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Débats 16 : Faut il lire beaucoup pour bien écrire ?

par Navezof  il y a 2 ans
Pour cette semaine, je propose un sujet de débat que j'ai beaucoup vu traîné, par ici, ou bien sur le net. A savoir : Faut-il lire beaucoup pour bien écrire ?

L'un des conseils qui revient le plus souvent quand il s'agit d'aider de jeune lecteur est de "lire". Tout simplement. Si la notion parait extrêmement logique, est ce que c'est une condition vraiment indispensable ? Est ce que en lisant peu, on peut espérer bien écrire ? A partir d'où commence le "beaucoup" ?

Je laisse à chacun le soin de définir sa propre définition de "bien écrire"

Question bonus 1 : Faut il écrire beaucoup pour bien lire ?
Question bonus 2 : Qu'est ce qui est le plus important à tirer d'un autre auteur ?

L'idée initial est de @Bruno Carlyle, merci à lui.


A vos plumes !
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PoupyReveuse
Déjà, j'ai envie de vous dire qu'est-ce que "bien écrire" ? C'est assez subjectif.

Il est vrai que ce conseil revient souvent et je ne pense pas qu'il soit mauvais mais simplement compris de travers par beaucoup. En effet lire est utile parce qu'il nous permet d'apprendre dezs mots que l'on pourra réutiliser dans un prochain écrit mais le plus important je pense est de comprendre ce qu'on lit. La deuxième chose importante pour moii est de ne pas se reposer entièrement sur l'écriture car tout est source à nous perfectionner en ce que nous souhaitons. Il suffit de le chercher parmi mille autres chose, c'est justa que ça prend du temps et que l'Homme ne sait pas faire preuve de patience. Et puis lire ne suffit pas pour la simple et bonne raison qu'on ne devient pas meilleur pâtissier de France dès qu'on a réussi à faire un roulé. Ce que je veux dire par là, c'est que l'on s'améliore en commençant avec du moins bon.Encore une fois c'est une question de persévérance nécessitant de la PATIENCE. Le meilleur conseil que je puissse donner de mon bas niveau est de se lancer, d'essayer, de commencer, recommencer, essayer, persévérer.... Et, une chose qu'on oublie souvent et qui est souvent sujet à "Ha mais pourquoi t'es ici alors ?" : écrire pour soi. Parce que si on ne le fait pas, ce qu'on écrit n'aura pas d'âme et ne touchera donc personne.
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phillechat
Non , il ne faut pas lire beaucoup : il faut bien lire !!
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Auteur inconnu
:-D !! Mouahahaha !!!
Là tu m'as pliée !!
Merci ;-)
Ce que j'aime avec toi le chat c'est ton goût pour l'argumentation !
Il faut. Point barre. C'est vrai que la justification du propos on s'en balance...
Excellent !

Pourquoi on peut pas mettre d'émoticons sur scribay ?!?!
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phillechat
Plus sérieusement: il faut "ruminer" ( Nietzsche ), laisser quelques textes prendre germe en soi et leur rendre hommage.
C'est ce que j'ai essayé de faire dans mon essai :https://www.scribay.com/read/text/1422605301/quinze-pas-vers-le-bonheur
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Old Corille
Concernant la lecture, on peut difficilement généraliser (c'est pourquoi cette conversation est intéressante). Je vous donne donc mon point de vue qui, selon la formule consacrée, n'engage que moi. Oui, il faut lire. La capacité de lecture évolue sans cesse. Plus on lit et mieux on comprend certains ouvrages littéraires hors de portée. C'est à mon avis un mécanisme inconscient. Comme on assimile inconsciemment des styles différents que l'on digère (sans les analyser) et notre personnalité, notre écriture fait le reste. Notre style s'impose alors de soi-même, à force d'écrire. Il faut donc du temps. Le facteur temps est très important. Laisser décanter. Alors lire beaucoup... Oui, si on le fait avec plaisir, sinon, c'est pas la peine. Pour lire beaucoup, il faut aimer lire. Et lire de tout. En définitive, ce qui fait le plus progresser, c'est écrire, écrire, écrire, écrire, écrire. Des chefs d'œuvre ont été écrits à des époques où les livres étaient un objet rare, les auteurs ne lisaient pas et ils sont enseignés à l'école :)
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Auteur inconnu
Ce débat tombe à pic je viens juste de conseiller à un auteur de lire :-)

