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J'ai lu Le Bâtard d'Erskine Caldwell...

par jean-alain Baudry  il y a 1 an
Je viens de finir le Bâtard, premier roman de Caldwell. Il est dit dans la postface qu’il a été interdit lors de sa parution. Caldwell était journaliste ce qui explique son goût pour le récit reportage. En fait ce bouquin est constitué de deux histoires avec comme seul lien le personnage principal, on n’ose dire le héros. Dans la première partie Caldwell décrit la « vie des bêtes » à la campagne. Violence et bêtise sont l’ordinaire des gens peints sans complaisance. La deuxième partie est tellement différente qu’on dirait qu’il s’agit d’un autre récit. Peut-être trop courts l’un et l’autre pour l’édition, Caldwell a-t-il joint deux textes. Le premier Bâtard est tellement différent du second qu’on ne peut pas croire que c’est le même.
Dans la première partie Gène est un asocial bien dans ses basquets mais plutôt susceptible et prompt à jouer de la gâchette. L’assassinat dans ces contrées de l’Amérique profonde à cette époque est une banalité. La police, et à fortiori la justice ne doit pas exister « à l’ouest du Pecos » … Comme dans une BD dont le héros est le fameux Lucky Luke. On y voit un shérif qui n’a pas l’air de se soucier de la tranquillité des concitoyens qui l’ont élu et lui ont promis réélection… Gène s’y déplace « en toute tranquillité », si l’on peut dire.
Dans la deuxième partie, Gène n’est plus le personnage principal quoique l’auteur voudrait en donner l’impression. Le personnage que Caldwell peint avec beaucoup de tendresse est la jeune femme, épouse de Gène et mère de Léon. Un pauvre petit handicapé dont la vie risque d’être courte. La jeune mère s’accroche à son petit Léon, le couve, le soigne, ne le laisse pas seul une seconde. Caldwell mentionne une pratique que je ne connaissais pas. Le médecin de famille veut prendre Léon, l’enlever à sa mère pour en faire... ? Caldwell ne le dit pas mais il laisse penser soit à l’euthanasie, soit à des expériences… La jeune mère panique et veut quitter la ville.
Cette partie est insoutenable. Ça vous tord le ventre. Ça vous laisse un arrière-goût désagréable. Autant la première partie est « une visite au zoo », autant la deuxième plonge dans ce que l’on pourrait croire « un mal-vécu » de l’auteur. La description des souffrances de la jeune mère est tellement précise qu’il vraisemblable que l’auteur ait été témoin d’un tel drame.
En résumé, deux récits dans une seule publication. Un reportage et un drame de la vie. Les auteurs des préfaces et postfaces n’ont pas eu la même vision que moi du livre…
JAB Février 2016.
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Pauline chess
lien du livre a 4,80€
http://www.ebay.fr/itm/47247-Le-batard-de-Erskine-Caldwell-Tres-Bon-Etat-/371551448077?hash=item5682312c0d:g:GsgAAOSwQaJXTWTY
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