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Les mots sont bloqués et moi je vais ... exploser !

par Médrys  il y a 2 ans
Bonsoir à tous par cette douce nuit de printemps !


Écrivant dans le registre fantastique, je me joins donc à votre communauté ;)

Ce soir, c'est la panique : la démangeaison interne voyez-vous.

J'ai une terrible envie de corriger un de mes chapitres, mais les mots ne s'articulent pas et finissent pas s'absenter totalement.

Je dois ajouter des éléments et réécrire certains passages qui ne collent plus avec les précisions que je souhaite apporter, mais rien ne s'ordonne dans ma tête. Je ne sais pas s'il est mieux de garder des éléments rédigés pour faire une sorte de puzzle ou bien tout réécrire dans ce genre de cas ...

Cela me décourage de ne pas avancer comme je le voudrais ... :'(

Que faites vous dans ce genre de cas ?
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Auteur inconnu
Pour ma part, je n'en suis pas encore là et je t'avoue que je rêve de pouvoir me poser ces questions. Disons que j'ai été prise en otage depuis trop longtemps par une foule d'idées... alors vous savez ce que j'ai fait?
Quelque chose de très radical.
J'ai éradiqué toutes les esquisses de manuscrit qui n'en valaient pas assez la peine pour ne garder qu'une et une seule idée.
Pouf, tout à la corbeille, ça a été difficile mais je suis enfin LIBRE!
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xanylovem
se faire aider par qq ... :) sinon avant tout réécrire, mettre des petites notes rapides aux endroits clés et barrer ce qui gène et relire relire relire pour vérifier cohérence pour la suite...
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Hanaoshi
J'ai déjà vécu cette situation, et la relecture incessante peut être une mauvaise chose, on peut se dégoûter de son propre texte et on peut finir par faire d'énormes gourdes au niveau de l'ortho ou autre :P
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Elska Gatsby ~
Si un chapitre ne me plaît pas, quel qu’en soit la raison, disons que la réécriture variera suivant le degrés. Si je sens qu'il manque un petit quelque chose qui va tout arranger, je l'inclue. Si par contre je me rends compte que plus rien ne me plaît, je réécris entièrement quitte à corriger aussi les suivants en abandonnant certaines idées.
Il n' y a rien d'spécial, l'essentiel c'est de pas avoir peur de faire table rase. Aussi il vaut des fois mieux laisser un peu de temps s'écouler si tu commences à t'énerver lol, simplement parce que le recul c'est important. Contente toi d'y penser pendant un petit moment, même pas besoin de rédiger, et tu trouveras ta réponse !
C'est ce que je fais, en tout cas !
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Epic Whale
Bonjour !
Je pense qu'on est tous passé par là au moins une fois et c'est franchement frustrant.

Pour ma part, quand je n'arrive plus à relire ou corriger un chapitre, ou que je veux faire une relecture approfondie, je l'imprime sur papier. Je prends un temps tranquille sans bruit ni distraction et je relis lentement plusieurs fois.
La première je relève les fautes et j'entoure les passages étranges. La deuxième je vérifie que tous les passages bizarres ont bien été identifiés. Puis les lectures suivantes, je prends une feuille à part et je note les modifications possibles en réfléchissant longuement sur chaque point noté. Il ne faut pas avoir peur de réécrire un passage entier ou d'en garder un autre intact. (C'est pour éviter ça que je réécris d'abord sur une feuille à part de la feuille imprimée. J'ai moins l'impression d'effacer ce que j'ai déjà écrit de cette façon, mais c'est peut-être que moi)
Je fais tout ça autant de fois que nécessaire et quand j'ai fini mon chapitre, je retape tout à l'ordinateur en hésitant pas à modifier encore. Puis je relis et je vois si tout est mieux ou pas =)
Toutes ces étapes ne sont pas faites à la suite, par contre. J'essaie de laisser passer plusieurs heures, voire jours, entre chaque. Pour être bien sûr de ne rien oublier et de trouver les bons mots.
Je pense qu'il ne faut pas se presser et bien prendre son temps. Il ne faut pas se forcer non plus.

