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Le sport et la littérature

par Mat. C.  il y a 1 an

En cette période de coupe du monde (la raison de mon absence ces derniers temps ;)), j'ouvre cette discussion tout simplement pour discuter foot, ou pour coller à notre passion : l'influence et l'impact du sport dans la littérature.

Contrairement au cinéma, où le sport est présent (il suffit d'ouvrir Netflix pour se rendre compte, à mon plus grand plaisir, du nombre de films utilisant le sport comme sujet principal), ce dernier semble vraiment absent de la littérature. De mémoire, en dehors des biographies et auto-biographies, je n'ai en tête qu'un seul bouquin le traitant : le fabuleux Football Factory de l'écrivain anglais John King, chronique sur le monde ouvrier et le problème hooligan de la Grande-Bretagne.

Pour quelles raisons le sport est-il absent de la littérature ? Surtout si l'on considère qu'il est un des éléments fondamental de notre société ? Comment pouvez-vous évoquer le monde occidental sans parler foot ? L'Allemagne, l'Espagne, l'Angleterre et l'Italie vivent littérallement depuis des décénnies pour ce jeu (en France l'impact est tellement moindre)... dès qu'on parle prolétaire, usines, monde réel, le sport devrait être présent. Pourquoi, dans notre littérature, y a t-il une telle absence du sujet football ?

Arrogance des écrivains qui préfèrent parler de leurs petits problèmes de créatifs ? Potentiel manque d'audimat, car après tout on imagine encore que les sportifs sont des idiots musculeux qui ne lisent pas ? Impossibilité d'écrire sur du match, du combat, l'action ne fonctionnant que très peu en littérature (je m'y suis confronté aussi, mais problème contourné par John King qui raconte tout ce qui gravite autour du foot mais jamais le match en lui-même) ? Littérature française gangrénée par les bons petits bourgeois parisiens de droite déconnectés de la réalité et du monde prolétaire ?

Personnellement, je suis né avec un ballon de football au pied et je me considère plutôt comme un bon athlète, ce qui ne m'a pas empêché d'avoir lu mes Classiques et d'avoir une sacrée érudition. D'où vient cette rivalité (certainement franco-française) entre culture et sport, entre esprit et corps ?

Ici, pas un sujet ouvert sur la Coupe du Monde ? Personne n'en parle ? Personne n'écrit sur la boxe, le rugby, l'athlétisme, Johann Cryuff, Pelé ou les types de la pauvre équipe de votre usine du coin qui luttent vaillamment chaque dimanche ballon au pied, l'épée du licensiement pointée pourtant au dessus de leur tête ?

Amis sportifs ou supporters, ce sujet est le vôtre. Parlez foot ou cyclisme, rugby ou pétanque. Parlez Coupe du Monde ou Tour de France. N'ayez-plus honte. Le sport c'est beau. Et allez la Mannschaft ;)

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Dim
Il existe pourtant toute une littérature assez conséquente autour du foot (et du sport en général), mais elle n’atire probablement que les purs fans : tous les magazines dédiés aux différents tournois et championnats, toutes sortes de livres accompagnés de belles photos sur le côté historique et évolution, pas mal de BD (en tous cas en Belgique dont la BD fait partie de la culture), plusieurs biographies de grandes stars... Mais c’est clair qu’à un niveau romancé, on en voit beaucoup moins. Je rejoins là-dessus l’avis de GEO : je pense que tout une histoire sur le sujet aurait quelque chose de très redondant, l’auteur serait obligé de quitter l’aspect sportif de l’histoire pour davantage se plonger dans un aspect social, sous peine de perdre très vite son lecteur.
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philippemoi
Arrogance des écrivains qui préfèrent parler de leurs petits problèmes de créatifs ? Potentiel manque d'audimat, car après tout on imagine encore que les sportifs sont des idiots musculeux qui ne lisent pas ?