Quand je lis les intervention de tout le monde, il y a un truc qui m'interpelle, la notion que pour à peu près tout le monde ici, lire permet d'acquérir un style... Je ne pense pas, en tout cas je ne conseille pas de lire pour acquérir du vocabulaire ou un style, savoir comment rédiger une scène d'action ou de sexe ou que sais-je encore.
Je sais que ma façon d'écrire est aussi née de mes lectures mais pas dans le sens où je me suis inspirée d'un style (même si c'est sûrement le cas encore que pour ceux qui me lisent vous savez que j'aime bien varier les styles justement ;-) ) ni même où j'ai puisé mon inspiration (même si là aussi c'est sûrement le cas)
Ce qui fait ma façon d'écrire n'est pas là, elle est dans ma conception de l'écriture et ma façon de penser les mots. Et ça, c'est la lecture qui me l'a apporté. Alors oui, lire beaucoup ne permet pas forcément de bien écrire. Mais lire bien permet de concevoir l'écriture autrement et non pas uniquement en terme de scénario et de syntaxe.

En plongeant dans les oeuvres et les différentes conception des auteurs, les différents rapports à l'écriture, j'ai construit le mien, celui qui me parlait le plus. Mais je parle bien de lire autrement, de lire au delà de l'histoire, lire la façon dont les mots sont penser et deviennent vecteur d'une idée, d'une philosophie. Ce n'est donc pas lire la philosophie en elle même mais bien sa mise en oeuvre... je ne sais pas si je suis très claire.
Lire permet de comprendre l'ensemble des mécanismes de construction narrative, l'ensemble des possibilités de niveaux de lecture. Lire permet d'accéder à l'outil qui nous voulons utiliser et je ne parle pas du mot mais bien de la construction du récit, du point de vue narratif et tout ce qui fait qu'une histoire qui ressemble à une autre ne ressemblera pas à une autre.

Une fois n'est pas coutume je vais me faire de la pub et vous invite à lire ma bibliothèque qui explique mieux encore ce qu'on peut trouver dans la lecture et surtout ce que je perçois dans le mot "lire"

https://www.scribay.com/read/text/2122815281/la-bibliotheque-de-k---petite-histoire-amoureuse-de-la-litterature-francaise-

Peut-être que c'est là que se pose la question de faut-il lire pour bien écrire ? Dans ce que veux dire lire et ce qu'on doit y chercher...
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Laoura
C'est une question qui fait réfléchir.
Tout d'abord, je ne pense pas qu'il faut lire beaucoup pour avoir de l'inspiration et de l'imagination, mais ça dépend des personnes, évidemment. Ensuite, lire peut aider une fois qu'on a décidé d'écrire l'histoire inventée. Là, l'expérience en tant que lecteur peut aider à développer un style d'écriture. Un lecteur attentif saura identifier les différents styles propres à chaque auteur et à s'inspirer peut-être d'eux.
Mais je ne pense pas que lire "beaucoup" soit une condition indispensable. A mon avis, lire dès que l'occasion se présente. Je pense que le plus important donc ne serait pas lire beaucoup de livres, mais savoir retenir l'essentiel des livres qu'on a lu.
Je ne pense pas non plus qu'il faut écrire beaucoup pour bien lire. Il existe des gens incapables d'imaginer une histoire mais qui dévorent celles des autres.
Pour ce qu'il faudrait tirer d'un autre auteur, c'est son style, car le talent de l'écrivain consiste à inventer des histoires, mais surtout les rendre réelles grâce à des mots. Il faut aussi retenir les points forts et les erreurs des autres pour ne pas les répéter.
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essaime
Ce débat fait germer des tas d'idées et de réflexions intéressantes !