Après, je n'ai pas de remède miracle. Je suis moi-même en train de relire et retravailler une histoire et je ne m'y penche que rarement, quand je me sens vraiment d'humeur et que j'ai un peu de temps à y accorder. Ce n'est pas quelque chose d'évident la relecture =)

Comme le dit Joe Cornellas, tu as peut-être besoin d'aide ? Ce n'est pas évident de le faire sans personne pour aider à identifier les passages flous et les fautes (surtout que l'auteur a toute son histoire en tête, donc les choses qui ne sont pas expliquées et qui devraient l'être ne lui saute pas aux yeux).

Courage en tout cas ! Tu peux le faire ^^
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Médrys
Je retourne aussi à la version papier pour noter toutes mes idées et constituer une sorte de plan qui me permet d'écrire la scène petit à petit bien comme je la visualise.

Je suis peut-être un peu trop pressée aussi, j'ai envie d'avancer sur la suite que j'ai bien en tête, mais continuer sans corriger ce qui précède ne me plait pas non plus ... le perfectionnisme ! x)

C'est vrai que laisser du temps entre les phases de relecture permet de prendre du recule et d'identifier davantage les points à modifier. Je fais aussi des temps de pause, souvent entre 2 et 3 jours, mais peut-être faut-il parfois s'en éloigner plus longtemps ...

En tout cas merci pour cet avis, je suis déjà plus rassurée et donc motivée pour repartir tranquillement :) !
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Joe Cornellas
Bonsoir Médrys,

Je comprends ta frustration.
Pour avoir tenté de sauver un maximum de mots de mes textes alors que de bonnes âmes me conseillaient de réécrire, je vois ce que tu veux dire.
Dans mes nombreuses phases de réécriture, je suis passé par plusieurs stades : suppression de chapitres entiers, récupération de chapitres pour en faire des nouvelles séparées, puis, finalement, réécriture de morceaux de chapitres en supprimant des passages, en ajoutant d'autres et réarticulant l'ensemble.
C'est long, pénible, fastidieux, mais on voit naître autre chose sur les cendres des chapitres brûlés.

Tu aurais besoin de relecteurs pour t'accompagner, peut-être ?
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Médrys
Oui, c'est bien ça, car je reste "attachée" à certains passages que je trouvais percutants par exemple, mais les détails à apporter nécessitent de revoir la structure de la scène. Mais bon, je repars motivée et plus tranquille avec vos conseils.

La relecture et le conseil extérieur me sont vraiment précieux, c'est d'ailleurs grâce à des scribayeurs que j'ai entrepris ces modifications, cela m'aiderais effectivement d'avoir des avis entre deux versions, alors si tu as le temps je prendrais note de tes retours ;)

