Inscrivez-vous sur Scribay...

...et retrouvez une communauté soudée par l'amour de l'écriture, le partage et l’entraide entre auteurs.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
Image de profil de Navezof

Débat 14 : L'écrit a-t-il plus de portée, positive ou négative, que l'oral ?

par Navezof  il y a 2 ans
Bonjour à tous,

Pour la reprise de cette communauté, je vous propose de réfléchir au conséquence de nos mots, écrits ou oraux.

@Blakkat a proposé la problématique suivante :

"L'écrit a-t-il plus de portée, positive ou négative, que l'oral ? "

A vos plumes !
Image de profil de AlexandraKean
AlexandraKean
Assez complexe. Je pense que ça dépend de celui qui doit convaincre et de celui qu’il faut convaincre.
L’ecrit touche, saisit et imprègne un littéraire, mais ennuiera un scientifique ( je reste sur des personnages types parce que sinon on va se perdre), alors que l’oral aura plus de chance de toucher une large partie de la population.
Je dirai que l’oral touche plus largement, et que l’écrit touche plus efficacement.
Je ne sais pas si je me suis fait comprendre mais voila
Image de profil de JPierre
JPierre
En revenant sur ce débat, me viens une évidence dont il faut, malheureusement ou heureusement dirais-je pour faire preuve d'objectivité à bon compte, faire état d'une troisième catégorie, bien spécifique au 21° siècle : l'oral écrit, j'ai nommé les FB et autres Résocios. Et là, y à dire…
Image de profil de Sonio
Sonio
On peut avoir une bonne plume et être un mauvais orateur ,
avoir une mauvaise élocution, être un médiocre tribun sans charisme.
Certains politiciens ont des plumes qui rédigent rapports et discours. Ils ont aussi des portes paroles ,des portes voix.

L'écrit permet une distance ,un temps de réflexion...
L'oral est direct ,spontané et fait appel à une mémoire. Le trac peut être présent devant une salle pleine.
Image de profil de Auteur inconnu
Auteur inconnu
Je serais porté à croire que l’oral a un impact plus direct, à court-terme, alors que l’écrit a un impact indirect, à long-terme, plus dans le futur. Pas toujours, évidemment, mais c’est l’impression que j’ai. Une fausse rumeur ou déclaration va se répandre comme une trainée de poudre dans une foule, alors qu’un bon livre révolutionnaire doit attendre que les gens le lisent, et ça, ça peut prendre longtemps. Mais les idées de ce livre vont s’engrainer, selon moi, plus que les paroles éphémères. Car après tout, les paroles s’envolent mais les écrits restent.

