Inscrivez-vous sur Scribay...

...et retrouvez une communauté soudée par l'amour de l'écriture, le partage et l’entraide entre auteurs.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
Image de profil de pascalL

le manichéisme dans la Fantasy

par pascalL  il y a 5 ans
Bien souvent, la Fantasy met en scène la confrontation du bien et du mal.
Une première réponse à ce cliché sera l'anti héros, un personnage 'méchant' qui tourne 'bien'...

Une seconde réponse sera la définition stricte de l'ordre et de l'anarchie (autre que d'un chaos désorganisé). Dès lors, l'anarchie/Chaos mérite un traitement plus subtile que de vague barbare avide de sang et de tuerie.

Estimez-vous intéressant de traiter le coté 'sombre' de la Fantasy (la Dark Fantasy) comme on le fait souvent de la High Fantasy (ou la Low fantasy)?
Image de profil de Gobbolino
Gobbolino
A travers vos postes, on tombe sur un consensus très intéressant :
1) Tout le monde est d'accord que le manichéisme ne mène franchement pas loin. Les gentils d'un côté VS les méchants qui sont méchants parce qu'ils sont méchants (Ils sont nés ou renés comme cela), bof bof bof.
2)Les éléments qui permettent de nuancer cet état de fait trop tranchés relèvent de la caractérisation des personnages, notamment en créant des personnages avec une éthique qu'ils appliquent envers et contre tout, ce qui les fait passer d"un côté ou de l'autre de l'échiquier moral du lecteur en fonction des circonstances. Il y a plusieurs exemples dans Game of Throne (Jaimie et Cersei Lannister, par exemple, font un tas de choses horrible pour défendre leurs enfants parce qu'ils ont décidé que ceux-ci sont leur priorité), et il me semble que dans Conan le Barbare, le "méchant" sorcier, justement, essaie avant tout de maintenir ce qu'il considère être l'ordre (je ne l'ai pas vu depuis longtemps, corrigez-moi si je me trompe.

J'aimerais ajouter à cela qu'un élément qui aide également à nuancer les personnages est leurs peurs. Pour reprendre les termes d'une de mes professeures de littérature de l'époque "Si vous voulez un héros tragique, prenez Dark Vador" (bon, OK on est plus dans la fantasy, mais je pense que l'exemple se tient). Il n'est pas mauvais à la base, mais se laisse consumer par sa peur et sa colère, et finit par se transformer en la force de destruction qu'il s'était d'abord engagé à combattre.

Je pense que la question tourne aussi autour de ce qu'on veut représenter à travers nos histoires. Bien sûr, la fantasy est un genre où on peut explorer des mondes fantastiques, mais c'est aussi, comme la littérature en générale, une façon de dépeindre le monde. [Point niaiserie atteint, désolée]. Si l'on veut décrire des personnages réalistes auxquels le lecteur peut s'identifier, on ne peut pas offrir des personnages tous noirs ou tous blancs. Je me souviens avoir un jour essayé de lire un livre de L. Ron Hubbart (j'ai tenu jusqu'à la moitié, pour l'honneur), où le narrateur était un méchant franchement bête, veule, égoïste, et en plus petit et moche (histoire d'être dans la subtilité), et il racontait avec une mauvaise foi grosse comme un éléphant ce qui arrivait au héros, qui lui était, bien évidemment grand, beau, intelligent, généreux, courageux, j'en passe et des meilleures.
(Bon, après Hubbart a créé la scientologie, et autant j'essaie de dissocier les œuvres de leurs créateurs, autant je pense que ce monsieur a des une vision de la vie un peu moisie).
Image de profil de Alexis Ids
Alexis Ids
Dans le roman la Première Loi d'Abercrombie, on suit différents personnages, dont l'un est un ancien soldat d'élite qui s'est fait torturé pendant des années ses ennemis et qui est devenu lui-même responsable de la torture quand il est revenu au pays. Je trouve que ce genre de personnage est super intéressant à suivre, parce que plein de saveurs, de nuances et surtout tangible.
Image de profil de Guillaume Sauvage
Guillaume Sauvage
A bien des titres, *Star Wars* c'est de la fantasy. Tous les codes y sont.