Merci beaucoup en tout cas !
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Expos-ito
Doisneau (photographe) expliquait qu'il composait ses images selon des formes géométriques. De même il y a dans la narration des formes, la ligne droite (récit linéaire) le plus usité, mais aussi l'étoile où plusieurs histoires se rejoignent comme un entonnoir, le zig-zag d'une ligne brisée en flash-back, la courbe où l'histoire s'éloigne insensiblement de son axe pour nous mener ailleurs qu'au prolongement de son départ, le cercle de l'histoire sans fin, la spirale de l'histoire qui revient, en retour sur même terre, en même angle, mais de plus en plus excentrée, etc... Plein de formes, mais une constante, celle-ci doit être suffisamment claire pour pouvoir être peu à peu identifiée, du moins aperçue, sinon cela perd le lecteur. Ce dernier a besoin d'un territoire qui fera carte, il lui faut à la fois pressentir et ignorer la suite pour s'y sentir à la fois confortable et excité. La surprise vient de cela, du presque familier contredit sans cesse mais sans que le lecteur y perde pied. Mais je m'égare, tu évoques des beaux morceaux, la mosaïque où chaque eclat brille et heurte les autres...Si tes morceaux sont des joyaux, tu peux choisir le "puzzle", mais alors comme en mosaïque tu dois travailler en contraste, dégradé et transition pour inscrire la forme de la narration par le choix de tes transitions. Travaille au sous-texte qui sera comme un tissu sur lequel placer tes joyaux et d'abord examine les pour connaître ceux qui de proche à proche se mettent en évidences, et brillent de l'un par l'autre. Leurs successions, leurs contacts alors, te donneront le fil textuel du sous texte qui les portera.
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Joe Cornellas
Te voir théoriser m'emplit d'aise @expos-ito ;-) À ta façon bien plus poétique que mes sources dramaturgiques, mais théorie tout de même :-) C'est qu'à force d'écrire, on finit quand même par s'interroger sur la matière du récit et sa construction. Je suis heureux que tu nous partages tes réflexions.
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Expos-ito
A force d'écrire on apprend à le faire, se forment des idées qui se lient en théorie. Hélas... Ce qui étaient miracles pourrait devenir système, et moi faiseur, copieur de moi-même me recyclant.
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Joe Cornellas
Je ne comprends pas cette crainte d'un "système" quand par ailleurs tu fais montre d'une témérité d'explorateur ;-)
C'est qu'à un moment, écrire ne suffit plus. Il faut être lu.
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Expos-ito
Evidemment, être lu... Cela je sais moins encore le faire. Enfin il me reste le courrier.
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Joe Cornellas
Tu as dû mal comprendre ma remarque et je m'en excuse. Je n'étais pas clair et l'ambiguïté pouvait être mal interprétée. Je revenais sur tous nos échanges qui traitaient de "l'objet de l'écriture". Ma position ayant toujours été qu'on écrivait pour être lu, ce qui justifiait de faire une entorse à la spontanéité en se contraignant à construire.
Je n'ai jamais voulu dire que tu n'étais pas lu. Tu sais combien j'admire ta façon d'écrire.
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Expos-ito
Merci pour l'admiration, elle m'est d'autant plus précieuse que de fait je suis peu lu. Même ma famille s'y refuse. Je ne me fâchais pas, je constate, je mesure l'écart entre ceux qui émergent ici et ailleurs de temps à autre en tête de gondole et moi. Mais je milite pour une écriture d'existence plutôt que de popularité. Et je suis bien forcé de constater qu'elle envoie à une solitude percée de quelques rencontres. T'avoir rencontré m'est plus précieux que milles like, mais ce choix d'une écriture d'existence ne se cale qu'à son auteur alors qu'une écriture pour, touche mieux qui elle vise. En dehors du public, cette foule sans visage, j'ai eu recemment à produire un écrit pour. C'était un témoignage à produire pour un tribunal. Tout d'abord j'ai écrit mi comme je suis mi comme il faudrait, et à me relire avec l'aide d'un regard qui eut à connaître ce monde, j'ai compris que j'y étais aussi inaudible qu'ici illisible. Et j'ai réécrit en leurs mots et esprits, le peu que le tribunal entendrait. J'ai détesté, et mis remis cela sur l'ouvrage des dizaines de fois avant d'obtenir la forme pour moi navrante pour eux conforme. Me soumettant parce que cela comptait à leurs oreilles au dépend de ma bouche. C'est ce travail d'une certaine manière que tu conseilles en autre théatre qu'un TGI. Un réalisme... Que j'ai vécu comme une perte d'être.
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Joe Cornellas
Ta comparaison me chagrine. J'espère que tu ne penses pas sérieusement que mon point de vue se résume à apprendre à écrire pour un public cible...
D'une part, ce que je prône tient à la structure, pas du tout au style. Je vais à mon tour prendre un exemple pour clarifier ma vision des choses. Je crois t'avoir dit que mon père s'était récemment fait auto-éditer. Il a écrit son bouquin dans son coin, sans le faire relire, il l'a fait imprimer et l'a distribué à ses proches. D'emblée, ma soeur et ma mère ont rejeté l'ouvrage sans le terminer (ma soeur a avoué avoir atteint la quarantième page avant de lâcher l'affaire), mon frère n'a rien dit. Moi, j'ai fait l'effort d'aller au bout (enfin, j'y suis presque ;-)). Je peux donc expliquer le rejet de l'oeuvre. Les raisons sont multiples (je mettrai de côté l'agacement de ma mère, prof de Français, latin, grec, qui n'a pas supporté les paquets de fautes par page).
Mon père possède indéniablement une bonne plume. Il est érudit, plein d'humour, grand voyageur, très porté sur la bonne chair, les femmes, les belles choses. Son livre reflète tout ça. C'est ce qui m'a permis de le lire. Car son texte souffre de deux problèmes majeurs. L'un lié à la structure, l'autre au fond.
Je vais faire simple : sur environ 500 pages, son exposition en mange 300. 300 pages pendant lesquelles les personnages bouffent, visitent, parlent du monde, parlent de cul, se tournent autour, sans qu'aucune intrigue ne voie le jour.
Page 300, boum, un personnage débarque et annonce cash : vous pensiez être dans une vague comédie contemporaine, et en fait, vous êtes dans une histoire fantastique (au sens, Science-Fiction) avec des mondes parallèles, des portails dimensionnels etc. Et là commence une autre histoire, à laquelle sont mêlés de manière anecdotique les premiers personnages. Et là on discerne le début d'une intrigue, totalement délirante, vraiment originale et bien plus prenante que le début du bouquin. Reste que mon père continue à passer plus de temps à décrire les pique-nique de ses personnages, les itinéraires qu'ils prennent en voiture et des détails de décors sans intérêt plutôt qu'à dérouler son sujet.
Il y a donc un défaut de structure rédhibitoire.
Sur le fond, il a oublié son lecteur. Son intrigue met trop de temps à se mettre en place, ses personnages principaux sont terriblement caricaturaux et tellement fantasmagoriques qu'ils en deviennent peu attachants.

