière. On est ennuyé de revoir/revivre des choses que l'on connaît déjà par coeur. Si ces choses, à l'origine, n'étaient déjà pas de mon goût, il me serait insuportable d'écrire. J'ai besoin de m'émerveiller devant certaines scène que j'ai pensées.
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Erwan Barbedor
" je force un peu ma nature et m'aventure vers d'autres contrées que je ne maîtrise pas, je préfère, mais cela me correspond moins, et c'est maladroit, je crois."

-> "je ne maîtrise pas" => "c'est maladroit,"
Pour moi, la réponse est là : c'est que tu ne maîtrise pas encore ton style. Je pense qu'il n'y a pas 70 solutions : faut bosser!

De toute façon, l'écriture "naturelle" est certes plus facile, mais il arrive forcément un moment où il faut la retravailler. Le fait que tu n'aimes pas ce que tu écris en est un très bon signe : on s'en fiche que ce soit naturel ou pas, le truc le plus important est que tu soit fière du résultat.

Si tu n'aimes pas ce que tu écris, j'ai envie de dire oui c'est "grave", je ne sais pas comment on peut maintenir sa motivation à écrire un truc qu'on aime pas...
Donc sauf si tu as un tel public que tu peux vivre de ta plume, je ne vois aucune raison d'écrire un truc qui ne nous plaît pas.
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Millie M.
Je viens apporter mon avis, tiré de ma mince expérience. :)

Je me souviens avoir commencé à écrire parce que je ne trouvais pas ce qu'il me plaisait. Ça sonne très pompeux, mais c'est la vérité ^^

Je voulais une histoire avec des protagonistes adolescents, à la recherche d'eux-mêmes ; mais aussi de l'aventure et du voyage dans des paysages fantastiques et diverses, le tout dans un univers proche du nôtre, mais pas tout à fait pareil (j'ai donc opté pour le futuriste).

Des romans/séries du genre, tu peux en trouver pas mal, mais je voulais aussi d'autres choses : des liens forts entre les persos sans que l'intrigue ne tournent qu'autour de romances niaises (vraiment, je ne le supportais pas) et je voulais parler de violence. Avec le regard le plus cru et objectif possible. Pas juste : la violence c'est bien, ou la violence c'est mal. :/
Je voulais des nuances dans le propos, et ça je n'en ai trouvé nulle part (avec tous les critères cités au-dessus). Parce qu'un trop grand nombre d'histoires young adult font le culte d'une violence exacerbée : libérez votre force intérieur !!!
Oui, mais il y a des répercussions. Et ta force intérieur, comme ils disent, elle peut te nuire à toi aussi. :)

Aussi, au niveau du style, je n'en pouvais plus des pavés, comme dit plus haut. Alors j'ai opté pour quelque chose de plus rythmé, plus simple.

Après mes propos sont à prendre avec des pincettes ^^ Je ne dis pas révolutionner le monde de la littérature. X) J'ai juste écrit pour moi, pour contenter mes attentes, et mon histoire déplaira sans doute à beaucoup.

Bref, tout ça pour dire : je pense qu'en effet, je suis mon lecteur cible. :)
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Anne O'Delly
Je n'ai jamais lu un roman de science-fiction. Ce n'est pas un genre que j'aime lire, j'ai beaucoup de mal avec ce qui attrait au futur et au passé (tu comprendras donc que je hais l'histoire et les romans historiques). En revanche, j'aimerais comprendre pourquoi la SF est un genre aussi apprécié que je l'imagine et j'aimerais tenter à l'avenir d'écrire un roman de SF, bien que l'autre genre dominant est la fantasy. (j'ai que trois vagues - très vagues - idées pour l'instant : la terre envahit par les profondeurs marines, elle est engloutit. Les humains vivent maintenant sous l'eau, parmi toutes les créatures marines, ainsi que les sirènes et les tritons qui règnent en maître)

Je voudrais écrire cette histoire parce que je veux relever un défi : suis-je capable d'écrire dans un genre dont je ne maîtrise aucun code ? On peut dire que je ne suis donc pas mon propre lecteur sur cette histoire.

Je n'ai pas de conseil à donner, ni d'avis, d'autres le font mieux que moi, mais je voulais parler de ma propre "expérience" :)
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Millie M.
Hello ☼ Je me permets de rebondir sur ce que tu viens de dire.

De mon côté, je n'avais jamais vraiment lu de SF avant d'écrire Illuminés (c'est du science-fantasy, plus exactement). J'aimais bien les films de ce genre, mais les romans m'ennuyaient de part les pavés explicatifs et leur lenteur.
[Je parle évidemment de mon expérience personnelle. :)]

Ça ne m'a pas empêchée d'en écrire, mais pour le coup, avec des codes d'autres genres. De la fantasy et du fantastique dans un univers futuriste !

