Inscrivez-vous sur Scribay...

...et retrouvez une communauté soudée par l'amour de l'écriture, le partage et l’entraide entre auteurs.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
Image de profil de Lux Atrée

Que pensez vous des maisons d'édition ?

par Lux Atrée  il y a 3 mois

Bonjour,

Cela fait pas mal de temps que j'écume le web et que je glane des informations à droite et à gauche sur les différentes formes d'édition.

Je dois dire que j’ai souvent lu que, sauf exception, les maisons d’édition ayant pignon sur rue ne s’intéressaient qu’à des gens déjà connus et que les auteurs étaient souvent perçus comme de la m...e (voir le blog de stoni http://stoni1983.over-blog.com)

C’est la raison pour laquelle j’ai décidé il y a quelques mois de m’autoéditer, même si par la suite j’ai envoyé mon manuscrit à quelques maisons d’édition par acquit de conscience.

Je viens de tomber sur une nouvelle critique du fonctionnement des maisons d’édition ici : https://drive.google.com/file/d/1zbeNz7EAqZUZ0SuL_6bxdZreGixL2Xf9/view?fbclid=IwAR2L5AIv84EF3ZsjceGCGHYndWok6aWZgWbhKuFGkkFmeIb2cVVUT0_JytM

qui va encore une fois dans le même sens que ce que j’ai déjà souvent lu.

Et vous qu’en pensez-vous ?

Image de profil de Lux Atrée
Lux Atrée
J’aime bien Olivier de Benoist, il est marrant et en plus on apprend parfois des choses grâce à lui dis donc…
Ainsi hier, je suis tombé par hasard sur un (vieux) sketch où il parle de l’autobiographie d’une personne dont le talent consiste essentiellement à étaler sa forte pôtrine et son inculture.
Autobiographie est un bien grand mot, Biographie aurait suffi, car l’auteur du livre est en réalité un prête plume.
Ce livre est un succès propre à faire pâlir d’envie 99 % des auteurs, bien qu’à mon avis l’éditeur ait quand même fait une énorme erreur marketing : il suffisait d’annoncer que le livre contenait des photos du sujet en tenue légère pour qu’il se vende 100 fois plus …

J’en viens à ma question : pensez-vous que ce soit la qualité de l’ouvrage qui ait décidé l’éditeur à publier le livre ou bien le fait qu’il était certain de vendre le livre à un public dont une partie ne sait peut-être même pas lire ?

Bon je raille, je raille, mais redevenons sérieux : ce nouvel exemple montre, s’il en était besoin, que les ME ne sont pas des entreprises philanthropiques, ce sont des entreprises commerciales dont le but est de gagner de l’argent, par conséquent elles publient ce qui potentiellement va leur en faire gagner et on ne peut pas leur en tenir rigueur.

Corollaire : être édité n’a aucun rapport avec la qualité de l’ouvrage, mais uniquement avec son potentiel de vente. Si vous êtes connu, l’éditeur part du principe que vous avez un potentiel vendeur, si vous ne l’êtes pas il doit faire un saut dans vous, je veux dire dans l’inconnu (ok … je ne suis pas Olivier de Benoist …) et pour le coup la sélection a toutes les chances de se faire au doigt mouillé ...

Ps : Je suis allé voir les commentaires sur un RSL, ce que j’en retiens c’est que de nombreux lecteurs croient que c’est l’auteur affiché qui a écrit le livre, bientôt le Goncourt ...
Image de profil de Ai acheté un couteau
Ai acheté un couteau
je suis d'accord que les mauvais roman à thèmes populaires pullulent en maison d'édition que je qualifierais de "qualité pourrie" pour être respectable.

