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Les meilleurs lieux que vous avez créé.

par Anthère  il y a 2 ans

Hey! Bien le bonjour!

Je trouve que les lieux dans les histoires sont hyper importants (sans blague?). Si c'est bien écrit, on peut même ressentir l'ambiance qui y règne. En y pensant, c'est quand même fou de ressentir des choses juste en lisant lel

( ͡° ͜ʖ ͡°)

J'en viens à la problématique de mon topic: les lieux de mon récit ont ce potentiel, or... je n'ai malheureusement pas encore les capacités en matière d'écriture pour faire ressortir leurs ambiances propres.

Je fais donc appel à vous! Oui vous! J'aimerai que vous écrivez, ou collez, dans les commentaires les descriptions de vos meilleurs lieux. Des textes dont vous êtes fiers, histoire que je voie comment on fait, que je prenne exemple sur vos chefs-d'oeuvres!

Si jamais vous hésitez, ou que vous trouvez que vos descriptions ne valent pas la peine d'être postées ici. Mettez quand même un endroit de votre histoire que vous adorez, votre préféré, et pourquoi. J'aimerai beaucoup savoir ce que vous allez écrire. Je mettrai peut être le mien, on verra.

Bien, je vous remercie de votre coopération, et de votre contribution pour ma progression qui ne cesse de s'améliorer!

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Lisa Giraud Taylor
Dans mon roman publié "Liverpool Connexion", j'ai créé un état dans l'état, une région indépendante nommée "l'Angoumois-Périgord" qui reste résistante à la mondialisation... Les descriptions des paysages et des églises romanes du Canton Ribéracois, ainsi qu'un château un brin inventé, ont été ma plus grande satisfaction à la sortie du livre (et clairement, pour les lecteurs aussi, compte tenu des commentaires !).
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Daegann
Dans mes nouvelles, il y a un passage qui me plait assez (du moins qui me plaisait assez quand j'e l'ai écrite)... Je voulais y décrire l'environnement de la planète où se déroulait l'action. Jusque là, l'action se passait plutôt dans les villes sous dômes alors c'était ici l'occasion de donner un peu corps à cette planète : https://www.scribay.com/text/1815214436/wildcards---premieres-primes/chapter/114973



Le crépuscule commençait à tomber au-dessus de Sinova Valley. Dans quelques heures, il serait suivit d’une nuit qui durerait trois jours standards, accompagnée d’une baisse notable du thermomètre. Ako n’était pas équipée pour le froid, mais d’ici à ce que la température devienne négative, elle aurait largement le temps de regagner la chaleur relative des dômes d’Eridania City. En attendant, si l’on mettait de côté l’atmosphère toxique de cette planète en cours de terraformation, il faisait presque bon d’être à l’air libre.

Masque filtrant pendu à son cou, elle fonçait sur les routes poussiéreuses de la région à bord d’un X-Road Alpha, un véhicule d’exploration tout-terrain que l’on croisait couramment en dehors des dômes. Devant elle, s’étendait le paysage accidenté de Sinova Valley, recouvert d’une terre grise semblable à de la cendre et parsemé de touffes d’herbe et d’arbustes jaunâtres balayés par le vent. Dans quelques décennies, quand la terraformation serait plus avancée, il y aurait peut-être une forêt ici. Mais pour le moment, si l’on exceptait des convois automatisés roulant à pleine vitesse sur l’immense autoroute vide, l’endroit restait un no man’s land sans intérêt aux yeux d’Ako.

Après plusieurs heures de route, elle quitta la voie rapide pour emprunter un chemin de terre vaguement balisé. Le X-Road de la Daeyaméenne s’enfonça dans le vaste désert gris de Sinova Valley durant un bon quart d’heure avant d’atteindre un lac où stagnait une étonnante eau bleue turquoise. Un peu plus loin, un vieux centre de traitement, une grande ferme hydroponique et, enfin, un petit village de colons constitué de modules préfabriqués usés par le temps.

Ako se gara près d’une sorte d’entrepôt, mit son masque filtrant sur le nez et descendit de son véhicule. La température était douce et le vent agréable. Si seulement l’air était respirable plus de cinq minutes sans danger…
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Daegann
C'est pas dans une nouvelle mais dans un scénario de jdr se dourlant dans une zone radioactive. Histoire de mettre les joueurs dans l'ambiance :

Cela fait maintenant trois bonnes heures que vous avez quitté la sécurité relative de votre dernier point de chute pour vous enfoncer dans le cœur de la SOX. Vous gardez continuellement un œil sur l’affichage RA de votre compteur Geiger tout en observant le paysage défiler peu à peu. La nature semble avoir repris le dessus sur les radiations et les anciennes activités humaines. D’anciens champs ressemblent désormais à s’y méprendre à des réserves naturelles accueillant une végétation luxuriante. Le chant des oiseaux berce votre trajet et quelques rayons de soleil vous font presque oublier que vous vous trouvez au cœur de l’une des zones les plus toxiques du monde. Finalement vous commencez même à vous demander si la SOX est aussi dangereuse qu’on le prétend… C’est vrai, après tout il est ridicule de penser qu’on puisse y trouver un danger mortel tous les cent mètres. Cette flore qui vous entours semble pleine de vie, on y trouve même des espèces que vous n’avez jamais vues ailleurs. C’est le cas par exemple de cette magnifique plante se repliant sur elle-même comme pour cacher timidement ses immenses pétales rouges écarlates. À moins qu’elle ne soit en train de se refermer sur une sorte de petit écureuil. Un « écureuil » difforme, dénué de poils et parcouru de spasmes irréguliers. Soudain votre environnement ne vous semble plus aussi hospitalier.

