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Problème de style... Il semblerait.

par ★ Ghost ★  il y a 11 mois

Bonjour à tous. Sujet simple pour cette discussion. Nous tous ecrivains que nous sommes, nous nous retrouvons regulièrement dans des situations où les textes ne suffisent plus pour se dire "il y a des choses à revoir, mais je suis content de moi".


Pour ma part, je suis souvent frustré quand je cumul beaucoup de textes. Les scènes sont différentes, les mots sont identiques... Le tout procure une sensation de "manque de style". Bien sûr, tout est relatif, mais ici nous causerons des solutions envisageables à ce probleme (qui je trouve est plus complexe à régler que le "syndrome de la page blanche").


Chers amis, avez-vous un remède ?

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Ange Jason De Berry
Merci beaucoup de poser le problème ! Personnellement, je n'ai pas encore d'éléments de réponse car je suis encore débutant !
Mais je prends bonne note de tous ces conseils qu'on t'a donné !
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LeK
J'ajouterai 2 conseils à te donner :
1) Lire beaucoup. Il y a pas de secrets, si on veut s'imprégner du style, il faut baigner dedans et comme nous n'avons pas la chance d'avoir un entourage s'exprimant comme le fossoyeur de film, le mieux reste la lecture. En plus, on développe aussi les personnages, l'intrigue…
2) Ne pas hésiter à copier. On est pour la plupart des écrivains débutant, donc on s'entraîne un peu. Si un auteur te semble avoir un style du feu de Dieu… copie le. Au bout d'un moment, tu vas intégrer ses trucs et l'ensemble des styles digérés fera le tiens.
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★ Ghost ★
J'aime beaucoup beaucoup l'approche de Lisa Gardner. Le style peut être copié même si le genre littéraire est différent ? Je crée beaucoup dans le fantastique et la SF, alors qu'elle crée dans le genre policier. J'aime beaucoup sa façon de construire ses scènes.
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LeK
On peut toujours et c'est même mieux. J'ai tendance à dire que l'on ne créé rien, mais qu'on recontextualise juste. Mes nouvelles sont d'ailleurs souvent un mash-up d'une dizaine d'œuvres. Donc oui, reprend le style de Gardner pour commencer, tu l'affineras au fur et à mesure.
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★ Ghost ★
OK, donc je vais m'y risquer.
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Lucivar
J'ai été lire en diagonale ton premier chapitre et je comprends ce que tu veux dire. Comment t'aider du coup ?
Tout ça est bien sûr mon seul point de vue, que j'essaye de mettre en mots.

Le style ça s'acquiert avec l'expérience c'est clair. Mais ce n'est pas si simple. Il faut faire un effort de compréhension, d'analyse, de recherche pour progresser. S'inspirer d'autres auteurs est une bonne idée, je pense, aller fouiller tes lectures, décortiquer le style d'un écrivain, essayer d'analyser pourquoi tels mots nous font ressentir telle émotion...

L'écriture est l'un des rares processus artistiques où il n'y a pas de formation, le talent de l'écrivain est un don divin tombé d'une quelconque muse. On t'apprend à écrire de manière juste utilitaire, comme on t'apprendrait à utiliser un crayon, un pinceau et une palette. C'est juste suffisant pour gribouiller et barbouiller. Il faut donc trouver, souvent par soi-même, les manières de s'améliorer.

L'écriture, à mon sens, ressemble beaucoup au travail d'un metteur en scène ou d'un réalisateur. Tu as un scénario, tu as des acteurs (les personnages) et des outils (les mots) et c'est à toi d'apprendre à les diriger, à les manipuler, à les animer, à les mettre en décor et en action. Lors d'un film tu as toute une équipe de chef opérateur, de décor, de la lumière, de la photographie, costumier, accessoiriste, maquilleur, monteur, pour qu'à la fin, le film soit plus que le scénario, pour que la magie opère. Dans ce milieu, le style d'un réalisateur est souvent une question d'univers, de parti pris, une façon de montrer et d'imprimer sa patte. Certains vont être plus prononcés et plus reconnaissables que d'autres. C'est comme ça que tu vas reconnaître l'univers visuel d'un Tarantino, d'un Cronenberg, d'un Wes Anderson...