pour autant, à sujet égal, un très bon roman a de plus chances de trouver un éditeur qu'un mauvais. et en France (certes, quand je voie des maisons anglaises ou américaines indépendantes, j'ai l'impression qu'elles sont beaucoup plus nombreuses, notamment dans "l'expérimental") on a quand même la chance d'avoir un vivier d'éditeurs qui publient encore de la qualité, parfois à perte, un gros roman compensant dix autres : Gallimard / POL, Actes Sud, Philippe Rey, Grasset, Plon, etc. quand on regarde ces maisons, quasiment toutes publient des auteurs populaires mauvais mais leur catalogue va bien au-délà. certes, je le répète, la France manque probablement d'éditeurs indépendants mais ne tapons pas à gros marteau.

ce qu'il faut aussi reconnaitre, la "littérature jeune" de Scribay ne reflète absolument par la littérature moderne : le meilleur livre d'un auteur est souvent écrit après cinquante ans, le premier livre publié après trente ans. et, parmi nous, quels sont ceux qui achètent des revues littéraires, qui lisent des livres variés, voire même qui lisent régulièrement ?

la "littérature" n'est pas populaire je pense, contrairement au divertissement. et j'ai l'impression que beaucoup d'entre nous n'ont qu'un panel du divertissement mais ne réalisent pas que notre littérature française regorgent de merveilleux romans, et la littérature mondiale encore plus. et c'est aussi valable pour la traduction. une auteur comme Olga Tokarczuk, prix nobel cette année, est publiée en France depuis plus de vingt ans alors qu'elle n'a pas du faire vendre beaucoup de livres avant ces derniers mois.

je ne dis pas qu'il ne faut pas taper sur les mauvaises maisons, mais il faut arrêter de croire que le système des éditeurs est pourri jusqu'à la moêle. de 1, nous (moi y compris) sommes des auteurs "mauvais" par rapport à de très bons romans publiés chaque année. de 2, je pense qu'ici très peu de gens sont vraiment ouverts à la littérature.

bref, tu n'as pas tort dans tout ce que tu dis ici et plus bas, mais il faut relativiser je trouve. l'édition, ce n'est pas que le divertissement populaire.
Image de profil de Lux Atrée
Lux Atrée
Du point de vue des auteurs, je ne sais pas s’il faut taper ou pas sur les Maisons d'édition, je pense même que c’est un non-sujet.
Ce qui m’intéresse c’est de comprendre le fonctionnement de l’édition pour éviter à chacun de se tromper et de perdre son temps, voire pour certains de concevoir une rancoeur qui n’a pas lieu d’être.
Une fois qu’on a compris que Les ME sont avant tout des entreprises commerciales dont l’essentiel du travail n’est pas de publier, mais de refuser de publier (voir l’article du nouvel obs https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-rue89-culture/20120819.RUE1862/ecrivains-pourquoi-et-comment-les-maisons-d-edition-refusent-vos-livres.html ), les choses deviennent plus claires.

En revanche, lorsque je me place du point de vue du lecteur (ce que je fais plus volontiers), je ne trouve pas mon compte avec les ME. Je veux dire par là que si dans ma jeunesse j’ai découvert des tas d’auteurs intéressants parce qu’ils ont été édités, j’ai aussi compris que j’en ai raté (j’en rate) sans doute aussi beaucoup (plus) qui n’ont pas eu la chance de se faire connaître.
L’intérêt des maisons d’édition pour le lecteur c’est de lui permettre de découvrir des auteurs.
Mais d’une part, j’ai quasi systématiquement été déçu par ceux qui sont mis en avant depuis 30 ans au point que les prix littéraires par exemple agissent sur moi comme des repoussoirs (et je sais que nous sommes nombreux dans ce cas pour avoir déjà évoqué ce sujet ailleurs sur le web). Je ne lirai donc ni le Goncourt, ni le Nobel, ni les autres lauréats, et de façon générale j’évite de lire les auteurs qui ont reçu un prix littéraire dans leur carrière.
Et d’autre part on finit par se trouver noyé sous des tas de navets de Pierre, Paul ou Jacqueline au prétexte que ce sont des gens connus et qu’ils font vendre…
Lorsqu’il m’arrive d’arpenter les rayons de telle ou telle librairie, j’en ressors la plupart du temps les mains vides, parce que ce qui est mis en avant ne m’intéresse pas !
En conclusion, on ne peut pas faire confiance aux ME pour faire le tri, or c’est précisément de ce travail qu’elles s’enorgueillissent.
J’ai le même avis en ce qui concerne le cinéma et j’ai d’ailleurs fini par déserter les salles.