Vous vous demandez à présent comment vous avez pu ignorer des détails comme ce grand orme, entouré d’arbres morts et dont les branches semblent avoir vampirisé les troncs voisins. Toute cette végétation, aussi luxuriante soit-elle, semble à présent pervertie à vos yeux. Les rayons du soleil ont disparu derrière d’inquiétants nuages gris et le croassement d’un corbeau fini de vous arracher un frisson.

De nouveau sur vos gardes, vous continuez d’avancer. Au loin, un petit village se dessine peu à peu. Une vieille voiture rouillée, abandonnée là depuis longtemps, bloque à moitié l’entrée du village. De vieilles maisons semblant s’être figé dans le temps bordent la route principale, inanimée. Vous pénétrer dans ce village fantôme dans un silence de mort. Vous jetez quelques regards inquiets autours de vous, mais rien. Ce village, comme tous ceux que vous avez traversé jusqu’ici, est bel et bien désert. Un nouveau coup d’œil à votre compteur Geiger vous apprend que le niveau de radiation est en légère augmentation. Les masques à gaz sont encore suffisants mais cela pourrait ne pas durer…


Et un peu plus loin dans le scénario :

Vous continuez d’avancer alors que de la neige fondue tombe du ciel depuis maintenant un bon quart d’heure. Le ciel est sombre, la visibilité déplorable et vous avez froid. Un nouveau village abandonné se trouve devant vous. Sur un panneau encore debout vous pouvez lire le nom que portait autrefois cet endroit : « Valette ». Alors que votre véhicule avance lentement sur une route défoncée et sans aucun éclairage, vous observez les quelques maisons autours de vous, à l’affût de la moindre menace. Le vent siffle au travers des fenêtres brisées. Un volet claque. Vous vous retournez rapidement en tentant de percer l’obscurité avec l’unique lampe torche encore en état de marche. Rien.

« On est plus très loin » déclare alors Tae-gu. Soulagé par l’annonce et par la rupture du silence, vous vous détendez. Mais soudain, vous apercevez une silhouette se déplacer à une centaine de mètres devant vous. Le temps semble se figer. Chacun se crispe un peu plus sur son arme. Tae-gu klaxonne alors plusieurs fois puis vous voyez la silhouette répondre en allumant et en éteignant une lampe torche à plusieurs reprises.
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Lanam
C'est parti !

'' Notre maison était située juste à côté de celle de Gabrielle, seulement la nôtre surplombait le bourg, un peu en retrait et en hauteur par rapport au village.

Quand on entrait par le petit portail dans la cour, notre chien Lion se levait précipitamment et sortait de son tonneau en aboyant désagréablement, montrant parfois les crocs. C'est là que l'on pouvait faire grâce à sa chaîne, qui la retenait bien, elle tirait beaucoup dessus, comme si quelques centimètres gagnés lui aurait permis de vous sauter dessus.
Après avoir parcouru la cour, quand même assez grande, où les enfants jouaient parfois, on entrait dans la maison, par une simple porte de bois, décorée d'une guirlande de houx, que l’on n’enlevait jamais, et qui trouvait seulement son utilité lors des fêtes de fin d'année.
On arrivait directement par le salon, l'hiver la cheminée chauffait l'endroit, et c'est pourquoi on pouvait sans cesse entendre: Fermez la porte ! La chaleur sort !
Il y avait un canapé, où les enfants chahutaient souvent, le soir je me mettais là pour lire, boire mon thé ou encore parler avec mon mari, qui lisait son journal les lunettes sur le nez assis dans son fauteuil fétiche, les jambes croisées, pour se donner un air sérieux.
Un autre fauteuil de velours était installé près du canapé, aussi au sol nous avions du parquet grinçant et vieux, dont les lattes se soulevaient au moindre pas, j'avais vu plusieurs fois Léon – Paul explorer ce qu'il y avait dessous, bien sûr ce n'était que poussière et insectes morts.
Un grand tapis complétait la pièce, la plus chaleureuse de la maison, celle dans laquelle nous passions nos longues soirées d'hiver.
Dans une petite pièce isolée du salon, se trouvait la cuisine, il n'y avait que moi qui y passais du temps, seule pièce carrelée de la maison, souvent, elle sentait les odeurs de ce que j'avais cuisiné, la soupe ou le poulet braisé. Je n’aimais pas passer des heures dedans, faire à manger, voilà une occupation qui m'ennuyais vite.
Sous l'escalier qui menait à l'étage, il y avait un petit cagibi, où parfois Léon - Paul se cachait pour échapper à la messe, c'était de famille, mais nous connaissions trop bien les enfants et je n'aimais pas beaucoup qu'ils y aillent car l'endroit était poussiéreux et froid.
Par cet escalier de bois vieux et grinçant qui avait l'âge de la maison on allait à l'étage, il n'y avait pas de rambarde et plusieurs fois, les petits manquèrent de tomber, Léon se disait à chaque incident qu'il en installerait une, mais il avait trop tardé et ils avaient désormais grandi, alors ce n'était plus utile. Le premier étage de la maison était l'endroit le plus vivant, sans cesse, surtout le soir pour le coucher et le bain, les enfants couraient, criaient parfois, déclenchant les foudres de mon mari qui détestait cela.
Le première chambre en arrivant sur le palier était celle d’Émile, Léon – Paul et Michel, normalement fermée par une porte, elle restait toujours ouverte, d'abord pour que Michel puisse facilement me trouver en cas de problème la nuit, et puis parce que nous n'en voyions pas l'utilité. Propre, impeccablement rangée, les enfants y passaient peu de temps, seulement la nuit, et un petit coffre suffisait pour ranger les quelques jeux qu'ils possédaient.

