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Gwen G

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Œuvres

Gwen G
Conte pour petits et grands, à lire au coin du feu lors d'une veillée, ou avant de s'endormir, pour enter au pays des songes avec une bonne bouffée de rire.
Découvrez les filouteries d'une petite frimousse pleine d'idées et de ... malice.
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Gwen G


Un matin d'automne, j'ai découvert, dans mon jardin, un cercle de champignons.
Tous blancs et couverts de rosée, posés sur l'herbe du pré.
"Voici qui est étrange", me suis-je dit. La nature a-t-elle eu, soudain des envies de géométrie ?
Ou alors, un être fantastique est à l'origine de cette pousse en une nuit.
Peut-être que les fées du voisinage ont dansé toute la nuit sur l'herbe et que sous leurs pas , les champignons ont jailli.
Peut-être que de petits lutins ont décidé de construire leur village, ou d'enterrer leur butin. Le cercle, mieux qu'une carte doit en indiquer le chemin.

Aussi, pour en être sûre, je leur laissai quelques noix et un morceau de brioche. Un cadeau de bienvenue en quelque sorte.

Le lendemain, non seulement les champignons étaient toujours là, mais il y en avait encore davantage.
Les noix et la brioche avaient disparu. Je cherchai une trace, un signe, une empreinte de pas, mais rien en vue.

Des lutins! Ce doit être l’œuvre de lutins, me dis-je. Passe pour la brioche, mais que feraient les fées de mes noix?
Enthousiasmée à l'idée d'avoir de nouveaux et étranges voisins, je réfléchis. Comment être sûre de la présence des lutins?
Ils auraient pu être simplement de passage, et utiliser mes présents comme goûter pour leur voyage.

Je plaçai donc à nouveau quelques noix, une part de gâteau, car je n'avais plus de brioche, et une soucoupe de lait à proximité du cercle de champignons. Le lait, me dis-je ne conviendra pas à des voyageurs. Les lutins ne pourront que le boire sur place ou le laisser. Ainsi je saurai, voisins ou voyageurs, qui est passé sur le pré.
Le troisième jour, plus de noix, plus de gâteau et plus de lait. La preuve était faite. Mon jardin était bel et bien habité.
Enchantée de ce nouveau voisinage, je déposais tous les soirs de la semaine qui suivit quelques friandises et boissons auprès des champignons. Ils disparurent immanquablement durant la nuit.

Tiraillée par la curiosité, je voulus savoir. A quoi ressemblent les lutins? Ont-ils le nez crochu, de petits yeux noirs et des cheveux châtains? Sont ils vêtus de feuilles, de mousse et de fleurs?
Portent-ils un chapeau pointu?
Comment faire pour découvrir tout cela sans effrayer les petits habitants du pré? C'est connu, les lutins aiment rester cachés.

Je décidai donc de passer la nuit dans le jardin. Je déposai, à nouveau pain, lait et biscuits.
Emmitouflée dans un duvet et équipée de jumelles, je m'installai dans un buisson, en vue du cercle de champignons. J'attendis ainsi la venue des lutins.
Hélas! Le froid et la fatigue eurent raison de mon attention et je m'endormis bien avant que ne sonne minuit.

A mon réveil, pas de lutins. Et plus de pain, et plus de lait, et plus de biscuits.

Réconfortée à l'idée que mes malicieux voisins n'aient pas été dérangés par ma présence et, qui sait, par mes ronflements, j'imaginais une autre astuce pour les observer.

La nuit suivante, je complétai mon équipement avec un appareil photo et une gourde de café pour me tenir éveillée. Et pour être sûre, je fis une grosse sieste durant l'après midi afin de chasser la fatigue et pouvoir affronter la nuit. Ainsi préparée, je m'installai dans mon buisson, non loin des champignons.
La lune était pleine et je distinguai parfaitement le cercle de champignons. Je commençai ma nuit de surveillance en sirotant une tasse de café chaud.

Minuit sonna au clocher du village et toujours aucun visiteur. J'attendais encore, bien éveillée, en sirotant mon café, qui n'etait plus très chaud.