Il manque manifestement un moyen sinon de publier (puisqu’il existe maintenant l’autopublication), mais de permettre à tout un chacun de trouver facilement des livres qui l’intéressent.
Je ne range pas les Amazon, Kobo et autres gros marchands du web dans la catégorie des moyens permettant de faire connaître de façon efficace des livres intéressants, il faut là aussi les prendre pour ce qu’ils sont, c’est à dire des commerçants.

Quand j’écris qu’il manque un moyen de trouver des ouvrages intéressants, ce n’est pas tout à fait vrai , les RSL ou les plateformes d’écriture comme Scribay sont des initiatives très intéressantes, mais elles sont incomplètes. Ce qui manque vraiment c’est le moyen de faire le tri dans la masse de livres existants et pour le coup je ne peux que le déplorer sans imaginer comment on pourrait y remédier. Quoique … le fait de l’écrire m’a donné une idée (purement théorique) ...
Image de profil de Ai acheté un couteau
Ai acheté un couteau
L'article bien que pointant une chose intéressante (que la plupart des livres envoyés sont de qualité moyenne, pour ne pas dire mauvaise) est très pute-à-clic : 1 sur 6000, d'où vient ce chiffre ? (parce qu'il faut savoir que les manuscrits reçus sont souvent bourrés de fautes, écrits par des auteurs novices ayant débutés l'écriture depuis un mois, persuadés d'avoir pondu un chef d'oeuvre alors qu'ils ne lisent jamais) ou encore ce 100 lettres de refus avant d'être publié (dans une maison bénévole qui publie les auteurs de ses propres membres, inactif longtemps et dont la page principale est une discussion Facebook...), livre dont le seul extrait trouvable est de qualité... moyenne disons pour être ouvert.

Ensuite, tu dis être déçu par ce qui est mis en avant, mais il faut se rendre compte qu'on donne aux gens ce qu'ils veulent. C'est du divertissement, souvent de l'abrutissement, mais c'est ce que les gens veulent. Une libraire me disait être toujours surprise quand quelqu'un lui achetait un livre indépendant ou un vieux classique. Il suffit d'ailleurs de discuter avec eux pour trouver des recommandations cachées, de livre non mis en avant, tout comme sur un forum où il suffit de discuter (et c'est d'ailleurs comme cela que j'ai souvent découverts mes auteurs préférés)

"on ne peut pas faire confiance aux ME pour faire le tri, or c’est précisément de ce travail qu’elles s’enorgueillissent." A nouveau tu tapes sur une généralisation de la maison d'édition. XO ou Calmann Levy se revendique clairement comme des maisons à "large public" i.e à fric. Mais en allant dans d'autres circuits on trouve très vite "autre chose" que cela. De très grosses maisons ont d'ailleurs des éditions parallèles pour différencier leur gros de leurs oeuvres plus indépendantes, sous éditions qui publient souvent de la qualité à perte ou en quantité limité faute de demande.
Il faut se rendre qu'en France, avec quelques pays anglophones, on a une variété littéraire et cinématographique exceptionnelle, là où en Belgique on chute niveau cinéma, et ne parlons pas du Japon où c'est calamiteux.
Des maisons comme José Corti sont un des meilleurs exemples de ces maisons peu connues, qui essaient de publier une qualité littéraire quitte à ne pas faire de profit.

