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Matthieu Savary

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Œuvres

Matthieu Savary
La poésie est sans doute le seul genre où les auteurs sont plus nombreux que les lecteurs. Ou comme l'écrit Enzensberger : le besoin d'écrire des poèmes coexiste avec l'horreur d'en lire.

Qu'on me permette d'introduire ainsi mes poèmes par ce constat. Que les causes en soient connues ne signifient pas qu'on puisse les résoudre, même collectivement. On sait que la poésie est maltraitée à l'école, qu'elle est délaissée par les grandes maisons d'édition, et que le risque d'entre-soi des rares poètes qui parviennent à arracher à l'indifférence une audience fragile, dans un contexte de perfusion aux aides publiques, n'aide pas forcément à faire naître de grands textes.

Constat amer, qu'il est coûteux de dire, car je ne sais pas si mes poèmes méritent mieux que cet oubli.

Et bien que ces poèmes soient moins amers que mon constat, c'est bien la toile de fond qui semble les accueillir, et c'est pour cette raison que j'ai pris le risque de donner à mon recueil un titre larmoyant. Ce titre est le vers d'un poème que j'ai abandonné. Le poème était mauvais, vous ne perdrez rien à ne pas le lire. Mais j'ai gardé ce vers. Bien sûr, il aurait été artificieux de le coller ailleurs, et ce n'est que maladroitement et déçu que j'ai tenté de le faire. C'est une chose curieuse de voir un vers vous rester sur les bras. Vous le gardez, vous le gardez, mais vous n'avez rien à en faire. Le recycler en titre devrait-il me faire honte ? Je trouve ça plutôt drôle. C'est comme si je posais un poids sur une feuille tremblante, pour qu'un coup de vent ne l'emporte pas.

Allons voir si le reste est vraiment aérien.

Merci, amis poètes.
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Matthieu Savary
Je souhaitais depuis longtemps écrire autour de la poésie, mais je tardais. Je craignais moins le manque de légitimité à le faire que le risque d'enferrer la poésie dans une définition étroite. Cette crainte n'est pas mauvaise : c'est une alerte. Comme la philosophie, la poésie résiste aux certitudes définitives.

Wittgenstein définissait la philosophie comme une pratique, non comme une théorie. Son tractatus est pourtant rempli de propositions logiques, apodictiques. Mais dans les deux dernières pages du texte, et c'est sans doute le passage le plus célèbre de ses écrits, il tire un trait entre ces propositions et l'indicible. Il y a un indicible ; il se montre, mais il ne se dit pas. Et l'ouvrage se termine sur ces mots : "sur ce qu'on ne peut dire, il faut garder le silence". Wittgenstein remet ainsi la mystique dans la philosophie occidentale en circonscrivant le terrain propre à la logique. C'est une manière de réconcilier deux mondes, et c'est ainsi que je comprends l'intérêt persistant éprouvé pour ce livre par des générations de lecteurs.

Mon rapport à la poésie est très proche de cette vision : elle n'est pas seulement "poiein", fruit de l'inspiration ou des muses, mais aussi "prattein", pratique, travail artisanal et modeste. Et le prattein n'est pas au service du poiein, d'une manière en quelque sorte verticale, comme un esclave patient qui oeuvre pour son maître. Ce serait un contre-sens. Ils sont deux pans distincts de la poésie, qui ont leur vie propre.

J'aimerais que ces fragments d'essai soient l'occasion de débattre avec vous. N'hésitez pas à manifester vos désaccords, et à mieux ouvrir les débats que je n'aurai su le faire.

Merci, amis poètes.
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Matthieu Savary
Personnage de fiction récurrent, Lilith est souvent traitée sous l'angle d'un romantisme sombre. Elle a aussi accompagné des mouvements féministes qui voyaient, dans cette première femme mythique, l'antithèse indépendante et farouche à une Ève soumise.

Il me semblait intéressant de revenir aux sources du personnage, à la Genèse, et d'explorer la chute sous l'angle, non du commentaire moral extérieur (qui la surqualifie en démon), mais de Lilith elle-même : une créature qui échoue et qui s'éloigne dans l'obscurité.

J'ai travaillé sur cette figure durant plusieurs années, avant d'abandonner. Car cette chute dans les ténèbres semblait incompatible avec le moindre rebondissement. Le récit était sec, ennuyeux. La seule issue qui s'avançait était une forme de déconstruction du texte, de la grammaire, du langage.

J'ai toujours été fasciné par la figure des "catabases" (Orphée descendant aux enfers chercher Eurydice en est sans doute l'exemple le plus connu), et je réalise tardivement combien il m'importe d'achever ce texte. Ce n'est pas sans réticence, toutefois, que je le rouvre. J'en connais les difficultés, et les maléfices.

Je vous remercie par avance d'être indulgents pour les maladresses propres à cet écrit de jeunesse. Je l'amenderai progressivement et serai attentif aux critiques constructives qui pourront m'être faites.

Cette reprise sera conduite en parallèle de mon travail poétique.
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Questionnaire de Scribay

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Parce qu'au milieu de mes talents médiocres, écrire l'était le moins.

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Avec Chroniques du bord du monde, Journal d'un lecteur...
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