Pour ajouter aux question d'Oreleï, je m'interroge sur "lire comment et lire pourquoi ?" qui rejoint un peu les réflexions de Kiel Kinimo et de Navezof.

Dévorer des tonnes de bouquins les uns après les autres sans prendre le temps de les laisser "mijoter" un peu dans sa tête ou d'y réfléchir, juste pour satisfaire un besoin ou pire, de se gausser d'être un énorme lecteur me paraît d'une utilité douteuse pour faire progresser son écriture.

Je pense qu'il est possible de lire pour le plaisir "en maintenant un état de veille", sans pour autant se gâcher la lecture en analysant systématiquement chaque ficelle, mais en permettant à son esprit de déguster l'effet des mots, d'éprouver le plaisir de ce qui fonctionne de ce qui fonctionne moins. Je trouve c'est un sentiment très agréable de se laisser surprendre par une scène, une description, un ressort scénaristique, tout en se disant "putain, c'est bon, ça !".

Il y a aussi l'après-lecture.

C'est un peu comme l'après-ski, on a dévalé les pentes à fond, carvé de ouf, laissé ses traces dans la poudreuses en bronzant, pris quelques gadins au passage, admiré le paysage sur le télésiège et on rentre à l'appartement. Sauf que ça ne peut pas se terminer comme ça, sinon c'est dommage : il faut se retrouver devant un apéro, partager un petit morceau de saucisse et du fromage des alpages et revenir sur ces bons moments qu'on a vécu pour mieux apprécier ce qu'il s'est passé, se donner envie de descendre d'autres pentes, mieux ou autrement en travaillant son propre style et d'ailleurs remarquer tous ensemble que son style s'inspire parfois de skieurs/surfeurs plus forts que nous dont on a remarqué l'aisance, la fluidité, l'esthétisme...

C'est malin, j'ai envie d'une raclette maintenant !

Peu de personnes prennent le temps de parler des livres qu'ils ont lus et c'est peut-être encore plus important que de lire ! Essayer de comprendre après coup pourquoi ça nous a touché, se demander ce qu'a voulu dire l'auteur, etc. C'est pour cela que je fais partie d'un comité de lecture pour la bibliothèque de notre ville où l'on cultive à la fois le plaisir de faire partager ce qui nous a touché dans un livre et aussi le plaisir de découvrir (ou d'avoir envie de) d'autres textes en écoutant les autres parler de leurs lectures.

Et vous, parlez-vous de vos lectures ?
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Kiel Kinimo
Avec qui ? X)
C'est, je pense, un problème récurrent du lecteur/auteur. Internet permet de pallier à ce problème, mais de mon côté, IRL, je n'ai personne à qui parler de littérature. D'où le fait que j'adore parler et faire des pavés dans les commentaires de textes sur Scribay.

En parlant d'après lecture, il y a aussi les secondes lectures, pour ces œuvres où l'on a été bluffés par des coups de théâtre, et qu'on se fait un plaisir de relire pour déceler les doubles sens de ces persos qui nous ont menti du début à la fin ;)
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Oreleï
Ah ah ! Difficile question...
1. Qu'est ce que "bien écrire" ? Cela me semble bien subjectif... Si on parle de bien écrire dans le sens "faire moins de fautes de grammaire / orthographe / syntaxe, et enrichir son vocabulaire", j'ai toujours entendu dire que lire limitait les dégâts... En même temps, on trouve aussi souvent des erreurs dans les bouquins, surtout dans les trucs récents.
Si on parle de style... Comment juger le style de quelqu'un ? Par exemple, je suis une fan absolue de Burroughs et ses "cut-up". Beaucoup n'aiment pas. Qui a raison ? Qui a tord ? J'aurais tendance à dire que j'ai raison, puisque j'ai toujours raison. Mais il s'agit là d'un autre débat ;-)
Sans doute que lire permet de découvrir de nouvelles manières d'écrire. Mais est-ce que l'auteur doit / va s'approprier ses nouveaux styles ? Est-ce que ces styles vont l'influencer... Je n'en sais rien !! Et puis, s'approprier un style que l'on ne maîtrise pas, qui ne nous correspond pas peut aussi avoir l'effet inverse, non ?
Il y a aussi l'idée de suivre le déroulement d'une intrigue, le travail autour des personnages et tout ça. Mais je trouve que ça peut aussi dans trouver dans d'autres arts. Par exemple, je trouve hyper intéressant la construction des scénarios dans le cinéma des années 20 à 70. Les constructions des intrigues, le dénouement etc.