Ensuite, tu parles de se faire connaitre. Mais les bons auteurs ne se font pas connaitre, sauf exception (souvent un prix, la mort, ou un autre auteur connu le citant comme inspiration). Il faut arrêter de croire que la véritable littérature est 1. accessible, 2. demandée. L'esthétique nécessite connaissance, et je ne parle pas de masturbation intellectuelle, mais quasiment personne n'ayant jamais lu un livre n'appréciera Proust, et c'est pareil en peinture ou quelqu'un face à Brueghel ou Veronese ou De Vinci trouvera son oeuvre bouleversante sans avoir une connaissance, ou du moins une expérience avec la peinture. Et les gens ne veulent pas faire d'effort pour s'ouvrir. S'ils achètent autant de Musso ou de Lévy c'est par facilité aussi.

Enfin tu parles de trouver un livre intéressant ? mais c'est quoi un livre intéressant ? pour 99% des gens c'est un divertissement comme je le disais, pour le 1% restant il reste donc 1% de livre disons. Et, comme pour les articles scientifiques, les films, la découverte vient de : 1. la recherche, l'intérêt 2. la communauté 3. les publications.
En France, on a des dizaines de revues littéraires, de nouvelles ou de poésie, souvent disponibles en librairies, plus ou moins de proximité, ou dans des musées, des centres culturels, etc. Et on a aussi de très nombreux forums de discussions. Tout cela est une toile et le coeur est la publicité, les affiches, ses extrémités les communautés restreintes, le bouche à oreille. Les romans les plus "populaires" d'époque, sont d'ailleurs souvent pointés du doigt pour leur qualité littéraire (Alexandre Dumas a été de très nombreuses choses médiocres, Simenon aussi, etc.) et, de part la mondialisation et l'apparition d'une grande diversité, il y a beaucoup plus de romans qu'avant, ce qui est une aubaine, même si elle rend difficile de faire émerger tous les bons auteurs.
Bref, les revues, les communautés, sont un point très important que tu sous-estimes.

Enfin, j'ai envie de dire qu'ici, sur Scribay ou sur presque n'importe quelle forum d'écriture, 99% des gens veulent écrire / s'inspirent des auteurs populaires. Il faut aussi ouvrir les yeux sur cette réalité. Les gens écrivent comme. Certains sont des faiseurs d'histoires, mais combien ici s'inscrivent dans une véritable poursuite de l'écriture en tant qu'art, et non pas en tant que simple histoire ? La plupart des écrivains pondent leur meilleur livre après trente ans à écrire, après maints échecs. Il suffit d'ailleurs de voir que les auteurs populaires publient un livre par an, bien aidé par une pléiade de nègres. On aura beau dire que Littell a écrit les Bienveillantes en quelques mois, son premier roman fini remonte à trente ans avant. Je divague, mais tout ça pour dire que la littérature ne se trouve pas du jour du lendemain, et que la lecture aussi, il faut la chercher, l'apprivoiser, pas à pas, et cette dérive du livre divertissant prépondérant vient aussi de là : les gens ne veulent pas faire d'effort, et, en contrepartie, c'est aussi à nous, les passionnés de littérature, de le faire pour dénicher les "vrais" romans.
Image de profil de Lux Atrée
Lux Atrée
«il faut se rendre compte qu'on donne aux gens ce qu'ils veulent. C'est du divertissement, souvent de l'abrutissement, mais c'est ce que les gens veulent ».
L’abrutissement me semble plus la conséquence de la recherche d’un certain divertissement qu’autre chose. J’écris « un certain divertissement », car depuis la nuit des temps les ressorts de l’âme humaine n’ont pas changé : hier on allait au cirque pour voir des gens se faire étriper, aujourd’hui on regarde les émissions de téléréalité, qui doivent devenir de plus en plus trash pour attirer un public drogué qui cherche une dose toujours plus forte, ou bien on lit les bienveillantes …
Je ne l’ai, bien entendu, pas lu, mais plusieurs commentaires étayés sur un RSL bien connu suffisent à comprendre ce qu’il en est.
Il ne faut pas croire que je sois contre le divertissement, bien au contraire, j’ai horreur de la littérature qui se veut culturelle et qui essaie de faire croire qu’elle a quelque chose à dire alors que ce n’est que de la masturbation intellectuelle, souvent fort bien écrite j’en conviens. Cependant que le voyeurisme malsain soit érigé en vertu cardinale me choque.
Je fais aussi la distinction entre ceux qui considèrent l’écriture comme un art, ceux pour lesquels l’écriture est le support d’un message qu’ils ont envie de porter, ceux qui ont envie de lire (ou d’écrire) une simple histoire de divertissement, qui si elle est saine n’a rien de détestable.
Tous les goûts sont dans la nature et il n’y a rien de mieux que la diversité, encore faut-il pouvoir accéder facilement à cette diversité.
Image de profil de Lux Atrée
Lux Atrée
J’ai écrit :
«Mais d’une part, j’ai quasi systématiquement été déçu par ceux qui sont mis en avant depuis 30 ans au point que les prix littéraires par exemple agissent sur moi comme des repoussoirs (et je sais que nous sommes nombreux dans ce cas pour avoir déjà évoqué ce sujet ailleurs sur le web). Je ne lirai donc ni le Goncourt, ni le Nobel, ni les autres lauréats, et de façon générale j’évite de lire les auteurs qui ont reçu un prix littéraire dans leur carrière. »

