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Conseils pour la rédaction des dialogues ; comment éviter de "déteindre" sur la manière de s'exprimer de différents personnages ?

par GauzHramm  il y a 3 ans

Bonjour à toutes et à tous !

Je ne sais pas si le titre est bien clair, donc je vais préciser un peu en expliquant ma situation.

Voilà, j’ai toujours vécu au fin fond de la campagne (si bien que je fais partie de ces gens qui doivent donner le nom d’une ville située à plus d’une heure de chez eux pour qu’on puisse les localiser approximativement sur la carte de France.), et donc, forcément, j’ai grandie entourée de cette chose merveilleuse que l’on nomme « l’argot paysan ».

Le problème, c’est que ce parlé est devenu une part de ma manière de m’exprimer. C’est déjà un fait assez « remarquable » (pour ne pas dire autre chose) lorsque je parle sans filtre avec d’autres gens peu habitués, mais c’est encore plus gênant quand j’écris mes personnages. Ça influence surtout les dialogues, parce que ces formulations « paysannes » (qui paraissent étranges à la plupart des gens) me sont carrément familières à l'oral, comme je les entends fréquemment, donc je n’y fais pas attention lors de mes relectures. A l’écrit des actions et aux descriptions, c’est pas vraiment un problème, comme la façon de s’exprimer est différente, mais quand je sais que ce sont des phrases destinées à être prononcées par des personnages, ça me revient à chaque coup (comme je passe en français « oral »). J’essaie de faire attention, mais à chaque relecture, je trouve des petites « paillettes » de ce parlé.

C’est d’autant plus visible lorsque qu’on compare les dialogues avec l'écrit à proprement parler. Je pense que j'ai beaucoup été influencée par mes dissertations de philo. En effet, je faisais partie de ces gens pas très nets qui, une fois en terminale, passaient leurs mercredi après-midi à plancher sur des dissertations de philosophie fournies par leur professeure (je tiens à dire qu’on était trois à le faire. Peut-être suis-je folle, mais au moins je ne suis pas seule). Donc du coup, par ce biais, j’ai énormément amélioré mon « style » (si on appeler ça un style, et si on peut parler d’amélioration), même s’il est devenu un peu trop « savant » à mon goût, parce qu’il s’était garni de fioritures inutiles et de petits mots peu fréquents (comme le mot « fioritures », par exemple).

Donc, pour résumer, la différence entre mon écrit et mon oral (qui influence mes dialogues) est assez problématique. J’ai essayé d’écouter la façon de parler de certaines personnalités (dont la manière de s’exprimer me semblait être proche de celle que je souhaitais donner à mes personnages) afin de m’en imprégner et de les imiter dans les dialogues des protagonistes concernés, mais ça n’a pas définitivement réglé le problème. (Par ailleurs, je doute qu’il puisse un jour être « définitivement réglé »…)

D’où ma question, est-ce que vous auriez quelques petites astuces ou conseils supplémentaires pour, à minima, atténuer cette fameuse intonation qui sent bon la paille et la luzerne ?

Merci d’avance pour vos conseils !

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Eric Kobran
Le jeu de rôle !

Imagine des personnages diamétralement opposés au paysan du coin, un trader new yorkais, une danseuse de ballet ou un écolo bobo. Et fais les parler entre eux dans ta tête, ou incarne les réellement à haute voix, trouve des intonations, des tics de langage, n'hésite pas à exagérer, à caricaturer !

Si tu arrives à leur foutre du patois dans la bouche, tu es très forte.

Ensuite, tu fais le même travail, en trouvant des personnages plus proches du paysan, sans l'être. Un boulanger citadin. Un ancien PDG qui s'installe à la campagne.

Pour finir, tu les fais parler avec ce fameux paysan.

