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De la fastidieuse et fascinante tâche d'écrire un roman

par Beltis Sharn  il y a 3 ans

Comme des millions de personnes j'ai l'impression, j'ai une idée d'histoire qui me trotte dans la terre. Je la malaxe depuis plusieurs mois, mais dès que ja la pose sur ma table pour la sculpter, c'est la fin du monde, et je suis étouffé sous un amoncelement de variables inconnues, de background flou, d'idées-qui-ont-l'air-bien-mais-pourraient-être-mieux, d'histoires sans personnages et de personnages sans histoires. Je me doute qu'écrire une histoire est un travail difficile (j'ai mis trois mois à cracher une nouvelle de sept pages, donc à ce stade là je sais même pas si c'est humainement possible d'écrire un roman), mais je me suis dit que ça ne coûterait rien de demander à d'autres auteurs quel est leur ressenti face à la tâche écrasante de l'écriture.

Donc, comment est-ce que vous faites pour vous en sortir ? Pour garder un plot cohérent, des idées fraiches et une plume allègre ? \o/

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Beltis Sharn
Encore merci pour toutes vos réponses (vraiment j'étais loin d'en attendre autant) ! J'aimerais répondre à chacun d'entre-vous par un texte à la hauteur de votre réflexion, mais j'ai peur de ne pas en être physiquement capable - surtout qu'en réalité je n'ai pas grand chose à répondre, je ne peux qu'enregistrer et acquiescer.
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Auteur inconnu
On pourra te donner tous les conseils du monde. Ils ne servent pas à grand chose, nul ne peut écrire à ta place et nul ne doit le faire. Le premier élagage est là car oui sans doute des millions de personnes ont des idées dans la tête. Beaucoup ont le désir de les écrire. Peu ont la nécessité de le faire. Et cette nécessité là est le premier élagage entre une idée qui restera une idée et une idée qui sera une graine que l'on plante. Cette nécessité surtout ne doit pas dépendre des encouragement d'autres, elle prend racine bien plus loin que ça.
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lit-et-rature
Bonjour !

Je garde ici toute humilité et te donne simplement quelques conseils qui m'ont permis d'écrire mon roman...

La chose la plus importante pour y arriver : ton plan. Tu dois savoir où emmener ton histoire. Essaies de poser déjà les grandes lignes, les détails viendront au fur et à mesure. Sans plan, tu ne pourras pas mener ton histoire à terme sans te perdre.

Personne n'écrit son histoire d'un bout à l'autre. Les coups de mous, les pages blanches, le manque d'inspiration... Il faut en passer par là. Ne te décourage pas. Il y aura forcément des moments où tu te sentiras moins à l'aise pour écrire. Puis, il y aura des fois où tu pourras écrire plusieurs pages d'une traite.

Il ne faut pas vouloir finir avant d'avoir commencé. Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Pose tes bases, tes intrigues, ton plan, tes personnages, et lance-toi ;) Ne te pose pas trop de questions ;)

Bonne chance !
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moonbird
Bonsoir

Dans un premier temps, je te conseille de te concentrer sur l'intrigue générale et de bien poser les bases de ton histoire : quel est l'élément déclencheur? A quel moment des personnages, l'intrigue commence-t-elle (je m'explique pour un policier l'intrigue peut commencer par le meurtre de la victime et le héros peut être policier ou détective privé, ici pas besoin d'en savoir beaucoup sur le moment du personnage ;) par contre tu peux commencer une histoire avec un personnage à un instant "t" et nous dévoiler ensuite des moments de son passé ; dans ce cas tu dois définir pourquoi tu as choisi cet instant en particulier, ce qu'il représente.

Autre point essentiel : la cohésion de ton oeuvre : même si pour le lecteur ce n'est pas obligé d'être clair à l'instant "t" de la lecture, pour toi il faut que chaque action, chaque description apporte quelque chose à ton intrigue (en gros il ne faut pas coucher des mots juste pour faire du remplissage ;)
Après suivant les avis que tu reçois tu peux faire (ou pas) évoluer ton récit en creusant un peu plus dans une direction (que tu n'avais pas peut être pas vu au départ), par contre, même si tu peux faire des compromis, n'oublies pas que c'est toi l'auteur et si tu trouves que le point de vue ne concorde pas à ce que tu veux décrire et faire ressentir au lecteur, je te conseille de garder ton cap (après tu peux toujours en MP expliquer tes choix ;)

Concernant l'originalité d'une histoire, ce qui la fait n'est pas uniquement l'intrigue intrinsèque, mais l'angle choisi, (suivant tes émotions, tes lectures, ce que tu veux nous transmettre, ton style...)

