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Arpège

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Œuvres

Arpège

La fournaise sévissant sur la capitale m'a fait fuir. Aux aurores, je me suis levé, rasé, douché, j'ai sauté dans un short puis dans ma voiture et suis allé à Fécamp, que je connais bien et où je sais qu'il y a toujours du vent. J'y suis arrivé vers 9h, après être passé voir la chaumière que j'avais achetée il y a une trentaine d'années ! Très peu de monde à Fécamp, le soleil était au rendez-vous, une jolie brise également. J'ai arpenté la jetée, aller-retour. Grand moment. Il était tôt, les touristes n'étaient pas encore dehors, j'en ai profité pour faire un saut jusqu'à Étretat et y admirer ces falaises uniques qui ont tant inspiré les impressionnistes, à commencer par  Monet. Je suis toujours fasciné par l'habileté de la nature qui a su créer ces portes en forme de voile. J'ai grimpé au sommet, il y avait encore peu de monde. Puis je suis retourné à Fécamp. Regarder les bateaux, les pêcheurs débarquant leur pêche, les amateurs nettoyant leur voilier. Quelques courageux étaient sur la plage de galets, allongés ou les pieds dans l'eau. La mer était montante mais encore assez éloignée, je m'en suis approché, ai ôté mes mocassins et me suis avancé jusqu'à avoir de l'eau aux genoux, au-dessus, c'était mon short ! L'eau était fraîche, je sus plus tard qu'elle était à 16°. Je fis quelques mètres à droite, à gauche, provoquant les vagues ; même après avoir remonté mon short au maximum, les embruns ont réussi à m'éclabousser. Mais, vraiment, je n'aime pas marcher sur les galets ! L'eau et sa fraîcheur m'avaient donné envie de faire pipi, réaction habituelle chez tout un chacun. J'ai hésité… il n'y avait pas foule mais, tout de même, un homme qui pisse au vent, cela se remarque. Hésitation entre l'envie de provoquer et la bienséance. Cette dernière gagna ! L'air marin avait creusé mon appétit, je m'installais en terrasse, face à la mer, et commandais une douzaine d'huîtres et une bouteille de cidre brut bien frais. Le bas de mon short était encore humide, ce qui avait fait sourire la serveuse qui me dit qu'il y avait un sèche-mains électrique et que je pourrais l'utiliser. Cela me rappela que je n'avais pas osé faire pipi dans la mer. Les lavabos étaient coquets, deux séchoirs étaient en effet accrochés au mur mais dans l'espace commun, avant l'habituelle séparation hommes-femmes ; j'ôtai mon short, l'accrochai tant bien que mal à un sèche-mains que je mis en marche puis allai enfin libérer ma vessie. Rencontre imprévue Le temps nécessaire à cette salutaire action, le sèche-mains était arrêté, je le remis en marche juste au moment où une femme entra. Elle eut l'air étonné de me voir en boxer, eut un léger sourire ; j'étais surpris en flagrant délit ! Je repris mon short, l'enfilai et remarquai qu'elle me regardait. Je la regardais à mon tour en refermant ma braguette. Jolie femme, dans la quarantaine, robe d'été fleurie, sandales aux pieds, un sac de plage sur l'épaule gauche ; elle avait le bras droit en écharpe. « Vous êtes en vacances ?» demande-t-elle. Je discerne un léger accent que je ne reconnais pas. « Pas du tout, je suis venu de Paris juste pour la journée, chercher un peu de fraîcheur. » « Je suis en vacances pour une petite semaine. Et vous n'avez pas pris de maillot de bain ? Moi, je l'ai toujours sur moi, pour profiter d'une éclaircie, répondre à une envie de baignade. Mais, avant-hier, j'ai fait une mauvaise chute de cheval, épaule bloquée. Mais avant… je suis désolée de vous avoir surpris comme cela… j'étais venue pour… une envie urgente ! » « Je vous en prie, ne vous retenez pas plus…allez vite… Puis-je vous attendre ?» « Pour être franche, j'espérais que vous alliez le demander… Puis-je vous confier mon sac de plage ? » Elle fait une pirouette charmante, me tournant le dos, faisant virevolter sa robe… Je me regarde dans la glace, ajuste ma chemisette dans mon short, je me fais un clin d'œil en me souriant… « A quoi pensiez-vous pendant que je faisais pipi ? N'ai-je pas été trop longue ? » Je me dis in petto que cette femme est étonnante par sa candeur… ou son audace. « Pas du tout, je songeais à la chance de ce beau soleil… pardon, je vous empêche de vous laver les mains ». Je m'efface pour lui laisser l'accès au lavabo, elle me sourit dans le miroir tout en se passant la main sous l'eau. Une pensée cocasse mais saugrenue me saute à l'esprit, me demandant comment elle a pu remonter sa culotte d'une seule main ! « Voulez-vous boire quelque chose ? Un thé ? Ou du cidre ? Peut-être est-il un peu tôt pour l'apéritif ? » Elle se passe la main sous le séchoir « c'est très gentil, merci,  je suis arrivée avant-hier, j'avais envie de visiter la ville, peut-être d'aller voir cette chapelle au sommet de la falaise. Mais il fait encore beau, on pourrait en profiter pour aller se baigner, non ? » Promenade ou non ? Nous sortons des toilettes et nous retrouvons sur la terrasse, face à la mer, je porte toujours son sac de plage.. « Vous n'êtes pas chaussée pour escalader la falaise et peut-être n'est-ce pas prudent avec votre bras blessé ! Je suis venu les mains dans les poches, je n'ai pas de maillot, mais je vous