Parfois écrivain, c'est un vrai travail d'acteur ! Qui n'a pas mimé un geste pour être sûr de sa description ? Comme un dessinateur qui fait la grimace pour capter une expression. Pour les dialogues, c'est pareil. Il faut les lire à haute voix en incarnant les personnages.
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GauzHramm
J'ai jamais tenté le jeu de rôle, mais c'est vrai qu'utiliser cette méthode me sera profitable.
Merci du conseil !
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Auteur inconnu
Bonjour à toi GauzHramm
Ta question et ta demande de conseils ne sont qu'un prétexte à nous offrir un texte savoureux. J'ignore si tu le dois à ton voisinage ou à des pensums de philo, mais tu manies avec beaucoup de talent le second degré . ;o))
Merci à toi pour ce bon moment.
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GauzHramm
Encore merci X)
Oh crois-moi, ce n'est en rien un prétexte XD Je pense que le fait qu'il y a peu de phrases en français oral (et que ces phrases sont celles que j'avais un jour prononcées) font que les tournures que je tente de débusquer ne sont pas perçues comme un défaut, en soi.
Pour le second degré, au même titre que le cynisme, je pense que je le dois à mon voisinage X)
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Témise
Bonjour,
Ici, j'ai plus ou moins intégré le patois dans la façon de parler de certains personnages.
Surtout que j'ai découvert en étudiant l'ancien
français que des tas de choses se recoupent avec le patois de par chez moi... Et du coup, ça m'a totalement libérée : le patois n'est pas forcément seulement un langage paysan, sa maîtrise peut aussi être intello d'un certain point de vue.

Et puis, pour moi, c'est une richesse le patois. Par exemple, va donc traduire "embergnaud" autrement que par une périphrase en français (c'est du patois de par chez moi, et ce mot désigne quelque chose ou quelqu'un empêchant d'atteindre son objectif -quelqu'un arrivant à l'improviste par exemple, ou un objet dont on aurait bien besoin mais qui ne fonctionne pas-. Et ce n'est pas un gros mot, même si c'est utilisé la plupart du temps dans une exclamative ("Quel embergnaud celui-là !" ou encore "Il m'a embergnaudé tout l'après midi !"). Donc je trouve que pour faire parler un personnage agacé (voire franchement énervé), ce mot est bien pratique.

