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Moriarty

Défi
Moriarty

Quatre minutes, c’est quoi ? Le temps d’une chanson, parfois, en fonction du genre et de l’artiste. Le temps que je présente ma thèse en anglais, en synthétisant à mort de peur de perdre mes collègues, parce que mon sujet est abstrait. Le temps que je passe à chercher mon badge ou mes lunettes le matin alors qu’ils sont sous mes yeux.
 
Quatre minutes, c’est deux fois le temps de m’habiller le matin. C’est quatre fois moins que le temps que je passe à déjeuner. C’est cinq fois moins que le temps que je peux passer sous la douche le matin ou le soir.
 
Quatre minutes à fixer le vide, c’est long.
 
En quatre minutes, je peux vous coder une petite fonction, et dans cette fonction, appeler une variable « banana » juste pour pouvoir mettre banana.split() quelque part dans mon code, ce ne serait rien de plus qu’un découpage de banana, mais ça aurait le mérite de faire rire la personne qui verrait ce bout de code. En langage geek, on pourrait presque appeler ça un Easter Egg. C’est un peu ma signature, en fait. Faire des jeux de mots dans mon code. Ou des petits commentaires acidulés.
 
Quatre minutes, c’est plus qu’il ne m’en faut pour avoir quatre idées.
 
Quatre minutes, c’est l’éternité qu’il m’aura fallu attendre avant de passer à mon tour le jour de l’épreuve dite du « rapide » au permis moto, sur le plateau. Quatre minutes de pure angoisse. Un fragment de ma vie. Quatre minutes, quand on a vingt ans, ça passe comme deux minutes. Quand on a dix ans comme deux heures. Quand on a soixante ans, comme quatre seconde. Le temps est un bien étrange phénomène. On le croit linéaire, mais il se déforme à travers le prisme de notre existence.
 
Ma vie, c’est quoi ? Plus de cent mille lignes de codes divers écrites, depuis un peu plus de quatre ans. Une bonne vingtaine de litres de café bus, même plus. Quarante mille kilomètres parcourus en moto. Quatre ans de collège. Trois ans de lycée. Cinq ans d’études supérieures. Presque vingt-trois ans en tout et pour tout… Merde, déjà ? Il n’y a pas de bouton pause ? Dommage.
 
Tic-tac, l’heure tourne. Les montres me fascinent. Surtout les vieilles montres à gousset. Comment peut-on capturer le temps dans un tel mécanisme ?
 
Quatre minutes pour raconter ma vie ? Je suis née. J’ai grandi. Je vis. Je mourrais. En tout cas, voilà comment on résume une vie en quatre phrases.
 
Quatre minutes, c’est le début d’un de ces fous rires qui vous collent des crampes, qui vous font pleurer. Quatre minutes avec les gens qu’on aime c’est toujours trop peu, pourtant, il m’arrive d’avoir envie de partir m’isoler au bout de quatre minutes avec ma famille. Quatre minutes de solitude pour se retrouver avec soi-même et souffler un coup.
 
Quatre est un bon chiffre. Par exemple, j’ai quatre très bons amis. Quatre est équilibré. J’aime bien quand les choses s’équilibrent. Peut-être parce que je suis souvent la cinquième roue du carrosse. Mais surtout, je suis un peu binaire comme personne. Il y a 10 sortes de personnes dans le monde. Ceux qui savent compter en binaire et les autres. Non, mieux, il y a 100 sortes de personnes. Ceux qui savent compter en binaire. Ceux qui font des blagues en binaire. Ceux qui ne comprennent pas les blagues binaires. Et les autres.
 
La vie est une boucle de quatre minutes qui itèrent pendant un nombre variable de fois. Et souvent, on pense que c’est trop peu.  Et si cette inconnue était révélée dès le départ ? Si on savait combien de boucles formeraient notre vie… changerions-nous nos actes ? Reverrions-nous nos plans de carrière ?
 
Et s’il ne nous restait que quatre minutes à vivre ? Que se passerait-il durant les quatre dernières minutes avant la fin du monde ? Et si dans quatre minutes, je déclenchais la fin du monde ? Je sens venir une idée d’histoire.
 