Et je me vois forcé de nuancer un peu mon propos.
Je n’ai lu pour l’instant, honte à moi, qu’un livre de Robert Merle et il se trouve que c’est le roman qui m’a le plus marqué. Comme je cherchais à acheter « La mort est mon métier » sur internet au format epub, je me suis rendu compte que Robert Merle avait reçu le prix Goncourt pour « Week-end à zuydcoote ».
Je suis donc bien forcé de reconnaître qu’il existe de bons auteurs qui ont reçu le Goncourt (ça me coûte de l’écrire LOL), mais qu’en plus je vais acheter des ouvrages de cet auteur.
Ce qui me console quand même, c’est qu’il a obtenu le Goncourt il y a 70 ans, donc ça ne compte pas ...
Image de profil de Ai acheté un couteau
Ai acheté un couteau
"Tous les goûts sont dans la nature et il n’y a rien de mieux que la diversité, encore faut-il pouvoir accéder facilement à cette diversité."
Juste la France est un vivier de diversité énorme comparé à de nombreux pays (à la fois par ses financements et ses nombreuses maisons d'édition), je ne sais pas si tu te rends compte de notre chance en tant que francophones ! de plus, elle n'a jamais été aussi accessible à l'heure d'Internet, de la livraison internationale, etc. Je ne vois vraiment pas où est ce manque.

"Ce qui me console quand même, c’est qu’il a obtenu le Goncourt il y a 70 ans, donc ça ne compte pas ..." Ce n'est pas comme si les plus scandales du Goncourt remontait aux années 10 à 50...
Image de profil de Lux Atrée
Lux Atrée
Pour alimenter le débat , deux extraits d'un article de france culture, qui éclairent bien le fonctionnement des ME :

"quelques témoignages aussi d’écrivains confirmés, se remémorant les avanies de leurs premiers pas. Ainsi de Didier Daeninckx. “Auteur de plus de cent livres, [il] a écrit son premier polar en 1978. Il s’intitulait Mort au premier tour. « J’ai fait dix photocopies, raconte-t-il, je suis allé dans une librairie pour relever les adresses des dix principaux éditeurs de polar et j’ai attendu leur réponse : neuf étaient négatives et le dixième n’a pas répondu. » Découragé, il devient animateur culturel puis journaliste localier. « Quatre ans plus tard, j’ai une réponse de ce dixième éditeur, Le Masque, qui prend mon manuscrit. Ce fut le flop total. Et une seule critique, celle de Michel Lebrun, qui disait à peu près cela : l’auteur a un nom trop difficile pour avoir du succès. »” Ou encore Dan Franck, qui “profite d’une année « sabbatique » à la Sorbonne pour écrire son premier roman qu’il adresse d’abord chez Gallimard. « Quinze jours plus tard, se souvient-il, n’ayant pas de réponse, je l’envoie chez Stock, puis chez Albin Michel, puis absolument partout. Et je ne reçois que des réponses négatives. Je me souviens même d’un compte rendu de lecture d’Henry Bonnier chez Albin Michel qui disait : “Ce livre est un paquet mal cuit, cet auteur ne sera jamais écrivain.” »”"