Et, Honneur à toi pour avoir tenu la moitié du livre de Hubbard. Tu as du courage.
Image de profil de Gobbolino
Gobbolino
Ouh, il faudra que j'essaie ce bouqui,, c'est tout à fait le genre de littérature qui me parle, en général, avec tellement de nuances de gris pou enfoncer E.L.James (désolée, blague facile). Décidément, tu me donnes des projets de lecture aujourd'hui :D

@GuillaumeSauvage Je n'aime pas critiquer sans avoir lu. Alors je me suis dis qu'il fallait au moins que j'arrive à la moitié. Mais ce fut laborieux.
Image de profil de Joe Cornellas
Joe Cornellas
Je confirme. Hubbard c'est l'Amérique dans ce qu'elle fait de plus laid. J'en ai lu un parce qu'on m'avait offert sa trilogie.
Image de profil de Guillaume Sauvage
Guillaume Sauvage
Un des classiques du genre Fantasy, Conan le Barbare (une minute de silence recueilli je vous prie), sur une dizaine de nouvelles, propose un conflit plus intéressant que le bien vs le mal : la civilisation contre la barbarie.

Le cliché souvent associé du "méchant" sorcier (repris tel quel par de méchants imitateurs mais aussi par Howard qui devait aussi se plier au code du genre) est en fait un homme "civilisé". Sa force est son érudition, sa faiblesse réside dans sa décadence.

L'autre protagoniste (Conan en général) a les qualités du barbare : il est pragmatique (et non pas stupide) et entier. Les contreparties sont sa méfiance et son incompréhension face à tout art civilisé (la politique la magie la diplomatie...) et son impulsivité (notamment pour les conquêtes féminines).

La fresque que voulait peindre RE Howard était la décadence et la chute d'une civilisation et son remplacement. La culture pulp en a fait un manichéisme délicieusement kitsch de "méchant sorcier" vs "gentil guerrier".

En fait le manichéisme en fantasy est selon moi surtout le fait de mauvais auteurs...

Tolkien est plus fin que cela. Sauron (qui est une transposition de Loki, dieu nordique du feu) est avant tout un manipulateur et un séducteur, le combat des héros se fait avant tout contre eux-mêmes : en témoigne l'histoire des porteurs de l'anneau.
Image de profil de Vendarion d'Orépée
Vendarion d'Orépée
Pourquoi uniquement dans la fantasy ?
C'est vrai que le SdA (pour citer l'exemple le plus flagrant) est plutôt manichéen: il y a Sauron et ses sbires d'un côté, les "peuples libres" de l'autre, et même si certains personnages de peuples libres sont en "zone grise" (Boromir et Théoden qui se laissent corrompre l'un par l'anneau et l'autre par sa propre ambition), il s'agit plus d'exception qui confirment la règle. D'ailleurs, il n'y a aucune rédemption possible chez les alliés de Sauron.
Mais il y a des exemples de Fantasy-SF ou la frontière entre bien et mal est beaucoup plus floue. Dans le cycle "Les Portes de la Mort" de Weiss et Hickman, le thème principal est une confrontation entre deux puissants groupes de sorciers et on a bien du mal à identifier "les bons" des "mauvais". Le premier "héros" dont on fait la connaissance est d'ailleurs un assassin chargé de tuer un enfant de dix ans.
Image de profil de Alexis Ids
Alexis Ids
Pour Tolkien, je dirais que c'est différent, puisqu'il reprend les codes de la mythologie (à la base, il voulait écrire une cosmogonie complète de notre monde, il me semble). Dans son prologue, il parle d'ailleurs des Hobbits au temps présent.
Du coup, tu as la notion de Destin qui est omniprésente, dans le Seigneur des Anneaux : Melkor/Morgoth est un "ange déchu", une sorte de Lucifer qui a été corrompu et qui corrompt à son tour Sauron, qui corrompt lui aussi Saroumane, des hommes, des elfes, etc. À partir de là, le déroulement est clair : ils représentent tous une version de l'Ombre que seule la Lumière pourra détruire, lors de cette bataille finale qu'est la Trilogie de l'Anneau. Au final, l'intrigue est un peu un prétexte pour amener la fin du Troisième Âge et le début d'un nouvel Âge.
Image de profil de Héloïse Mrchl
Héloïse Mrchl
« Le Trône de fer », excellente référence en matière de Dark Fantasy. Difficile à lire car complexe, et le nombre de personnages est exorbitant, mais sans aucun doute un chef-d'oeuvre du genre.

