Quatre raisons d’écrire selon George Orwell

Dans Why I Write, George Orwell expose ce qu’il considère comme les quatre principales motivations d’un écrivain. L’auteur de 1984 précise que ces raisons se retrouvent différemment d’un auteur à l’autre et qu’elles peuvent coexister dans des proportions variables selon chacun.

Par pur égoïsme

Un auteur peut écrire pour paraître plus intelligent, pour attirer l’attention ou pour être immortalisé par ses œuvres… Pour Orwell, c’est l’un des points communs des écrivains avec les autres artistes, mais aussi avec les scientifiques, hommes politiques et tous ceux composant « les couches supérieures de la société ».

Pour l’auteur de 1984, la majorité de la population perd son individualité après 30 ans et ne vit plus pour soi mais pour les autres. Mais il existe une minorité de personnes libres et décidées à vivre selon leurs propres ambitions et principes. Et les écrivains appartiennent à cette classe d’individus.

George Orwell reconnaît ainsi que l’égo est un puissant moteur pour l’écriture d’une œuvre.

Par enthousiasme esthétique

Cette motivation naît de la recherche de la beauté. Qu’elle se trouve dans la perception du monde, dans l’arrangement des mots ou même le rythme d’une bonne histoire.

George Orwell souligne que tous les écrivains, y compris les essayistes et pamphlétaires, sont guidés en partie par cette ambition. Aucun livre n’est libre de considérations esthétiques.

Pour écrire l’Histoire

George Orwell résume cette motivation par le désir de voir et de rendre compte des choses telles qu’elles sont. Un écrivain se place alors dans une logique historiographique.

Pour suivre un objectif politique

La volonté de pousser le monde dans une certaine direction est en soi une ambition et une motivation pour de nombreux auteurs. Tous les écrits connaissent une dimension politique, pour George Orwell. Il ajoute à cela que l’idée selon laquelle l’art ne devrait rien à voir avec la politique est en elle-même une attitude politique.

Les motivations de George Orwell

L’auteur confie que sa nature le pousserait à privilégier les trois premières sources de motivation. Si l’époque et sa vie avaient été différentes, il n’aurait pas été un écrivain politique.

Ses années passées dans la police impériale indienne, en Birmanie, lui ont donné une certaine compréhension de la nature de l’impérialisme. Par la suite, ses années de pauvreté et un sentiment d’échec ont renforcé en lui sa haine de l’autorité et sa conscience de l’existence d’une classe ouvrière.

Mais cela ne suffit pas à faire de lui un écrivain politique. Ce qui imposa par la suite cette voie fut la guerre civile en Espagne, Hitler, et la période sombre durant laquelle il vécut.

Et vous ? Pourquoi écrivez-vous ?

Nous avons tous nos raisons d’écrire : c’est d’ailleurs le premier sujet abordé par le Questionnaire de Scribay ! George Orwell livra ses raisons avec honnêteté… au point de parler de son égo ou du rôle des événements politiques dans sa vie.

Et vous ? Pourquoi écrivez-vous ?

Nous vous invitons à nous raconter votre histoire dans les commentaires !

 


 

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Quatre raisons d'écrire selon George Orwell
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Quatre raisons d'écrire selon George Orwell
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Pourquoi écrire et publier un livre ? Découvrez la réponse de George Orwell à cette question cruciale pour tous les écrivains.
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14 commentaires

  1. Magali Laguillaumie Répondre

    Ok, je sais que mon ego y est pour beaucoup, j’en ai honte, mais c’est ainsi que je suis faite et c’est peut-être, dans les retours de lecteurs que je trouve un sens à ce que je fais et surtout à ma nécessité sur cette terre… La deuxième raison, c’est peut-être justement ces salons, où je peux échanger d’égal à égal avec d’autres auteurs, les lecteurs, bref, il y a pas cette hiérarchie parfois poussiéreuse qui empêche de faire avancer le schmilblick, d’un autre côté, je pense qu’il y a aussi et toujours mon ego qui traîne dans les parages, c’est un fourbe, celui-là.
    Politique, oui, peut-être, en ce qui me concerne, je ne pense pas avoir ces moyens là, pas encore, en tout cas, mais il est vrai que mon premier roman, a comme filigrane, (je me plais à le croire, ce n’est pas forcément vrai pour qui le lira), la place de la femme dans nos sociétés dites égalitaires… L’histoire, l’Histoire avec un grand H, ou l’histoire tout court des petites gens qu subissent celle avec le grand H ? Non il n’a pas d’Histoire dans mes écrits, je n’ai pas la culture adéquat pour tenter l’aventure, et puis ce qui m’intéresse, c’est l’âme humaine, bien plus que tout le reste.

    Merci pour votre blog que j’ai plaisir à consulter tant pour ses sujets que pour votre manière d’aborder les thèmes ! Amicalement, Magali

  2. Cervantès Magali Répondre

    J’écris parce que l’écriture est une arme, un moyen de lutte des plus puissants. Je pourrais dire « Je lutte donc je suis » (en référence au titre du film de Yannis Youlountas).
    Tous mes livres parlent de la lutte, lutte contre le franquisme avec « de l’autre côté des nuages », luttes sociales et luttes idéologiques avec « la soupe aux crocodiles » et « le cri de l’engoulevent », lutte pour la liberté, pour dire qu’on peut se libérer de ses chaines et inventer sa vie avec  » des roses rouges sur ma tombe ».
    Parce que lutter c’est vivre et se résigner c’est mourir.
    J’écris pour témoigner de mon époque, pour défendre la classe ouvrière, les opprimés, dénoncer les injustices, alerter, éveiller, et contribuer avec mes moyens à construire un monde meilleur.
    Je me consacre à plein temps à l’écriture, parce que j’ai fait le choix d’être libre. Libre d’être et de faire ce que j’aime dans la vie.