attendrai volontiers si vous voulez vous baigner. » « Je ne sais pas, le médecin ne m'a rien dit, seulement de ne pas du tout me servir de mon bras droit pendant 2 ou 3 jours, ce qui est extrêmement gênant car je suis droitière, incapable de faire quoi que ce soit de la main gauche. Je ne peux donc pas nager vraiment à cause du strap mais seulement me tremper dans l'eau. Quant à vous, vous pourriez vous baigner en slip  et venir avec moi. J'ai une serviette de plage, je vous la prêterai. » « Je ne porte pas de slip mais un boxer et c'est bientôt la fin de l'après-midi, il me faut rentrer sur Paris, je le regrette vivement, croyez-moi. » « Je le regrette plus encore, je crois aux hasards de la vie, cette  rencontre inattendue autant qu'originale. Mais pourquoi ne pas rester jusqu'à demain ? Vous êtes attendu ? » « Et vous-même ? Séjournez-vous seule ici ? Et en pleine saison, trouver une chambre libre n'est pas évident. » Je sens bien que quelque chose d'indéfini se trame… cette femme joue-t-elle ? Joue-t-elle de sa séduction ? Malgré son bras en écharpe, elle est à l'aise, ses mouvements sont fluides. « Oui, je suis seule, mon mari est retenu par ses affaires. Mais si vous vouliez rester, cela ne pose pas de problème, la chambre que j'occupe est à deux lits. » « Vous êtes assurément étonnante ! Séduisante et attirante mais nous venons de nous rencontrer par hasard, nous ne connaissons rien l'un de l'autre, pas même nos prénoms, et vous m'invitez à partager votre chambre ! Êtes-vous si aventurière, Madame, ou inconsciente des dangers ? » « Je m'appelle Ariane, j'ai 42 ans, je suis ingénieur, mariée depuis quinze ans, un enfant. Vous êtes plus âgé que moi, je ne sais pas ce que vous faîtes dans la vie mais je connais de vous ce que je vois dans votre regard, c'est pour moi le plus important. » Je ne peux m'empêcher de sourire à cette déclaration qu'elle a faite sur un ton légèrement agacé et je rétorque sur le même registre : « Je m'appelle Vladimir, je suis artiste, marié, un fils, vous êtes tellement plus jeune que moi mais moi aussi j'ai décelé dans votre regard des bribes de qui vous êtes… » Elle hésite quelques secondes en me regardant, puis elle me sourit en secouant la tête, jouant de ses cheveux mi-longs, puis elle détourne son regard, fixant la mer. Je m'approche d'elle, derrière elle, je tapote son épaule gauche, elle se retourne, je prends doucement son menton de deux doigts, plongeant mon regard dans ses yeux brillants, je ne dis rien immédiatement, elle soutient mon regard. Petite baignade « Alors, Madame, alors, Ariane, allons-nous enfin nous baigner ? Vous nous faîtes perdre du temps… » Elle prend une inspiration, comme pour me répondre, puis se retourne et descend sur la plage de galets. Je la suis, amusé par la tournure des évènements, ne pensant plus à l'heure qui passe. Elle va jusqu'au bord de la mer, la démarche souple malgré les galets qui font onduler ses hanches. Puis dans un mouvement assez lent elle fait glisser la bretelle gauche de sa robe… elle tourne légèrement la tête vers moi « Mon épaule me fait mal, voulez-vous m'aider à faire glisser ma robe ? » Ce que je fais doucement après avoir posé son sac de plage, prenant soin de ne pas forcer son épaule, dégageant la bretelle de son bras en écharpe ; la robe est arrivée à sa taille, je la lâche et voyant qu'elle ne bouge pas, je la fais glisser sur ses hanches que je devine fermes et galbées, appuyant un peu plus que nécessaire… et sentant les frissons qui la parcourent. Elle porte un maillot deux-pièces élégant, noir, avec quelques motifs orange ; elle lève un pied puis l'autre, j'ôte ses sandales, elle se retourne alors vers moi : « vous avez les mains très chaudes ; à vous maintenant ! » Je ne quitte pas ses yeux du regard, déboutonne ma chemisette, puis je défais ma ceinture, elle me fixe dans les yeux, mes mains se posent sur mon short, défont le premier bouton, je vois alors son regard sur mes mains, je baisse ma braguette, plus lentement que nécessaire, elle a un furtif sourire, je ramasse mon short que je pose sur sa robe, puis j'ôte ma chemisette et mes mocassins, je m'avance vers elle sans un mot, je prends sa main et l'entraîne dans l'eau. « Prenez garde à ne pas mouiller votre épaule » « Le médecin ne m'a pas dit que je devais éviter l'eau, juste garder mon épaule immobile. » L'eau est fraîche, l'un comme l'autre nous frissonnons ; les chevilles, les mollets puis les cuisses, l'eau paraît vraiment froide. « Je ne sais pas pourquoi je vous fais instinctivement confiance, je me suis toujours méfiée des hommes » me dit-elle en serrant un peu plus ma main. Pas à pas, nous entrons un peu plus dans l'eau ; Ariane est plus petite que moi, les vaguelettes effleurent son sexe avant le mien, je la sens se mettre sur la pointe des pieds. « Je ne sais pas pourquoi j'ai envie de vous croire. » lui dis-je Elle me regarde, me sourit : « C'est votre tour maintenant… » dit-elle en regardant mon boxer.
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Arpège
Il était une fois est une expression inventée par Charles Perrault. Il était une fois une femme qu'un poète magnifia; la même fut mise en musique par un musicien.
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Arpège