Au sol, comme dans toute la maison, du parquet, entre chaque lit, une petite table de chevet où était posé une Bible, au-dessus de chaque couche, la croix du Christ, des représentations religieuses ornaient leurs tapisseries. Une cheminée chauffait l'endroit, comme dans toutes les chambres de la maison. Près de la fenêtre qui apportait la lumière à la pièce, un fauteuil, où personne je crois ne s'était jamais assis, à la fenêtre, deux volets de bois qui laissaient passer un filet de lumière. C'était pour Michel, quand il entendait que je fermais les volets il comprenait que c'était l'heure d'aller se mettre au lit, une sorte de repère parmi tant d'autres.

En sortant de la chambre, il fallait avancer dans le couloir pour pouvoir entrer dans la chambre de Malou et Gustavine, là aussi deux lits alignés se dévoilaient, une agréable odeur d'encens se propageait dans la pièce, c'était Gustavine qui le faisait brûler.

Il n'y avait aucun jeu dans cette pièce, comme si leur enfance s'était envolée, mais quelques livres qui rassuraient sur l'âge des jeunes filles, des représentations religieuses, encore une Bible. Malou se contentait de lire ce qui lui était imposé à l'école, en revanche Gustavine aimait et dévorait les histoires à l'eau de rose.
En revenant dans le couloir, si on se rapprochait de la chambre des garçons, on pouvait voir ma chambre. Une pièce simple, moins bien meublée que les autres, où le baquet du bain qui servait à toute la famille trônait au milieu de la pièce, mon lit quant à lui était au fond de la pièce, dans un coin, il avait été conçu pour deux personnes, mais il avait plus souvent reçu mes fils que mon mari. Il y avait une armoire, où j'entreposais mes robes, une coiffeuse, non pas celle de Camille, qui était au grenier, mais un cadeau de mariage, qui me servait de meuble pour poser draps, serviettes. Il y avait bien quelques peignes, poudres, et nécessaire de beauté, bien peu usité cependant.

Sur ma petite table de chevet qui sentait le pin, une bougie éteinte, la Bible, et mon chapelet.
La chambre de Léon, si j'y allais seulement pour nettoyer les carreaux et faire la poussière, ressemblait à la mienne, il y avait une cage à oiseau vide, une armoire fermée à clef, un grand tapis, et un lit. Mon mari y passait très peu de temps, d'ailleurs je crois qu'il n'avait jamais rien fait d'autre que l'aller–retour jusqu'à son lit le soir et le matin et qu'il ignorait même la présence de cette cage à oiseau.
Mon mari avait aussi son bureau et sa bibliothèque, où je n'allais que pour faire le ménage. La bibliothèque n'était ni grande ni petite, aussi je savais en l'observant que mon époux était un grand admirateur de Jean – Jacques Rousseau.
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DAVID
Allez je m'y colle :

Capitonné dans mon appartement, je tentais d'y maintenir une température acceptable en cet après-midi oppressant. Je restais allongé sur le canapé, ayant trouvé une position agréable, je me laissais pénétrer par la voix de Jeff Buckley, dans cette union, passif, je divagais .
Au bout de quelques minutes, le contact du tissu était devenu insupportable, j'entreprenais donc de me lever, je me traînais jusqu'à la fenêtre et observait le bouillonnement extérieur.
En bas l'artère déversait un flux régulier au rythme des feux de circulation : diastole, systole. Le flot serpentait entre les immeubles suintants, l'horrible ville se vidait en une hémorragie automobile. Le monstre agonisait et le soleil de plomb exhalait les odeurs de ses entrailles. Ce spectacle m'inspira un profond mal-être, et la conscience qu'une mince vitre me séparait de cette atmosphère saturée, me fît par reflexe reculer d'un pas.
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Laurent Delépine
Un petit coin paradisiaque dans mon monde :

Quand ils atteignirent le sommet du plateau, Deirane resta effarée. Elle ne s’attendait pas à une telle désolation. Elle avait vu l’état de la nature autour de son village. Elle avait visité une partie des plaines de Chabawck. Elle avait vu le résultat des guerres que le monde avait mené aux feythas et les destructions de ses derniers. Mais même aux pires endroits qu’elle avait visités, la vie persistait. De justesse parfois, mais elle était là. Sur le plateau d’Yrian oriental il n’y avait rien.

Les vents qui transportaient les poussières venues des déserts empoisonnés étaient déviés par les collines qui protégeaient Sernos vers cet endroit. Les pluies ensuite, les faisaient tomber sur le sol. L’eau s’enfonçait, pas les poussières. Elles restaient à la surface, rendant la terre mortelle. Le plateau occidental était touché lui aussi par les pluies de feu. Mais là-bas, les rivières qui descendaient des montagnes étaient saines. Elles nettoyaient l’eau, rendaient la terre propre et apte à la végétation. L’est, lui n’avait que ces pluies empoisonnées pour irriguer ses sols. Rien de vivant n’avait survécu. Rien. Pas même les insectes qui auraient dû décomposer les troncs, les buissons, les feuilles. On ne sentait même pas cette légère odeur de pourriture caractéristique d’un sol vivant. D’ailleurs, ce sol, lessivé depuis longtemps par la pluie avait pris une couleur indéfinissable semblable à celle d’un fossile. Le plateau était couvert d’un cadavre de savane. Seule l’action dissolvante de l’eau pouvait en venir à bout. Une action qui prendrait des siècles à se dérouler.