Donc ! Tu vois où je veux en venir ? Il a une plume, l'envie d'écrire, des idées plein la tête, mais il ne structure pas, ne pense pas à celui qui va lire. C'est comme s'il avait écrit pour se faire plaisir juste à lui, et en vérité je pense que c'est le cas. Mais il le publie et le distribue autour de lui. Il y a donc une contradiction. J'écris pour être lu, mais je ne me donne pas les moyens de garder mes lecteurs au-delà de la quarantième page. C'est au lecteur de faire l'effort de me lire. Ce genre de chose est possible dans son entourage, pas si on veut transmettre un message à un maximum de monde ! Que ce message soit une histoire, un point de vue sur le monde, sur soi-même ou autre.

Il n'y a pas de système à broyer l'imagination ou l'écrit là-dedans, juste un travail à l'attention des autres, pour qu'ils adhèrent et renvoient le message.

Encore une fois, ce n'est que mon avis. Mais je m'insurge devant la diabolisation des formes de dramaturgie, car elles ne sont que le reflet de ce que des millions d'hommes et de femmes ont transmis à l'humanité : des textes compréhensibles, attirants, émouvants, qui nous parlent, nous invitent dans leurs pages. Savoir comment arriver à ça ne me parait pas réducteur de l'essence de l'auteur.

Et quand je lis ton QRM, j'y vois une structure très aboutie. Certains n'ont pas besoin de théoriser pour comprendre, d'autres si.

Ecrire un livre, ce n'est pas chercher à convaincre un tribunal, même si l'allégorie propose un parallèle évident que je résumerai par : tribunal = lecteur. Sauf que le lecteur cherche à plonger dans le rêve que tu lui proposes, pas à te juger. Certes, il te jugera, mais ce n'est pas son but. Ce qu'il veut, c'est voyager. Am i wrong ?
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Auteur inconnu
Je m'imisce parce que j'aime bien et de toutes façon vous avez l'habitude ;-)
Je m'imisce pour donner un avis qui m'est cher : l'écrit doit transformer le lecteur et non l'inverse.
Que l'auteur use pour cela de tous les outils théoriques dont il dispose ne me gêne pas mais quand l'inverse se pose... là ça me gêne. Le pire étant d'user de ces outils pour leur sens hors texte et non dans le texte... ils sont alors utilisés pour le lecteur et non pour l'histoire, et ce malgré les intentions de l'auteur.
Pour moi le lecteur n'interviendra dans l'écrit qu'à sa toute fin, à son ultime, surtout pas à la construction de l'histoire ni même à son contenu, encore moins à sa première correction, éventuellement à ma seconde et encore...

