Une pâle copie des montagnes russes

de Image de profil de Eléïs LyruïnEléïs Lyruïn

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  L'hyperloop. C'est aujourd'hui un moyen de transport banal qui traverse l'eau et la terre ; on peut même faire le tour du monde en moins d'une journée ! Il va très vite. Trop vite peut-être.

  Je me souviens de la première fois que je l'ai pris. Pourtant, ça date d'il y a quarante ans.


  C'était un des premiers essais avec le public en Europe, la deuxième pour être précis, et la première fois en France.

  Évidemment, j'étais hyper excitée à l'idée que j'allais être une des premières européennes à goûter à l'hyperloop. Dès que j'avais su que j'avais gagné le ticket, j'en rêvais à chaque occasion du voyage. 

  C'était un allée vers Lille et le voyage devait durée seulement cinq minutes ! Pas une seconde de plus. Le moins que l'on puisse dire était que j'étais impressionnée. J'habitais à quasiment quatre-vingt-dix kilomètres de la ville et même en train je prenais plus d'une demi-heure ! 

  Le jour J, j'étais arrivée bien équipée : j'avais pris mon meilleur appareil photo. Je n'étais pas la seule à m'être mise sur mon 31. Jeune ou âgé, tous les cinquante voyageurs semblaient s'être préparés pour une grande épopée. 

  L'attente fut un enfer, mais ce n'était rien comparé au moment où le véhicule était arrivé, après avoir subit un énième test suivit d'une méticuleuse vérification, et lorsqu'il avait ouvert sa grande porte comme on ouvrait une boite. Tout en restant le plus digne possible, chacun s'était précipité dedans et je ne faisais pas partie des exceptions. 

  L'apparence de l'hyperloop concordait avec l'image que je m'en faisais. Beaucoup de formes arrondies, beaucoup de blancs, très propre, très brillant avec d'immenses fenêtres. Mon seul regret était de ne pas voir de bleu, une des couleurs du futur pour moi. 

  Les sièges formaient deux rangs : une rangée avec deux places, une autre avec une seule place. C'était dans ce dernier rang que je m'étais installée avant de me coller directement à la fenêtre. Les vitres étant d'une propreté impeccable, la vue était magnifique, sans compter que nous étions en hauteur. 

  Cinq secondes après que tout le monde se soient installés, la porte se referma. Après une sonnerie, une voix féminine qui sonnait légèrement synthétique retentit. 

— Bienvenue à bord de l'Hypertrain. Futura Industry vous souhaite un agréable voyage.

  Et sans plus tarder, le véhicule démarra. Je constatai, surprise, que mis à part par la vue, je le sentis à peine. Je percevais toujours le départ d'un véhicule, que ce soit une voiture ou un avion.

  Dans mon imaginaire, je m'impressionnais sur la vitesse du véhicule, collée à la fenêtre, en regrettant à la brièveté du voyage pour satisfaire ma curiosité. Je m'attendais donc un peu à ne rien voir à l’œil nu à travers la vitre, même si les images défilaient encore plus rapidement que je le pensais. C'était pour cette raison que j'avais apporté mon appareil photo. Ce à quoi que je m'attendais moins, c'était de continuer à ne percevoir que de vagues tâches de couleurs. Si je ne comptais pas sur le mode rafale, je pensais qu'avec le ralentit, je parviendrais à reconnaître des formes. 

  Je fis un autre essai. Le résultat fut le même. Un peu déçue, mais toujours enchantée, je me désintéressais de l'extérieur pour me tourner vers l'intérieur. Une partie des voyageurs regardaient par les fenêtres, l'air tout aussi déçu que moi, d'autres observaient les autres ou l'intérieur du véhicule, plus simple à discerner, quelques-uns enfin avait déjà sorti leurs portables. Je regardais ces derniers avec un petit sourire avant de bien m'installer pour profiter de la pureté des formes à l'intérieur. 

  Les stylistes de l'hyperloop avaient dû bien s'amuser. Plus je regardais, plus j'avais l'impression de me trouver dans le futur, dans un film de science-fiction. 

  Je terminais donc le voyage en rêvant sur le paysage urbain du futur au lieu de m'extasier sur la vitesse de ce véhicule du futur, un peu dépité que ce soit aussi loin du voyage épique de mes rêves. Mis à part la vue dedans, c'était encore pire que faire du vélo. Au moins, nous arrivâmes vraiment à Lille en cinq minutes. Pas une seconde de plus, et peut-être même de moins. Un miracle en soit.


  L'hyperloop est donc un véhicule vraiment génial : rapide et écologique, mais c'est une très pâle copie des montagnes russes. En effet, si la forme est plus classe, du moins au début, pour l'émotion, il faut repasser.

Science-fictionhyperloopfuturvéhiculemoyen de transport
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En réponse au défi

Cinq minutes en Hyperloop

Lancé par Jules Verne
Ce concours est terminé. Il a été remporté par Valérie Musset avec le texte Cinq minutes en Hyperloop.

Il y a plus d’un siècle, j’écrivais et publiais Cinq semaines en ballon. Comme je le déclarais à un journaliste quelques années plus tard : « J’ai eu la chance d’entrer dans le monde à un moment où il existait des dictionnaires sur tous les sujets possibles. Il me suffisait de trouver dans le dictionnaire le sujet sur lequel je cherchais un renseignement, et le voilà. »

Laissez-moi vous dire que je trouve formidable cette époque où tant d’informations sont accessibles de chez soi ! Afin de fêter les merveilles de la science, de la technique et de la modernité, je vous invite à relever un défi mettant à l’honneur un véhicule extraordinaire de votre époque.

Imaginez une histoire se déroulant pendant cinq minutes dans l'Hyperloop (Wikipedia), le futur mode de transport destiné à changer notre façon de voyager.


Vous avez jusqu'au 6 juillet à minuit (heure française) pour relever ce défi et y répondre.

La réponse la plus appréciée (Conditions) par la communauté sera mise en avant sur Un mot après l'autre, le blog de Scribay dédié à l'écriture, ainsi que sur les comptes Facebook et Twitter de Scribay !

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