Ok pour l'Arrogance. Merci.

Le foot est le pire sport qu'on ait pu médiatiser. Le pire exemple pour notre jeunesse, celle qui fait ensuite la société.
C'est un sport où on met en exergue la triche et le manque de respect pour les règles et ceux qui les représentent, l'absence totale de respect pour l'adversaire.
La feinte, la simulation, donc le mensonge est monnaie courante avec l'absence d'honneur qui en résulte. Le fait de ne jamais assumer ses propres fautes, toujours les faire passer pour des erreurs involontaires devant l'arbitre ou pire des fautes de l'autre en essayant de provoquer l'injustice. C'est tellement partie de l'esprit qu'on vient à peine d'autoriser l'utilisation de la vidéo. Contestation de l'autorité génétique.
L'absence de respect de l'adversaire avec la violence qui peut y être liée dans des tacles parfois extrêmement dangereux et volontaires.
Et puis il y a le autour, qui n'est pas bien beau,mais commun à tant d'autres sports.L'argent facile et honteusement démesuré. Le dopage. La corruption. L'absence de respect des joueurs dont on détruit parfois la santé.
Et puis le public, avec ce nationalisme exacerbé, allant parfois jusqu'à la violence et les actes racistes ou xénophobes. Cette mauvaise foi du spectateur toujours plus indulgent pour son équipe, de son pays.
Ce sont là les valeurs qu'on rend belles et admirables pour notre jeunesse?
Alors est ce vraiment un sport? Quelles valeurs sont défendues?
Si un jour j'écris sur le foot se sera pour dénoncer plus que pour en montrer l'aspect culturel ou je ne sais quoi de positif.
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DAVID
Bravo, très belle description d'une journée à l'Assemblée nationale.
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philippemoi
oui ou d'un trajet au milieu des automobilistes... ou d'une journée d'école...
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R. F. Castel
Bhaaaa ! J'ai très envie de répondre Bhouuuuuu!!!!!
Mais au faite, c'est vrai ! Les dessous du foot son aussi saint pour la société que les magouilles de la mafia. C'est bien dommage, car ce sport était noble à une époque. Mais bon, reste toujours le fameux croquet ! :-D
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GEO
Bonjour,
je me suis testé à décrire un match de foot entre enfants dans les chats de Silvio Lavoretti.
Je n'aime pas spécialement le foot, à part en période de grande compétition internationale alors je n'ai pas beaucoup de culture dans ce sport, j'ai du mettre deux semaines à écrire la scène, en essayant de me souvenir des retransmissions radio des matchs.
Je crois que le sport, dans ce cas sert à mettre en place des conflits et une tension qui sert l'histoire, mais de là à écrire toute une histoire autour d'un match, je ne m'en sens pas la force, car un sport d'équipe est fait d'un succession de phases qui à l'écrit peuvent vite devenir répétitives, je crois que c'est une des raisons pour lesquelles il n'y a pas ou peu de récit complet d'un match.
A+
GEO
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GoM
Après le sport en littérature est rarement le sujet principal mais la SF ou le post-apo on a des sports souvent violents ou avec un fort impacte politique. Hunger Games est un genre de sport de survie quand on y pense, mais on ne parle pas de logique sportive mais logique politique.
Il y a de fameux sports inventés dans la littérature mais il sont rarement le thème principal comme dans Harry Potter.
Les romans de capes et d’épées ou de fantasy contiennent parfois une part importante de passes d’armes qu’on peut retrouver dans des sports d’escrimes. Mais ce n’est pas purement dans un esprit sportif.

il y a beaucoup d'écrits sur l'alpinisme, le vélo, la randonnée.
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HarleyAWarren
Je pense qu'il y a d'un côté, comme il a été dit précédemment, une séparation culturelle très forte en France entre "la tête et les jambes", si je puis dire. Ce qui fait que le sport, c'est pas considéré comme "un truc de gens culturés" alors qu'au contraire, la littérature, dans le pays de Môôôôôôlière et Victôôôôôor Hugôôôô, c'est la forme d'intellectualisme la plus haute qui existe (enfin, dans les considérations culturelles, toujours, pas dans la réalité objective).