Pour revenir à l'exemple de ton père Joe, ce n'est peut être pas le lecteur qui fut oublié mais le sens du propos tout simplement...
Il n'est point nécessaire de lecteur pour donner à un texte un corps suffisant et cohérent.
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Joe Cornellas
Au départ, je n'ai pas parlé de lecteur. Ce n'était pas mon objet quand je parlais de "théoriser". J'y viens uniquement parce que la problématique de la "lecture" est liée à lui ;-) La structure permet de construire le récit. Expo le dit lui-même dans son message à Médrys. Je me suis permis de rebondir parce que j'y vois un changement dans son approche. Mais à peine ai-je mis le doigt dans l'embrasure qu'il referme la porte en manquant de me l'écraser (le doigt, hein ;-)).
Non, en effet, on n'a pas besoin du lecteur pour construire son récit. Juste de savoir que tout ce qu'on fait est possible parce qu'il a existé et existe encore des millions de lecteurs. Nous ne sommes pas des pionniers, même si en s'interdisant de regarder comment font les autres on peut le penser. Nous évoluons sur un média très codifié. Encore une fois, connaître les codes et (savoir/vouloir/pouvoir) les appliquer sont deux choses différentes.
"l'écrit doit transformer le lecteur et non l'inverse", pour moi l'écriture c'est un échange. Il y a interaction. Bien sûr que le lecteur va avoir une influence sur l'écrit. Par tout ce que les lecteurs ont apporté à l'écrit, on ne peut nier ni leur contribution ni leur existence.
Le point sur lequel il peut y avoir débat, mais qui relève du choix de chaque auteur, c'est bien "pourquoi" ou "pour qui" on écrit. Mais en se privant des qualités minimales requises pour produire un bon texte, on réduit le champ des possibles. On limite sa réponse à une moindre envergure. Si j'écris comme un pied, c'est sûr, je n'écrirai que pour moi... :-P

Pour être plus clair, j'emploie le mot "lecteur" pour désigner le sens de ce que j'écris. Si j'oublie mon lecteur, c'est comme si j'oubliais que j'écris pour d'autres autant que pour moi. Et comme je l'ai déjà dit, si je n'écrivais que pour moi, je ne me ferais pas chier, je me contenterais de rêver éveillé (ou pas), en tout cas je ne m'emmerderais pas avec tout ce fatras compliqué que sont la langue, la narration et tout le bazar ! ;-)