"Aujourd’hui, les écrivains en herbe publient directement sur Internet, et notamment sur Wattpad, ce “réseau social créé en 2006 par deux jeunes Canadiens, et devenu la plate-forme Web incontournable des amateurs de romans-feuilletons, comme le raconte Renaud Baronian dans Le Parisien. Destiné au partage d’écrits entre lecteurs et écrivains débutants, le site offre des espaces d’écritures très simples à utiliser et permet également à ses usagers de s’échanger des messages en direct. Certains donnent même leur avis instantanément sur ce qu’un auteur est en train d’écrire. Wattpad, qui regroupe près de 40 millions d’utilisateurs mensuels, dont 80 % de moins de 25 ans, permet d’avoir accès à des centaines de milliers de récits.” Et aux éditeurs de repérer leurs futures poules aux œufs d’or. “Elle n’en revient pas elle-même…, raconte encore le journaliste du Parisien. Morgane Bicail, 15 ans, a déjà séduit 3 millions de lecteurs sur Internet avec PhonePlay, l’histoire d’un amour adolescent entre une fille rebelle et un mystérieux prétendant qui lui écrit des SMS sans dévoiler son identité. Et ça n’est pas prêt de s’arrêter. Son récit, qui continue à connaître du succès sur Wattpad, a été repéré par l’éditeur Michel Lafon qui vient de le publier en librairie dans une version plus littéraire. […] Dans son premier récit, le héros [avait] les traits de Harry Styles, le chanteur du groupe One Direction, l’un des plus utilisés pour les fanfictions dans le monde. […] Le récit que l’on trouve aujourd’hui en librairie a gommé le nom et les traits du chanteur et a subi des modifications : « Pour moi, dit Morgane Bicail, c’est une autre version de cette histoire, plus littéraire, c’est ce que je voulais. Avec mon éditrice, nous avons effectué un vrai travail de réécriture, changé des mots et des expressions. »"
Image de profil de Stéphanie BELLAMY
Stéphanie BELLAMY
Salut :) Je connais le milieu de l'édition (je connais personnellement des auteurs édités en ME et des éditeurs). Il ne faut pas croire tout ce que l'on dit. Certes, il y a parfois du vrai, mais toutes les maisons d'édition ne sont pas mauvaises.

J'en connais qui sont vraiment au top niveau qualité de travail, professionnalisme et relationnel. A l'inverse, d'autres sont à la ramasse. Après, faut aussi faire la différence entre les petites et moyennes ME, et les grosses usines.

Une amie autrice était bien lotie dans une moyenne ME. Elle a rompu son contrat pour tenter sa chance dans une grande boite et pour être mieux reconnue...elle a vite déchanté. Elle n'y est qu'un auteur parmi tant d'autres qui rapportent du fric et c'est tout.

Tout dépend sur quelle ME on tombe. Malheureusement, on ne peut pas toujours savoir à l'avance dans quelle pétrin on met les pieds.

Etre édité en ME ou en auto-édition, peu importe. Le plus important est de bien réfléchir et d'être convaincu de son choix ;) J'ai lu des romans auto-édités qui sont de vrais pépites. Par contre, j'ai aussi lu des romans en ME qui sont de vrais...*je vais rester poli*.