J'affectionne beaucoup la Dark Fantasy car, bien que pessimiste, elle retranscrit de façon plus réelle la complexité de l'être humain. Ce que j'apprécie moyennement dans la notion de manichéisme est le fait que l'on oppose le bien et le mal, mais mis à part Superman et Captain America, qui se bat uniquement pour le bien ? Les êtres humains sont plus complexes, certains aspirent à certaines choses qui ne leur sont pas nécessairement accessibles. Le soldat qui se livre au combat au service du bien ne se retrouve pas nécessairement sur le champ de bataille par choix. Le soit-disant héros peut agir par simple égoïsme, ou suivre un but qui lui est propre et qui, presque miraculeusement, se trouve au service du « bien ».

Mais qu'est-ce que le bien ? Il s'agit là d'une notion toute subjective. Si l'on considère, d'un commun accord, Hitler comme un monstre, lui-même ne se voyait peut-être pas ainsi. Pour lui, ses actes devaient peut-être relever du nécessaire au service du bien. En ce sens, je trouve le manichéisme relativement limité de par son opposition du bien et du mal. La réalité est beaucoup plus complexe que cette simple opposition, et de même le sont les êtres humains.
Image de profil de pascalL
pascalL
C'est vrai que 'le trône de fer' couvre une histoire à multiple facette. Mais le cycle de Dune est lui aussi assez touffu dans son nombre de protagoniste.
Image de profil de Héloïse Mrchl
Héloïse Mrchl
Oui, j'en ai beaucoup entendu parler mais ne m'y suis pas encore essayée. Le fait est que j'ai un peu de mal à lire de la science-fiction, je n'arrive jamais à entrer réellement dans l'histoire. J'ai tenté de lire Isaac Asimov mais je me suis vite ennuyée. Comment trouvez-vous le Cycle de Dune ?
Image de profil de pascalL
pascalL
Salut,
le cycle de Dune mérite vraiment une lecture attentive. Sur les 6 livres, les 3 premiers sont incontournables, les 3 derniers sont un peu ... long :)
Image de profil de Héloïse Mrchl
Héloïse Mrchl
D'accord, merci beaucoup pour cette information, j'ajoute donc cette série à ma liste de lecture :)
Image de profil de Joe Cornellas
Joe Cornellas
Moi j'ai eu du mal avec Dune. C'est le côté pleurnichard du héros surpuissant qui m'a insupporté (à la longue). J'ai lâché au bout de quatre tomes (belle résistance hein ;-))
Mais c'est un point de vue très personnel !
Image de profil de Héloïse Mrchl
Héloïse Mrchl
Quatre tomes, c'est déjà pas mal ^^ Je pense lire le premier livre, pour me donner une idée de la manière dont le roman est écrit, des personnages, de l'intrigue etc., et si vraiment le livre ne m'intéresse pas plus que ça (avec un héros pleurnichard surpuissant, ça risque d'être le cas), je m'arrêterais là. Je le lirai par simple curiosité :)
Image de profil de Guillaume Sauvage
Guillaume Sauvage
Les héros de Dune ne sont pas pleurnichards. Seul le tome "l'empereur-dieu" verse dans l'excès d'introspection et de philosophie. "Les héritiers" et "la maison des mères" sont à la hauteur des premiers tomes, qui ont un vrai souffle épique selon moi. ça complote ! ça torture ! ça assassine ! ça trahit ! ça castagne ! et il y a en pointillé une réflexion sur le mysticisme guerrier et les limites du pouvoir ! sur l'immortalité et l'apothéose !

Mince c'est un des mes livres préférés.
Image de profil de Joe Cornellas
Joe Cornellas
C'est le livre préféré de beaucoup de gens, c'est une référence incontournable, indéniablement. C'est vrai que le côté pleurnichard est plus flagrant à partir du tome 4, mais je garde le sentiment de héros bridés, d'un univers sombre et oppressant, loin de ce qui m'attire en littérature.
Image de profil de Eric Kobran
Eric Kobran
La Compagnie Noire est un exemple de Dark Fantasy. Tout est un peu crade, méchant, pas grand chose à sauver. Une sorte de Sergio Leone avec des magiciens bien pervers et de la chair à canon.

Dans un autre genre, Le Trône de Fer casse très bien le côté manichéen. Chaque personnage a simplement un axe de pensée et un objectif, et il s'y tient. Parfois, ça le fait apparaître "bon", et parfois "méchant". Tout dépend de la situation. En cela, ce roman est très réussi.