Et en conclusion, je te donne le même avis que les autres : lance-toi, c'est une belle aventure et tu ne le regretteras pas ;)^^ N'attends pas le style parfait, car celui-ci n'existe pas, et n'oublie pas que chaque lecteur peut se faire sa perception de tes écrits ; ne t'arrête pas au premier commentaire négatif ;)^^ Attends plusieurs avis, tu auras certainement des avis positifs, sur tous les lecteurs potentiels du site :)

Bon courage
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Beltis Sharn
Merci à vous, Louise F., Dldler, Totoj et GEO. À la lecture de vos réponses, l'idée qui ressort le plus est : l'important c'est de se jeter à l'eau, et tant pis si c'est pas satisfaisant au début, ça le deviendra plus tard. Le NaNoWriMo a l'air cool et, pour être honnête, j'y avais déjà pensé, mais j'avais hésité vu que ça se passe juste avant APB et compagnie (eh oui je suis un lycéen). En tout cas je vais tâcher d'appliquers vos conseils, merci encore à vous quatre pour vos précieuses réflexions. :)

PS : GEO, merci pour ton conseil de lecture, je l'ajoute de ce pas à ma liste.
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Louise F.
Ton interrogation est justifiée. Je pense qu'il y a plusieurs grandes choses à dire pour y répondre :

1a) mais qu'est-ce qu'on en a à faire que ce soit un «bon et beau» récit ? Il faut d'abord écrire pour soi. Fuck les autres (même si c'est à terme eux les destinataires) Ensuite, cette technique n'est pas bonne pour tout le monde. (il faut réussir à se dire «rien à faire de la qualité d'écriture, j'écris») Ce qui nous amène à la technique b.

1b) Qu'est-ce qui définit le bon et beau d'abord ? Ou plutôt : as-TU déjà défini noir sur blanc ce qui était pour toi un bon et beau récit ? Si tu ne l'as pas fait, tu buteras toujours sur la «qualité» puisque tu n'auras pas défini ce que c'est. Est-ce des figures de style, pas de répétition ? Est-ce autre chose ? Car au final, qu'est-ce qui fait un bon texte ? (au passage, il faut arrêter de penser qu'on ne publie que des bons romans avec une qualité d'écriture formidable. C'est un biais typiquement français, je pense. Les policiers, par exemple, ne sont pas forcément d'une grande qualité littéraire. J'ai rarement été subjuguée par la lecture d'un Marie Higgins Clark )

1c) technique plus facile à mettre en œuvre après avoir mis en place la méthode a et/ou b.
Écris par couches (on dit «jets» mais je préfère dire par couche, comme les oignons)
couche 1 : j'écris mon histoire. Je veux juste dérouler l'histoire.
couche 2 : je reprends les éléments de l'histoire : i.e. je vérifie qu'il n'y a pas d'incohérence, un passage que j'aurai dû rajouter avant pour mieux amener une idée qui m'est apparue pendant l'écriture de la couche 1 (et oui, je les note dans une page à part)
couche 3 : je rajoute les points où je sais que je suis faible : comme je consacre la couche 1 à l'histoire, j'ai tendance à ne pas décrire les environnements et à sauter les descriptions en général. Donc je les rajoute à ce moment.
couche 4 : je vérifie les fautes, les répétitions autant que possible.
j'adapte les couches en fonction du récit, je peux revenir à la 2 après avoir fait la 3.

2) pour les idées fraîches, tout le monde te le dira : aucune idée n'est vraiment neuve. Des listes par différents chercheurs ont été faites. L'une d'elle (J'ai oublié le nom du type, je peux te le rechercher si tu veux) décrète qu'il n'y a que 27 types de scénarios possibles (c'était un scénariste américain) Donc, partant de ce constat, on s'en fout que ce soit frais ou pas, il faut juste écrire.

3) plume allègre. Mes premiers essais de roman ont toujours terminés sur le même constat. Après m'être gavée d'écriture pendant les premiers temps, j'arrête parce que j'en suis dégoûtée. Maintenant, je me fixe à 5 pages d'écriture par jour, ni plus ni moins. Cela dit, on connait de grands auteurs qui faisaient tout(e la couche 1) d'une traite. J'ai découvert que le plus dur dans l'écriture d'un roman, c'était la persévérance.

Cela dit, pour toi, je pense que le truc qui te décoincera vraiment sera de faire le NaNoWriMo en novembre. ;) Je pense que Scribay ne peut pas passer à côté de ce truc et doit sûrement organiser quelque chose en rapport.