D'un autre côté, comme disait Andy Clarbann, le sport, ça passe beaucoup mieux dans le visuel qu'à l'écrit. Combine les deux ensemble et paf ! ça fait des Chocapics.

Personnellement, je suis assez sportive aussi (course à pied + triathlon) et j'aimerais un de ces quatre écrire ne serait-ce qu'une nouvelle sur ce sujet. Je pense que, si tu te concentres avant tout sur les sensations que tu ressens en pratiquant tel ou tel sport, la poésie peut être un bon choix. Mais sur la totalité d'un roman, si le sujet central est un sport, le manque de support visuel pourra être un frein.
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Andy Clarbann
prolétaires blablabla prolétaires blabla prolétaires bla prolétaires prolétaires blablablabla méchants bourgeois blabla prolétaires

moi qui croyais que ça allait parler foot

plus sérieusement faut reconnaître que le sport ça se prête plus à l'image qu'à l'écrit, d'ailleurs quand on vise pas la grande littérature mais plutôt l'audiovisuel ça manque pas les productions sur le sport

comme tu le montres en parlant de détournement, c'est difficile d'être efficace en parlant du sport en lui-même, parce que c'est limité dans les possibilités (beaucoup plus limité qu'un récit avec de l'action au sens large, qui est déjà limitée apparemment), parce que très codifié

partant de là c'est peut-être tout simplement pas un sujet qui se prête beaucoup à l'exercice, et c'est pas un mal

maintenant un constat s'impose : si les fans de foot sont des grands littéraires cultivés et entendent le prouver, alors on verra fleurir des oeuvres de génie sur le foot, ça me paraît évident

si c'est pas le cas, ce sera certainement pas de la faute des méchants bourgeois de droite qui n'aiment pas le foot, ils peuvent pas tout faire à la place des autres

on va pas leur demander d'écrire ce qu'on voudrait écrire à notre place quand même, ce serait manquer de self-estime
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Oreleï
Salut.

Peut-être quelques pistes par ici ?
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Sport_et_litt%C3%A9rature_en_France

Sinon, pour la ligne de démarcation franco-française entre le sport et la culture, je pense qu'elle est à chercher dans les spécificités de la culture en France. Et aussi dans la dissociation qui a été créé dans l'après guerre lors de la création du premier ministère de la culture. S'il avait été créé le ministère de l'éducation populaire, comme souhaité à l'époque, les choses auraient été très différentes. Reste à savoir ce que nous souhaitons appeler la culture...
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Lisa Giraud Taylor
Je pense que cette dissociation est un brin éculée.. Ce qui est, pour ma part, totalement le cas. J'aime lire, écrire, flâner dans les musées, peindre, dessiner, regarder les abeilles voler (heu, non pas les abeilles, je suis allergique !), et j'aime le foot.
J'ai été élevée par des grands-pères qui avaient connu le foot d'avant-guerre et qui aimait le jeu, le vrai jeu pas les danseuses actuelles...
Alors, mon premier émoi footballistique a été Johann Cruyff et Kevin Keegan (ceux qui connaissent comprendront la classe du premier et le sens du but de deuxième)...
Pourtant, j'entends encore la réflexion "Mais tu es auteur et tu aimes le foot ? Mais c'est les beaufs qui aiment le foot... tu ne peux pas aimer ce foot de débiles ?"....

Sinon, côté littérature, il y a de beaux ouvrages... Nick Hornby et son Carton Jaune ou David Pearce avec "Rouge ou mort" (sur mon club de coeur)
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Oreleï
Lisa Giraud Taylor

J'aimerais pouvoir dire que cette dissociation est éculée. Pourtant...