En tant qu'écrivain tu n'as que des mots, mais en apprenant à les manier, tu vas pouvoir jouer sur la lumière, l'ambiance, l'angle de la caméra, le jeu de tes acteurs etc etc, tu vas pouvoir créer un montage de longs plans séquences comme de cut ultra syncopés. L'important, je pense, c'est de comprendre comment tout est perçu par le lecteur. De un, on est tous différents, si je te dis citrouille, tu vas imaginer une citrouille, mais ce ne sera pas la même que ton voisin. Quand tu décris un personnage, chacun va se l'approprier et l'imaginer différemment. De deux, on n'est pas si différents, au fond, notre cerveau a des fonctionnements automatiques, propres à notre espèce, et tu peux agir dessus pour transmettre des images et des émotions. De plus la lecture est une activité empathique, on a des biais cognitifs qui font qu'on s'identifie aux personnages et qu'on fait confiance à l'auteur. A toi de découvrir pourquoi tel mot va créer un sentiment fort alors que tel autre tombera à plat. Pourquoi si je décris une situation de telle manière, la tension sera palpable, tandis que de telle autre, ce sera ennuyeux. Pourquoi la scène vu de cet angle, par ce personnage, sera mystérieuse, alors que par les yeux d'un autre, cela aurait donné un prisme plus intimiste et aurait dévoilé plus de choses. Pourquoi une plongée ou une contre plongée vont donner des impressions très différentes. Pourquoi ?

Tu es un chef d'orchestre, un metteur en scène, tu dois comprendre et t'approprier ce que tu montres. Si une robe est rouge, au lieu de bleue, ça changera la perception de ton lecteur, de façon minime bien sûr, à toi de décider si ce détail a une importance dans ton spectacle. Si un personnage acteur surjoue ou cabotine, à toi de le remettre à sa place pour qu'il dise bien son texte et transmette ses émotions au lecteur.

Et puis, le temps allant, ce sera naturel, un instinct de la façon de procéder pour arriver au résultat voulu, tu auras toute une gamme de nuances et de techniques dans ton lexique d'écrivain, tu sauras quel outil utiliser, quelle lumière il faut, quel mouvement, quel champ, pour aller au plus près de ce que tu veux raconter.

En espérant avoir été d'une quelconque aide. :)
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★ Ghost ★
Merci pour ta réponse. Je conçois pleinement le fait que c'est un travail qui n'a aucune fin. Je cherche juste à me débarrasser de ce sentiment. Si j'en crois ton discours, il n'y a que le temps qui me rassurera dans mes écrits. Malheureusement pour moi, je n'ai pas de quoi te contredire :) . Juste pour compléter, le tome que j'ai publié est une ancienne création aboutie. Cette dernière date un peu, et j'ose croire que j'ai progressé depuis. Je publierais la suite dans les mois qui suivent, seulement je préfère offrir quelque chose de complet plutôt que du "chapitre par chapitre".
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Lucivar
Ce sentiment d'insatisfaction, en fait ?