Personnellement, j'essaye d'éviter l'identification trop évidente du "blanc" et du "noir" dans mes écrits. J'aime quand tout est gris. Mais pour un roman, pour avoir un minimum d'identification de la part du lecteur, on ne peut pas se permettre d'avoir un héros complètement indéfendable. C'est un peu le syndrome Dexter : c'est un monstre pervers et dangereux, à qui on ne confierait même pas sa belle-mère, mais il tue des méchants, donc il est gentil.
Image de profil de Mickaël Glenn
Mickaël Glenn
Pour ma part, je pense qu'il faut établir sa propre morale, (laquelle étant toujours subjective et personnelle). Par exemple je déteste le cliché qui fait du méchant un être lascif, je préfère un méchant ascète, genre religieux fanatique obsédé par la pureté (par exemple Frollo dans Notre Dame de Paris). Une fois qu'on a sa propre morale, on peut établir le bien et le mal. Étant areligieux, je base ma morale sur la seule logique : tout ce qui fait du bien aux autres est bien, tout ce qui fait du mal est mal. Je base donc ma morale sur notre sensibilité à la souffrance.
Je pense qu'on n'échappe pas à une certaine morale puisque le héros du livre doit intéresser lecteur et il doit donc lui être sympathique. Après, on peut rendre sympathique un truand comme dans les films de Leone. Si on inverse le concept de base comme dans la Dark Fantasy ou les histoires de vampires ou de démons, il faut bien établir une morale spécifique pour que l'on s'attache au héros. Par exemple c'est le cas d'Elric de Melniboné, le gars fait des choses plutôt haïssables (il s'attaque à son propre peuple, met à sac sa propre capitale, tue sa fiancée...) pourtant on s'attache au héros car il a une âme complexe.
Image de profil de pascalL
pascalL
Pourquoi parles-tu de morale?
Alors que le conflictualité est essentiellement d'ordre des dominations. La morale tient peu de place face au pouvoir.
Chacun fait ce qu'il est bon pour lui, selon ses critères propres (qui ne sont pas moins légitime que d'autres)
Image de profil de Joe Cornellas
Joe Cornellas
Moi c'est l'emploi du terme "anarchie" et sa juxtaposition avec le terme "chaos" qui me gêne ;-) J'ai corrigé une auteure l'autre jour dans un de ses textes qui employait le terme "anarchistes" pour décrire des adeptes du chaos. C'est tout l'inverse de l'anarchie, contrairement à ce qu'on peut en penser. L'anarchie est une forme d'ordre basée sur le respect de la liberté. Rien à voir avec le chaos. Et je ne parle pas du chaos de Donjons & Dragons là ;-) Je vous renvoie à la définition de l'anarchie dans wikipédia pour en savoir un peu plus !
Extraits :
"[...] désigne l'état d'un milieu social sans gouvernement, la situation d’une société où il n’existe pas de chef, pas d’autorité unique, autrement dit où chaque sujet ne peut prétendre à un pouvoir sur l’autre. Il peut exister une organisation, un pouvoir politique ou même plusieurs, mais pas de domination unique ayant un caractère coercitif"
"Pour les anarchistes, l’anarchie est l’ordre social absolu grâce notamment au collectivisme anti-capitaliste qui contrairement à l’idée de possessions privées capitalisées, suggère l’idée de possessions individuelles ne garantissant quant à elles aucun droit de propriété concernant l’accumulation de biens non utilisés, et au travers d’une liberté politique organisée autour du mandatement impératif, de l’autogestion, du fédéralisme et de la démocratie directe".

Comme nous vivons dans un système dominé par une pensée radicalement inverse, l'anarchie est diabolisée et son principe volontairement grimé par un filtre très subjectif ;-)

"Cette proximité avec le champ lexical du désordre tient, dans les discours politiques dominants, d'une nécessité positive du principe fondamental d’autorité : dans ce sens anarchie sert à désigner une situation de désordre, de désorganisation, de chaos, sur la base de l’hypothèse implicite que l’ordre nécessiterait une hiérarchie"

"Le mot correct pour une situation de désordre social, sans lois, sans règles, où les différends se régleraient par la seule violence physique (armée ou non), est l’anomie"

"Bien souvent, le terme « anarchie » est utilisé pour décrire le chaos, les guerres civiles et les situations de désordre social.