Voyager entre ces troncs noircis, dans le silence absolu, était oppressant. Aucun bruit d’animal fuyant dans les fourrés, aucun cri, aucun chant d’oiseau, ne venait briser le silence des lieux. Ce n’était pas la quiétude tranquille, d’une nature au repos, fourmillant de mille petits bruits qui indiquaient la présente d’êtres vivants touts proches. C’était la mort. Hormis les grincements du chariot et le sifflement du vent dans les quelques feuilles qui n’étaient pas encore tombées, on n’entendait rien.
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Mat. C.
Tout le monde n'est pas Victor Hugo malheureusement, et une description peut rapidement devenir lourde car mal maîtrisée. Un auteur ne doit surtout pas décrire pour décrire, parce qu'il le faut ou qu'il éprouve le besoin d'enrichir son texte. La description doit s'imposer d'elle-même dans le récit, elle doit couler de source, être fluide, utile, ne pas paraître forcée.
J'écris beaucoup à la première personne au présent donc le lecteur suit les pensées et les actions de mon narrateur. Celui-ci ne s'attarde donc pas sur les détails insignifiants. Le décor n'est pas secondaire dans le récit, mais j'ai des chapitres entiers pour le décrire, y revenir. Il s'inscrit dans l'action, il n'en est pas distinct.

"Le vent souffle, mais il n'est pas froid. L'été est là, et le ciel est exempt de nuages. Au loin, les lumières de la Ville, sous cette lueur orangée qui défit la nuit. Au dessus de nous, l'immensité céleste, et tout autour une étrange forme de silence bienheureux. Les bruits sont en contrebas, dans un autre monde, dans un univers qui n'est, à cet instant, pas le nôtre. La circulation, des gens qui hurlent, qui crient, qui vivent, de la musique parfois, quelques basses arrivant à nos oreilles mais oubliées aussitôt, mais ici sur cette tour grinçante, rouillée, tanguant sous les battements de la brise, rien ne peut nous toucher.

C'est chez nous, notre territoire, notre domaine, notre havre, île désertée des hommes et pourtant tellement visible. Personne ne nous aperçoit, personne ne nous entend. Nous ne sommes que deux gargouilles perchées sur une cathédrale d'acier. Les Taudis nous environnent, à l'infini. Dans la nuit, ils nous apparaissent comme un voile plus profond que l'obscurité, comme un mirage qui existe sans exister, et disparaît aussitôt qu'on ferme les yeux."

Dans ce passage, j'essaye d'introduire l'ambiance, faire apparaître des images plutôt qu'une description basique simplement d'objets listés. La description est un moyen pas une fin. Elle n'est pas là pour rendre un texte plus littéraire, elle a son utilité. Son rôle est d'aiguiller l'imagination, non de la contraindre.
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Témise
Bonjour, une technique assez efficace pour bien rendre l'ambiance d'un lieu : penser à utiliser les cinq sens dans la description. Décrire non seulement l'aspect visuel, mais aussi les odeurs, les sons, les textures (pour solliciter le toucher du lecteur), et l'environnement du lieu (si c'est un lieu en ville par exemple, est-il au bord d'une place animée, d'une rue très passante, au fond d'une impasse etc). Est-ce un lieu facile d'accès et connu, ou difficile d'accès et secret ? Bref, tout ça pour t'aider en attendant que je sois sur mon ordinateur que je puisse te retrouver la première description que j'ai faite d'un de mes principaux lieux. Elle était beaucoup trop longue pour être utilisable en l'état dans l'histoire, mais elle m'a permis de visualiser le lieu dans ses moindres détails, de le maîtriser complètement.
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Gobbolino
Ajoutons une pierre à l'édifice : dans mon histoire, les lieux "collent" aux personnages et à l'action, donc les séparer est difficile.

Tu en as un petit exemple là : https://www.scribay.com/text/2040802922/malou-dit-vrai/chapter/18622 le chateau en ruine, on le devine à travers la ruine du vieux roi.

Sinon, je tend à décrire les lieux à travers les actions, voire ma description des supermarchés ici : https://www.scribay.com/text/485095464/les-palpitantes-peripeties-de-dick-burman--prive-archetypal/chapter/103256. Bon, c'est un premier jet mais ça me fait bien marrer.

En conséquence, il semblerait que je considère que les lieux n'existent que par les personnages qui les traversent, et donc, je ne décris qu'au-travers des expériences desdits personnages. Merci d'avoir posé la question, je n'y avais jamais réfléchi.
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Andy Clarbann
C'est triste mais à vrai dire j'évite les descriptions comme la peste
En fait la plupart de mes textes contenant de vraies descriptions, ça a été rajouté après coup parce qu'on m'a fait remarquer qu'il y a des limites à l'absence d'imagination

En fait c'est particulier mais généralement je donne très peu d'indices spatio-temporels, ou même de noms si j'estime qu'ils ne servent à rien

Je sais que c'est une mauvaise habitude et que ça rend un texte assez austère mais je trouve que c'est un exercice assez difficile de sortir une description qui intéresse et qui a un sens
C'est vraiment impressionnant les auteurs qui arrivent à invoquer toute une imagerie, tout un mysticisme simplement en détaillant une scène et en faisant jaillir du sens ou de la métaphore de chaque élément

Parce que les roses sont rouges et les violettes sont bleues sur deux pages entières je déteste le lire et je peux résolument pas l'écrire
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Phoenix-blanc
L’ambiance d’un lieu peut aussi s’exprimer par le dialogue, par exemple une discussion entre plusieurs habitants/personnages/cailloux (extérieurs ou non au récit) d’une ville/village/forêt/vaisseau spatial peut transmettre l’atmosphère de l’endroit.

