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Moriarty

A des année-lumières de l'écriture, je suis diplômée en informatique. Pourtant, les livres ont toujours eu une grande importance dans ma vie. Ils couvrent et recouvrent mes étagères (au dernier recensement, et en dehors de ceux qui sont au grenier, je dois en avoir pas loin de 250). Ce qui fait que généralement, les gens me prennent pour un OVNI.

J'aime créer des univers et des personnages, pour contrer le quotidien. J'écris sur tout, sur n'importe quoi, je refais le monde du bout de mon stylo.

Je suis une adepte des "RPG", parce que c'est une forme d'écriture intéressante, on ne peut jamais deviner ce que notre partenaire va nous imposer !

Mais je suis surtout locataire du Boulevard des Inachevés. Difficile quand notre imagination foisonne de terminer tous ces textes. Ce qui est dommage, car certains ont sans doute du potentiel...
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œuvres
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défis réussis
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"J'aime" reçus

Œuvres

Défi
Moriarty

Quatre minutes, c’est quoi ? Le temps d’une chanson, parfois, en fonction du genre et de l’artiste. Le temps que je présente ma thèse en anglais, en synthétisant à mort de peur de perdre mes collègues, parce que mon sujet est abstrait. Le temps que je passe à chercher mon badge ou mes lunettes le matin alors qu’ils sont sous mes yeux.
 
Quatre minutes, c’est deux fois le temps de m’habiller le matin. C’est quatre fois moins que le temps que je passe à déjeuner. C’est cinq fois moins que le temps que je peux passer sous la douche le matin ou le soir.
 
Quatre minutes à fixer le vide, c’est long.
 
En quatre minutes, je peux vous coder une petite fonction, et dans cette fonction, appeler une variable « banana » juste pour pouvoir mettre banana.split() quelque part dans mon code, ce ne serait rien de plus qu’un découpage de banana, mais ça aurait le mérite de faire rire la personne qui verrait ce bout de code. En langage geek, on pourrait presque appeler ça un Easter Egg. C’est un peu ma signature, en fait. Faire des jeux de mots dans mon code. Ou des petits commentaires acidulés.
 
Quatre minutes, c’est plus qu’il ne m’en faut pour avoir quatre idées.
 
Quatre minutes, c’est l’éternité qu’il m’aura fallu attendre avant de passer à mon tour le jour de l’épreuve dite du « rapide » au permis moto, sur le plateau. Quatre minutes de pure angoisse. Un fragment de ma vie. Quatre minutes, quand on a vingt ans, ça passe comme deux minutes. Quand on a dix ans comme deux heures. Quand on a soixante ans, comme quatre seconde. Le temps est un bien étrange phénomène. On le croit linéaire, mais il se déforme à travers le prisme de notre existence.
 
Ma vie, c’est quoi ? Plus de cent mille lignes de codes divers écrites, depuis un peu plus de quatre ans. Une bonne vingtaine de litres de café bus, même plus. Quarante mille kilomètres parcourus en moto. Quatre ans de collège. Trois ans de lycée. Cinq ans d’études supérieures. Presque vingt-trois ans en tout et pour tout… Merde, déjà ? Il n’y a pas de bouton pause ? Dommage.
 
Tic-tac, l’heure tourne. Les montres me fascinent. Surtout les vieilles montres à gousset. Comment peut-on capturer le temps dans un tel mécanisme ?
 
Quatre minutes pour raconter ma vie ? Je suis née. J’ai grandi. Je vis. Je mourrais. En tout cas, voilà comment on résume une vie en quatre phrases.
 
Quatre minutes, c’est le début d’un de ces fous rires qui vous collent des crampes, qui vous font pleurer. Quatre minutes avec les gens qu’on aime c’est toujours trop peu, pourtant, il m’arrive d’avoir envie de partir m’isoler au bout de quatre minutes avec ma famille. Quatre minutes de solitude pour se retrouver avec soi-même et souffler un coup.
 
Quatre est un bon chiffre. Par exemple, j’ai quatre très bons amis. Quatre est équilibré. J’aime bien quand les choses s’équilibrent. Peut-être parce que je suis souvent la cinquième roue du carrosse. Mais surtout, je suis un peu binaire comme personne. Il y a 10 sortes de personnes dans le monde. Ceux qui savent compter en binaire et les autres. Non, mieux, il y a 100 sortes de personnes. Ceux qui savent compter en binaire. Ceux qui font des blagues en binaire. Ceux qui ne comprennent pas les blagues binaires. Et les autres.
 
La vie est une boucle de quatre minutes qui itèrent pendant un nombre variable de fois. Et souvent, on pense que c’est trop peu.  Et si cette inconnue était révélée dès le départ ? Si on savait combien de boucles formeraient notre vie… changerions-nous nos actes ? Reverrions-nous nos plans de carrière ?
 
Et s’il ne nous restait que quatre minutes à vivre ? Que se passerait-il durant les quatre dernières minutes avant la fin du monde ? Et si dans quatre minutes, je déclenchais la fin du monde ? Je sens venir une idée d’histoire.
 
C’est l’histoire d’un mec qui termine son journal durant les quatre dernières minutes avant la fin de notre monde. Ce n’est pas « 2012 » ou quoi. Juste la fin du monde. Peut-être même qu’il est celui qui a déclenché la fin du monde. Voilà l’introduction. Il se présente. Il dit un truc banal, du genre « ceci sont les dernières pages de ce qu’était l’humanité. Peut-être qu’un jour une espèce intelligente découvrira ces carnets et comprendra. Elle comprendra comment nous, les Hommes, nous avons détruit notre planète. Et peut-être qu’elle nous pardonnera. » Et la suite racontera… Racontera quoi ? Une Pandémie. La Troisième Guerre mondiale. Les Zombies. Un astéroïde. Mère Nature qui prend sa revanche. Une bombe nucléaire. Dix bombes nucléaires. Ce serait le journal d’un type ordinaire. L’apocalypse selon monsieur tout le monde.
 