En fait, je pense qu'on écrit avec ce qu'on est. Donc y compris avec nos patois.
Pour moi, l'enjeu est surtout de l'introduire progressivement (en terme de vocabulaire), et toujours de façon à ce que les contextes (celui du dialogue et celui des données extérieures au dialogue) permettent de comprendre ce mot nouveau sans aucune ambiguïté possible.
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GauzHramm
Je pense également que les patois et/ou langues régionales ne sont pas moins légitimes ou moins nobles que le français "courant".
Mais là où cette influence m'embergnaude (merci d'enrichir mon vocabulaire au passage ;) ), c'est lorsque je veux faire intervenir deux personnages venant de deux milieux distincts. Pour aller dans l'exemple extrême, une personne qui veut paraître lettrée et instruite utilisera peu ou pas le patois (parce que la "classe haute" considère souvent que c'est une langue de bouseux...). A contrario, une personne "décomplexée" aurait pas de remord ou de réticence à y recourir. Dans ce cas, l'utilisation ou non du patois me servirait à décrire indirectement un trait de caractère, ou une origine sociale, sans avoir à l'appuyer par du descriptif. Du coup, si des petits mots de patois se glisse dans une réplique du personnage "noble", ça casse mon objectif.
Mais je suis d'accord lorsque tu dis qu'on écrit avec ce qu'on est. Un avis intéressant, une fois de plus X)
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GoM
il y a une situation que tu dois imaginer dans tes dialogues, s'ils ne sont pas simples, argotiques, ou trop régional - voir paysan (j'ai fait un bac en lycée agricole autant dire que je vois de quoi tu parles) : cette situation c'est, l'histoire raconter à un enfant.
Tu devras simplifier au maximum et éviter les débordements familiers surtout si ça ne colle pas au thème. Une princesse jurant comme un Chartier et baragouinant dans un langage campagnard, cela fait vite défaut.
J'imagine mes dialogues dans un film, qui est mon histoire en image, certains mots vont dénotés. James Bond qui dit "un jaune sans glaçon" ça brise le charme.
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GauzHramm
Je vois ce que tu veux dire, je vais essayer ta méthode aussi.
Merci du conseil !
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GoM
Cela à l'avantage de faire apparaitre le squelette du dialogue, l'important. Généralement on adopte pour les enfants, un texte un peu plus doux et légèrement au dessus du langage courant. On élimine aussi certains tics, moi c'est souvent les "oh" les "bin", l'enlèvement du "ne" dans une négation "On va pas le faire".
On laisse moins passer notre nous de tous les jours.
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GauzHramm
Faire apparaître le squelette du dialogue, j'avoue que je n'avais pas vu les choses comme ça. Ton conseil est d'autant plus intéressant qu'il me permettrait effectivement de supprimer tout ce qui ne relève pas de l'intérêt du dialogue. Après, je pense quand même que j'ajouterai quelques fioritures à ce squelette, parce que, comme pour les assiettes aux heures des repas, je préfère quand c'est bien garni X) (Reste à savoir si ce genre de lubie ne concerne que moi)
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GoM
Oui, c'est sur les fioritures, un ton adapté aux personnages, à leur niveau de langage.
Le squelette c'est juste pour s'apercevoir qu'on a une base correcte de travail.
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GauzHramm
Si tu me le permets, je veux bien te piquer ta méthode alors X)
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GoM
Pas de soucis. De toute façon rien de breveté, lol.
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bertrand môgendre
Le meilleur conseil que j'ai à te donner, offre-nous tes écrits. Tu recevras ainsi les commentaires susceptibles de répondre à la plupart de tes interrogations.
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GauzHramm
J'aimerais bien, et je pense que je le ferai un jour, mais je change constamment mes chapitres. Parfois ce sont des petites modifications sans grandes conséquences, et parfois c'est carrément un changement de forme, de déroulement, un ajout/retrait d'un personnage... Donc je préfère attendre d'avoir une version arrêtée qui me convienne, parce que j'ai pas envie de faire relire plusieurs fois un même chapitre, si c'est pour le re-modifier de fond en comble ensuite... >< Dans le même temps, j'essaie de corriger autant que possible les défauts que j'arrive à voir X)
Enfin, dans tous les cas, merci pour ta suggestion !
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Jonas
Entièrement d'accord avec bertrand môgendre. même si proposer tes textes à la lecture t'inquiète un peu, il faut te lancer. L'objectif de Scribay est d'accompagner, et les commentaires sont bienveillants, alors, vas-y, ose !
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GauzHramm
Il est prévu que je les poste, mais je préfère le faire une fois que j'aurai une version finale et convenable... ça va faire six ans que j'écris ce projet là, et j'y ai apporté plus de réécritures qu'il n'y a de consonnes dans le mot "anticonstitutionnellement"... Donc je préfère être sûre d'avoir une version arrêtée, histoire de ne pas reposter un chapitre modifié tous les deux jours X) Personnellement, ça m'agacerai d'avoir à relire vingt fois le même chapitre parce que l'auteur est indécis sur certains points (même si je comprendrais, comme c'est aussi mon cas), donc j'essaie de ne pas faire ce que je n'aimerai pas qu'on me fasse X)
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Gigi Fro