J'ai sûrement été très (trop) vague dans certains points de ma réponse. Si tu as des questions, n'hésite pas. ;)
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Dldler
Bonjour Falarys

C'est une question que je partage avec toi, pour ne pas encore avoir écrit vraiment de choses longues. La vue d'ensemble parait immense ? Par où aborder la côte ? Comment s'équiper ? C'est assez encombrant. Chez moi en tous cas.

Pour oser écrire, j'ai osé me dire que tant pis : je ne cherche pas à faire parfait. Pas d'ambition. Pas de chef-d'œuvre. Le plus difficile, c'est d'accoucher d'une idée que l'on trouve bonne en se disant qu'on la bazarde parce que l'on est mauvais, qu'elle mériterait mieux. Un autre ? Pas forcément, plutôt nous-même mais en plus expérimenté. Un nous-même qui ne peut pas exister si l'on ne commence jamais.

J'écris à partir d'émotions fortes, avec l'intention de les faire vivre et en évitant les jugements.
Ce que j'aime, c'est proposer une expérience. Cela s'accroche généralement à mon vécu, pour être capable d'y puiser des sentiments de base. Puis je résume l'idée de ce que je veux raconter. Je mets en parallèle avec d'autres points de vue. Je laisse bouillonner longtemps.

Ma première longue nouvelle : 10 ans. Je voulais avoir déjà tout écrit dans le tumulte de ma pensée avant de commencer. J'ai renoncé, je me suis lancé à l'appel d'une petite voix sur Scribay. 6 mois d'écriture pour le premier jet. 6 mois plus tard, la réécriture s'amorce à peine.

Ma seconde longue nouvelle : 1 an qu'elle me trotte dans la tête. J'en suis à creuser la trame et écrire des bouts, juste pour voir. Je reproduis ma première méthode, en un peu plus vite sans doute, mais guère mieux.

Ma troisième nouvelle longue est née plus récemment. Elle a jailli d'un propos presque anodin. J'ai voulu en faire une nouvelle courte, puis je l'ai sentie prendre de l'ampleur. Je me suis arrêté en cours. J'en ai parlé avant qu'elle n'aille trop loin. Et je fais cette fois différemment. Je me suis lancé sans mes filets de sécurité.
Du coup, la trame est encore lâche mais l'écriture avance. Cette nouvelle existera avant la seconde, c'est déjà une certitude. J'avance plus vite, je m'inquiète de moins de choses et surtout pas de savoir si j'aurai encore quelque chose à dire pour la page suivante. Sans doute parce que j'ai osé les premières, même si je n'en suis pas satisfait. J'ai gouté à ce qui vient tout seul et j'y jette ma confiance. Le reste, je me donne des directives floues, chapitre par chapitre.

On peut toujours lire (j'ai beaucoup lu sur le net) sur comment s'y prendre. On peux, sur une nouvelle courte, passer son temps à polir et lustrer. J'ai des ampoules à mon vocabulaire tellement je l'ai fait. Mais écrire quelque chose de long ne peut pas s'appréhender. Les méthodes, façons, environnements, dépendent de tellement de facteurs qu'il faudrait du bol pour tomber sur ceux qui nous correspondent du premier coup.

C'est pour ça que je pense, au moins pour moi et peut-être pour d'autres, qu'il faut commencer par renoncer. Renoncer à vouloir écrire parfaitement. Renoncer à tout maîtriser. Renoncer au chef-d'œuvre d'emblée. Ne pas se plier aux idées des autres. Il faut écrire et encore écrire. Vider le sac. Y aller. Arriver au bout, une première fois, déjà. Pour commencer à comprendre au moins, ce qui est difficile et ce qui ne l'est pas. Pour apprendre comment se décharger sur ses personnages pour faire avancer l'histoire. Rien que ça, moi ça m'a surpris. En écrivant, on se rend compte qu'ils ne vont pas n'importe où si on les laisse faire. Il faut les suivre et voir où il vont. Et puis selon que l'on tient à sa trame, à sa fin, voir comment notre fil à nous peut continuer d'accompagner la direction qu'ils prennent en tentant de ne pas les plier à notre volonté.

Ça se passe comme ça, chez moi. Et surement de milliers d'autres façons ailleurs. Mais lâcher prise pour aller au bout et voir ce que cela donne, cela m'a permis de briser beaucoup de freins et d'en venir petit à petit à plus de sérénité. La sérénité donne le goût d'y aller, et tout s'enchaîne peu-à-peu. J'ai longtemps cru que le lâcher prise était une méthode pour écrire mieux, et je ne comprenais rien. Le lâcher prise permet, c'est tout. C'est ce petit haussement d'épaule juste avant de commencer en se disant : et alors ? J'essaye et on verra bien. Ça permet de faire. Faire permet de voir et voir permet de commencer à comprendre. Un peu.

