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une littéraire

Jeune littéraire de 19 ans, écorchée par les imprévus que réserve la vie. Ici pour se libérer de ses plus sombres pensées. L'écriture : quelle jolie thérapie.

Textes souvent (très) sombres, aux mots durs et sensibles, accompagnés de fortes émotions, retranscrites à coeur ouverts vous sont livrés ici. Ecrits (inconsciemment) pour se pardonner, publiés (très certainement) pour se libérer. À lire, tard la nuit, lorsque les gens biens sont endormis.

Bonne lecture à vous.

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œuvres
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"J'aime" reçus

Œuvres

une littéraire

Je vous en prie, ne nous demandez pas si on réussi à le surmonter, on ne le surmontera jamais. Ne nous dites pas qu'il est mieux là où il est maintenant, il n'est pas ici auprès de moi, auprès de nous. Ne nous dites pas qu'il ne souffre plus, nous n'avons toujours pas accepté qu'il ait dû souffrir. Ne nous dites pas que vous savez ce qu'on ressent, à moins que vous aussi, vous ayez perdu un grand ami, un grand amour, un frère, un meilleur ami. Ne nous demandez pas de guérir, le deuil n'est pas une maladie dont on peut se débarrasser. Ne nous dites plus "au moins vous l'avez eu pendant tel nombre d'années". Excepté si 18 ans est pour vous un âge pour mourir ? Alors, dites-nous simplement que vous êtes désolés. Dites-nous simplement que vous vous souvenez de son joli sourire, si vous vous rappelez de lui. Laissez-nous simplement parler de nos souvenirs. Mentionnez le nom de cet ange. S'il vous plaît, laissez-nous simplement pleurer.
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Défi
une littéraire

Les démons infernales de son âme étaient de sortie. Plus intensément présents, plus intensément destructeurs qu'à leur habitude. Seule, dans cette vaste chambre, légèrement loin de tout, ces pilules l'appelaient d'une voix aiguë, dangereuse et insistante. La lutte s'annonçait longue, et tétanisante, mais c'est après plusieurs heures de souffrance, plusieurs mois d'horreur, plusieurs années de cauchemar, qu'elle fini par céder. Et inconsciemment, le désir de mourir fit son grand retour. Elle le senti tendrement l'atteindre, et s'imprégner de tout son être. Et c'est en un instant, que le gris devient noir.

Que faire face à une telle transition qui ne prévient pas ? Une transition à laquelle on ne s’attend jamais, mais qui arrive pourtant si vite. Une transition brutale qui nous secoue, et nous rappelle à l’ordre : « rien est éternel ». Un rappel qui ne devrait pas en être un, mais qui devrait plutôt être une évidence de tous les jours, à ne jamais oublier par mesure de sécurité. Une sécurité importante dont nous nous privons parfois par envie de liberté, alors que celle-ci est si importante lorsque cette vague de froid s’empare de notre être. Ce léger frisson qui bouscule et tue à la fois. Ce frisson porte un nom pour chacun de nous. Le sien s'appelle Jordan.

Allongée sur ce lit sans âme, dans la nuit la plus obscure qu'il puisse, ce soir là, son corps a finalement lâché prise. Ses yeux se sont lourdement fermés, et elle senti douloureusement son esprit s'éloigner. La mort, quant à elle, s'approchait, elle était là, tout près. La lutte dura de longues minutes, en vin.


Contre toute attente, sans savoir pourquoi, elle ne voulu pas d'elle, la mort, cette nuit là. C'est donc dans un état second qu'elle s'est réveillée. Ambulance, samu, infirmiers, perfusions, réalité ou illusion ? Elle avait perdu tout contrôle de sa situation, toute conscience de l'action, et se laissait donc aller de bloc en bloc. Les lumières éblouissantes de ces couloirs étroits, blancs, et bruyants annonçaient l'envers du décor. Le genre de décor que l'on s'imagine mais où l'on ne s'est jamais rendu. Le genre de scène que l'on voit dans les films, mais que jamais nous nous imaginons vivre. Le genre de scène que l'on s'approprie et qui devient une plaie non cicatrisée, une histoire à raconter.
Accumulation de différents clowns déguisés d'une blouse blanche appelés médecins, psychologues et psychiatres.