2. Beaucoup ? ça veut dire quoi ? Une heure par jour ? Un livre par semaine ?

3. Lire quoi ? Est-ce qu'une heure de lecture sur scribay = une heure de lecture de littérature classique = une heure de lecture de presse quotidienne = une heure de lecture de magazine féminin = une heure de lecture de bande dessinée = une heure de lecture de blog = une heure de marc levy = une heure de revue scientifique = une heure de recettes de cuisine ?

Je ne pense pas qu'une heure de proust puissent être équivalentes à une heure de fluide glacial... Si ?

4. J'en arrive à la question : lire en quantité ou lire de la qualité ?
Est-ce qu'il vaut mieux lire peu, mais lire de bon bouquins ? ou bien lire beaucoup, quitte à lire toute la collection arlequin ?
Je connais des lectrices qui lisent énormément. Beaucoup beaucoup beaucoup de livres. Mais qui lisent des livres qui sont à la littérature ce que le téléfilm d'M6 est au cinéma...
Bon, là encore, j'en conviens,il s'agit d'un jugement. Ce que je dis est donc sûrement subjectif... Mais vous serez je pense d'accord avec moi qu'il y a de grands auteurs, et des écrivains médiocres. Et que le nombres de vente des bouquins n'est pas nécessairement une gageure de leurs qualité....

5. Donc pour conclure...
Cette question soulève pour moi bien plus de questionnement que d'éléments de réponse....Bref ! M'en vais lire vos réflexions, pour essayer d'y voir plus clair, tiens !
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Kiel Kinimo
Etant de ceux qui lisent peu, j'aurais du mal à dire oui.
Lire permet d'apprendre ce qui se fait ailleurs, de découvrir des ficelles... Pour résumer sans répéter, tout ce que Sutcenes a dit qui est parfaitement juste.
Mais je trouve aussi que cela influence notre style, et je n'aime pas ça. Il m'est arrivé à la sortie d'un roman d'écrire inconsciemment dans son style mes propres chapitres. Donc en général, je sépare mes périodes de lecture et d'écriture.
D'ailleurs, plus que de lire, il faut beaucoup écrire pour bien écrire. C'est en réfléchissant à ce que tu écris, en faisant des erreurs, en te retrouvant dans des situations dont tu n'arrives pas à sortir que tu finiras par vraiment avoir du bagage pour écrire.

Bonus 1 : oui et non. Il faut écrire beaucoup pour bien lire entre les lignes.
En toute sincérité, je trouve cela désagréable. Quel est l'intérêt de lire une histoire si l'on en comprend tous les codes ? C'est comme aller voir un film en étant calé dans la cinématographie. Chaque scène donne une ambiance étudiée pour qu'un spectateur lambda ressente les choses d'une façon précise... mais lorsqu'on est capable de les analyser au détail près, ce n'est plus une ambiance, ce sont des faits.
Par exemple, une scène d'exposition avec un effet de lumière qui éclaire le perso de droite et non le perso de gauche, sera perçue comme une opposition étrange, presque tendue entre les deux personnages par un visionneur lambda. Mais pour quelqu'un qui s'y connait, elle sera immédiatement analysée "le méchant à gauche, le gentil à droite" (l'exemple est simple, mais vous voyez le principe)

Bonus 2 : Comme vous tous apparemment, le plaisir de le lire ;)
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Navezof
"C'est comme aller voir un film en étant calé dans la cinématographie."