PS : merci Expo pour ta remarque que je n'ai pas relevée et qui me touche beaucoup. Je dois t'avouer que si mes scribouillages m'ont aussi apporté quelque chose, ce sont des rencontres. Mais pas que des écrivants, des peignants aussi :-)
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Expos-ito
No you are not wrong, but strong. Je n'aime pas t'avoir chagriné mais j'aime ce qu'il en sort.
Oui, c'est très pertinent.
Je crois que j'ai écrit comme ton père l'a fait, plus en ma nature qu'à l'écoute d'un public.
En hédoniste ton père s'est mis à table avant que lassé du banquet, lui vienne d'en nuit un rêve. Et là encore il aurait goûté les relais étapes plus que le voyage où la destination, tel en sa nature.
Si mon texte te parait structuré, c'est probablement que je le suis un peu, car il est une graine plantée à la première phrase, qui grandit selon mon ADN.
Je ne voulais pas t'insulter, je crois en ton integrité, je sais que tu n'es pas de ces faiseurs cyniques.
Mais reconnait que choisir un genre c'est choisir un public, obéir à ses codes c'est le retenir, doser l'invention c'est se conformer à son goût. Il n'y a pas de diable en cela car il n'y a pas de mal à vouloir être lu. Mais cela c'est le Publier plus que l'Ecrire.
Ton père a écrit ce qu'il lui fallait ecrire, il a vidé sa plume de son excès, il a eu tort de publier.
Moi aussi je vide ma plume, le QRM n'est peut-être qu'un buvard.
Tu as raison pour le Publier, mais je crois encore en mon Ecrire.
Ce qui est attention à son murmure plus que souci de l'autre, ce qui est jaillissement plus que flacon.
Car le Publier suppose, tu as raison, de se choisir un conditionnement, et demande le travail du tamis par la lecture de quelque uns.
Moi je défends l'Ecrire car on écrit peu et publie trop.
Et qu'il est indispensable au Publier pour lui fournir sa matière, sans lui le Publier n'est que republication.
Je crois aussi que tu te trompes quand tu sépares la structure du style, pour que ça tienne, vive, il faut que l'un soit l'autre. La structure style comme le style structure, les séparer c'est dysharmoniser. L'eau n'est pas fait de cristaux, le cristal ne se compose pas de gouttes.
J'aime aussi ta réponse, car un oncle conteur, une mère prof de latin et grec, un père bon vivant plein de faconde me dit de quoi tu es composé.
Tu écris mieux depuis que tu t'autorises davantage l'émotion même si ensuite tu peignes cette broussaille. Tu ecris bien.
J'espère que tu publieras car tu le mérites, moi j'espère écrire.
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Joe Cornellas
Sauf que toi tu écris déjà. Peut être manques-tu de lecteurs pour te le dire, même si K en vaut mille.
Je reconnais bien ton point de vue dans ta réponse. J'ai juste un étrange sentiment d'exigence exagérée dans ta ligne directrice. Quelque chose qui pourrait t'empêcher de reconnaître la qualité de ton travail et donc t'en interdire la conclusion. Mais je me trompe peut être.
Moi j'aimerais connaître la fin de ton histoire, la lire. Et voir ce que tu nous offriras ensuite, quel genre de cadeau le père Noël nous apportera :-)
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Expos-ito
Occupé à répondre, je n'ai pas vu les vôtres Auteur inconnu et Joe Cornellas. Conversation décalée. Je vais me risquer à te contredire K, courage nocturne.
L'écrit n'a pas vocation à transformer le lecteur mais en premier l'écrivant.
C'est cet Ecrire pour qui je plaide. Ensuite c'est dans la forme de sa publication, que l'on choisit le défi de transformer son lecteur ou la souplesse de s'y soumettre.
Joe, je m'excuse pour ton doigt, je ne voulais pas me fermer dessus, mais si j'avais répondu "technique" à Médrys c'est parce que je sais que répondre encore par l'existence dans ses mots, le vivre son histoire, l'aurait perdu comme j'ai perdu les autres. Alors j'ai causé forme et composition, probable que je l'ai perdu quant même.
Mais je crois toujours que la forme vient biologiquement quand on se coule dans son texte, et qu'il se structure de nous comme un lierre pour peu qu'on s'y abandonne. Ecrire comme danser avec un corps d'images. On le sculpte alors en aveugle, de paume à ce corps, alors que celui qui s'éloigne fera des croquis préparatoires. Avoir besoin du catalogue de l'écriveur signifie pour moi que l'on a perdu le contact avec le récit, quand le métier est nécessaire c'est que le songe s'est enfui. Le rêve nous est donné avec sa forme, on ne construit que sa cage, on ne l'encage que par impuissance à le suivre. Le contrôle n'est pas la bonne réponse à l'impuissance, il faut voler avec l'oiseau, souffle plus que poigne. Hum...j'ai l'impression de dire n'importe quoi, me coucher peut-être. Un mot encore, si ma vie s'y prête ( durée et paix), je finirais le premier étage du QRM. Apres on verra. Je ne crois pas être un écrivain. J'apprends à vivre.
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Auteur inconnu
Ça te va bien expo de me contredire ;-)
D'abord merci Joe pour le compliment, je ne sais pas si je vaut 1000 lecteurs tant j'ai perdu des auteurs sans pouvoir vraiment leur donner un sens... L'envie alors de hausser les épaules et de tourner la page, ou plutôt fermer les yeux tout en me demandant si au final j'ai pas eu tort d'intervenir... Autre débat.