On peut même jouer sur la description d’un lieu d’apparence triste/tragique avec un dialogue au ton joyeux/humoristique/jovial.

La manière de penser d’un peuple (la culture, les traditions et coutumes), d’une personne peut expliquer pourquoi un tel lieu est décrit ainsi et possède une telle aura. Tu peux aussi décrire un lieu à l’image du personnage (ou l’inverse).

Je pars du principe que, souvent, c’est le vécu d’une personne qui donne du caractère au lieu. La mémoire et les souvenirs peuvent être rattachés à un objet/élément du décor. Un simple peigne peut devenir l’élément du décor qui créé le climat. L’objet peut avoir vécu des choses ou avoir vu des choses.
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Anthère
Parfait, je vous remercie encore pour votre aide! Tous vos conseils et exemples ont été super pertinents et vont m'être très utiles. L'amélioration est palpable grâce à vous.
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Auteur inconnu
Bon tu as dit copier coller, je copie colle.
1er extrait

"On entre alors dans la maison. C’est une petite maison, au portail toujours ouvert, qui englobe son jardin en elle, comme elle ne délaisserait pas son toit ou ses volets. Des volets rouges, en bois, qu’on ouvre tous les matins pour que cette maison se réveille. C’est un petit rituel que celui de réveiller la maison comme on réveille les enfants, mais on y tient à ce rituel. Parfois, c’est le garçon qui s’en charge, les matins d’été, il s’installe alors sur la terrasse pour regarder le lever du soleil. Ces jours-là, la mère le découvre, la sœur a suivi elle aussi, et la maison les regarde sous son œil bienveillant. Ces jours-là, qu’importe l’heure qui tourne, le lever du soleil devient plus important que la cloche de l’école, on trouvera une excuse, de toute façon elle est toujours en retard cette maman. Une catastrophe. Alors on regarde l’aube qui pointe, on laisse les enfants sur la terrasse, on les confie à la maison pendant qu’on prépare tout ou presque, les laisser profiter au maximum de ce temps plus vrai que celui des montres.


Cette maison est peuplée d’araignées. Il ne faut surtout pas les chasser, elles sont ici chez elles. Chacune a son nom, on fait confiance aux enfants pour les reconnaître, on est un adulte, on ne sait pas voir ces choses-là, on le sait, on le dit, les enfants ont de bien meilleurs yeux, ils peuvent voir ce qu’on ne verra plus jamais. Ils savent alors avec certitude laquelle des araignées est dans leur chambre ce soir, laquelle dormira avec eux, brodant de ses huit pattes les rêves de leur nuit. Ce qui surprend toujours, c’est qu’ils sont parfaitement d’accord tous les deux, ils ne se trompent jamais de prénom, jamais d’araignée. Pour les sauterelles, c’est plus simple, il n’y en a qu’une, très grosse et très verte. C’est la Grosse Verte.


Les lézards eux n’ont pas de noms, ils n’ont pas le droit de rentrer dans la maison, ils ne respectent pas les règles : on ne touche pas aux araignées. Donc ils restent dehors. N’oublions pas les papillons de nuit bien sûr, eux on les préfère aussi dehors. Oh ce n’est pas qu’on ne les aime pas, mais on ne veut pas qu’ils meurent, et de les voir s’affoler autant contre les vitres, ça nous rend tristes maman. Donc on les sort, mais en douceur, il ne faut pas les tuer.


Et Louis écoute Émilie raconter les histoires de la maison, cette maison qui chez d’autres aurait eu quatre murs et un toit, mais qui ici, est un monde magique où les araignées ne font pas peur aux enfants. Voilà le genre de maison qui habite cette femme, car au final c’est elle qui accueille la maison en elle, une maison qui pourrait être autre, elle serait semblable. D’ailleurs, il y en eut d’autres. La dernière n’avait pas d’araignée, mais chaque écureuil du jardin était baptisé. Et le soir, Émilie attrapait deux lucioles pour les offrir à ses enfants, deux petites fées pour surveiller vos rêves mes amours.





On poursuit la présentation de la maison aux volets rouges, étonnant comme dans une si petite maison avec si peu de pièces, il y a tant à découvrir. On est un peu gêné, il y a un bazar pas possible. On n’a pas l’audace de mettre ça sur le dos des enfants, on est pire qu’eux. Dans cette maison, on rentre par la fenêtre, c’est étrange oui, cela perturbe un peu au début, mais la porte d’entrée n’en est pas vraiment une, c’est une grande fenêtre avec un semblant de verrou, d’ailleurs c’est le volet qui clôt réellement la maison. De toute façon, c’est toujours ouvert ici. La cuisine est minuscule et encombrée de tout. Un cageot de fruits et de légumes trône sur un tabouret, attendant d’être conjugués. Il n’y a pas la place pour le poser ailleurs. La table de la salle à manger sert à tout, on en oublierait presque d’y manger. Le canapé est confortable, mais les coussins enfoncés résonnent encore des cabrioles tolérées du coin de l’œil. Une bibliothèque tient par les livres qu’elle supporte, une sorte de symbiose incroyable. Chaque livre doit alors se mériter, il doit être saisi avec précaution, vérifier que le choisi ne constitue pas la clé de voute de l’ensemble. Sinon il faudra lui trouver un remplaçant, évidemment. Les livres débordent des étagères branlantes, certains se plaçant en pile confuse devant les autres, jaloux d’être ainsi remisés. On se met à présenter les livres comme on a présenté les araignées. C’est qu’ils sont importants eux aussi, ils tissent les rêves eux aussi, ils forment la seule toile qui nous lie véritablement au monde. Alors on prend le temps de les présenter, de décrire leur lumière, leur façon d’éclairer, de poser la joie, la douleur, les mots tout simplement. Car tout cela, ce n’est jamais que des mots.