Je suis assez d'accord sur ce point, même si avec un peu d'effort, il est possible de passer en mode "spectateur", il reste toujours un petit bout de cerveau qui s'amuse à tout analyser.

Ce point est aussi très présent en musique et aussi en jeux vidéo. Même si dans ce dernier cas c'est plus un avantage qu'autre chose. A un moment j’étais en plein dans une phase de level design de jeux, j'etais incapable de jouer sans me poser des tonnes de questions : pourquoi ils sont mis cet élément ici, est ce que c'est un élément gameplay ou purement d'environnement, qu'est ce qu'ils ont voulu dire en utilisant tel ou tel objet, etc...

Et qui au final permet de deviner le jeu via les mécaniques (il y a tel élément ici, donc là il devrait y avoir ça pour compléter le pattern)

Bref, tant de niveau de lecture possible :D
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Kiel Kinimo
Je travaille dans le jeu vidéo, et je comprends parfaitement ton ressenti !
D'ailleurs, ça permet aussi de voir le côté "arnaque" de certains jeux free to play par exemple, ça m'amuse à chaque fois que des amis m'en parlent et m'avoue qu'ils ont craqué en mettant de l'argent dans le jeu, je connais toute la réflexion derrière qui a pour but d’amener le joueur à ce résultat ;)
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Navezof
Faisant parti des gens qui lisent relativement peu (même si je compte changer cela) je m'inspire beaucoup plus d'autre média pour mes propres écrit, que ce soit film, anime, comics, manga, etc... que d'écrit.

Cependant j'ai quelques références que je relis avec plus d'attention, pour essayer de voir comment l'auteur à écrit tel ou tel situation.

Donc, lire beaucoup d'auteur, peut etre pas. Mais lire beaucoup un auteur, peut etre plus.

Question bonus 1 : Je dirais plus qu’écrire permet de repérer des éléments qu'en temps normal on n'aurait pas remarqué (une tournure particulière, un ensemble de mots, une méthode, etc...). Un peu de la même manière que la musique, quand on sait joueur d'un instrument, le champs d'observation est plus étendu qu'un néophyte.

Question bonus 2 : Contrairement à C.S. Ringer, je passerais l'originalité en premier plan, suivit de très prés par des personnages travaillé. Même si un texte est superbement écrit, si derrière l'histoire parle du classique héro de la prophétie, je repose généralement très vite le bouquin :)
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C.S. Ringer
La lecture est, à mes yeux, la maîtresse d'apprentissage d'un auteur. Cela ne nous dit pas comment bien écrire, mais ça peut nous apprendre quelques ficelles. C'est un peu comme regarder un tuto ; on observe, on analyse, on essaye, on peaufine.
Après, faut-il lire beaucoup ? Ça dépend. Certains n'en ont pas besoin, d'autres si. Je ne pense pas que la quantité de livres lus influe sur notre qualité (ou pas) d'écriture.

Question bonus 1 : Depuis que j'écris, j'ai un oeil beaucoup plus critique sur les livres (que ce soit à la maison ou sur Internet), je fais beaucoup plus attention aux petits détails et aux mauvaises tournures. Donc pour répondre à la question je dirais non, mais ça m'aide !

Question bonus 2 : Ce que j'attends d'un auteur, c'est un style fluide et agréable, des personnages distincts et approfondis, et une intrigue maîtrisée. Je ne recherche pas l'originalité, seulement à passer un bon moment. Alors je dirais que le plus important à tirer c'est tout ça à la fois :)
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Sutcenes
L’écriture est une activité particulière en cela qu’elle relève aussi bien de l’art que de l’artisanat. Il me semble souvenir qu’une différence entre ces deux formes de production est soulevée par Alain qui écrit « Il reste à dire en quoi l'artiste diffère de l'artisan. Toutes les fois que l'idée précède et règle l'exécution, c'est industrie. ». L’écriture est d’abord l’outil du partage des idées et des informations, le moyen du message. Cet outil, il faut apprendre à s’en servir, à l’utiliser. C’est ce à quoi sert l’éducation, que l’on peut compléter par l’observation. L’observation, lecture par les sens, est en effet à la base de l’apprentissage. C’est très naturellement que nous apprenons à marcher, parler, nous servir d’outils par observation puis imitation. En cela, la lecture de nombreux textes nous permet de progresser, même inconsciemment, dans notre niveau d’écriture.