Et ce monsieur tout le monde, il aurait donné n’importe quoi pour quelques secondes de plus. Parce qu’il aurait fallu quatre minutes et trois secondes pour sauver le monde. Il aurait vendu sa mère ou ses gosses pour sauver le monde. Mais comme on ne peut pas acheter le temps, il aurait échoué. Boom. Rideau. Fin du spectacle.
 
Ou peut-être que quatre minutes, c’est le temps qu’il nous faut pour revoir notre vie en accéléré au moment de mourir ? Dans un kaléidoscope étincelant. Et là aussi, rideau. Puis quatre minutes d’ascension jusqu’à Saint-Pierre ? Non. Je m’ennuierais au paradis. Quatre minutes vers la réincarnation. En chat, s’il vous plait. Pour passer mon temps à dormir et narguer le chien des voisins.
 
Est-ce qu’on peut recréer le monde en quatre minutes ? Peut-être pas, mais on peut refaire le nôtre. En tout cas, en quatre minutes, moi, j’ai le temps de partir dans beaucoup de directions différentes. Parce que mon imaginaire ne tient pas en place pendant quatre minutes. Il faut constamment le surveiller l’animal, des fois qu’il lui prenne l’envie de repeindre le ciel en vert. Sérieusement, il ne pourrait pas prendre une petite pause pour une fois ? Je ne lui demande pas grand-chose, juste quatre minutes de paix, pour me reconcentrer. Et après, libre à lui de ressortir la fanfare.
 
Et ce soir, en tout cas, je ne mettrais pas quatre minutes à m’endormir.
 

En tous cas, vous venez d’avoir l’aperçu de quatre minutes dans ma tête. Alors, pas trop perdu(e)s ?
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Défi
Moriarty
Ah Nougaro... S'il est un personnage (contemporain) vraiment célèbre dans ma région, c'est bien lui...

Je ne pouvais pas ne pas relever ce défi.. Allez, venez faire un petit tour dans mon pays !
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Défi
Moriarty

Un livre, c'est un monde à part entière. A la fois secret et public. Intime et commun. Les livres, dans ma chambre, se sont toujours comptés par dizaines sur mes étagères. Des grands, de petits. Des gros, des fins. Des livres pour enfant. Des livres pour adultes. Des recueils de poésie et des récits d'aventure fantaisistes. Ma chambre est le centre de plusieurs univers. J'ai toujours vu des livres autour de moi, et très vite, la passion des mots m'a attirée.


Des heures durant, le jour, la nuit, à l'école, dans mon lit, sur le canapé, par terre, dans l'herbe, les livres m'ont accompagnée. Ils étaient toujours là, servant de base à mes jeux d'enfants, les longs après-midis passés à courir dans la campagne, avec un ami, pour nous battre contre des dragons et autres monstres effroyables. Nous étions chevaliers, dragonniers, Jedis, voleurs, Marchombres, magiciens, sorciers, épouvanteurs, ... Nous dévorions les livres en bons biblivores. Jamais rassasiés. Mais bientôt, nos petits jeux ne nous amusèrent plus.


Que faire alors ?
Ecrire à notre tour, pour qui sait, un jour peut-être inspirer quelqu'un, qui prendra à son tour la plume et ainsi de suite jusqu'à la fin des temps, déclenchant un petit big bang personnel.


Une simple feuille de papier et un stylo. Il n'en faut pas plus pour pouvoir créer un nouvel être, un golem dont la peau est faite de cellulose et dont le sang est d'encre. Créer des être de papiers, un peu comme Dieu est censé avoir créé les Hommes. Leur faire vivre des aventures qu'il m'est impossible de vivre.


Après avoir passé des nuits à lire, voilà que je passe des nuits à écrire, sans pause. J'écris partout. Dans le bus. Dans le train. Pendant les repas de famille qui s'éternisaient. Pendant des cours. Griffonner des morceaux d'univers entre deux théories.


Ecrire pour oublier le quotidien, pour s'évader. Pour se défouler aussi parfois. On crée ainsi une infinité de possibilités. Car tout devient possible. Les poissons deviennent les maîtres des cieux et les oiseaux hantent les eaux profondes. Qu'importe la logique, du moment que c'est ma logique. Je peux donner un sens à l'absurde. Rendre le beau laid, et le laid beau. Il suffit de demander. Les seules limites existantes sont celles de l'imagination.



Je peux écrire sur commande. Des choses simples mais sincères. Ou je peux utiliser ma plume comme la plus affûtée des lames. Qu'importe. Tant que j'ai mon stylo, je peux refaire le monde. Me faire entendre. Réaliser l'impossible… Ou bien évacuer un trop plein sentimental.


Et si, au fond, écrire était juste un moyen d'exorciser. Exorciser quoi ? Tout ce qu'on veut. Tout ce qu'on veut se sortir de l'esprit. Toutes ces choses qui nous rongent peu à peu.


Et pour quelques instants, être quelqu'un d'autre...
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Questionnaire de Scribay

Pourquoi écrivez-vous ?

Pour refaire le monde du bout de mon stylo. Pour m'évader du quotidien. Parce que c'est parfois beaucoup plus facile de jouer avec les mots que de se battre avec la réalité. Parce que quand on écrit, on est maître de faire ce que bon nous semble, les oiseaux peuvent nager dans l'océan et les poissons voler haut dans le ciel. Le seul obstacle est formé par les limites de notre imagination.
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