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L'habillage des dialogues

par scifan  il y a 1 an

Je me heurte à un problème au sujet de l’habillage des dialogues : incise de parole, gestuelles, ton employé, etc.

Dans de longs dialogues, une vingtaine de répliques ou plus, entre deux personnages comment évité les répétitions ? Parce qu’entre le nom, la fonction, le pronom personnel il ou elle, un ou deux synonymes de la fonction, impossible d’habiller chaque réplique sans répétions voire trois ou quatre fois.

Usez de nombreuses désignations pour chaque personnage risque de faire croire à multiplicité de locuteurs.

Alors, répéter sans remords les noms et pronoms personnels ? User avec parcimonie de quelques habillages sans répétitions ?

Je suis tout ouïe. Non, mes yeux sont grands ouverts.

Merci de vos conseils.

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Stéph Loup'tout
Le plus simple reste de donner une voix à ton personnage :) Des expressions clefs, des tics de langage, un ton...
Par exemple si j'écris : "- Élémentaire, mon cher Watson." je n'ai pas besoin de préciser que c'est Sherlock Holmes qui parle à Watson, d'une son fameux "Élémentaire" est une expression très célèbre et unique, qui l'identifie direct, et il dit lui-même le nom de son interlocuteur, il est donc évident que si j'ai une autre réplique à insérer, ce sera Watson qui parlera (sauf si je fais intervenir un troisième personnage, qu'il faudra alors que je nomme, bien entendu :) ).
Ton perso, en plus d'expressions qui reviennent, peut aussi zozoter, bafouiller, ou être sous le coup d'une émotion forte. S'il est en colère, on comprendra facilement que c'est lui qui parle grâce aux points d'exclamation ou encore à la police majuscule que l'auteur peut employer pour donner à entendre l'énervement du personnage.
Varier les verbes de paroles, insérer quelques phrases de narration, varier sans abuser des différentes appellations possibles des persos, jouer sur la police et la ponctuation pour signifier le ton du perso, tout ça aide à rendre le dialogue vivant et à ne pas devoir répéter vingt fois "elle" ou "il" :)

Comme un exemple vaut mieux qu'un long discours, voici un "long dialogue" inventé par mes soins :

"L'elfe croisa mon regard, un sourire narquois retroussa ses lèvres.
- Donc, reprit-il, tu penses pouvoir me vaincre en combat singulier... toi, une humaine ?
Je serrai les poings et relevai le menton, dans une posture de défi.
- Si t'as la trouille, tu peux décliner.
Son sourire s'accentua mais une ombre passa dans son regard doré. Oh, oups, je crois que je viens de le mettre en colère.
- Moi, la trouille ? Dans tes rêves, oui !
- Bien, dans ce cas je te laisse le choix des armes : arc, épée, hache, lance ou magie ?
- Peu importe, ricana l'elfe. De toute façon tu vas perdre.
- Arc, épée, hache, lance ou magie ? répétai-je calmement.
L'ombre dans son regard se mua en orage. Oh là là, monsieur oreilles-pointues est en train de mijoter un de ces cacas nerveux... Je ne pensai pas que les elfes étaient si susceptibles, sérieux !
- Magie, répondit-il.
Sa voix était devenue glaciale. Glaciale à enrhumer un ours polaire ! Heureusement que je n'étais pas frileuse !
- Une préférence magique ou tous les coups sont permis ? demandai-je à nouveau.
Autant définir les règles dès le départ. Apparemment, ça permet souvent d'éviter les mauvaises surprises....
- Tous les coups sont permis, sourit l'elfe.
Tiens, pourquoi son choix ne m'étonne pas ? Étrange, étrange...
- Monsieur l'aubergiste, ça vous dit d'être notre arbitre ?
Du coin de l'oeil, je vis le volumineux "monsieur" en question devenir aussi pâle que mes fesses, ce qui est quand même une sacrée prouesse, faut le reconnaître.
- Vous pouvez pas... choisir quelqu'un d'autre, mademoiselle ? piaula-t-il.
Si je n'avais pas voulu soutenir le regard orageux de l'elfe, je crois que j'aurai tourné la tête et hausser les sourcils, tant la question de l'aubergiste frôlait les sommets de la stupidité.
- Mon cher monsieur, comme nous sommes actuellement les trois seuls occupants de votre auberge, vous voulez que je demande à qui d'autre ?
- Bah, euh... à d'autres gens... dehors... sur les chemins...
Dehors ? Vu que son auberge était paumée au milieu de nulle part et que dehors, il pleuvait des cordes, à mon avis, on allait pouvoir le chercher longtemps, notre arbitre !
- Un duel de magie n'est pas si difficile à arbitrer, intervint mon futur adversaire, sans détourner le regard du mien. Et nous vous payerons les éventuels dégâts.
Oh l'autre, il aurait pu me demander mon avis avant de m'inclure dans cette close à la noix ! Bon, quitte à se faire avoir, autant minimiser !
- Oui, confirmai-je. Je vous payerai tous les dégâts que mes sortilèges pourront causer à votre établissement.
Une lueur amusée passa dans l'orage. Malgré sa colère, l'elfe semblait apprécier ma répartie.
- J'en ferai de même, promit-il.
- Et... et... et... sur ma personne ?
La question me prit tellement au dépourvu que cette fois je tournai la tête pour dévisager le propriétaire des lieux.
- Pardon ?
- Ben... si un sortilège m'atteint et que je me change... euh... en crapaud ou que je fini roussi...
Un rire cristallin éclata à côté de moi. L'elfe était littéralement plié en deux, les pointes de ses oreilles aussi rouges que des tomates trop mûres. Dire qu'un instant auparavant il me toisait d'un regard noir... Étrangement, ce simple éclat d'hilarité le rajeunissait de manière étonnante. Il avait l'air d'un adolescent ainsi, le corps secoué par le rire et les oreilles rouges.
- Aubergiste, souffla-t-il, une fois son fou rire passé, je vous jure sur mon nom et mon âme que vous ne serez ni changé en crapaud ni roussi par l'un de nos sorts. La magie ne peut nuire à des êtres vivants, elle n'agit que sur les objets et les matières..."