Je crois donc qu'ils ont des portées différentes, mais l'une n'est pas plus longue que l'autre; ils sont trop différents pour une comparaison aussi basique, ils opèrent à leur façon et ont chacun un impact et un poids non-négligeables.
Image de profil de Tout simplement moi .
Tout simplement moi .
Je pense que l'écrit a plus de portée qu'elle soit négative ou positive. On a tellement l'habitude de parler que maintenant, on ne réfléchit plus à ce qu'on dit. On raconte des banalités et dès choses inutiles qui ne nous intéressent pas. Alors qu'à l'écrit, on est immergé dans ce qu'on écrit et les mots ont plus de sens car on réfléchit à ce qu'on veut faire passer comme message. Et on dit tellement de choses à l'oral, que deux minutes plus tard, on ne se souvient pas alors qu'écrire ça demande plus de réflexion.
Image de profil de PoupyReveuse
PoupyReveuse
C'est naturel chez les êtres humains de parler, bien plus que d'écrire et ça depuis toujours. On parle, on parle.... Et on finit par prendre tout ce qu'on dit ou ce qui est dit pour des banalités et de même plus y prêter attention. Combien de fois nous arrive-t-il de vouloir dire quelque chose et, après avoir été coupé de ne plus s'en rappeler. Au moins avec une feuille de papier et un stylo, on prend le temps de se poser et à réfléchir à la formation et tout le reste, ce qui évite à mon avis pas mal de quiproquo. Plus qu'à l'oral en tout cas, je pense. Et puis au moins avec une feuille blanche et de l'encre on ne peut pas nous couper la parole et ça c'est sympa ! Une dernière chose : si on est pas content de ce qu'on vient de dire par l"écriture, on peut toujours le détruire sans aucune répercurtion possible contrairement à la parole. A moins qu'on ait rendu public nos écrits avant de vérifier ça, évidemment.
Image de profil de JPierre
JPierre
Bonsoir,
En fait je me suis partiellement mal exprimé. Dans ma pensée non exprimée, je limitais ma question au sens littéraire, roman, poésie, etc.
D’office, j’exclue le politique, patentés vendeurs de vents appelés rêves qui ont une fâcheuse tendance à se transformer presque plus vite en cauchemar. Bref…
En toute honnêteté mon sentiment est mitigé et paradoxal. Ecrire est mon moyen d’expression. Les livres sont ma culture.
Contrairement à Abye, je m’exprime mieux sur tous les sujets bien mieux à l’écrit. Pour les mêmes raisons ou presque !
Pourtant j’incline à penser que l’oral, dans le style conteur, troubadour, ménestrel est plus porteur.
L’écrit est fixe, l’oral mouvant. Pour autant qu’ils sont chefs d’oeuvre, indispensables parfois ou souvent, les livres acquièrent une fois couchés sur papier une immuabilité excluant toutes évolutions.
L’oral est forcément évolutif. Prenez un certain nombre de personnes ; racontez leur une histoire ; demandez-leur alors de la raconter à nouveau. Vous aurez autant de nouvelles histoires que de participants. Chacune apportera un morceau, gros, petit, de lui, sa culture, son instruction, ses milieux (familial, ethnique, etc.) C’est le principe des légendes communes à de nombreux pays. Chacun la revendique. Tous ont raison.
Alors oui nous sommes à l’ère du numérique, des enregistrements en tous genres. Ils ne sont pas primordiaux. Sinon, les concerts n’existeraient plus. Le « dématérialisé » n’a pas la chaleur, le contact ; ne l’aura jamais. Entendre en groupe n’a pas d’équivalent, a une saveur toute différente ; donne une perception différente. Essayer une lecture publique d’une œuvre que vous connaissez. Elle paraitra autre. Faites la lire par des acteurs différents. Elle sera autre. Et toujours pareille. Il en ira de même pour une œuvre non écrite. La différence ? Elle évoluera avec son temps. Peut-être est-ce qui manque à certains écrits, à l’ambition de nous montrer la ou les voies, figés dans des époques lointaines, sans rapport avec la nôtre.
Il est une évidence, pour moi, d’un manque à ce niveau. Peut-être y faut-il voir le certain succès des fanfictionss. Dans la masse, assez moyenne, il y a quelques émergences.
Une chose est certaine, tant pour lire que conter, il faut le et un « savoir-faire », que nous l’appelions talent, travail ou autre.
Les deux, écrit, oral, ne sont pas antagonistes, pas toujours complémentaires mais indissociables.
D’une certaine façon, je sais écrire. Pas conter. Un regret certainement !
Image de profil de Navezof
Navezof
"les livres acquièrent une fois couchés sur papier une immuabilité excluant toutes évolutions"
Mais leur interprétation ? Est ce qu'on lira de la même manière un texte 1 an apres sa parution que 50 ou 100 an apres ? Est ce qu'il n'y a pas une évolution non pas de l'écrit en lui même, mais de la vision qu'en a le lecteur ?

"Entendre en groupe n’a pas d’équivalent"
Sur ce point, je ne peux qu'etre d'accord avec toi. L'immediat et le contact à une saveur totalement différente de l'enregistré.