Encore une heure ou deux d'attente. J'arrivai presque au bout de ma gourde de café. La fatigue me gagnait et ma tête dodelinait.
A moitié endormie, je crus entendre un bruit. Je me frottais les yeux et regardais le cercle de champignons. Je découvris alors l'origine du son. Entre deux brins d'herbe, un minuscule chapeau était apparu. Et sous ce chapeau, j'aperçus un petit nez pointu.
Le lutin, car c'était bien un lutin, me tournait le dos. Il sautillait autour du cercle et agitait une grande tige de pissenlit, projetant ses graines bien haut. Les graines ainsi dispersées scintillaient au clair de lune.
J'étais comme hypnotisée par ce spectacle merveilleux qui ne faisait que débuter. Un deuxième lutin apparut. Il se dirigea vers le centre du cercle et claqua des mains. A ce signal, ce ne sont pas un, ni deux, ni trois, mais bien dix lutins qui surgirent derrière les champignons.
Un premier lutin sortit de sa manche ce qui ressemblait à un petit violon. Deux cueillirent de larges feuilles et les disposèrent au centre du cercle. Trois saisirent la soucoupe de lait et la posèrent près des feuilles alignées. Quatre se dirigèrent vers les biscuits et le pain et les placèrent à côté du lait.
Enfin, les douze s'attablèrent au milieu des champignons, et commencèrent à se régaler, au son du petit violon.

Quelque peu remise de ma surprise et complètement réveillée je voulus saisir mon appareil photo, mais sans quitter des yeux ce tableau.
Mais alors, patatras, je renversai mon reste de café sur mon duvet. Je me relevai vivement pour éviter d'être mouillée et dans toute cette précipitation, je m'écroulai de tout mon long, à l'extérieur de mon buisson.

A cet instant tout était silence dans mon jardin.

Je relevai doucement la tête vers le cercle de champignons et en un bref instant, mes yeux croisèrent ceux des lutins attablés devant leur festin.
La seconde d'après, d'un seul coup, les douze lutins se levèrent. A toute vitesse, chacun ramassa une des feuilles posées au sol, se précipita derrière une touffe d'herbe et disparut.

Ébahie, je me relevai à mon tour, non sans difficulté, essayant de m'extraire de mon duvet. Je m'approchai des champignons et s'il n'y avait eu les restes de pain, de biscuits et de lait à moitié mangés, j'aurais pu penser avoir rêvé. Les lutins s'étaient volatilisés.

Extrêmement déçue et aussi fatiguée, je rentrai chez moi me coucher.

Le lendemain, je retournais dans mon jardin. Je voulais trouver un signe du passage des lutins.
Mais non, rien.
Les champignons, si blancs quelques jours auparavant avaient perdu leur éclat. Le gel arriva deux nuits plus tard et sonna leur trépas.

L'hiver passa. Le cercle de champignons ne réapparut pas.

Le printemps revint, mais toujours sans aucun signe des lutins.

L'été s'installa et fut peuplé de grillons, mais bien sûr je ne vis aucun champignon.

Je craignais d'avoir effrayé et fait fuir à jamais mes surprenants invités.

Aussi lorsque l'automne colora à nouveau les arbres de ses teintes de rouge, de rouille et d'or, je n'espérais plus du tout croiser le chemin de ces curieux lutins. Pourtant, à ma grande surprise, par un beau matin, je découvris un nouveau cercle de champignons dans mon jardin. Cela signifiait-il le retour de mes petits voisins?
Cette fois je retins ma curiosité et n'essayais pas de les espionner.

Alors, me demanderez-vous, sont-ils revenus ou non, ces douze petits lutins?
Je vous répondrai que je ne suis sûre de rien. Ce que je sais, c'est que si je dépose le soir, dans mon jardin, des noix, des biscuits, du lait ou du pain, ils ont disparu le lendemain.
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Défi
Gwen G

Une jeune sirène,
à la peau dorée,
joue avec les flots salés.
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Questionnaire de Scribay

Pourquoi écrivez-vous ?

J'ai commencé à inventer des histoires pour mes enfants. Le rituel de la lecture du soir avant de se coucher est devenu, de temps en temps l'occasion pour moi de canaliser un peu mon imagination.

Listes

Avec L'abeille de Dieu, Pioupiou...
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