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Faire peur en écrivant

par Romain G  il y a 2 ans

Bonjour/soir à vous !

Je reviens d'entre les morts (dédicace spéciale à ma classe prépa oups) le temps d'une petite question: comment faire peur en écrivant ?

C'est une question que je me pose depuis quelques temps et qui me... bloque ? dans mon avancée pour la simple et bonne raison que mes rares chapitres où je tente de faire peur ou d'installer une ambiance glauque et effrayante n'ont pas l'effet escompté. Je m'explique: puisque j'imagine les scènes en écrivant (dans le noir et avec une petite musique de Lucas King pour vraiment me mettre dans le mood) je me fais peur à moi-même mais lorsque je présente l'extrait à mes proches... Aïe. Au mieux ils disent que c'est bien écrit au pire ils disent que c'est pas très réussi et que l'effet produit est plutôt une "parodie de peur".

Donc du coup je m'interrogeais. Au cinéma, les Hitchcock, James Wan etc sont des maîtres dans l'art de l'horreur mais je me suis aussi fait la réflexion en regardant Get Out puis Grave y a pas longtemps que l'horreur au cinéma passait majoritairement par deux choses: les visuels et la musique. Bien sûr, exit tous les jump scares à gogo qu'on retrouve dans les bousins à la Annabelle mais pour ce qui est de Get Out par exemple qui n'en compte aucun, c'est l'ambiance instaurée, les jeux d'acteur, les musiques qui créent cet univers oppressant et qui font la peur... ça, et le non-dit, les répliques, les messages, les parallèles, mais l'horreur créée là n'est pas vraiment une peur réelle, sinon un certain malaise.

Ainsi, comment faire peur, faire angoisser, rendre les mains du lecteur moites ? Quels sont vos conseils?

Merci beaucoup d'avance ;)

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Auteur inconnu
La peur dans l'écriture n'est pas une bonne chose. Tu peux tenter l'expérience mais ça ne marche pas. Le suspens par contre ça marche. Tu peux créer un suspens intense, en plaçant le ou les personnages dans une situation extrême, catastrophique, perdue d'avance. Le lecteur aura peur pour le personnage. Mais si tu veux lui remplir les yeux avec du sang, ça n'ira pas loin. Même au cinéma, le suspens fonctionne mieux que l'horreur. Il ne faut pas confondre les deux.
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Gigi Fro
Tu peux susciter la peur en créant une ambiance angoissante : par exemple le héros (et par conséquent le lecteur) ne sait pas à quoi s'attendre ni d'où viendra le truc qui fait peur. Attention aux abus et à répéter au lecteur qu'il faut avoir peur car ça finit par gaver ^^
Est-ce que tu as des textes ici pour qu'on puisse te donner un avis ? Si tu reçois des avis différentes tu peux voir où ça coince.
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GoM
La peur c'est l'invisible qui parle à ton inconscient.
Dit comme cela c'est très floue.
Mais il faut jouer cacher, le mal est plus impressionnant quand il n'est pas clairement identifié ou visible.
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Andy Clarbann
Haha, la peur et l'érotisme c'est vraiment des trucs dont je reste loin, c'est d'une difficulté incroyable à l'écrit, et j'ai l'impression que le medium s'y prête tout simplement peu, j'ai jamais personnellement lu de scène effrayante (paradoxalement petit j'étais terrifié par les petites histoires d'horreur et légendes urbaines mais bon c'est très peu littéraire, et si je voulais uniquement faire peur quitte à écrire un truc nul j'en reprendrais sûrement les principes)

Je dirais qu'il faut pour faire peur à l'écrit ne pas imiter ce qui fait peur ailleurs, et réinventer la peur, en trouver une nouvelle manifestation. Le jumpscare au cinéma par exemple, qu'on aime ou pas, c'est bien une façon différente de faire peur. Et il y en a certainement d'autres qui se déclinent de plein de manières différentes, The shining c'est pas paranormal activity qui n'est pas Junji ito qui n'est pas frankenstein. Pour donner un exemple j'ai récemment lu La maison des feuilles, qui est beaucoup de choses à la fois, quelque part entre le bouquin expérimental, la critique, la critique de la critique, et le propos sur l'humanité et ses difficultés existentielles, et ça m'a ouvert les portes d'une forme d'instauration de l'angoisse que je connaissais pas du tout. Et jamais j'ai eu des sueurs froides en lisant, pourtant je me suis rendu compte les semaines suivantes que je faisais des cauchemars en lien avec le bouquin ou que mon humeur avait drastiquement changé, et c'est absolument fascinant. C'est une sorte de peur en slowburn, qui s'insinue très lentement et qui hante, et je suis bien content d'avoir fait cette découverte

Donc je pense qu'il faut être original, et c'est très facile à dire, très facile à faire, très difficile à réussir.


La peur, c'est l'inconnu
Si on en connaît la bonne recette, c'est peut-être plus vraiment de la peur
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GoM
Si je prends un sujet horreur et épouvante. La nouvelle «le chat» de E. A. Poe possède une construction classique mais toujours valable de nos jours.
L'horreur c'est le fait divers dans toute son anormalité. C'est partir du quotidien et dériver lentement vers l'élément horrifique.
La mort n'est pas obligatoire, ni le sang. Il faut utiliser les autres sens, faire de la vision l'absent du récit.
Dans «le chat» c'est le fait divers, l'emmurement + le cri du chat. C'est ressentir cette tension interne, cette anomalie du cri du chat qui vous mais mal à l'aise.
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