"Savez vous pourquoi vous êtes là ?", "Combien en avez vous pris ?", "Quelle heure ? Quelles dose ?", "Êtes vous consciente que vous auriez pu y rester mademoiselle ?" Discours inutiles, en vin. Si seulement ils savaient à quel point, à cet instant même, leurs interrogatoires et inquiétudes l'importaient.


Le détail le plus sombre de ce récit était qu'à cet instant même, elle peinait à discerner si le pire était d'avoir essayé de mettre fin à ses jours, ou si c'était de s'être ratée. Elle sait un peu ce que c’est que d’être vide. Absence de larme, de rire, d'envie de vivre, de rage au bide. Plus rien, qu’y puisse booster. Alors elle a gobé pour oublier, se débloquer. Mais son mal être n’était pas guéri, elle était juste droguée. 2015, ou l'année de cauchemar sans fin, constamment, infiniment. Ce genre de tunnel sans sortie, où la lumière du jour parait bien trop loin. Ce genre d'impasse, où l'on te rappelle que tu n'es pas seule, alors que Dieu seul sait à quel point tu l'es réellement. Ce genre d'histoire que l'on ne raconte pas. Ce genre de plaie que l'on t'apprend à camoufler et non à accepter, encore moins à cicatriser.

Quand tu t’éteins, tu entends une voix qui te dis bats toi, au moins pour eux, pour lui. C’est peut être l’homme de ta vie, peut-être le père de ta fille. Et puis la voix se fait rare et tu t’écroules. C'est pourquoi, durant les prochaines nuits à venir, ses larmes couleront toujours autant, et son cœur se serrera aussi douloureusement, tandis que son âme, elle, se trouvera encore et toujours aussi vide. Au passage, si jamais il vous arriverait de croiser son passé, dites-lui qu'il lui manque. Dites lui que beaucoup lui manque, qu'un monde entier lui manque. Son monde.


L'hôpital, prison où le bonheur se trouve uniquement derrière des cachetons ou des seringues. Là où tu n'es rien qu’un pauvre malade, rien qu’une jolie d’ordonnance. Tous des menteurs, tous des trafiquants d’espoir. Parce-que vous n’arrêterez pas ses coups de cœur avec vos antipsychotiques, antidépresseurs. Vous n'arrêterez pas ses nuits en enfer avec vos anxiolytiques, ou autre horreur. Elle n'est pas malade, elle a simplement un trop grand cœur pour un avenir trop illusoire.


« On ne sort jamais indemne de la ts. Pire encore quand tu n'as plus de meilleur ami, d'amour, et que t’es seule. À calmer ton seum pour éviter de sortir un gun. Donc moins je côtoierais de monde et moins je compterais d’hématomes. Le manque ronge et l'absence rend dingue. Tu niques la décadence de mes pensées rien qu'avec ton absence. Parce-que je ne te cache pas que j'aurais bien eu besoin de toi, l'autre nuit, entre les murmures, les rires et les étoiles. » se dit-elle, assise sur son lit d'hôpital, prête à rentrer chez elle, après de longues semaines derrière ces quatre murs blancs.
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Tard le soir, dans l'obscurité la plus totale, lorsque le sommeil prend place mais ne m'emporte pas totalement, je ferme les yeux, et j'aperçois ton visage.