Voilà. Je te souhaite de trouver ta méthode à toi.
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Auteur inconnu
ça me fait plaisir de lire ça tu sais ;-)
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Dldler
Beltis Sharn : ne te laisse pas distraire par cette K qui débarque et dis toujours n'importe quoi. C'est juste le reflet d'un de mes personnages :

« la petite Ma’ qui passe son temps à écouter et qui répète toujours tout. Celle-ci a. Le nez tordu. Les cheveux comme la mousse sale qui pend des arbres. La curiosité comme un enfant toujours dans ses jambes. Ma’ traîne trop, derrière le dos de ceux qui bavardent entre eux »

Auteur inconnu : Non mais, c'est vrai quoi… Et :-P et :-P et :-P et merci aussi, et encore, accessoirement. :-*
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Totoj
Pour celui que je suis en train d'écrire (Drakhena), j'ai été comme toi. J'ai eu l'idée mais par où commencer. Je me suis appuyé sur une histoire que j'ai écrit auparavent et surtout sur la méthode que j'avais employé.
Ce que j'ai fait, c'est tout simplement d'imaginer le début, le milieu et la fin dans les grandes lignes sans me préoccuper des détails.
Ensuite commence à écrire le début sans forcément attendre que ça soit parfait, pose tes idées histoire de voir si ton postulat de départ est cohérent avec ce que tu attends.
Ensuite prend un peu de recul et de repos (2 3 jours, à la limite tu peux continuer à penser à la suite) et revient dessus et relis toi (il parait qu'à haute voix ça fonctionne mieux). Je pense vraiment qu'il faut s'approprier son univers quitte à se croire dedans (toujours dans la tête bien sûr hein ^^).
Pour ce qui est de l'imagination et de la motivation pour écrire, met un casque et écoute de la musique qui te fait t'immerger dans ton monde. Force toi à écrire quelques phrases et ça part tout seul.

J'espère que ça pourra t'aider.
;)
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GEO
Bonjour,
Chacun découvre sa méthode au fur et à mesure, répondront certains, mais je pense que glaner les conseils à droite et à gauche me paraît un bon départ.
J'ai la certitude que la base est la création de l'histoire, que cette histoire est celle des personnages qui en sont acteurs. Aussi quand je cherche à développer une idée, je commence à fouiller les personnages qui en seront les acteurs, à chercher la réponse au pourquoi quelqu'un ferait-il ça.
Prenons un exemple simple : si l’idée de scène (je sais c’est un super cliché, mais bon, il me semble que tu es fan de fantasy) est la poursuite d’une jeune fermière par des orcs dans une forêt dangereuse et infestée de plantes magiques et hostiles. Le simple fait de me poser les questions qui et pourquoi m’apporte déjà un premier développement de l’histoire.
Commençons par le qui : qui est la jeune femme. Plusieurs solutions me viennent à l’esprit (c’est de la conception minute donc je ne rejette pas les clichés à cette étape)
- la jeune fermière qui n’a comme rôle que de mettre en avant l’attaque des orcs
- la fermière attaquée à dessein par la horde
- À quoi ressemble-t-elle ? Belle, moche, standard (à ce stade, il me semble que c’est suffisant)
- A-t-elle une identité cachée ?
- Quels sont ses valeurs, ses ancrages moraux
- a-t-elle des compétences qui lui permettraient de survivre à l’épreuve ? ( par exemple : médecine des plantes, survie en forêt, connaissance du petit peuple de la forêt, combat au bâton...) tout ce qui me passe par la tête peut donner des idées pour la réaction qu’elle va avoir (par exemple dans le cas où elle aurait la compétence de survie en Forêt, sa réaction serait de se cacher et d’essayer de se débrouiller pour échaper aux orc...)
Ensuite je cherche à fouiller du côté des orcs :
- Est-ce qu’ils ont un plan ? Lequel ?(pillage pur et simple, commandement par un force occulte ? …)
- quelle est la personnalité du chef ?
En bref, en fouillant les traits concernant le qui et le pourquoi, on arrive peu à peu à défricher les idées. La question pourquoi permet à mon sens de garder la logique dans l’ensemble du récit et les réponses doivent être pesées avec une certaine logique.
Je t’encourage à regarder l’oeuvre de Joe Cornellas qui défriche les méthodes de construction de scénarios.
À bientôt
Geo
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