C’est l’histoire d’un mec qui termine son journal durant les quatre dernières minutes avant la fin de notre monde. Ce n’est pas « 2012 » ou quoi. Juste la fin du monde. Peut-être même qu’il est celui qui a déclenché la fin du monde. Voilà l’introduction. Il se présente. Il dit un truc banal, du genre « ceci sont les dernières pages de ce qu’était l’humanité. Peut-être qu’un jour une espèce intelligente découvrira ces carnets et comprendra. Elle comprendra comment nous, les Hommes, nous avons détruit notre planète. Et peut-être qu’elle nous pardonnera. » Et la suite racontera… Racontera quoi ? Une Pandémie. La Troisième Guerre mondiale. Les Zombies. Un astéroïde. Mère Nature qui prend sa revanche. Une bombe nucléaire. Dix bombes nucléaires. Ce serait le journal d’un type ordinaire. L’apocalypse selon monsieur tout le monde.
 
Et ce monsieur tout le monde, il aurait donné n’importe quoi pour quelques secondes de plus. Parce qu’il aurait fallu quatre minutes et trois secondes pour sauver le monde. Il aurait vendu sa mère ou ses gosses pour sauver le monde. Mais comme on ne peut pas acheter le temps, il aurait échoué. Boom. Rideau. Fin du spectacle.
 
Ou peut-être que quatre minutes, c’est le temps qu’il nous faut pour revoir notre vie en accéléré au moment de mourir ? Dans un kaléidoscope étincelant. Et là aussi, rideau. Puis quatre minutes d’ascension jusqu’à Saint-Pierre ? Non. Je m’ennuierais au paradis. Quatre minutes vers la réincarnation. En chat, s’il vous plait. Pour passer mon temps à dormir et narguer le chien des voisins.
 
Est-ce qu’on peut recréer le monde en quatre minutes ? Peut-être pas, mais on peut refaire le nôtre. En tout cas, en quatre minutes, moi, j’ai le temps de partir dans beaucoup de directions différentes. Parce que mon imaginaire ne tient pas en place pendant quatre minutes. Il faut constamment le surveiller l’animal, des fois qu’il lui prenne l’envie de repeindre le ciel en vert. Sérieusement, il ne pourrait pas prendre une petite pause pour une fois ? Je ne lui demande pas grand-chose, juste quatre minutes de paix, pour me reconcentrer. Et après, libre à lui de ressortir la fanfare.
 
Et ce soir, en tout cas, je ne mettrais pas quatre minutes à m’endormir.
 

En tous cas, vous venez d’avoir l’aperçu de quatre minutes dans ma tête. Alors, pas trop perdu(e)s ?
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Défi
Moriarty

Un livre, c'est un monde à part entière. A la fois secret et public. Intime et commun. Les livres, dans ma chambre, se sont toujours comptés par dizaines sur mes étagères. Des grands, de petits. Des gros, des fins. Des livres pour enfant. Des livres pour adultes. Des recueils de poésie et des récits d'aventure fantaisistes. Ma chambre est le centre de plusieurs univers. J'ai toujours vu des livres autour de moi, et très vite, la passion des mots m'a attirée.


Des heures durant, le jour, la nuit, à l'école, dans mon lit, sur le canapé, par terre, dans l'herbe, les livres m'ont accompagnée. Ils étaient toujours là, servant de base à mes jeux d'enfants, les longs après-midis passés à courir dans la campagne, avec un ami, pour nous battre contre des dragons et autres monstres effroyables. Nous étions chevaliers, dragonniers, Jedis, voleurs, Marchombres, magiciens, sorciers, épouvanteurs, ... Nous dévorions les livres en bons biblivores. Jamais rassasiés. Mais bientôt, nos petits jeux ne nous amusèrent plus.


Que faire alors ?
Ecrire à notre tour, pour qui sait, un jour peut-être inspirer quelqu'un, qui prendra à son tour la plume et ainsi de suite jusqu'à la fin des temps, déclenchant un petit big bang personnel.


Une simple feuille de papier et un stylo. Il n'en faut pas plus pour pouvoir créer un nouvel être, un golem dont la peau est faite de cellulose et dont le sang est d'encre. Créer des être de papiers, un peu comme Dieu est censé avoir créé les Hommes. Leur faire vivre des aventures qu'il m'est impossible de vivre.


Après avoir passé des nuits à lire, voilà que je passe des nuits à écrire, sans pause. J'écris partout. Dans le bus. Dans le train. Pendant les repas de famille qui s'éternisaient. Pendant des cours. Griffonner des morceaux d'univers entre deux théories.


Ecrire pour oublier le quotidien, pour s'évader. Pour se défouler aussi parfois. On crée ainsi une infinité de possibilités. Car tout devient possible. Les poissons deviennent les maîtres des cieux et les oiseaux hantent les eaux profondes. Qu'importe la logique, du moment que c'est ma logique. Je peux donner un sens à l'absurde. Rendre le beau laid, et le laid beau. Il suffit de demander. Les seules limites existantes sont celles de l'imagination.