Les chambres des enfants possèdent leur propre bibliothèque. Certains livres n’y survivent pas d’ailleurs. Les préférés souvent, lus et relus et encore, même quand ils ont perdu leur peau cartonnée, ils n’ont pas perdus leur intérêt dans les yeux des enfants.


La chambre de la mère, elle, ne présente rien. C’est la seule pièce qui n’est pas encombrée, un peu de linge sur une chaise. Rien dans cette chambre qui est digne d’intérêt si ce n’est la photographie encadrée d’une petite fille qui court sur l’eau, sa jupe rouge se reflétant à la surface. En dehors de ce tableau, il n’y a rien. C’est parce que dans cette chambre, ce qui est intéressant ne se voit pas Louis. Écoute ! Entends ce petit grattement qui s’échappe du plafond, dans l’angle droit. Entends comme il devient fort parfois. Puis écoute les petits pas d’opéra de la souris qui se cache là, dans les combles de la chambre, et qui accompagne la mère dans son sommeil. On ne l’a jamais vue, on ne cherchera jamais à la voir. Pour quoi faire ? Si elle est bien là-haut, qu’elle y reste donc, elle peuple cette maison comme tous les autres habitants.


Mais le temps a disparu pendant la visite. Il faut aller chercher les petits. On s’excuse, on se presse, il faut y aller. On se raccompagne sur le chemin, on se promet de venir manger dans la maison aux volets rouges un soir, bientôt, demain. On s’éloigne, on s’esquive au regard des enfants, au visage de la mère qui revient, qui n’est jamais vraiment parti. On entend tout de même cette mère demander avant tout à son fils des nouvelles du fantôme de l’école. C’est que ça fait longtemps qu’on n’en a pas eu. On sourit et on s’éloigne de cette famille, surpris de se demander comment se porte, en effet, le fantôme de l’école. "
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Auteur inconnu
2eme extrait (même lieu avec un chapitre entre les deux)

"Le soir est là, la nuit entre dans le jardin de la maison, laissant quelques étoiles s’accrocher aux branches noueuses d’un arbre, petite guirlande de lucioles dorées qui s’entortillent et permettent à ce silencieux veilleur d’exister dans le noir, de briller dans le noir, tout contre la maison. Le portail est ouvert, on sonne, mais personne ne répond. On entre alors, on est un peu en avance, pas beaucoup, quelques minutes, mais c’est déjà trop pour l’éternelle en retard. On sert la bouteille de vin dans une main, l’autre est calée dans la poche du manteau, le froid de l’automne s’invite en douceur, précédent les rouges ou les ors.


On approche de la maison qu’on connaît déjà. Un peu facile de la connaître en une visite à peine cette maison, c’est vrai et c’est faux dans le même temps. Pour la connaître vraiment il faudrait savoir que dans la terre qui borde la terrasse dorment des bulbes de jacinthes sauvages, qu’elles percent le sol dès le printemps, l’annonçant aux couleurs de leurs clochettes bleues. Il faudrait savoir ces deux rosiers comédiens qui jouent un autre rôle dans leur floraison, celui qui se pare de roses grosses et opulentes comme des pivoines et celui qui donne de petites fleurs délicates, aux pétales blancs largement ouverts sur un cœur jaune aux allures d’aubépine. Il faudrait savoir ce rouge qui orne les feuilles de l’arbre aux étoiles. Il faudrait connaître la faille qui court derrière l’hortensia et qui sert de maison aux lézards. Il faudrait savoir que le volet de la cuisine est cassé, qu’il suit le vent qui joue avec. Il faudrait savoir la chaleur du poêle en hivers, les crépitements de ce poêle qui rassemble les êtres autour de son feu. Il faudrait prendre le temps de regarder la lumière entrer dans cette maison, s’éloigner d’elle, faire ce va-et-vient chaque jour, toujours le même, toujours différent.


Ce sont les enfants qui ouvrent la fenêtre, presque à se marcher dessus. Les sourires se bousculent aussi, savoir lequel atteindra l’invité en premier. Privilège de l’aîné toujours avant les autres, délicatesse de la cadette qui se moque éperdument d’être seconde, elle sait son sourire bien au-dessus de tout. On accueille alors sans timidité l’inconnu qui franchit le seuil, c’est un ami de la mère, cela suffit, c’est un être vivant, cela suffit. On accueille tout dans cette maison, même les araignées, alors un jeune homme au visage d’ange, au sourire ensoleillé et muni d’une bouteille de vin ne posera jamais aucun problème. Quand on apprend aux enfants à se méfier des inconnus, la mère, elle, préfère apprendre aux enfants à connaître l’inconnu. La peur de l’autre, c’est le grand malheur de ce monde, c’est ce qui fait gagner la méchanceté, cachant la bonté dans l’ombre mordante de la peur. Alors on fait un grand sourire, on dit bonjour et on se présente.