Tes idées me plaisent, je ne peux que t'encourager à te mettre au défi ! ;) Au pire ça rate, eh bien tu l'auras tenté ! Je pense qu'il ne faut pas avoir peur de s'aventurer vers des univers qui te sont obscurs, peut-être leur apporteras-tu ta petite touche d'originalité ?
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Anne O'Delly
Oui ! J'ai la même relation avec la SF que toi ! C'est exactement ce que je ressens !

Je pense que le fait de mêlé fantasy à la SF me permet de moins appréhender que si je voulais écrire un roman de SF uniquement.

Merci ! Contente que mes idées te plaisent ! L'histoire n'est pas pour tout de suite, je veux d'abord finir celle en cours (l'étreinte mortelle) avant de réfléchir sur l'autre ^^
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Millie M.
Pas de soucis, prends ton temps. :)
Ravie d'avoir pu t'encourager, et n'hésite pas à m'avertir à sa sortie ! Je serais ravie d'aller jeter un oeil ;)
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Anne O'Delly
Hahaha d'accord ! Je te ferai signe ;)
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GauzHramm
Je pense que tu as reçu beaucoup de réponses pertinentes à ta question. Aussi, je me pencherai davantage sur l'aspect "perfectionniste" dont tu dis tirer beaucoup de frustration, voire de souffrance.

L'insatisfaction est pour moi le revers de l'envie de progresser. Si tes dernières productions te laissent un goût amer, reprends donc les premières : l'amertume te paraîtra douceur.

Plutôt que de te figer sur les mauvais points de tes derniers écrits, compare les aux précédents et notes-y (vraiment, fais les apparaître) les améliorations que tu vois. Tires-en satisfaction, constate que oui, tu progresses. Puis, note tous les points qui te déplaisent et travaille à les corriger sur ta prochaine production. Tu ne feras pas disparaitre l'insatisfaction que te font ressentir tes chapitres, mais tu seras en mesure de les rendre bien plus encourageants : qu'y a-t-il de plus motivant que de constater son amélioration ? Transforme ces excuses pour arrêter en raisons de continuer, tu n'en seras que meilleure.

En ce qui concerne les contrées inconnues, est-il vraiment étonnant de se sentir étranger dans un style ou un genre que l'on a jamais écrit ? Il me semble on ne plus normal que ton style te paraisse ne plus te correspondre lorsque tu essaies de le retravailler, de le changer. Quoi de plus logique que de sortir un texte maladroit et mal maîtrisé lorsqu'on s'essaie à un exercice que l'on tente pour la première fois ?

Si tu veux changer ton écriture, lis ce que tu aimes et dissèques-y les techniques qui te plaisent. Analyse ce que tu veux, travaille à ce qu'ils te deviennent naturel et tu réduiras la distance entre ce qui te plait et ce que tu écris.

En somme, identifie ce qui te plait et ce qui te déplait. Purge de tes écrits ce qui te rebute et enrichis-les de ce que tu aimes, tu t'approcheras ainsi du style que tu estimes être celui qui te correspond. Et si tu as le sentiment que tu tournes en rond, rappelle toi que c'est ainsi que les éoliennes produisent de l'électricité et que c'est avec l'électricité qu'on y voit plus clair.

NB : Cet avis n'engage que moi. Je n'ai pas la prétention d'émettre de vérité universelle.
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Vis9vies
Écrire ce qu'on aime lire ?
Pourquoi pas. Si on arrive à le faire ;)
Mais rien n'interdit d'écrire pour un tas d'autres raisons, et pourquoi ne pas tenter d'écrire en innovant, voire même écrire ce que l'on n'aime pas lire ? Après tout, on apprend de nos expériences.

Doit-on être son lecteur "cible" ?
Pas forcément. Par contre, il est nécessaire de se mettre dans la peau du lecteur cible en effectuant la relecture de ce que l'on a écrit ;)
La question reste de savoir si l'on en est capable ;)) C'est aussi pourquoi avoir des relecteurs, des bêta-lecteurs, est si important.