Je peux écrire sur commande. Des choses simples mais sincères. Ou je peux utiliser ma plume comme la plus affûtée des lames. Qu'importe. Tant que j'ai mon stylo, je peux refaire le monde. Me faire entendre. Réaliser l'impossible… Ou bien évacuer un trop plein sentimental.


Et si, au fond, écrire était juste un moyen d'exorciser. Exorciser quoi ? Tout ce qu'on veut. Tout ce qu'on veut se sortir de l'esprit. Toutes ces choses qui nous rongent peu à peu.


Et pour quelques instants, être quelqu'un d'autre...
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Moriarty
Ah Nougaro... S'il est un personnage (contemporain) vraiment célèbre dans ma région, c'est bien lui...

Je ne pouvais pas ne pas relever ce défi.. Allez, venez faire un petit tour dans mon pays !
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Défi
Moriarty
J’ai décidé de traiter ce défi en sortant légèrement du cadre donné, tout en respectant le thème initial. J’espère qu’on ne m’en tiendra pas rigueur. J’ai voulu donné un peu plus d’ampleur au texte, en traitant plus ou moins les deux points mentionnés dans le défi, mais aussi en y ajoutant l’annonce du décès, qui se fait toujours plus ou moins de la même façon, qu’importe le pays d’origine du défunt. J’ai essayé de coller à la réalité le plus possible.
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Moriarty
Texte réalisé suite au DefiUnAuteur proposé par Marie Tinet, basé sur l'image (libre de droits) utilisée en couverture.
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Défi
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"La mort est sans doute un beau voyage car personne n'en est jamais revenu."

"Je n'ai pas peur de mourir, j'ai peur de ne pas avoir assez vécu." [Mr. Nobody]

Ma contribution sur ce défi qui porte sur LA grande question qu'on se pose tous au moins une fois. "Et après, il y a quoi ?".

Bonne lecture.
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Défi
Moriarty
Voici ma réponse au Défi "Marvel ou Detective Comics", qui met en scène un personnage à l'origine inventé pour un jeu de rôles. C'est un personnage qui s'inscrirait plus dans la lignée des Marvels.

Chad est le patron du "Croco-Deal", un café-théâtre, depuis que son père s'est retiré des affaires. Mais surtout, Chad est un mutant. Son pouvoir ? Créer des illusions. Rien de dramatique. Sauf qu'il ne fait pas bon d'être un mutant ces derniers temps. Encore moins lorsqu'une de vos employées sort avec Billy Wade, un jeune mutant au caractère flamboyant qui pourrait servir d'illustration à la campagne anti-mutants...
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Défi
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« Dans toutes les pages les plus sombres du surnaturel maléfique, il n’est pas de tradition plus terrible que celle du vampire. Un paria, même parmi les démons. »
[Montague Summers]

Ce texte s'inscrit dans la lignée d'une coécriture réalisée avec Missfantasy. Il s'agit d'enquêtes mêlant l'époque contemporaine à la fantasy.
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Défi
Moriarty
Voici ma réponse (tardive) au défi "Incipits : étape 2".
Comme mon idée de départ était assez vague - du moins, si c'était clair dans ma tête, ce n'était pas vraiment évident à mettre en oeuvre, parce que je fais rarement un "plan détaillé" de mes histoires... Sans doute un traumatisme dû aux dissertations... (c'est une blague)

En espérant que cela vous plaise.
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Moriarty
Ce texte m'a été inspiré par ce spot de publicité : https://youtu.be/UVc1xzwbpgY
Il s'agit d'une pub tournée par Honda pour promouvoir l'Enduropale du Touquet, une course annuelle réputée dangereuse. C'était là ma manière à moi de rendre hommage aux motards, parce que au fond, on est tous un peu fous, nous les motards.


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Terrae, 2022, Académie d'Histoire et Géographie Spatio-Temporelle.
Il était tôt, guère plus de huit heures du matin. Normalement, les Voyages ne débutaient qu’à neuf heures, mais pour l’équipage face au Professeur, l’Heure avait été avancée, et méticuleusement calculée. Ils étaient cinq jeunes fraîchement promus de l’Académie d’Histoire et Géographie Spatio-Temporelle. Trois garçons et deux filles. Ils se connaissaient depuis leur prime enfance. Lockie – de son vrai nom Sherlock Zep’Griffith – venait d’une famille de pilotes de Zeppelin, il était celui qui tranchait le plus dans le groupe, avec sa stature de Voltigeur. Mais il connaissait très bien les Lois et n’avait jamais voulu se contenter de Terrae. Grand brun maigrichon, il dépassait tous ses compagnons d’au moins une tête. Nina et Rory étaient jumeaux, rouquins à l’air espiègle. Eireen était la plus petite, le visage en forme de cœur, mangé par ses boucles blondes et ses lunettes. Et enfin, Timo, le dernier de la bande, petit et trapu, aux cheveux châtains qui commençaient déjà à se clairsemer. Tous les cinq trépignaient et cachaient mal leur excitation. Ce n’était pas un simple Voyage. Leur première vraie Mission. Un dernier briefing et à eux l’aventure ! Lockie avait un besoin irrépressible de sauter partout, d’évacuer son trop plein d’énergie. Il n’avait pas fermé l’œil de la nuit.
 