C'est génial de s'auto-éditer :) Bonne chance dans cette aventure :)
Image de profil de Lux Atrée
Lux Atrée
LOL, je crois que dans tous les cas ce doit être un sacré pétrin ;-)
C'est vrai que l'autoédition est déjà une belle aventure, c'est super intéressant.
Par exemple, je ne connaissais rien aux formats numériques et je m'y suis mis avec les logiciels Sigil et Calibre notamment.
Avec Writer (plus Grammalecte et Antidote) et Scribus, j’ai fait tout seul mon pdf pour l’édition papier, couverture comprise que j’ai dessinée moi-même tant qu’à y être.
J’avais même fait un exemplaire papier avec une imprimante jet d’encre, mes petites mains, le papier offset pour l’intérieur et glacé pour la couverture, des ciseaux, des serre-joints et de la colle, qui n’a rien à envier aux exemplaires imprimeurs …. ou presque LOL : il m’a fallu imprimer la couverture en deux fois et faire un raccord, mais ça se voit presque pas.
(C’est mon exemplaire collector qui trône sur la cheminée, enfin, qui trônera sur la cheminée lorsque j’en aurai une ...)
Image de profil de Vicomte Bidon
Vicomte Bidon
Des blogs qui dénoncent le milieu de l'édition il y en a beaucoup je pense, et certains sont assez amusants, il doit y avoir des choses vraies dans ce qu'ils disent mais il faut voir aussi qu'il y des écrivains frustrés qui n'ont pas été sélectionnés alors ils dénoncent grave... On peut voir aussi d'autres article qui vont dans l'autre sens : https://www.lexpress.fr/culture/livre/editeurs-cherchent-chefs-d-oeuvre-desesperement_1079868.html

Perso je n'ai aucune idée d'où est la vérité.... entre les deux probablement.

Tiens un vieux truc, un heureux édité dans une vraie maison d"édition qui fait ses comptes : https://brossegherta.wordpress.com/2010/10/12/hyrok-les-chiffres/ ;-)
Image de profil de Lux Atrée
Lux Atrée
Je suis presque sûr d'avoir déjà lu cet article de l'express, ainsi que celui intitulé « autoedition-le-succes-si-je-veux » et d'autres encore.
En revanche je ne connaissais pas celui qui évoque le destin de Hyrok et qui est très intéressant.
C’est d’autant plus intéressant que je n’avais pas souvenir de cette ME, mais elle fait l’objet d’un article sur le blog de Stoni, un peu saignant encore une fois.

C’est fou le nombre de petites ME !! J’ai même découvert par hasard, après plusieurs mois à recenser les imprimeurs et éditeurs de ma région, qu’il existait une petite ME (mais à compte d’éditeur quand même et avec un catalogue assez fourni) à deux pas de chez moi dans une petite ville de 4000 habitants !
Image de profil de Vicomte Bidon
Vicomte Bidon
J'ai pas l"impression que léo scheer soit un si petit éditeur que ça, par exemple il a publié Eric Vuillard qui quelques années plu tard a eu le prix Goncourt (dans une autre maison d'édition il est vrai) https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ric_Vuillard#Biographie
Et ils ont beaucoup de publications à leur actif.
Image de profil de Lux Atrée
Lux Atrée
D'après ce que j'ai lu, les éditions Léo Scheer avaient en 2012 entre 3 et 5 employés pour 356k€ de chiffre d'affaires, c'est ce qu'on appelle une Tpe.
Il n’y a rien de péjoratif à ça, d’ailleurs j’ai aussi lu que les nouveaux talents sont souvent dénichés par les petites ME.
Je pense que c’est là qu’on voit la différence entre ceux qui font d’écrivain leur métier et les autres.
Je veux dire que j’ai souvent lu que tel grand auteur avait été découvert par une petite ME et qu’ensuite une plus grande maison d’édition s’était intéressée à cet auteur qui avait écrit des tas d’autres romans.
Mais bon pour écrire des tas d’autres romans, il faut en faire son métier, non ?
Image de profil de philippemoi
philippemoi
Avec 350kEuros de CA...on est déjà dans une ME moyenne et pas petite du tout...
Image de profil de Gigi Fro
Gigi Fro
Hé bien je pense que...

Il y a plusieurs types de ME (et je ne parle que des vraies ME à compte d'éditeur), elles ont un fonctionnement différent par rapport à leur taille. Donc on ne peut pas les mettre toutes dans le même panier.