Moi je te conseillerais de te lancer. Tu auras plusieurs relecteurs qui viendront au fur et à mesure. Rien que le 1er peut faire du ménage ;P et puis un autre passera une couche. Il suffit de s'entourer de bons relecteurs ^^ là je pense que tu as de très bons qui se proposent donc vas y. Moi je pars de loin ^^ (15 versions parfois) mais faut se jeter à l'eau.
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GauzHramm
Je vais déjà tenter un défi littéraire, pour poser un peu ma manière d'écrire. Pour l'histoire, je vais quand même attendre le retour d'une amie. Elle doit lire entre 3 et 4 livres de 400 pages par semaine (sans rire), donc elle m'aidera déjà beaucoup à situer mon niveau, et j'aimerais apporter les corrections qu'elle me conseillera avant de poster sur Scribay X) Mais après (à moins que je ne modifie de nouveau l'intégralité de l'histoire) je la posterai sûrement X)
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Jonas
Je trouve ta démarche très intéressante.
Tu évoques ta situation particulière mais je pense que nous sommes tous soumis à cette problématique et que c'est le travail de celui qui raconte que de se mettre à la place de ses personnages. En un mot comme en cent, il faut rester crédible.
Si tu mets dans la bouche d'un chti des expressions méridionales à la pelle, cela nuira forcément à ton personnage.
Si ta chanteuse d'opéra, au détour d'un dialogue, s'écrie "Cré nom de nom, j'ai oublié de crouiller la porte !" , ton lecteur sagace pourra se poser des questions.
Si tu évoques surtout les dialogues, tu n'oublies pas de souligner que cette difficulté peut apparaître dans le reste des écrits, les descriptions par exemple. A mon avis, ce travail est encore plus difficile à mener que pour les dialogues. Après, l'objectif n'est pas de tendre vers une prose neutre et dénuée de saveur, et le petit côté "personnel" de ton écriture peut aussi en faire le charme.
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GauzHramm
Je me suis mal exprimée alors, parce que pour les descriptions et tout ce qui s'en suit, ce n'est pas un problème X) (ça l'a été pendant longtemps, mais la philo a réglé la question)
Pour illustrer, je vais te donner un exemple qui revient souvent dans mes dialogues, c'est la formulation "j'sais pas bien" (qui, on ne va pas se mentir, n'est pas très littéraire). Dès que j'ai dans l'idée de faire admettre à un personnage qu'il est dans l'incertitude, c'est très souvent cette formulation qui revient (sans doute parce que je l'utilise allègrement). Dans mes relectures, parfois je le vois et je le corrige, et parfois il me passe sous le nez sans la moindre vergogne... >
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GEO
Bonjour
Je "plussois" les propos de Gregorian.
Si tu me permets de rajouter deux ou trois idées.
- la première étape pour un dialogue est de définir son objectif (faire passer une info, connaitre les personnages, faire progresser l'intrigue)
- la seconde consiste à avoir une idée claire des objectifs des protagonistes du dialogue (Jean-pierre veut raconter son histoire de foot alors que Mireille souhaite le séduire), cela veut dire que tu connais déjà bien les personnages et donc leur style général
- Il pourrait sans doute il y avoir d'autres méthodes mais en général je commence la rédaction à ce moment là.
Si je souhaite écrire un dialogue entre des individus que je n'ai pas l'habitude de côtoyer (par exemple le supporter du PSG) je m'immerge dans les vidéos disponibles pour capter les éléments de langage (ce que tu fais par ailleurs) et je me lance, je relis (à voix haute et en mettant le ton) et je corrige, je relis et je corrige, je relis et je corrige... Jusqu'à obtenir un résultat qui me convient.
En espérant t'aider.
Geo
PS : Oui je tutois tout le monde, c'est un défaut naturel chez moi.
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GauzHramm
Oh ne t'inquiète pas, j'aime pas trop être vouvoyée de toute façon X)
C'est vrai que je ne me pose pas clairement ces questions là, en général j'écris un dialogue, je le corrige, et je le laisse reposer une petite semaine, pour y revenir après "hors contexte" (ça m'aide à mieux voir les écarts). Je vais les intégrer à ma démarche, quand bien même ça ne réglerai pas mes problèmes "lexicaux", ça ne peut qu'améliorer la qualité des dialogues.
Merci des conseils !
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Gregorian
Entraîne toi.
Essaie peut être des exercices de dialogue très marqués : ecrire un dialogue entre un aristocrate et sa femme. Entre dieu et ses anges. Entre un chien et son maître. Entre deux enfants. Entre un paysan et son banquier. Entre la boulangère et son client...
Toujours en forçant le trait. Ainsi tu vas t'obliger à réfléchir et à différencier les parler de tes personnages, et peut être que ce sera plus simple de revenir sur ton projet :)
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GauzHramm
Merci du conseil !
J'avais déjà tenté cet exercice durant un ou deux ans, mais je l'avais laissé tomber quand mon prof de français (d'origine bretonne) m'avait dit "on sent bien que vous venez de l'est dans le choix de vos mots" en me rendant justement un exercice portant sur les dialogues de théâtre. Mais, au lieu de chercher un autre exercice, j'aurai ptet du persévérer dans celui-ci. Je vais m'en refaire quelques uns histoire de voir si le temps a un peu adouci les choses X)
En tout cas merci pour ton aide !
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Gregorian
De l'est ? D'où de l'est ?
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GauzHramm
De la Lorraine, plus précisément, je fais partie de ces pokémons de type champs et forêts qu'on nomme les meusiens.
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Gregorian
Haaaaaaan
Je viens de cette contrée voisine connue sous le nom de Moselle, plus communément appelés "les trous duc' qui parlent allemand"