Enfin, après les avoir faits mariner en silence, le Professeur se racla la gorge.
« Votre destination pour cette Mission est la Terre. Attendez que j’ai terminé avant de me faire ces têtes d’enterrement. Vous allez atterrir en pleine Guerre mondiale. Pour votre première Mission, c’est un classique nécessaire. Vous êtes notre plus jeune équipage à ce jour. Vous devrez faire votre rapport toutes les semaines. »
Il les fixa pendant un instant. Ils auraient dû s’en douter dès le départ. Ils n’allaient pas être lâchés n’importe où, quand même. Avec le potentiel de ces cinq jeunes, il y avait de quoi recréer un big bang à l’époque contemporaine. Seulement, ils fonctionnaient tellement bien ensemble qu’on ne pouvait les séparer. Une telle alchimie entre Voyageurs était rare et précieuse.
« Bien. Pouvez-vous me rappeler les Lois des Voyageurs ? »
« On ne doit en aucun cas intervenir pour changer le cours de l’Histoire, peu importe la situation. » répondit Lockie sans hésiter un seul instant.
« Un Equipage doit rester ensemble de tout temps... » commença Rory.
« ...Si on part à cinq, on revient à cinq, on ne laisse personne derrière. » compléta Nina.

« Peu importe l’endroit et l’époque où nous allons, personne ne doit soupçonner que nous sommes des Voyageurs. » ajouta Timo.
Le Professeur acquiesça, satisfait. Maintenant, ils avaient leur ordre de mission. Et ils étaient prêts. Aussi prêts que peuvent l’être de jeunes aventuriers.
 
Ils prirent place dans leur vaisseau. Lockie était aux commandes, parce que dans le fond, il était le meilleur pilote du groupe, même si on ne pilotait pas une navette du HGST comme on pilote un Zeppelin, quoi qu’il en dise, il était né pour ça. Piloter. Gamin, il avait toujours gagné les courses auxquelles il avait participé, malgré l’utilisation de  techniques parfois bien risquées et très hasardeuses. Ils étaient tous à leur poste. Rory avait vérifié et revérifié leurs coordonnées d’atterrissage. Il ne leur restait plus qu’à attendre le signale de la Tour de Contrôle, afin de pouvoir prendre le SpatioVortex sans aucun problème. Timo commença à faire des blagues, surtout pour taquiner Rory, si pointilleux sur les calculs de coordonnées, signalant au passage qu’ils ne devaient en aucun cas croiser de dinosaures, ce qui lui valut un regard noir de Nina. Enfin, le signal du départ. Lockie mit le contact et abaissa plusieurs leviers tandis que Rory validait définitivement les coordonnées.  Le Vaisseau tressauta un instant avant de se mettre en mouvement. D’abord, prendre un peu d’élan. Un court vol rectiligne, avant les secousses propres au Vortex, le moment où  il fallait avoir l’estomac bien accroché – et surtout, où il fallait être sûr que tout était bien arrimé dans le Vaisseau.
En fonction des coordonnées rentrées, le vol était plus ou moins long et plus ou moins tumultueux, mais pour cinq jeunes de vingt-cinq ans, ce n’était rien de plus qu’un bon gros tour de montagnes russes. Une partie de rigolade pour des personnes qui étudiaient le voyage dans le temps et l’espace depuis des années et qui avaient fait leur lot de vol en simulateur. Et enfin, quand ils sortirent du Vortex, ils laissèrent tous échapper un cri de joie et de victoire.  A eux l’aventure. Ils n’oubliaient pas leur but initial. Mais ils comptaient bien en profiter un peu quand même !
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Défi
Moriarty