"Peut-être est-ce qui manque à certains écrits, à l’ambition de nous montrer la ou les voies, figés dans des époques lointaines, sans rapport avec la nôtre. "
Est ce que tu peux élaborer là dessus ? Je ne suis pas sûr de comprendre ce que tu veux dire.
Image de profil de JPierre
JPierre
En fait j'ai eu une crise de prudence car je visais particulièrement les "bibles" de toutes sortes écrites pour la plupart il y a bien longtemps dans un contexte qui n'est pas, ou plus, jamais, le nôtre. D'où un peu alambiqué…
Même si "ces bibles" ont connu des évolutions, il apparait que malheureusement elles soient faites, soit à la marge, soit au profit de! D'où ma réticence profonde! Je ne remets en cause nullement leurs valeurs, pas complètement du moins; certains aspects s'appuient sur l'humain. Pas tous et du coup, de facto, deviennent pour le moins dépassé.
Ceci pose la question de la croyance bien évidemment mais c'est un autre débat, question, énigme ou escroquerie ( trop souvent c'est le cas…), crédulité, etc.
Le lien avec la foi ne devrait pas se faire là. A mon sens, c'est l'exemple typique du figé de l'écrit. A noter que toutes les transcriptions et retranscriptions ont été sujettes à la personnalité des copistes et de leurs commanditaires.
Je suis d'accord avec toi quand à l'interprétation possible des livres. Heureusement d'ailleurs! Mais, toujours des mais :-), interprétations n'est pas évolution.
Image de profil de Sutcenes
Sutcenes
Echanger avec l’autre est un art pour lequel l’Homme a développé de nombreux outils. Les mots supportent les idées et forment le socle de nos discours. Le signifiant existe pour transmettre le concept, développer les arguments. Ils sont une manière de faire matérielles, concrètes et palpables les idées qui naissent dans notre esprit.
Jusqu’à la deuxième moitié du XIXe, oral et écrit avaient une différence de portée significative. Le premier s’inscrivait dans le temps présent et dans une zone géographique limitée, il ne pouvait toucher que l’auditoire à l’instant où il était prononcé ; le second pouvait être diffusé au travers des manuscrits dans une large partie du monde, et pour une longue période. Ainsi, la portée de l’écrit a été indubitablement plus importante que celle de l’oral au cours de nombreux siècles.

Cependant, les récentes avancées technologiques nous permettent d’enregistrer l’oral, d’en faire, d’une certaine manière, une nouvelle forme d’écrit. L’oral est la forme naturelle, on aura dit biologique avant moi, d’échanger ces idées. Il met en sonorité les monde des idées. En cela il est moins palpable que l’écrit et, en un certain sens, plus proche en essence de nos pensées. L’oral nous marque, c’est indéniable. Les discours politiques, qui sont profusion en ces temps, en sont autant de preuves. Les gestes, l’intonation, le regard du tribun, l’oral se pare en fait de l’environnement. La foule aussi, qui nous entoure, est catalyseur de nos émotions. L’oral nous atteint donc au cœur, car il est direct, et il exprime les idées, les émotions d’une manière presque pure.
L’oral enregistré et mieux, la vidéo, sont aujourd’hui les nouveaux vecteurs des idées. Déjà au siècle dernier de nombreux régimes l’avaient-ils compris, et l’on se souviendra des films de propagande Russe comme le Cuirassé Potemkine pendant encore de longues années.
Ainsi l’oral et l’écrit se battent-ils aujourd’hui à armes égales. Et de fait, il semble que les contenus multimédias soient en bonne route pour détrôner ceux relevant de l’écriture. La musique, les films, les vidéos amateurs qui pullulent sont caractères actuels du triomphe de l’oral, tandis qu’à l’opposé, le marché du livre stagne voire s’effondre. Peut-être l’écrit est-il destiné, non à mourir, mais à être déclamer. De très nombreux textes lus sont ainsi disponibles.

La plus grande des portées émerge donc aujourd’hui lorsque la forme et le fond se servent l’un de l’autre pour transmettre les émotions autant que les idées. Le travail d’écriture qui se concentre sur les sonorités, la précision des mots, concourt de l’édification -dans tous les sens du terme- du discours qui sert à son tour la transmission des émotions par l’interprétation.
Image de profil de Auteur inconnu
Auteur inconnu
Merci Sutcenes

En vous lisant, je pense à l’œuvre "visionnaire" de Anselm Kiefer quant aux livres, à son statut dans nos sociétés, à son poids et à sa dégénérescence aussi.
Image de profil de Sutcenes
Sutcenes
Je ne connaissais absolument pas cet artiste, je suis très heureux de pouvoir faire un premier pas sur le chemin de découvertes dont j'espérais trouver ici les jalons !