Quant au style. Pour moi c'est l'effet de manche. Quand on sait écrire, on sait adapter le style à ce que l'on écrit. Il n'y a donc pas de style qui définisse l'écrivain, à moins de n'être l'écrivain que d'un style. Est-ce mieux ? En tous cas, c'est ce qui permet de perfectionner "son" style, au lieu de se disperser. C'est un choix personnel, pas une vérité littéraire.
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Mat. C.
Je ne suis pas un adepte de la subdivision de la littérature en "genres". Pour moi ça n'a aucun sens. Les plus grands écrivains actuels : Paul Auster, Cormac McCarthy, Pynchon par exemple... peuvent passer d'un genre à l'autre, parfois même dans la même oeuvre. Les gens qui ne lisent que de la SF ne se rendent pas compte qu'aujourd'hui elle est utilisée abondement dans ce qu'ils appellent le "contemporain". Idem au niveau du fantastique.
Mon Homme qui Rit que tu as commencé à lire est classé dans le contemporain mais il peut être également placé sans aucun problème dans la catégorie anticipation ou fantastique...

Personnellement, j'écris ce que je sais écrire, essayant d'améliorer mon style, ce qui fait mon originalité, ce style que je bosse depuis des années, né avec la révélation Bret Easton Ellis et mûri à l'aune de toutes les inspirations que j'ai puisé depuis. Qu'il me porte vers le fantastique, la S-F, l'historique, ou même la Fantasy (qui sait ?)... n'a aucune importance.

Est-ce que j'aime ce que j'écris ? Oui, bien sûr. Car je poursuis mon ambition : celle de narrer le combat de l'Homme face à l'absurdité de son existence. Est-ce que je lis simplement des romans qui traitent de ce combat, avec un style proche du mien, dans un univers semblable ? Non, bien sûr que non. Comme je lis toutes les époques et tous les styles (je suis sur Guerre et Paix, récemment je me suis relu les Donjons de Naheulbeuk, j'ouvre Hugo sans arrêt, Kerouac régulièrement...), je ne peux pas être figé sur quelque chose de précis, délaissant le reste.

Faut-il nécessairement aimer ce que l'on écrit ? C'est une question que je ne me pose pas. Je mets tout ce que je suis dans mes textes : ma force, ma puissance, mon souffle de vie. C'est un duel face à la page. Un artiste ne travaille pas pour soi-même ni pour les autres je pense. Quand Miro peignait, c'était un combat, une véritable lutte épique contre la toile, le désir d'un homme voulant la perfection, sa propre perfection artistique et spirituelle.
Un sacerdoce en somme. Les goûts de l'artiste ou ceux du public sont absents du débat. Il n'y a que l'acte de créer qui compte.

J'aime me relire. j'aime me lire à haute voix, chercher le rythme parfait, l'Idée la plus juste. J'aime finir un chapitre et "Ouah, j'ai réussi à écrire ça, c'est exactement ce que je voulais !" J'aime la fierté, sans aimer l'arrogance. J'aime le fait d'être artiste, d'avoir enfin compris ce que signifiait ce terme, d'écrire sous les cieux infinis, dans cette éternité que je ne comprends pas, et d'être heureux de lutter sans arrêt, être heureux de mener ce combat permanent.

Je ne me pose aucune question. L'acte seul importe. Sera créé ensuite ce qui sera créé. C'est l'homme que je suis qui sortira en tant qu'oeuvre. Si ce que je fais ne correspond pas à mes attentes, ça veut dire que je ne suis pas encore devenu celui que je veux être, et donc à moi de bosser, d'enrichir mes inspirations, de grandir encore.
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Clelie
Je viens de finir Guerre et Paix ! (enfin, il y a moins d'un mois !)

C'est vrai que la question du genre est sclérosante, même si l'on ne peut nier que les genres existent ; mais sans doute que la plupart du temps, ils se mélangent entre eux.

Je me pose trop de questions sur moi (et mon écriture), c'est mon grand problème. En fait, je prends beaucoup de plaisir à écrire et à me laisser porter, mais je me regarde trop le nombril aussi. J'écris pour moi, mais pas uniquement.

Parfois, c'est comme si j'étais ce que j'écris. La qualité de ce que j'écris fait ma qualité.

Et c'est vrai que ça m'arrive - heureusement tu me diras sinon pourquoi continuer ? - d'être satisfaite, fière même de ce que j'écris. Et même, comme toi, d'aimer me relire, de me surprendre moi-même.