Toi aussi tu clanches la porte quand tu rentres entre midi avec ton schneck ?
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GauzHramm
Ouiiii ! Mais j'évite de clancher trop fort, parce que la chalante elle tient qu'à demi avec un corriotte, du coup j'ai peur qu'elle me tombe sur les doillottes et qu'elle me gauille l'entrée, je te raconte pas la chouff si ça m'arrive >< (Après y a sûrement des mots marnais là-dedans, comme ma famille est originaire de la marne, je mélange souvent les deux, mais tu les as ptet déjà entendu, on les utilise assez souvent en Meuse)
J'adore les mosellans ils sont trop forts ! J'avais un ami qui venait de Forbach, et qui, au lieu de dire "zut" ou "merde", poussait un "ach !" guttural et plein de sincérité ! Même si, pour moi, rien ne surpasse la fameuse : "vache ! ça meule ce matin, qué qu'chose de bien !", cette locution est une des raisons pour lesquelles j'adore l'hiver X)
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GauzHramm
Mais du coup, pour tes dialogues, tu arrives à brider le mosellan qui sommeille en toi ?
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Gregorian
Gamine j'ai passé 30 minutes (véridique) à ne pas comprendre pourquoi Word refusait que mon perso pose sa main sur la clanche. Ou pourquoi je pouvais pas dire que untel était nareux.