Merci à toi.
Image de profil de Auteur inconnu
Auteur inconnu
Anselm Kiefer est un artiste plasticien contemporain qui, comme certains, a développé sa thématique autour du livre en tant qu'objet, le livre-objet.
En voici un exemple, dans l'une de ses œuvres les plus connues :

http://fagsnakk.no/historie/files/2014/03/TheHighPriestess_Zweistromland_C9T6609.jpg

:-)
Image de profil de Abye
Abye
Pour ma par quand il s'agit de devoirs écrits ou oral je me débrouille plus à l'oral, car je peux aller jusqu'au fond de ma pensée, tout en voyant si la personne me suit et me comprend.
Après quand il s'agit des sentiments, je suis beaucoup plus forte par écrit. Les mots sont plus faciles à écrire qu'à dire. Et puis je peux t'être vulgaire pas écrit ça ne choquera personne que si on s'exclame avec des jurons.
Je pense que les deux se complètent, on est peut pas seulement écrire, ou parler.
Image de profil de jean-alain Baudry
jean-alain Baudry
l'oral est dans notre base biologique. il est naturel que son impact soit prépondérant. l'écrit n'est qu'un des effets de la culture qui s'est affinée depuis la préhistoire. de plus l'oral est, avec la gestuelle et les mimiques la première entrée en communication dès la naissance. par expérience je dirais que le nouveau-né (de quelques minutes) est réceptif à la voix et que le nourrisson comprend le langage avant de pouvoir lui-même parler.
en résumé, l'oral est dans notre disque dur. l'écrit est lui une technique que, malheureusement, tout le monde n’acquiert pas...
bye, jab (en plus merci de corriger mentalement les fautes d'orthographes)...
Image de profil de Auteur inconnu
Auteur inconnu
On pourrait ajouter que l'oral est d'autant plus dans nos gènes, qu'à partir de la conception de l'embryon, ce sont les sons qui marquent. L'enfant dans le ventre de sa mère est réceptif au monde extérieur par le bruit. Il entend tout. On dit aussi que l'art le plus subtil est la musique. Ce n'est sans doute pas sans fondement.
Image de profil de Alahya R.
Alahya R.
Eh bien, je ne pense pas qu'on peut répondre à cette question seulement par oui ou non. Pour moi, tout dépend de l'émetteur et du récepteur.
Ce que je veux dire, c'est que certains sont plus doués en qualité d'orateur alors que d'autres le sont en écrivant. De la même façon, certains récepteurs sont plus enclins à se laisser porter par les mots en écoutant qu'en lisant, et inversement.

Les mots, qu'ils soient couchés sur du papier ou émis à l'oral, restent les mêmes mais leur impact sera différent en fonction de chaque personne.

Par exemple en ce qui me concerne, je peux être touchée tant par des paroles que par des écrits. Tout dépend de leur qualité et de la résonance qu'ils ont avec ce que je pense ou non.
Mais les points de vues changent d'individu en individu !
Image de profil de Kiel Kinimo
Kiel Kinimo
Je dirais non.
L'oral, aujourd'hui, est tellement simple à transmettre à travers le monde (internet, youtube, télévision, etc...) qu'il touche plus facilement que l'écrit (où la personne doit faire un minimum d'effort pour s'intéresser au sujet).
Après, peut-être que l'écrit marque plus, mais je pense que c'est justement parce qu'on fourni cet effort d'intérêt. Au final, un discours oral nous marquera autant si l'on s'implique autant à l'écouter qu'en lisant.
Image de profil de Navezof
Navezof
Mais est ce que la parole à autant de poids qu'a l'écrit ? Comme on dit, "les paroles s'envolent, les écrits restent", est ce qu'on aurait pas tendance à plus faire confiance à du texte qu'a de l'oral ?
Image de profil de Kiel Kinimo
Kiel Kinimo
Aujourd'hui, la parole ne s'envole plus, elle est enregistrée, diffusée et répétée ;) L'écrit a perdu son principal avantage.
Après, pour ce qui est de la confiance, je ne sais pas. On accorde plus notre confiance aux personnes qu'à leurs écrits/dits. Qu'elle écrive ou parle, si on a confiance, la méthode ne changera pas selon moi.
0