Ma foi, je n'ai pas vraiment de solution miracle. C'est une question de rapport exigence/qualité, non ? Soit il faut augmenter la qualité, soit il faut baisser tes exigences. Ce qui ne veut pas dire ne pas vouloir s'améliorer ou progresser, mais justement accepter de n'être qu'un étudiant en phase d'apprentissage et ne pas se comparer destructivement. Pour ton oeuvre, je ne voulais pas donner l'impression d'émettre un jugement. Et tu as raison d'attendre d'avoir quelque chose de complet, je pense. Je fais trop souffrir mes lecteurs à les faire poireauter, moi, mauvaise habitude. :)
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Symph'
C'est si beau ce que tu dis !
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philippemoi
Je suis d'accord avec Le Rat le style peut être secondaire,passer aprés l'histoire. En fait tout dépend de ce qu'on veut donner en priorité. Je m'angoissais beaucoup les premiers mois d'écriture pour le style avec 3 questions : suis je lisible et compréhensible? Mon style est il beau ou moche? Le lecteur va t il aimer et prendre du plaisir à me lire? Pour cela les lecteurs (sur scribay entre autre) m'ont rapidement rassuré pour la lisibilité. Mes lectures d'auteurs divers, bons et mauvais, m'ont aidé à me distancier de la seconde. La troisième reste en suspend.. Je vais me faire publier et peut être aurai je un verdict... Pour ceux qui ont de vrais histoires à raconter c'est l'histoire qui prime. Et là aussi il y a un style, chaque auteur à son style d'histoire à raconter.p
Pour d'autres, l'histoire peut être d'une grande banalité et le principal est la façon d'écrire et de décrire. Je suis dans la première catégorie,j'aime inventer des histoires c' est l'essentiel de mon plaisir. Mon premier jet est un immonde brouillon avec une histoire belle et extraordinaire pour moi. Après je corrige...treeees longtemps... Mais quand j'écris, je suis heureux à chaque fois, et j'espère pour toujours, de me plonger dans un univers que j'invente...jamais je ne me lasserais de m'échapper de ma vie reelle où, plus souvent que dans mon imaginaire, je m'ennuie parfois....
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★ Ghost ★
Les deux comptent pour moi. L'histoire en premier plan et le style en second. Je trouve qu'il est bien plus facile de complexifier son propos pour rien que de créer des écrits accessibles. J'avoue que mon entourage n'est pas curieux de ce monde créatif. Je n'ai donc jusqu'à maintenant pas eux de retours concrets. Les remarques du type "Tu écris bien" ou "tu es bon dans ce domaine" ne me suffisent pas. J'ai besoin qu'on me dise où j'ai merdé, de sorte à ce que j'arrête de me poser des questions inutiles.
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philippemoi
C'est exactement ce que je ressens, en fait je me suis mis à chercher des retours partout, c'est devenu obsessionnel par moment. C'est un ,manque terrible car on est tous conscient qu'il nous est impossible de nous juger nous même, tant sur la forme que le fond.
Parfois je relis un texte que j'ai laissé depuis longtemps, il m'est arrivé d'être fier de moi, voire surpris de la qualité, mais souvent c'est terrible et je corrige beaucoup... L'écriture est pleine de difficultés de nature souvent introspective, c'est ce qui la rend dure, mais aussi passionnante et addictive...comme toutes les drogues dures, quoi...
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Le Rat
Un ami à moi m'a dit que le style se construit quand l'on sait ce que l'on va écrire mais l'on ne sait pas comment le faire. Qu'il ait raison ou faux, c'est une possibilité. Si le problème se trouve être le style, alors il faut peut-être avoir une histoire complète avant de s'atteler à son écriture pour que la seule considération profonde de son esprit soit le style. Je pense que mon ami voulait dire cela, quoique j'ai toujours eu du mal à le comprendre.
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C'est là tout le problème. Je suis plutôt du genre à tout planifier avant d'écrire une histoire. Je considère qu'écrire à l'aveugle mène à des incohérences que je déteste trouver en tant que lecteur. Une histoire formalisée avec une chronologie et le respect des trames scénaristiques des personnages, il me semble que c'est quelque chose que l'on ne peut pas contourner.

En tout cas, mis à part pour les scènes marquantes qui s'installent dans mon esprit (celles qui ne demandent pas de fait consignés), je remonte une trame construite à l'avance. Et donc, même si certains chapitres m'inspirent et me fait vibrer plus que d'autres, je peine à m’ôter de l'esprit une phrase : "Le lecteur, pas sûr qu'il me suive jusque là..."

Peut être que je suis trop perfectionniste... C'est pas impossible, en vrai. Le truc c'est que le sentiment d'écrire quelque chose de sympa sans la bonne façon de raconter, c'est hyper décourageant sur la durée. Même avec tous les astuces du monde, écrire dans le vide n'apporte rien de bon...

Avec l'expérience, j'ai trouvé une méthode qui selon moi est tout à fait perfectible. Puisque le vocabulaire vient avec la recherche, que le style vient avec le travail, et que le sentiment "écriture fade" vient de la conséquence du temps passé... J'espère être clair sur ce point. Le seul élément que je puisse modifier, c'est le temps !