Louis rentre alors dans cette maison et découvre les histoires qui peuplent ces habitants. "
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Sandrine Manine
Eh bien ça me permet de te lire un peu, moi qui ne connais que ta bibliothèque ! Ça donne envie de découvrir le reste :-)
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Auteur inconnu
Merci Sandrine c'est gentil, mes textes ne sont pas fermés, ils s'ouvrent à qui le demande.
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Sandrine Manine
Je veux bien alors ! Merci
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Auteur inconnu
ok
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Anthère
Wow... excellent. Ton exemple me permet de me rendre compte que j'avais peur de faire de grosses descriptions. Or, si je les fais comme toi, elle auront finalement un sens, une fonction utile dans l'histoire sans ennuyer le lecteur. C'est parfait, merci beaucoup!
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Sandrine Manine
Je pense aussi que l'intérêt d'une description réside dans le ressenti des personnages ou l'émotion qu'on veut faire passer au lecteur. Il y avait eu un défi "description d'un lieu" dans la série de défis de Jonas "Incipits- le retour", tu y trouveras les exemples que tu cherches. Voici ce que j'avais écrit : https://www.scribay.com/read/text/1103094108/ainsi-incipits-5
Je te laisse seul juge de la qualité, tu verras s'il y a quelque chose à en tirer !
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Anthère
Super bel exemple, j'aime beaucoup et je vais essayer de m'inspirer de ton style d'écriture. Merci!
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Navezof
Je pense qu'une description est interessante quand elle ne fait pas que décrire mais ressentir.

Que les briques soient rouge, le lecteur s'en moque, mais si elle sont rouge parce qu'elle ont but le sang des esclaves qui ont érigé le mur, là ça en devient plus interessant. Si elle sont rouge et le personnage voit en elle les briques de son pays, c'est encore mieux.

Ces exemples sont assez mauvais, mais l'idée est qu'une description juste pour décrire n'est pas forcément très interessante. Si par contre elle apporte des sentiments, soulève des interrogations, là c'est beaucoup mieux.

Une méthode peut etre de se poser la question : "a quoi ressemble tel endroit", mais plutôt : "quel ressentit je veux donner à mon lecteur en lui montrant tel endroit ?"

Au final, en décrire le moins possible pour en faire ressentir le plus possible est une bonne façon d'impliquer le lecteur.

C'est tres personnel comme avis mais je pense qu'il faut etre très altruiste, ne pas vouloir imposer un lieux, mais le proposer. Peux importe la forme, tant que l'intention est là.

Peut etre que ce que tu imaginais sera totalement différent que ce que s'imagine le lecteur, mais tant pis.

J'ai quelques passages dont je suis assez fier. Ca ne veut pas dire qu'ils sont excellent, c'est juste que je les trouvent interessant.

Les deux premiers passages qui vont suivrent sont tirés de mon projet Vertikal publié en version alpha sur scribay.

Dans le premier, il n'y a quasiment pas de description de la cité en elle même. A part les rangées de voitures, le lecteur sait qu'il y avait des vitrines, des terrasses, et de la poussière. A part cela, le reste est laissé libre d'imagination.

Contexte : Pour donner rapidement le contexte, cela se passe dans une ville abandonnée depuis des années enfermé dans un gigantesque dome de pierre.


"Des carcasses de voitures sont alignées de chaque côté de la rue, abandonnées. Une épaisse couche de sable noire les recouvre, comme une neige sombre salie par la pollution. Rien ne bouge, rien que le silence et l’absence. Ils s’insinuent, sournois, et sifflent sur cette cité qui sommeille.

Pas même une trace de vie ne vient tacher le gris immaculé du sol. Parfois, une brise plus téméraire ose déplacer quelques dunes de poussière, elle file en chuchotant vaguement et disparaît discrètement.

Pendant un moment, j’imagine les foules parcourir ces rues, ils devaient être là, à admirer les habits derrière les vitrines, feuilleter les livres sur les étagères, apprécier la nourriture sur les terrasses. Remplir de leur vie ces avenues, crier, pleurer, parler, juste être. Mais maintenant, il n’y a plus rien derrière les vitres brisées, plus rien sur les étagères maltraitées, plus rien sur les terrasses. Plus rien ne bouge, rien que le silence et l’absence.

La ville est morte."


Sinon il y a ce passage là. Je ne parle pas tant que ça d'un lieux, mais ce que je trouve interessant c'est une description non statique. Si on fait une comparaison avec le cinéma, c'est comme si une caméra etait braqué sur une goutte d'eau et la suivait alors qu'elle parcoure avec le lecteur le corps du robot.

Il y a également le contraste entre la goutte d'eau (qui dansent, glissent, s'élancent) et la gravité des "blessures" du robot.

Contexte : Le Kabuto est un robot géant, la description se place apres une bataille entre le robot et une armée humaine avec des armes conventionels.

"Les innombrables trous d’obus qui percent la place sont remplis d’une eau rougie par le sang versé. À travers la fumée et les corps éparpillés, des morceaux d’acier gisent, tordus et brûlés. Puis il y a cette odeur, de moisie, de fer et de mort, qui vient rajouter sa pestilence à ce misérable tableau, peignant de son infection le contour des cadavres d’homme.

Et au milieu, il y a notre Kabuto.