Et dire que tout était parti d’une simple farce. Le genre tellement stupide qu’il m’est impossible de m’en rappeler – bon, peut-être aussi parce que j’en fais beaucoup. Ça avait fusé, spontanément. Une excuse qui n’en est pas une.
« C’est pas moi, c’est Jazz. »
Les autres étaient venus s’ajouter au fil du temps. Alors des présentations s’imposent. D’abord, Jazz, la spécialiste des coups fourrés, des blagues en tout genre, toujours de bonne humeur, toujours à sauter dans les coins. Ensuite, Zéphyr. Zéphyr pourrait être le jumeau de Jazz, sauf qu’il préfère les coups tordus. Son jeu favori ? Piquer subtilement des objets, pour s’amuser. Briquets. Cigarettes… Ne laissez rien trainer prêt de lui ! Ce n’est pas un cleptomane, il aime juste vous faire tourner en bourrique. Morrigan, princesse barbare. Elle aime la bière, le whisky et la moto. Elle n’a pas peur de se casser un ongle. Et elle a le sens de la répartie. Mais le roi de la répartie et de la logique, c’est Moriarty, tel l’illustre psychopathe dont il s’inspire. Il voit facilement les solutions, et il a le verbe facile – de ce côté-là, il peut s’attirer autant d’ennuis que Zéphyr. Et enfin. Kurt. Le Raton Laveur. Ne me demandez pas pourquoi, je ne sais pas non plus ce qu’il fiche dans les parages.
 
D’ordinaire, chacun des squatteurs à son domaine de prédilection. Celui où il intervient tout seul. Mais il arrive parfois que tout ce beau monde se retrouve à intervenir en même temps. Chez le commun des mortels, on appelle ça l’ennui.
 
Parfois la nuit, ces cinq énergumènes me tiennent éveillée. Avec des questions du genre « est-ce que les pingouins  ont des genoux ? » Sérieusement. M’empêcher de dormir, pour une histoire de genoux et de pingouins ? C’est ça. Ou autre chose. Jamais de silence.
 
Dès qu’un rayon de soleil sort, Morrigan se lance.
« Viens, on va faire un tour de moto. »
Je ne peux pas, je suis au travail, là.
« Allez, bâcle moi ce code. Tu n’as pas envie de mettre la poignée dans le coin et de laisser filer le goudron sous tes pneus ? »
Non, pas maintenant.
 
Ou si quelqu’un vient m’embêter – par embêter comprenez surtout personne qui commence à fortement me taper sur le système nerveux et contre qui j’aimerais faire fusionner mon poing avec beaucoup d’élan parce que la gentille de service commence à en avoir ras-la-casquette.
« Allez, une bonne petite salade de phalanges, qu’il comprenne que t’as beau être une fille, tu peux lui faire ravaler sa connerie suintante. »
On se calme…
 
Ou en soirée chez des amis de la famille, Zéphyr qui imagine tous les scénarios possibles et imaginables pour se désennuyer.
« Allez, planque ce paquet de cigarettes, de toute façon, les parents fument trop. »
Non, ils sauront que c’est moi.
« Balance une boulette de pain sur le gosse. »
Il va se faire punir à ma place.
 
Ou en ville avec des amis. Jazz qui s’emballe sur des vannes et ce, au quart de tour.
« Non, mais sérieusement, boutique Pouf ? Et ils comptent avoir des clients ? Vas-y, allume ta caméra ! J’ai un sketch qui me vient. »
Non, calme toi, il y a un peu trop de monde dans la rue. Tu n’es sensée intervenir qu’au théâtre, chère amie !
 
Ou face à un problème, la logique pertinente et parfois imparable de Moriarty.
«  Et si tu utilisais ton balais plutôt qu’une règle pour déloger ce criquet de ton plafond, c’est pas avec ton mètre soixante-dix que tu vas faire des miracles. »
Ou encore.
« Tu vois bien que le sol est pas équilibré, si tu te servais d’un râteau pour aplanir le sol avant de caser cette palette, tu n’aurais pas ce problème… Tu vois, je te l’avais dit. »
Moriarty, c’est aussi celui qui trouve des solutions aux problèmes à des endroits parfois surprenants. Sous la douche (un classique !), en moto (vaudrait pas mieux se concentrer sur ton virage là ?), aux WC (sérieusement ? C’est pas le moment-là !), à plusieurs dizaines de kilomètres de l’endroit où le problème devrait être résolu (Pas très utile, hein ?).
 
Et puis… Et puis, il y a Kurt. Ses solutions miracles ? Mordre et manger, ça se passe de conversation. Ou parfois, lancer des objets aux gens. Je dirais bien manger les gens aussi, est une solution, mais le cannibalisme n’est pas toléré dans notre société.
Comme il n’y a pas grand-chose à dire sur notre bon ami Kurt, je vais lui laisser le mot de la fin.
  «  EEEEEEEEEEEK »
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