J'ai finalement adopté une routine d'écriture "spontanée", entrecoupée de pauses rafraîchissantes. A partir du moment où ce que j'écris ne me contente plus, je m’arrête et je reprend quand la passion revient. La méthode, je pense, n'est pas la meilleure, mais c'est la seule qui me permet d'écrire sans frustration. Le seul hic, c'est que la durée des pauses est très variables...
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Le Rat
Il y avait un exercice qui avait aidé mon ami à progresser. C'était le fait d'écrire sans but ni histoire. Il écrivait avec pour seul règle la perfection grammaticale, pas de récit, pas de logique. Il écrivait des phrases qui durait une page où les idées et les images se suivaient sans liens. Il sautaient d'une vision à l'autre en refusant de les raccordés. C'est un exercice purement stylistique. Je peux mettre un de ces textes en commentaire si tu veux, après ils sont en anglais.
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★ Ghost ★
Ah pas mal comme exercice. J'ai pas testé, mais je vais le faire. Vas-y hésite pas. Fais toi plaisir.
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Le Rat
"Bodies floating upon the marble streets are a symbol of abysmal meaning within the cracked copper fields radiating of hellish skies that fires doth song in bowels of concrete statues and silver men dancing to the thunderous applause of cavenous beasts. Such creatures bear no anger nor worlds of blue flickers. But singed lands do waver to rolling waves that shatter clouds blotting flowers that devour deathly metal fires corrupting the skin of an eternal soul kept rotting in the memories of those that saw scapes that belonged to no heaven. Flooded cities and floating bridges take minds to many realms of differed flames stoked by dolls of shattered strings whose limbs doth fall unto heaps of salt, which spreads into the wind and sails upon its many channels to reach a vortex of earth and air, a churning fury of primordial essence whose eye is set on the limits of a broken world. Ashen storms like parasites crash into tempests of bloody minds as they permeate the air with their crimson haze painting its wisps in the color of life as the many suns shatter their colourless skin to roar the glory of the shade of fury which now envelops their bodies as they bear down upon the world to swallow it into it's stomach. The world cries out silently as it blazes, the words are lost and soon they will be no sparks to be found."
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Charlotte Miller
les réponses vont m'intéresser :p
Je n'en ai pas à apporter pour l'instant, je m'en excuse, parce que je ne me sens pas concernnée : à ma connaissance, je n'ai pas de style persnnel (pas encore, j'ose espérer que ça viendra en écrivant, à la longue).
Dans l'absolu, je pense qu'il est tout à fait normal d'avoir de s"tics" d'écriture comme on a des tics de langage. On utilise certain mot plutôt que d'autre, je ne suis pas convaincue que ça soit un problème, en fait.
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★ Ghost ★
Ce n'est sans doute pas un problème pour le lecteur, tu as raison. Je pense que si l'histoire se tient, le lecteur fouillera un peu de lui-même (simple curiosité naturelle). Néanmoins, c'est avant tout un problème personnel et intérieur. Imagine un chirurgien qui fait cinquante fois la même opération... Même s'il sauve des vies, il ne sera pas joie de vivre en réalisant les cinquante suivantes... Ecrire, c'est pour moi quelque de spontané. Et quand on brise cela, on perd un peu du charme de la création. Apres, ce n'est que mon avis, bien entendu.
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Charlotte Miller
Je comprends oui
Pour moi écrire n'est pas spontanné du tout. Aligner les premières idées et les mots peut l'être, à l'évidence, mais à moins d'être un génie des mots et des tournures, il y a peu de chance que ce premier jet n'ait pas besoin d'un bon ravalement de façade, voire de plusieurs. C'est pourquoi je pense que cela n'est pas "écrire".
A l'inverse de toi, à mes yeux, écrire c'est plutôt réviser son texte pour le rendre à la fois esthétique (d'une certaine façon), "facile" à lire -qu'on pourrait lire à haute voix sans se fouler la langue-, et bien sûr compréhensible.
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★ Ghost ★
Ma façon de faire n'est pas identique à la tienne, certainement. Pour moi, l'écriture est une impulsion de mots qui mérite des révisions. Je ne dirais pas que j'écris à l'instinct, mais je m'y rapproche clairement. L'inspiration vient, je l'exploite, c'est pas fameux... Et je magnifie le tout avec un style que j'appuie volontairement.

Juste pour une comparaison qui peut servir à d'autre, quelle est ta partie préférée ? Pour ma part, j'écris à m'en faire mal au crâne... Et donc, celle que j'aime le moins c'est la révision du texte. La correction ne me fait pas rêver alors j'essaie de ne rien n'oublier à l'écriture.

L'écriture est semblable à la couture d'un vêtement. On coud la trame en essayant de ne pas perdre le fil. Je considère alors que meilleur est le "coup d'aiguille", moindre sera le rattrapage... Après, peut-être que j'ai tord.
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Charlotte Miller
je n'ai pas assez d'expérience pour dire quelle partie je préfère ou non.

Je me sens très à l'aise pour jeter des idées de base, des "plots", créer des personnages, inventer des univers, faire des recherches et compiler les informations... parce que j'ai fais du jeu de rôle pendant des années et que j'ai donc pratiqué ces "exercices" énormément. J'aime encore bien faire ça, c'est assez ludique, comme un puzzle et les choses me viennent sans que j'ai besoin de trop chercher ce qui est appréciable.

Pour le reste : j'apprends.

Aux écrivains débutants, on conseille décrire vite et beaucoup, au détriment de la richesse, de l'élégéance du texte, forcément.
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