Elle se cache, et pourtant,
On dirait qu'elle attend
D'accrocher le regard
D'un homme un peu hardi,
Qui, bravant l'interdit,
Saura l'apercevoir…
Blottie sous une robe,
Une chatte un peu snob,
S'ennuie et se rebelle. 
Voudrait qu'un amoureux
Lui dise qu'elle est belle, 
Et la caresse un peu.

Votre sexe, madame, est comme vous, ambigu,
Partagé entre envie et secrète pudeur.
Vous aimez le cacher, comme un fruit défendu,
Mais, dès qu'on le délaisse, on vous brise le cœur.

Elle fait rêver les hommes,
Et leur offre la pomme
Qu'ils croquent, pauvres fous.
Mais, dès l'acte accompli,
Très vite, elle se replie
Et chasse le voyou.
Ses lèvres se referment
Pour savourer le sperme
De ce pauvre pénis,
Qui sort tout ahuri,
Voit sa peau qui se plisse
Et qui se rétrécit.

Votre sexe, madame, est donc bien ingrat,
Pour ce pauvre phallus, qui vous sert de bouche-trou,
Et que vous repoussez, lorsque après le combat,
Il sort, anéanti, tout triste, et un peu mou.

Malgré tous vos travers,
Le mâle vous espère
A nouveau amoureuse.
Il se presse devant
Votre fente, et attend
Un signe de la boudeuse.
Elle baille innocemment,
Devant ce pauvre gland,
Qui saisit l'occasion.
Qui fonce, sans réfléchir
Et se retrouve au fond
De l'antre des plaisirs.

Votre sexe, madame, est donc bien gourmand,
Dévorant sans vergogne, l'attribut masculin.
Son énorme appétit n'a d'égal que l'élan
De la verge inconsciente, vous servant de festin.

Depuis la nuit des temps,
Ainsi, à chaque instant,
Se perpétue le jeu
Des amours incendiaires,
De femmes un peu trop fières,
Et d'hommes trop amoureux.
Vainqueurs et vaincus,
Dans un même absolu,
Recherchent, tour à tour,
A prendre et à donner
Le plaisir et l'amour.
Puis, à recommencer.

Votre sexe, madame, est donc comme le mien.
L'un sans l'autre, orphelins, ils n'existeraient plus.
Ils se sont condamnés à se donner du bien,
Et à mordre, sans cesse, dans le fruit défendu.
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