J'ai eu l'occasion de discuter avec un éditeur qui m'a dit (et cela résume tout) : "l'auteur veut être aimé, moi je veux gagner de l'argent" :P Oui, gardez toujours ça en mémoire, ça vous évitera des déconvenues :P Toujours garder en tête que c'est un business.

Mis à part ça, passer par une ME peut être une bonne chose, puisque l'édition (auto ou pas) c'est du boulot si on veut que ça marche :P (sauf miracle, cela arrive aussi). La ME fait tout le boulot chiant et franchement, ils méritent leur pourcentage XD.

Après, ne vous mettez pas à danser la danse des canards si vous avez eu une réponse positive d'une ME, regardez ce qu'on vous propose vraiment : couverture de merde, mise en page bâclée, aucun travail éditorial, distribution sur Amazon au mieux, sinon un site inconnu, aucun travail commercial => méditez bien si ce ne serait pas plus intéressant de vous auto éditer (mais ce sera à vous de faire la partie chiante).

En revanche, une ME dans laquelle l'éditeur fait vraiment son travail, qui dispose d'une équipe pour faire un ouvrage correct, d'un service commercial et d'un réseau de diffusion, allez-y ! (mais il risquera de vous demander aussi de vous mouiller pour la promotion, et cela peut ne pas vous convenir)

Si par chance vous avez été pris par un big one (parce que votre tata/tonton/voisin(e)/marraine/amant(e) y bosse), méditez bien aussi : vaut mieux se lancer avec une petite qui va parier sur vous ou sur une grande qui va vous mettre au fond du catalogue mais va surtout se focaliser sur les stars ? (c'est une vraie question, hein ?)
Image de profil de Lux Atrée
Lux Atrée
Merci pour l’intervention, elle va dans le même sens que tout ce que j’ai lu par ailleurs.
L’analyse de Stoni (qui serait un auteur édité) est particulièrement saignante et sans concession.
Elle a le mérite de clarifier les choses : Effectivement l’éditeur est là pour faire du blé, alors que l’auteur …. est là pour faire du blé … ou bien a quelque chose à dire (j’imagine mal que les auteurs aient envie d’être aimés, mais c’est peut-être parce que je me fiche d’être aimé ou pas …)
Finalement quand on ne bénéficie d’aucune notoriété, être édité est un coup de (mal?)chance.
Il faut quand même constater que le processus qui met en contact les lecteurs et les auteurs est très incertain, de sorte que des navets vont avoir des millions de lecteurs et des perles quasiment aucuns.
Image de profil de Gigi Fro
Gigi Fro
Stoni raconte son vécu qui n'a pas dû bien se passer. Si les gens sont satisfaits, ils ne vont pas écrire un blog pour dire qu'ils sont heureux chez leur éditeur :) (c'est plus simple de râler, non ?). Je connais des auteurs édités en ME et qui sont satisfaits de leur ME parce qu'ils sont bien tombés. Voilà ils écrivent leur truc, et hop envoi à l'éditeur et l'éditeur se débrouille pour faire tout ça joli et va juste contacter l'auteur pour la promo. Tout dépend des ME.

Pour l'auteur qui veut être aimé, je pense qu'il parlait de l'ego de l'auteur : l'auteur veut qu'on aime son oeuvre (pas vraiment lui). Pour nuancer la chose, l'éditeur venait d'évoquer un auteur avec qui il avait été en conflit.
Si un auteur croit qu'il va se faire du blé (surtout en publiant avec un éditeur), il sera vite déçu (5 à 10% de royalties pour un livre vendu).
Image de profil de Lux Atrée
Lux Atrée
Pour avoir pas mal écumé le blog de Stoni il y a quelque temps, je pense que Stoni a pour seule ambition de parler des choses sans faux semblant.
Si l'on en croit ce qu'il dit, il est édité et ne souhaite pas qu'on connaisse son identité pour ne pas tuer la poule aux oeufs d'or, donc ça doit se passer pas trop mal pour lui.
0