"Les anarchistes rejettent en général cette conception courante de l'anarchie utilisée par les médias et les pouvoirs politiques interprété comme l’absence d’ordre, de règles et de structures organisées, bref : le chaos de l’anomie sociale. Pour eux, l'ordre naît de la liberté, tandis que les pouvoirs engendrent le désordre"

"L’anarchie aux yeux des anarchistes n’est pas un chaos, mais la situation harmonieuse résultant de l’abolition de l’État et de toutes les formes de l’exploitation de l’humain par l’humain, « c'est l'ordre sans le pouvoir », « la plus haute expression de l'ordre » (Élisée Reclus). Fondée sur l’égalité entre les individus, l’association libre, bien souvent la fédération et l’autogestion, voire pour certains le collectivisme, l’anarchie est donc organisée, structurée, sans admettre pour autant, aux yeux des anarchistes anticapitalistes, de principe de supériorité quelconque de l'organisation sur l'individu."

Et je referme ma parenthèse ici ;-)

Pour ce qui est du manichéisme : le fait d'opposer deux forces antagonistes, l'une étant présentée comme le bien, l'autre comme le mal, est plus ou moins présent dans tous les genres épiques. Cela dépend des auteurs. L'exemple qui me vient en tête est évidemment le Trône de fer, où on voit s'affronter des intérêts là où la fantasy nous avait habitué à pouvoir cerner clairement les bons et les méchants. Le fait de brouiller les cartes au début n'empêchera pas Martin de tomber dans l'opposition bons/méchants après quelques tomes ;-) Les valeurs morales sont juste plus subtiles que dans le Seigneur des anneaux.

La question est donc : pourquoi identifier clairement les gentils et les méchants tout de suite ? plus tard ? Transformer un méchant en gentil ? Un gentil en méchant ?
Cela doit avoir du sens par rapport au propos de l'histoire.

L'anti-héros a, quant à lui, des caractéristiques qui peuvent en faire un loser ou un marginal : quelqu'un qui n'entre pas dans les critères traditionnels de l'héroïsme ;-) Mais on peut aussi tomber dans le cliché en partant d'un personnage de type anti-héros, selon moi !
Image de profil de Auteur inconnu
Auteur inconnu
Merci Joe !! toi aussi t'es un vrai pote ! joli rappel de la définition de l'anarchie ;-)
J'irais plus loin dans le manichéisme qui n'est pas réservé à la fantasy bien au contraire... mais à la littérature en général, je crois qu'un défi serait de mettre en place ce manichéisme bien pensant et de le démonter comme une incapacité à juger les actions de chacun... Qui sommes nous pour juger de cela justement... Beaucoup d'oeuvres dans la littérature se détache de cela, même dans le théâtre où la morale parfois destructrice est jugée néfaste (je pense à Electre qui a peut-être raison mais fout une telle merde qui entrainera tant de morts que raison ou tort on s'en fout un peu au final !! ) La fantasy a du mal à sortir de ce cliché, comme si les auteurs et les lecteurs aussi était incapable de grandir, car c'est très enfantin... là encore je me répète mais cette littérature serait un sous genre tant que les auteurs la traiteront comme tel !! Martin s'y essaye effectivement en apportant une autre maturité, en nous plongeant plus dans une lutte de survie que dans une rigueur morale, d'ailleurs le moralisateur en chef ne tient pas deux tomes... il passe ainsi un message fort : la morale c'est bien beau mais le blanc comme neige ça n'existe pas ! même les symboles du bien qu'il met en avant face au mal (marcheurs blanc contre daenerys) ben il les traite en nuances, daenerys c'est tout de même pas la vierge Marie ! Mais je t'accorde qu'il y tombe un peu dans la lutte bien/mal... cela dit quand un auteur à les couilles de grandir un peu ça donne le succès qu'on lui connaît, donc les lecteurs ont évolués eux... aux écrivains de faire le reste...
Image de profil de J.Eyme
J.Eyme
Je vous rejoins parfaitement et je pense qu'explorer l'autre coté du miroir est nécessaire pour ouvrir son esprit.
Quel est le point de vue de nos ennemis ? quel est le point de vue des êtres que nous considérons comme féroces, sans foie ni loi, étranges et bizarre qui peuplent les mondes ?