Sinon oui je pense qu'il est bien de maîtriser la structure, toutes les formes qui existent déjà et que l'on reprend au fil des siècles en criant au génie car on connaît bien mal notre histoire de la littérature... Mais si on s'y penchait sur cette histoire avec un peu plus d'intérêt on se rendrait compte que chaque forme s'inscrit aussi dans son époque, le besoin d'une époque et qu'est ce qu'un auteur sinon un être humain qui vit son temps et son lieu et pose son regard dessus ? Il apparaît logique qu'à des époques analogues, on reprennent des formes analogues qui nous parleront. Ça c'est si on veux théoriser. Pas sûre que dans les faits il y est réellement conscience tant on pense digérer et transformer ce qu'on reçoit. (Je crois qu'il y a un débat sur l'originalité un peu plus loin sur scribay. ) seulement voilà, on va lire et écrire, nous sommes lecteurs avant d'être auteurs et nous sommes touchés par certains textes même anciens plus que par d'autres... En creusant on verrait comment cela s'inscrit dans les époques et le sens de ceci.

Alors oui, je rejoins expo sur style et forme, structure et sens, fond/forme en couple indissociable. Sans doute parce que personnellement je me pose en quête de sens/signification/direction car je vis dans un monde qui pour moi manque de repères et me perds complètement... un monde en transition que je sens s'ecrouler car je ne conçoit pas que ça puisse tenir et je me demande ce que je vais trouver après... ce genre de période ce retrouve tout au long de notre histoire et je retrouve des formes similaires aux miennes, j'arrive à voir mes influences, les mêmes dont je n'avais pas forcément conscience... donc il est bon de connaître la théorie comme ce n'est pas forcément nécessaire si on colle au sens, expo en est la preuve, découvrant la théorie à force d'écrire mais écrivant de facto pourtant et pour le coup de sa manière que l'on connaît.
Pour le côté buvard du QRM, expo fini ton histoire et après tu m'as promis de me la donner ;-) alors je saurais te la rendre tu le sais bien ;-)

Pour l'écrit qui transforme l'écrivant avant le lecteur... En fait je suis plus que d'accord, souvient toi qui est mon premier lecteur, à quel lecteur s'adresse mes textes : moi. J'ai cette envie de transformation par l'écrit et si la transformation est pour ma lecture ben elle sera aux suivants autres que moi, du moins je l'espère c'est pas forcément gagné !

Mais je crois que penser la forme pour transformer le lecteur au lieu de la penser dans le fond de l'histoire revient à remplir des cases toutes faites et l'histoire alors s'articule en creux, pas en cohérence. On peut faire un catalogue de toutes les technique qui existent, lister celles qu'on choisit et les mettre un coup par ci un coup par là, ça ne donnera pas un texte lisible ou bon, ce sera un joli exercice de style mais pas de sens sinon l'intention de l'auteur vers le lecteur, pas vers son histoire... là ça me gêne. C'est la théorie qui ne sert pas, ou du moins mal utilisée.

Je ne sais pas si je suis cohérente, j'écris sur mon téléphone, du mal à visualiser mon commentaire dans son ensemble et me voici au milieu des bois dans un déroulement de pelote de pensée plus qu'en construction... qu'importe vous avez là aussi l'habitude ;-)
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Auteur inconnu
Après je te rejoins parfaitement Joe sur le fait de partager, si on écrit et surtout si l'on publie il y a un mouvement vers l'autre, même si je suis convaincu qu'un seul lecteur suffit.
Je suis d'ailleurs sur le même constat qu'expo, on publie trop, avant même d'avoir écrit... il faut d'abord écrire et pour cela il n'est pas question de lecteur je pense, pas encore. La publication doit venir bien plus tard mais les gens sont trop pressés.
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Joe Cornellas
Je suis aussi sur mobile, pas très pratique.