Mais, l’adage le souligne, « c’est en forgeant que l’on devient forgeron ». Autrement dit, l’observation et l’imitation ne suffisent pas à développer une aptitude suffisante pour écrire décemment. Ainsi, pour bien écrire, il faut surtout écrire, et écrire encore. Mais, lorsque l’on commence à maîtriser l’outils, il n’est pas encore certain que nous soyons prêts à former un Beau texte. Nous pourrons, certes, faire passer nos idées, dérouler une argumentation, décrire quelques objets ou personnes. Mais nous ne pourrons pas nous hisser toujours au niveau de l’art. Le métier de l’écrivain requiert plus que la maîtrise technique.

C’est un personnage du roman La Peste de Camus qui vient éclairer la difficulté qui se présente à l’auteur. Il doit non seulement poser sur le papier des idées, des faits mais aussi des émotions ; et pour ce faire doit "trouver le mot juste". Trouver le mot juste, voilà une nouvelle difficulté de l’auteur. Le « mot juste », c’est celui qui « colle » à notre texte, qui correspond à l’idée que l’on veut faire passer, qui incarne tant dans la forme que sur le fond le sens de notre texte. Le « mot juste » doit soutenir le texte autant que le texte le met en valeur. Cette précision chirurgicale dans le choix des mots, qui pose tant de soucis à Grand, elle s’acquiert tant par la lecture, qui fournit notre vocabulaire et enrichit notre style, que par l’écriture d’où nous tirons les automatismes et l’expérience.

La lecture et l’écriture se complètent donc l’une l’autre pour augmenter notre capacité d’écriture. Mais, peut-on considérer que l’écriture aide à la lecture ? Se mettre dans la position de l’auteur, est-ce bien ouvrir les portes d’une nouvelle perception des œuvres que nous lisons ? L’écriture est-elle le moyen de se rapprocher de l’auteur et de mieux cerner les messages en contrebandes dans les textes que nous lisons ? Il me semble, très personnellement, que c’est en effet, et dans une certaine mesure, le cas. Prenons l’exemple de cet individu, assit devant un tapis de feuilles étalées sur son bureau, le stylo à la main, les idées germant dans sa tête. Il essaie d’écrire un poème. Lui qui n’avait jamais réfléchit au travail du poète, il se rend compte, tout à coup, des difficultés qui se posent. Il cherche le sens, le rythme, les sons, … La prochaine fois qu’il lira un poème, n’est-il pas certain qu’il fera attention à tous ces éléments ? Mieux, je crois qu’il prendra un certain plaisir à contempler et apprécier le talent de l’auteur qu’il lira.

Et de là la réponse à la dernière question. Le plus important à tirer d’un auteur, ce n’est pas son style, ce ne sont pas ses mots, ce n’est pas l’histoire, ni le talent. Car on ne tire rien d’un auteur, on se contente de prendre plaisir à lire ses textes.
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Oreleï
Très belle et très juste analyse :-)
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Auteur inconnu
en effet, fort bien réfléchi.
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Sutcenes
Merci à tous les deux !
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The Creator
C'est exactement ce que je pense, merci !
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jean-alain Baudry
salut à tous !

ben, impossible de répondre... soit on lit depuis "toujours", soit on ne lit que l'utilitaire...
donc on n'est jamais et dans un cas, ET dans l'autre...
alors comment se faire une idée...

bonus 1: même remarque...
bonus 2: le plus important c'est le plaisir de lire, soit pour "passer un temps de loisir agréable", soit pour augmenter ses connaissances ou en acquérir de nouvelles...

bye jab...
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