Deux exemples me viennent à l'esprit :
La trilogie "Orcs" de Stan Nicholls
"Cycle de la Compagnie noire" : Glen Cook, qui fait du sombre et du dark sans manichéisme justement

Et si on y pense, ceux qui nous jugeons comme faisant partie du mal, ont eux aussi une vision du bien... à méditer
Image de profil de Auteur inconnu
Auteur inconnu
"la compagnie noire " excellent exemple de contre pied et là aussi un grand moment de littérature !!! Je l'avais oublié celui-ci (comment ? ça me dépasse !)
Image de profil de Joe Cornellas
Joe Cornellas
C'est bête, mais j'ai pas accroché à la Compagnie noire :-/ Je pense que le récit à la première personne y était pour beaucoup, le côté décousu du scénario du premier volume aussi sans doute...

Mais je vous rejoins entièrement sur l'idée d'explorer les nuances et ambiguïtés des concepts moraux, de varier les points de vue pour déstabiliser le lecteur et le pousser à s'interroger. C'est d'ailleurs en SF et en fantasy que ces explorations sont les plus faciles à mettre en œuvre du fait de la variété des cultures qui se côtoient généralement !
Je me sens obligé de renvoyer à nouveau vers Vance, dont l'œuvre joue souvent sur les différences de points de vue. Le cycle de Tschaï est un chef d'œuvre en la matière : les trois héros ont tous des conceptions du monde différentes et malgré cela ils affrontent maints périls ensemble et sont régulièrement confrontés à des situations qui remettent en cause leurs visions du monde (et c'est traité avec beaucoup de second degré).
Image de profil de Auteur inconnu
Auteur inconnu
ça m'étonnait aussi que la référence à Vance vienne pas plus tôt dans la discussion... tu te ramollis mon Joe ;-p
Et moi je perds pas vraiment mon côté merdeuse à ce que tu peux voir !!

Je rebondis sur une phrase que tu dis : "C'est d'ailleurs en SF et en fantasy que ces explorations sont les plus faciles à mettre en œuvre du fait de la variété des cultures qui se côtoient généralement !" Tellement vrai !! à ce demander pourquoi les auteurs ne l'exploitent pas plus, c'est un non sens pour moi et pourtant ça va dans le sens de ce que j'arrête pas de dire, si la SFF est un sous genre qui s’essouffle, la faute aux auteurs qui la sous-utilise ! Il y a une infinité de traitement de ce genre et on a l'impression que cela se limite en guerre bien versus mal !! Certains fonctionne comme Eddins parce que c'est bien mené et les personnages sont attachant mais franchement y'a rien de plus cliché que la Belgariade justement et rien de moins original ! tout Tolkien y est... de l'antihéros à l'artefact, du magicien mentor aux races (dissimulés dans des personnages tout autant caricaturaux qu'elfes éthérés et nains belliqueux) J'ai pris plaisir à le lire, mais il est temps de passer à autre chose, j'ai plus 15 ans !!
Et j'avoue que depuis un moment, à part le Trone de fer qui me tient depuis mes 17 ans, en découverte fortuite dans la bibliothèque municipale... ben la Fantasy ne m'excite plus des masses !! Fetjaine si un peu mais le reste, les cycles à rallonge de 20 tomes (je pense à la roue du temps qui avait pourtant un fond d'originalité avec le anti-héros classique aux pouvoirs endormi mais qui doit en se réveillant détruire le monde !! j'ai lâcher en route..) les vue, revue et archi revu.. me fait penser et là je vais être hyper méchante et caricaturale mais c'est volontaire et assumé, à des romans Harlequin : même trame, même univers stéréotypé, même débat... on dirait des fanfictions !
Bradley m'en avait sorti avec Ténébreuse, Pratchett et son absurde réussit à créer un genre à lui tout seul mais après ?? Moi qui dévorait ça plus jeune aujourd'hui ça me lasse, comme les harlequin qui vont bien à la pucelle effarouchée ou à la ménagère qui s'emmerde ! J'attend autre chose d'un livre que de la redite, j'attend qu'il me bouleverse, j'attend qu'il m'emporte, qu'il me chamboule, me heurte, j'attend un voyage en moi et en mes certitudes de bien pensante qu'on mets gentiment sur le carreaux et pas seulement un joli décor et des petits hommes qui s’égaient au milieu...
Image de profil de J.Eyme
J.Eyme
Robin Hobb avec Les aventuriers de la mer ? (((faut pas que K lise mon aventure de fantasy alors, je vais me prendre des taloches et perdre tout son désir ^^)))
Image de profil de Auteur inconnu
Auteur inconnu
Son désir !! rien que ça... c'est pas toi qui redevenait puceau chez moi justement ;-)
c'est bien parce que moi je manie l'emphase mais toi c'est plutôt l'exagération.. ;-)
et pour les taloches, je ne viens que si on m'invite, j'en déduis alors que les gens savent un peu à quoi s'en tenir... et puis je suis tout de même pas si méchante ?? si ??
en outre, je me répète mais un bâton mou fait un mauvais tuteur ^^
Image de profil de Joe Cornellas
Joe Cornellas
"franchement y'a rien de plus cliché que la Belgariade justement et rien de moins original ! tout Tolkien y est... de l'antihéros à l'artefact, du magicien mentor aux races (dissimulés dans des personnages tout autant caricaturaux qu'elfes éthérés et nains belliqueux) "

Raaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah, y'en a marre d'être toujours d'accord !!!!
Moi la Belgariade m'est tombée des mains au bout de quelques chapitres. Du sous-Tolkien mâtiné de compte-rendu de parties de JDR !

Oui, Bradley m'a bouleversé ado, je ne sais pas si ça serait toujours valable aujourd'hui, il faudrait que je relise. Le problème de Ténébreuse, c'est qu'au bout d'un moment on retrouve une méthode d'écriture qui se répète, avec des archétypes, des comportements, des situations identiques. Au bout d'un moment j'ai lâché.

J'ai bien aimé l'atmosphère des romans d'Ursula LeGuin. Elle, typiquement, elle explore les possibilités, jusqu'à créer des races hermaphrodites dont les systèmes sociaux sont d'une grande originalité.

Bon, eh oui, il FAUT LIRE VANCE :-D Rien que pour son humour ;-) Mais sur ses vieux jours, je le soupçonne d'avoir fait appel à des nègres parce que ses histoires sont devenues très plates. Donc, mes recommandations :
- Araminta (top !)
- Tschaï (m'a fait aimer la Science-fantasy, et la lecture en général ;-))
- Lyonnesse
- Emphyrio
- La vie éternelle
Ensuite, si vous appréciez, il y a typiquement tout le cycle de la Terre mourante blindé d'anti-héros, dont le célèbre Cugel l'Astucieux.
Image de profil de Auteur inconnu
Auteur inconnu
"Raaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah, y'en a marre d'être toujours d'accord !!!!"
--> et oui !! c'est pour ça que tu m'aimes bien ;-) parce que même si j'en fais des caisses tu sais que j'ai raison ^^

je t'avoue que Bradley j'ai retrouvé effectivement ce que tu dis, une trame redondante et du coup j'ai aussi lâché au bout de quelques tomes mais comme ils sont plus ou moins indépendants...

Va vraiment falloir que je lise Vance depuis le temps que tu me tanne avec ;-)
et puis Cugel l'Astucieux... mmmh ça me fait penser à Morwan le Ludique (tu te souviens ma remarque sur le Lucide ;-) ? )
Image de profil de Joe Cornellas
Joe Cornellas
Rien ne t'échappe ;-)
Image de profil de pascalL
pascalL
je rejoins Joe, Vance est un pilier de la Fantasy. Le cycle de Lyonesse laisse sans voix les amateurs de high fantasy.
L'œuvre de Vance est incontournable! et dois avoir une place centrale dans toute bibliothèque d'amateur SFFF!
Image de profil de Auteur inconnu
Auteur inconnu
y'a pas que toi qui a un oeil de Lynx ou J.Eyme qui soit un sniper, les garçons ;-)
Moi aussi j'en ai sous la pédale !! je suis peut-être même pire que vous deux réunis ^^
ça me ferait pas de mal de me lisser un peu d'ailleurs ou de m'assouplir...
Image de profil de J.Eyme
J.Eyme
Sauvage... j adore :-D
Image de profil de Auteur inconnu
Auteur inconnu
T'imagine même pas... ;-)
Image de profil de Joe Cornellas
Joe Cornellas
"L'œuvre de Vance est incontournable! et dois avoir une place centrale dans toute bibliothèque d'amateur SFFF!"

Aaaaaaah, enfin un connaisseur ! ;-D
Image de profil de Sword_of_shadow
Sword_of_shadow
L'anti héros est par définition une personne normale qui devient le personnage principale de l'histoire. Ce dont tu parles, c'est un héros négatif, même si ce terme évoque plus souvent un "gentil" qui fait des trucs de "méchant".

Je comprends pas vraiment ta question. Qu'entends-tu par "traiter le côté sombre comme de la High Fantasy" ?
0