  3. Hélène Py Répondre

    L’esthétique est un moteur de l’écriture mais la liberté aussi. Elle procure à ceux qui la recherchent par dessus tout un cheminement grandiose. Certes, l’ego est là, il est toujours là, mais quand on lui demande de se taire on accède par moment à un espace intérieur riche et vaste. L’écriture, c’est un peu comme la foi, on ne peut pas l’expliquer trop longtemps, sinon elle meurt

  4. Angela Angie Répondre

    j’écrivais pour moi au départ,vers quatorze ans,pour exprimer mes joies,mes peines,car j’étais très solitaire,timide,toute « en-dedans »…puis avec les années,j’ai écrit des poèmes,tout ce qui me passait par la tête,un oiseau qui passe,une feuille morte qui tombe,un ruisseau,tout était à prétexte…maintenant,je suis mamie et je me suis mise encore à écrire des poèmes,d’amour,de ressenti,des regrets,des «  »osés » »(lol)…l’écriture est mon moyen d’expression favori,les mots sont mes paroles,mon langage,j’y mets ma façonde et ma vision de la vie….écrire,lire et la musique sont mes critères de bien vivre pour moi….

  5. Etsisite Répondre

    Pour partager ce qui me passionne, pour peut-être contribuer au bien-être d’autrui…
    Et oui, par plaisir « égoïste » ou par ambition politique.

  6. Jean Christophe Castaing Répondre

    Il m’a semblé utile de décliner sous forme de roman, le meilleur de multiples expériences régionales vécues dans l’univers sportif du grand sud ouest, puis les lecteurs qui ont demandé la trilogie. La motivation sort de la liste ce cet excellent George Orwell.

  7. Mémoire du Temps Répondre

    J’écris d’abord depuis toujours, cela a peut-être commencé dans ma tête en m’inventant des mondes, puis, encore en primaire, j’ai commencé à en écrire mais seulement pour moi. Plus tard, j’ai affiché certaines de mes histoires, surtout les « drôles », là où c’était possible, et j’ai aimé être lue par d’autres… Alors je me suis mise à travailler mon style et par curiosité j’ai envoyé une nouvelle à un concours et j’ai été primée. Alors j’ai continué. Maintenant j’écris des histoires qui me plaisent d’abord et qui plairont à d’autres (mais pas tous, certains détestent) mais aussi parce que j’ai des choses à dire, politiques, humanistes et que je sais rendre cela « digeste » en les rédigeant avec un humour grinçant, absurde, cynique, ironique… De George Orwell, plus encore que « 1984 » j’ai adoré « Animal Farm ».
    Mémoire du Temps

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  9. Grégory Bryon Répondre

    J’écris pour me vider la tête. Beaucoup trop d’histoires y tournent et retournent, monopolisant mes neurones, depuis bien des années.
    Au moins, une fois couchées, elles arrêtent de me faire [ajoutez votre rime ici]

  10. Paul Borrelli Répondre

    Ecrire, c’est aussi créer des personnages, des situations, des décors, se laisser emporter par des descriptions, parfois enfiévrées, mettre en place des intrigues, même complexes, présenter des galeries de portraits, des configurations psychiques, des destins…
    Il y a ce qui se manifeste de façon explicite, et j’aime à croire qu’il y a également tout ce qu’on perçoit, en filigrane, de l’auteur, cette petite musique qui nous parle et nous donne à entendre que l’autre est là, avec sa subjectivité, ses fantasmes, ses peurs, ses tripes en fait, son animalité, et qu’avec tout ça, plus du temps, de l’énergie, de l’acharnement parfois, il a réussi à créer quelque chose. Il y avait une page blanche et à la suite de cette alchimie indescriptible, il y a une oeuvre qui nous interpelle, il y a un avant et un après… C’est comme si, par-delà le contenu conscient, un échange s’effectuait entre deux inconscients, et lorsque c’est réussi, on a l’impression que l’auteur a écrit pour nous, personnellement, on se retrouve pleinement dans un texte, on sent une profonde adéquation, on éprouve le besoin, même si on connait l’histoire sur le bout des doigts, de la relire encore et encore, suivant les périodes, notre état d’âme. Le texte pénètre notre intimité, il se fait complice, on le retrouve avec un plaisir qui n’est jamais démenti… Ecrire, c’est vouloir créer cette illusion fusionnelle, ce contact privilégié, avec un lecteur. C’est peut-être, bien avant tout cela, déjà, se prouver qu’on peut. Et même, en deçà, c’est se plonger dans l’aventure : quelque part, quand on se lance, c’est qu’on a déjà en soi une bonne partie du texte, en gestation. Il n’y a plus qu’à tenter, à voir si réellement, ces phrases qu’on entend dans sa tête vont bien vouloir s’organiser de façon satisfaisante. Il s’en faut de peu : parfois, on se lance mais de façon maladroite, on s’attaque au texte par le mauvais biais. Avec l’expérience, on apprend à trouver d’autres angles d’approche. C’est un jeu, en fait, entre soi, contre soi aussi.
    Ecrire, c’est décider de planter, d’arroser, de prendre soin de ces graines que nous portons en nous depuis si longtemps. C’est oser leur donner vie…

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