Bref, j'ai pas compté les répliques mais je dois être à une petite vingtaine et je ne pense pas avoir abuser de pronoms... ^^ J'espère que cet exemple t'aura un peu aidé ! :)
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R. F. Castel
Personnellement, je trouve la répétition des "il", "elle", "lui" ou autres pronoms du genre, bien moins gênant que les répétitions des noms ou fonctions éventuelles.
Après, alterner les pronoms, les noms, les statuts ou les professions, rend évidemment la lecture moins pesante.
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Vicomte Bidon
"Après, alterner les pronoms, les noms, les statuts ou les professions, rend évidemment la lecture moins pesante."
je suis pas d'accord avec ça, en général je trouve cela 1) artificiel 2) pas forcément clair (il faut avoir en tête les correspondances prénoms, noms, statut, profession) 3)plus pesant au contraire :
- salut ! lança paul avec un grand sourire
- bien le bonjour paul, répondit julie
- il fait beau aujourd'hui, renchérit monsieur dupont [c'est paul il fallait s'en souvenir]
- ah oui, c'est trop cool ! s'exclama la jolie secrétaire [c'est julie]
- finalement le réchauffement climatique, ça a du bon... plaisanta le sémillant quinquagénaire [il s'agit de paul encore, faut suivre ]
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R. F. Castel
Oui, évidemment ! Si ces point ne sont pas ancrés dans l'esprit du lecteur, il risque très vite de ne plus rien y comprendre. C'est un fait ! :-)
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scifan
Merci à tous, ma question était tout simplement : comment considérez vous la répétition, en incise, d'un même prénom, dans le cadre de long dialogue de plus de 20 répliques :
- pas du tout gênante.
- un peu gênante.
- très gênante.
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Vis9vies
Je la préfère dans le dialogue, mais je crois qu'on survit presque à tout ^^
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Vicomte Bidon
c'est difficile de répondre dans l'absolu, il faudrait des exemples. mais je pense que ça peut ne pas être gênant du tout, en tout cas ça me semble préférable à des périphrases alambiquées ou maladroites pour désigner le personnage qui parle.
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Lisa Giraud Taylor
S'il n'y a que deux personnes, bien définies au début, je ne vois pas comment le lecteur peut omettre qui est qui, qui parle de quoi....

Après, il fait "habiller" avec les sentiments ou les intonations des personnages, ce qui peut très bien se formuler avec des verbes précis...

Tonner, s'étonner, susurrer, feindre, etc.
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Ali
Si la caractérisation des personnages est bien faites, pas besoins de rajouté des trucs comme "dit-il", "déclara-t-elle", "répondit monsieur Dugland".
Des habitudes ou des tics aux niveaux de la façon de parler règle le problème.
Par exemple, dans mon histoire, un personnage a l'habitude d'utiliser le mot "Bien". Quand il parle ça donne "Bien. On va faire comme ça". "Bien. Poursuivons". Idem. Pour un autre qui coupe ses mots : J'vais y aller. C'est quoi c'truc. Va m'chercher l'mioche.
Du coup, quand ces deux personnes discute, le lecteur n'a aucun mal à comprendre qui dit quoi ;)
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Daegann
Quand le dialogue est long, j'essaye de ne pas mettre d'incise systématiquement. Mais il faut en rajouter de temps en temps pour que le lecteur ne perde pas le fil de qui parle (même si à deux et suivant le contexte ça peut être assez claire, reste que des fois ça l'est pas tant que ça). Idem, s'il y a une précision à apporté pour rendre la scène plus vivante (un mouvement ou action d'un personnage par exemple, ou bien une précision sur le ton employé) là c'est utile. Si par contre l’incise n'apporte aucune information, on peut s'en passer. En tout cas c'est comme ça que j'essaye de procéder.
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Maï Maï
Je suis assez d'accord, l'incise ne doit pas être utiliser automatiquement, au risque de casser le rythme du dialogue. Surtout si celui-ci est vif et particulièrement vivant. Pour ma part, je n'utilise d'incise que si elle apporte quelque chose au récit ou au personnage. Certains gestes, certaines attitudes sont révélatrices d'un trait de caractère, d'un malaise, etc... Je me fais comprendre ?