La pluie tombe, insolente et indifférente. Lavant bien malgré elle le rouge presque noir qui couvre le corps défiguré du colosse. Les gouttes s’élancent et glissent le long des bosses qui décorent l’armure de la machine. Tendrement, elles soulignent de leurs sillons les impacts qui criblent la peau métallisée du géant d’acier. Le long des déchirures, le sang mécanique noir et poisseux s'emmêle dans les ruisseaux qui ne s’arrêtent que pour descendre plus bas encore. À travers les plaques arrachées et les protections détruites, l’eau s’invite, tout doucement, elle caresse de son humidité les entrailles à vif de cuivre et de rouages.

La pluie danse de ses éclaboussures sur le cadavre du Kabuto."

Sinon il y a également ce texte court que j'ai écrit pour un défi. J'en suis globalement assez content : https://www.scribay.com/text/1230252446/de-blanc-a-gris/chapter/34363

Pour ce passage, c'est une description plutôt conventionel avec l'utilisation de comparaison et de personification qui donne un aspect très enfantin au texte.

"Lala murmure : “23528”

Par la fenêtre cassée une très légère brise lui apporte une odeur d’iode accompagnée d’un léger filet de fumée. Lala s’étire, et prend le temps de contempler l’horizon. Les rayons du soleil percent difficilement l’épaisse couche nuageuse noire de corbeau, mais ils ont pris avec eux suffisamment de jour pour éclairer le dessous de l’horizon.

Il y a des immeubles quasiment partout. Là où il n’y en a pas, il y a un tas de gravats. C’est triste, Lala n’aime pas le gris, mais alors vraiment pas du tout. Heureusement, à la place du gris béton tout moche, il y a du marron sale de terre qui a recouvert les routes et les toits des immeubles, du vert de verdures qui fait des câlins d’arbres aux constructions, et même quelque morceaux de bleu mouillé qui se faufilent entre les murs.

Lala soupire.

Ce n’est pas très vivant quand même. Heureusement, il y a l’autre horizon. Celui qu’il y a quand on regarde dans l’autre sens. Celui qui sent bon le sel, celui qui bouge même quand on ne le regarde plus."


Bref, je vais ranger un peu mon ego et simplement esperer que tout cela t'aide un peu. Si tu as des questions particulières, n'hésite pas à me le demander (ici ou par mp)

Bonne continuation !
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Anthère
Hey, merci de tes conseils. Je suis tout à fair d'accord qu'une description ne doit pas seulement décrire, elle doit surtout faire ressentir des choses au lecteur. Et c'est les procédés qui permettent de faire ça que je recherche. J'aime particulièrement l'exemple avec Kabuto, on se sert d'une goutte pour décrire son corps meurtri, c'est ingénieux!

Bref, j'ai pris en compte tes exemples pour mes prochaines descriptions, merci!
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mariedanj
Je plussoie pas mal ce que dit Navezof. Pour ma part, je trouve que la poésie fait tout le travail. Par exemple, des murs gris. Plate description. Le lieu m'inspire de la tristesse. Donc, description + ressenti, on mélange de la poésie et hop. «Les murs pleuraient leur grisaille.» Déjà plus palpable.
Je pense aussi que certains lieux ont une histoire à raconter et que leur description est le moment idéal. Mes exemples tirés de mon projet "les Dissidents":

« Le solstice approche. La fonte des neiges a depuis longtemps été absorbée par les terres et la fraiche verdure rampe sur le territoire, même maigre, du nord. On sent l’effluve amoureux des fleurs, le vrombissement obstiné des moustiques sur la peau de plus en plus dénudée. La saison des conflits armés est ouverte. »

« Ce lieu est le vestige de la première habitation commune de Narse. On y a bâti par la suite tout un palais, mais le trône est l’origine de la cité. Le roc gris est vieux, huilé par la suie des décennies, lustré par les vents du passage séculaire des hommes. L’endroit parait d’autant plus vide et creux que ses deux habitantes semblent isolées du reste du monde. Jayen sent la chaleur du jour s’incruster avec lenteur par les grandes fenêtres ovales derrière elle. Au mi-jour de cette journée estivale, l’endroit sera insoutenable. »

Voilà mon grain de sel dans la salière.
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Lily H. Kitling
Pour faire ressentir l'ambiance d'un lieu, il y a trois valeurs sûres :
- les détails ;
- les 5 sens ;
- le ressenti du personnage.

La révélation est dans les détails. Ce sont eux qui vont titiller les sens du personnage, voire du narrateur, et par extension du lecteur. Décrire les sensations, ça donne une réalité à ces détails. Le concret, c'est la clé de la crédibilité et du réalisme (pour peu qu'on le cherche). Et tous ces stimuli vont fatalement provoquer des réactions chez le narrateur/le personnage : comment réagit-il aux sons, aux odeurs, etc. ? que pense-t-il de tel ou tel détail ? quelle impression ça lui donne du lieux ? peut-être fait-il des déductions sur ce qui aurait pu s'y passer ? imagine-t-il les évènements passés dont il a connaissance, le passage des gens, l'histoire de ce lieu ? Bref, son ressenti, ses pensées, son imaginaire.
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Anthère
Niquel, je te remercie pour ton conseil. Je vais enfin pouvoir faire de grandes descriptions vivantes sans me dire que je vais ennuyer le lecteur.
Beaucoup trop de gens (dont moi) ne connaissent pas ces trois valeurs, ou d'autres règles semblables... elles sont pourtant primordiales pour l'écriture, dommage.
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Lily H. Kitling
Oh, il n'y a pas de règles en écriture, si ce n'est la Grande : se faire plaisir avant tout. Mais ça, c'est valable dans toutes les activités ^^
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