J'ai réussi assez facilement à gommer mon "accent" puisque je lisais énormément, et que mes lectures m'inspiraient plus que ma vie. Comme j'écris de la fantasy, j'ai plus été tentée de copier bottero ou Rowling sur que de mettre des clanches et des chouilles avec des persos qui schlinguent.

En fait ecrire sur un autre monde m'a naturellement éloigné du mien, et mes lectures ont influencé mon style.

Par la suite j'ai déménagé pour mes études et vécu à différents endroits, donc vite compris ce qui relevait du platt et ce qui était vraiment français :)

Donc pas de soucis de mon côté, ce qui ne m'empêche pas de jurer en allemand dans la vraie vie x)
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GauzHramm
Tu écris de la fantasy ? ça veut dire que je t'ai loupé ? C'est mon genre de prédilection la fantasy, faudra que je me rattrape assez promptement alors !
J'écris aussi de la fantasy, mais pourtant j'arrive pas à m'en défaire. J'essaie de m'inspirer de mon vécu pour écrire les dialogues ou ressentis de mes persos, donc peut-être que cette tendance platt vient du fait que je m'exprime avec mes mots, et non avec les leurs. Faudrait que j'essaie de me détacher un peu plus sans doute.

La philo m'a donné l'habitude d'exprimer ce qui m'est personnel, et ça a peut-être construit mon style, comme tu supposes que tes lectures ont bâties le tien. En fait, j'ai plus écrit que lu (dédicace à ma copie de Bac, qui a atteint les neufs pages en trois heures). Ma prof me disait que j'avais un style "sincère", et j'ai toujours cru qu'elle moquait sincèrement de moi, mais avec ce que tu viens de m'expliquer, je pense que je comprends ce qu'elle voulait dire. (Dire qu'il a fallut qu'une mosellane passe par là pour que je comprenne ! XD)
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Témise
Coucou les filles, j'adore le patois, alors je suis curieuse : dans votre discussion, j'ai parfaitement compris "clancher".
Mais schneck ? Un corriotte ? Gauiller ? (hypothèse : salir, mais comment une poignée pourrait-elle salir ? -je suppose qu'une chalante est une poignée-).
Et la chouffe ?
Et quand ça meule, ça pleut, ça neige, ou ça fait froid ?
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GauzHramm
Pour le patois marnais ;

Une corriotte c'est une petite corde ou une ficelle. Je sais que mes anciens l'utilisent souvent quand ils veulent faire comprendre que c'est du rafistolage ou une réparation faite à la va vite. Y a l'idée que c'est un truc léger, qui tiendra sûrement pas le temps.
Gauiller (ou "faire la gauille"), ça veut dire "jouer avec la boue/saleté" ou "se mettre de la boue/saleté partout". On utilise "gauille" surtout pour désigner la boue, mais ça peut aussi s'appliquer à de l'eau vaseuse et/ou poisseuse avec toute sorte de saleté mélangée dedans (en gros, la gauille, c'est une chose pas très propre avec laquelle on peut éclabousser les alentours et nous-mêmes, en les couvrant de saleté).
La chanlate c'est l'équivalent d'une gouttière. Si la chanlate, déjà réparée à la hâte, cède parce que j'ai ouvert la porte trop brusquement, elle va répandre de l'eau sale et vaseuse partout, et donc me salir mon seuil. Au lieu de "gauiller", j'aurai pu dire "gauger", qui veut dire "plein d'eau". Mais c'est plutôt utilisé pour parler de la terre et des champs, combien de fois on m'a dit : "sort pas avec ces chaussures ! Tu vois bien que c'est gaugé dehors !"

Pour le Platt ;

Un schneck, c'est un pain au raisin. (C'est un peu notre chocolatine à nous quoi)
La chouffe, c'est la honte. Quand tu dis que t'as eue la chouffe, c'est que tu t'es tapée la honte.
Quand ça meule, ça veut dire qu'il fait vraiment froid (c'est les températures où t'enfouis ta tête dans tes épaules, et où tu mets tes mains gantés l'une dans l'autre en sautillant sur place). Des fois, on dit aussi "ça tire", ce qui a le même sens, même si je l'ai plus souvent entendu dans un cadre du style : "ferme la porte, tu vois pas que ça tire ?", où là ce serait plutôt pour dire qu'il y a un courant d'air froid.

Mais bon, après, j'ai l'impression que chaque famille à plus ou moins son Platt ou son marnais (j'ai d'ailleurs jamais compris si on devait dire "marnais" ou "champenois", mais comme on parle d' "Ardennais", je suppose qu'on peut difficilement appliquer un patois à la région entière... Avec le Platt c'est moins compliqué je trouve.)

En espérant avoir répondu à tes questions X)
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Témise
Merci beaucoup pour toutes tes explications très claires. C'est drôle, parce que gauger est aussi un verbe d'ici. Mais ici, c'est toujours un verbe à l'actif (on gauge quand on s'eclabousse avec le pied, notamment en marchant dans une flaque). Merci également à toi d'avoir enrichi mon vocabulaire
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GauzHramm
C'est marrant ça, en plus le sens est assez proche (ou du moins, l'idée est la même).
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