En gros, puisque tu demandes un règle, je dirai que si tu l'enlèves et que ça ne retire rien à la compréhension de la situation et aux sentiments qui l'animent (gène, peur, situation de flirt, anxiété et autres), c'est qu'elle n'est pas obligatoire. Libre à toi de la laisser ou non, après c'est un choix personnel !
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Vis9vies
Le pire, scifan, c'est que tu précises "entre deux personnages" ^^

Dans ce cas, je fais comme ça :
https://www.scribay.com/text/1610965914/pastis
;)
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scifan
Les dialogues exempts d’incises, c’est exactement ce que j’avais fait.

Mais une lectrice m’a suggérée d’habillé ces dialogues. J’ai trouvé l’idée pertinente, mais j’ai vite été confronté au problème exposé ci-dessus.

Afin de savoir s’il existait une doctrine, j’ai posté cette discussion.
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Vis9vies
Je ne sais pas s'il existe une doctrine, ne sachant point écrire ;)

Ce qui me semble "juste" est de faire vivre les personnages. Si les dialogues n'y suffisent pas par eux-mêmes, c'est le boulot des incises. Elles ne sont pas là uniquement pour ouvrir le bal, elles sont là pour transporter dans la danse. Ce que je veux dire est qu'aucun personnage ne reste statique en parlant : il se déplace, s'agite, regarde, etc. L'incise doit attirer l'attention, pas seulement en disant "Untel a parlé" mais en décrivant la scène.

exemple:
Paul releva la tête.
- Tu en penses quoi, toi, des incises ?
- Ne sont-elles pas de vilains oiseaux ?
Marie adressa son sourire le plus espiègle à son compagnon qui haussa un sourcil, le gauche, comme à son habitude.
- Tu veux dire qu'elles ne chantent pas ?
- Non seulement elles ne chantent pas mais savent à peine voler. Marie éclata de rire. Elles sont amoureuses mais ne sont pas enfants de Bohème, si tu vois à quoi je veux faire allusion !
- Ah, l'amour, l'amour… chantonna Paul. Tu ne penses qu'à ça, jeune fille !
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bertrand môgendre
— Dis-moi, scifan, par « habillage des dialogues », tu penses à quoi ?
— C'est une technique qui permet d'une part de repérer les intervenants et d'autre part de décrire leurs actions ou de connaître la gestuele de leur réaction...
— ... avec deux ailes...
— ?
— ... comme les avions...
— môgendre t'es pas sérieux.
— Oui, on le dit, j'entretiens les bruits de couloirs.
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scifan
« Ah ! Quel paragraphe ! C’est beau comme du chat qu’expire ! ironisa Basile.
– Chut ! Merlin calotta le disciple.
– Merlin, c’est plus de la porosité c’est même pas une fuite c’est une brèche Ha ! Ha ! Ha ! s’esclaffa-t-il.
– Stupide disciple (calotte) la quantité n’a strictement rien à y voir ! gronda l’enchanteur.
Dans cet exemple ce que je nomme habillage est :
ironisa Basile
Merlin calotta le disciple.
s'esclafa-t-il
gronda l'enchanteur
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bertrand môgendre
Suggestion :

« Ah ! Quel paragraphe ! C’est beau comme du chat qu’expire !
– Chut ! Inutile d'ironiser.
– Merlin, c’est plus de la porosité c’est même pas une fuite c’est une brèche Ha ! Ha ! Ha ! (la précision soulignée par «s'exclaffa-t-il » devient redondante après le « Ha ! Ha ! Ha !)
– Stupide disciple (calotte) la quantité n’a strictement rien à y voir ! gronda l’enchanteur. »
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scifan
Merci, mais je ne cherche pas une solution pour ces trois répliques, mais une règle.
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Dldler
:-)
Oublie les règles.
Où alors, n’en gardes qu’une :
Écrire plus juste.
En construisant ce qui est dit à partir du caractère du personnage, de son histoire, de ses intentions, de son phrasé, normalement, on devrait rarement mélanger deux protagonistes. Il y a ensuite tout le non verbal à faire passer : gestuelle, intonations, et même les silences. Là, les incises de dialogue, les ruptures, servent le propos et le réalisme. Ils ne servent pas à attribuer les répliques. C’est quand on procède ainsi que cela fait habillage. Je crois.
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