Comme d'habitude des avis en forme de regard sur le monde, chacun avec sa sensibilité.

Sur la question de l'opposition Écrire / Publier, pour moi les deux sont liés. Mais ça correspond à ma perception de l'écriture. Écrire sans être lu, c'est un peu comme parler seul au téléphone, faire un one man show devant une salle vide, ou encore projeter un film juste pour le projectionniste.

Si l'acte d'écrire se rapproche de la transcription du rêve, il y a quand même un travail à fournir sur cette matière brute. Comme un joyau tout juste extrait de sa roche. Sans un minimum de connaissances, sans outils adaptés, on reste proche de l'état naturel, minéral. Après, c'est affaire de goût. Moi j'aime les pierres très polies :-D
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Auteur inconnu
Écrire sans publier revient au journal intime, je suis d'accord avec toi. Ces petits carnets qui sont fermés d'un cadenas argentés et dont on cache la clé. Il n'a d'intérêt que lors de sa rédaction et pour son rédacteur.
En revanche il y a une continuité dans l'écrit qui est sa publication. Cela ne veut pas dire qu'il ne doit pas y avoir de travail, au contraire, tu sais comme je défends cela et te rejoins sur cela, sur le travail à fournir, pas forcément sur la façon dont le travail se fait cela dit, du moins pas toujours.
Mais aller vers la publication ou y tendre, quelle qu'elle soit nécessite un acte, un vouloir fort, qui traversera la difficulté des obstacles... perdre de vue ces difficultés par les facilitation que propose les plate-formes me gêne un peu, on en tombe trop simplement dans l'attitude, le paraître et le plaire. Il faut trouver je pense l'équilibre entre le plaire au lecteur et l'accès au lecteur ce qui n'est pas tout a fait la meme chose et cet équilibre se trouve je pense dans le respect de l'histoire.
C'est la différence au début que j'appréciais entre scribay et WP. Pour moi WP était une plate-forme de publication et scribay d'écriture même si les tendances vont vers une similitude des deux ce que je déplore, mais là encore c'est une question d'utilisation. Lier les deux en même mouvement me semble une erreur, la volonté de publication et donc de lecture doit s'inscrire après la volonté d'écriture, pas en concordance mais en prolongement.
Bref tu connais ma position là dessus et même si je remets en cause cette position, si j'en doute aussi par moment, je n'arrive pas à en changer tant je l'éprouve ainsi... Me reste à en prouver le bien fondé au delà, d'en faire l'épreuve jusqu'au bout, l'expérience jusqu'au bout pour acquérir la certitude de son bien fondé ou au contraire avant de rejeter ces convictions...
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Joe Cornellas
Expo est beaucoup plus ancré dans ses convictions que toi, mais il a une expérience du monde que nous n'avons sans doute pas. Quoi qu'il en soit, ce faux-modeste a plus de 200 like sur son texte :-D Et j'ai regardé vite fait les commentaires (nombre d'entre eux très élogieux, à m'en faire pâlir de jalousie), c'est pas de la gnognote ;-)
Sur ce, je vais cesser de digresser sur le sujet de Médrys et me contenter de vous avouer que ça m'a fait plaisir de vous retrouver, bien affûtés et toujours aussi précieux dans vos interprétations du monde :-)
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Auteur inconnu
Moi aussi ça m'a fait plaisir Joe :-) la dernière fois que nous nous sommes croisés à Pâques, ce fut sur tes géants, moi, ivre au point d'être ronde comme une queue de pelle à te pondre quelques lignes pour réécrire un passage d'une de tes scènes... finalement un an après nous nous retrouvons sur une problématique de réécriture ;-)
Medrys si tu nous lis encore, essaye l'alcool, il m'est arrivé d'avoir de bonnes idées apres une bonne bouteille ! Mais avec un conseil pareil, le foie ne survit pas au succès ;-)
A bientôt !
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