Le ministère de la culture ne traite pas des sports, mais de la culture à travers les pratiques artistiques, leur accès et leur enseignement. Aujourd'hui, un projet tel qu'un Carnaval Traditionnel ne pourra jamais bénéficier de subventions du ministère ou des DRAC car un Carnaval n'est pas considéré comme un événement culturel. Pourtant, lorsqu'on en refait l'histoire il s'agit bien d'une pratique ancrée dans l'histoire locale, dans la culture locale, et un rôle sociétal indéniable (prise de position des habitants, citoyenneté, émancipation ... )

L'éducation populaire est toujours rattachée à ce qu'on appelait autrefois "jeunesse et sport", qui est aujourd'hui le ministère de la ville de la jeunesse et des sports. Au niveau départemental, c'est la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des population (DDCSPP)... Un grand fourre tout !

Qui considère aujourd'hui le syndicalisme, le féminisme, le sport, la langue, l'histoire comme étant parties intégrantes de la culture ? Mis à part quelques vieux grincheux déçus de l'éduc' pop ? ....

J'aime beaucoup l'approche de Franck Lepage dans ses définitions de la culture. J'ai fait des études de développement culturel territorial. Je travaille dans l'éducation populaire. Le fossé entre les deux est immense !

Je suis désolée, mais en France, il y a encore et toujours cette Culture (d'élite), la "culture avec un gros Q", celle à qui on donne la majuscule, en opposition à la culture populaire, la culture avec un petit c. Et les deux ne sont pour le moment pas réconciliées.

J'invoque ici Tristan Kopp ou Tristan Kopp (The old one) qui pourra sans doute mieux répondre que moi sur le sujet. Si tu es toujours dans les coins ... En souvenir de ton pamphlet !
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Lisa Giraud Taylor
Pour avoir été élevé et éduqué par des personnes cultivées, universitaires ... ou non, j'ai eu la chance d'avoir le sentiment que culture rimait avec toutes les formes d'art.
Je sais que le niveau, notamment en France, est difficilement compréhensible... Entre la CULTURE et la culture, la frontière est visible... Je trouve, pour arpenter les salons du livre, que certaines fois, le mépris du "cultivé d'élite" (pour te quasi-citer, mais j'aime cette dénomination" est détestable envers les auteurs régionaux... et également au niveau des arts en général...
Le foot, par exemple, est associé aux pauvres, aux beaufs, aux incultes, aux supporters crétins...
La musique de chambre à ceux qui lisent Aristote dans le texte (Aristote, pardon)...

Je schématise, mais je le fais exprès...

Le fossé, comme tu le dis, est grand et personne ne semble être étonné ou outré...

Par exemple...
1. lors de l'année de la culture à Marseille, en 2013, au lieu de s'appuyer sur les associations, les théâtres populaires, les groupes locaux, le comité d'organisation (l'élite, donc... assez peu marseillaise) a fait venir des artistes hors PACA.... les marseillais ne se sont pas reconnus dans cette soirée d'ouverture...
Je pousse le bouchon mais ne pas accepter un concert gratuit d'IAM dans la cité phocéenne lors de l'année de la culture, c'est ridicule...

2. Liverpool a a souffert de sa réputation à cause de certains supporters, et ayant été présente lors d'un catastrophe grave, j'ai entendu des propos outrageants sur le "niveau de non-culture" des habitants... qui a produit, notamment The Beatles, The Coral, etc. et a vu passer Herman Melville, Daniel Defoe, etc...

Je trouve dommageable pour la culture en général de faire rentrer des gens dans les cases, mais cela est très français...
Ici, tu es ça ou ça... pas ça et ça....

Aux USA, ou en Angleterre, je n'ai jamais eu à justifier mes différentes activités artistiques... je pouvais être ça et ça... et les gens étaient heureux pour moi... pas envieux ou jaloux....
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