Mais, comme Miro (je ne me compare à lui que dans son désir, non dans son génie), je suis à la recherche de ma perfection, et c'est une recherche interminable, épuisante, et douloureuse.
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Gigi Fro
faut-il aimer ce que l'on écrit ? oui, sinon, pourquoi écrire ? faut distinguer l'écriture cathartique de la littérature. Je généralise, mais il doit avoir d'autres catégories. Si tu écris de la littérature, donc un texte voué à être lu, il faut au minimum prendre plaisir non ? Sinon pourquoi le faire ? être un lecteur idéal ou aimer ce que l'on écrit ne veut pas dire non plus aimer n'importe quoi et croire que c'est un chef d'oeuvre. Mais chercher à le rendre le plus "parfait" à nos yeux, qu'on soit satisfait. Même si la perfection n'existe pas.
D'un autre côté, il n'y a aucun problème à lire d'autres genres que celui correspondant à nos textes. Si tu n'as pas envie de lire des œuvres similaires, c'est tout ton droit, pourquoi s'obliger ? Donner son avis, c'est autre chose, mais on est ici pour cela, pour avoir des avis et chercher à s'améliorer. La remise en question est toujours nécessaire pour progresser.
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Clelie
Je crois pencher plutôt pour la littérature que pour la catharsis lorsque j'écris ; pour cela, je préfère mettre mon corps en action, au théâtre notamment.
Mais tu pointes effectivement deux choses qui me permettent d'y voir plus clair :
- écrire pour prendre plaisir. C'est le cas, même si c'est parfois difficile.
- distinguer le fait d'aimer ce que l'on écrit, comme pur objet littéraire, et le genre que l'on apprécie. C'est cela, en fait, qui me pose un problème, effectivement.

Bon, je pense aussi que j'ai une forte tendance à me remettre en question, ce qui est nécessaire pour progresser, certes, mais ce qui peut aussi paralyser...
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Tendris
Beaucoup écrivent ce qu'ils aimeraient lire et qu'ils n'ont pas le sentiment d'avoir trouvé ailleurs. Dans ce cas de figure, l'auteur se place lui même comme le public cible de son récit. Et je pense que c'est un tant soit peu nécessaire d'aimer ce que l'on fait si l'on veut le mener à bien.

Cela étant, au regard des idées que tu exprimes, je ne parviens pas à discerner si c'est ton type de récit (romance, thriller, sf...) ou ton style qui te pose problème.

Si c'est le genre de récit, je n'y vois aucun problème. Depuis plusieurs années déjà, en dehors de Scribay, je ne lis pour ainsi dire que de la SF, ce qui est très éloigné de ce que j'écris et cela ne me pose, personnellement, aucun cas de conscience.

Si c'est la plume qui pose difficulté, c'est je pense plus délicat. Changer son style demande beaucoup : une analyse de ses défauts, un travail de longue haleine pour corriger les habitudes etc...

Enfin, j'ai le sentiment à te lire que tu n'as pas la même exigence envers toi-même selon la nature de ton texte. Quand tu es dans ta zone de confort, ton niveau d'exigence est élevé et, corrélativement, le risque de te décevoir aussi. Inversement, quand tu t'aventures vers d'autres contrées, tu sembles plus indulgente, car novice dans ce type de récit. Peut-être que je me trompes, mais c'est l'impression que j'ai à la lecture de ton post. Si c'est le cas, peut-être n'est-ce ni un problème de genre ou de style, mais d'exigence envers soi-même ^^
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Clelie
Je te remercie de ta réponse qui m'a permis de mettre le doigt, un peu plus précisément, sur ce qui me gêne : c'est en effet une question de genre, en premier lieu. J'écris dans un genre que je ne lis pas (si tant est que j'écris dans un genre particulier).

En ce qui concerne la question du style, j'ai l'impression d'en être dépourvue, ce que je déplore, MAIS je sais que je suis très mauvaise pour m'auto-évaluer, donc je ne développe pas cette question...

Quant à l'exigence envers soi-même, ce que tu dis me semble très juste, mais je crois aussi que c'est lié au genre et au style, et dans un sens un peu différent : j'ai tendance à écrire dans un style très simple, et dans un genre contemporain classique (dit comme ça, ça ne donne pas envie, j'avoue... faut que je bosse sur mon auto-promo), c'est-à-dire peut-être, paresseux ? Ou du moins, qui ne me demande pas trop d'efforts. Alors que quand je sors de ma zone de confort, je suis plus exigeante avec mon style, et j'en sors plus satisfaite.

Bon, en gros, je me prends la tête, je digresse, je m'agace moi-même, pardon !
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Sonio
Le premier lecteur critique, c'est d'abord soit même.
Une fois que l'on a terminé un texte , après plusieurs relectures personnelles on semble satisfait ou insatisfait du résultat.
On peut écrire pour soi , mais le mieux est de faire partager son histoire, son roman avec les autres, le public.
Moment de vérité indispensable.
Cela permet aussi de progresser et de s'enrichir du regard et de l'avis des autres.
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Clelie
Oui, c'est vrai. C'est la force de la plateforme, d'ailleurs, avoir des regards variés et des annotations précises et bien souvent constructives.
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