J'aperçois ton sourire si beau dont tout le monde parle et se souvient. Je sens de nouveau tes mains enlacées aux miennes, ton souffle au creux de mon cou, et tes bras autour de moi. J'entends ton rire perçant, et je souris en retour. Je ne dors pas, je somnole seulement, mais nous sommes ensemble, tu es présent, et ce rêve reprend doucement place. Celui où tu es près de moi, où tu me murmures que tout ira bien désormais, puisque tu ne partiras plus jamais. Tu me rends ce que tu m'as retiré en partant : ma vie de jeune fille épanouie, emballée dans une petite boîte aux couleurs multiples. Et je te souri, en regardant cette existence qui me manque tant. Je m’empresse de te couvrir de baisers, pour te remercier et te dire à quel point tu m’avais manqué. Après de longs mois sous silence, c’est pas croyable mais tu es là, nous sommes de nouveau ensemble, et en l’espace de quelques secondes, tu réussi à me faire oublier celle que je suis devenue durant tout ce temps où tu étais absent.


Jusqu'à ce que tes mains s'immobilisent. Jusqu'à ce que ton corps tout entier ne réagisse plus. C'est en relevant lentement la tête que j'aperçois peu à peu ton sourire s'effacer, tes yeux se refermer, ton rire s'éteindre et tout ton corps se figer. Je fais soudain face à ton visage ferme, immobile, et sans vie. Il est tard, je suis seule dans ce lit immense, refuge de mes idées noires, et je te regarde mourir une seconde fois, devant moi. Alors je me bat inconsciemment pour te faire revenir, te réveiller. Mais rien. Tu disparais, et la deuxième phase de ma nuit s’entame.


Nous nous retrouvons encore et toujours à la même étape de notre histoire. Celle où j'ai 15 ans et demi, qu'il fait chaud dehors puisque l'été bas son plein, et que je suis assise aux côtés de ma mère et qu'une multitude d'êtres t'entourent, au cœur de cette pièce sombre et vide. Seules toutes ces fleurs réchauffent cette atmosphère morbide, mais les photos de toi et les plaques à ton nom ramènent très vite à la dure réalité à laquelle nous devons faire face ce jour là.


En entrant, je m’étais timidement avancée jusqu’à ton lit. Je t’avoue, que j’aurais aimé rester là, derrière ce haut-vent et ne jamais avoir à le franchir. Alors j’avança, les jambes tremblantes, et le coeur en vrac. Cela faisait de longues heures que je n’avais pas vu le jour, et que de mon lit je n’avais ni mangé, ni parlé, et encore moins dormi. Alors j’avança, et me fis un passage au coeur des personnes qui se tenaient déjà là, devant toi. J’avança, jusqu’à me tenir moi aussi, devant ton corps sans vie. Mon premier regard se porta sur ton visage, puis le reste de ton corps recouvert d’un drap blanc. Les premières minutes ne furent pas les plus douloureuses. Ce n’était pas la première fois que je t’observais dormir. Mais ce jour là, ton sommeil était d’une profondeur extrême, et d’une durée éternelle. J’aurais aimé hurler, au point que tu te réveilles en sursaut, mais je réalisa rapidement que l’espoir, à cet instant même, était d'une inutilité monstre.


Près de toi, ton cher père te comble de caresses et ne retire pas sa main de ton cœur, sa femme elle, pleure le jeune homme qui était devenu son fils bien qu'elle ne soit pas ta mère de sang. Et tes sœurs chantent d'une mélodie douce, et envoûtante les paroles des chansons que tu aimais tant. Mes larmes ne cessent de couler, ce spectacle est terrifiant, parce que cela fait des heures que nous sommes coincés là, à espérer, alors qu'en ce 04 août, il n'y avait plus de place pour l'espoir.


Les heures tournent, la pièce se vide. Et je suis encore là, assise sur cette chaise, ne lâchant pas la main de ma meilleure amie, à te regarder. La pièce entière m'observe elle aussi. De nombreux regards indiscrets en disent beaucoup, et se demandent où est passée cette meilleure amie rayonnante que tu avais. À quel moment cette jeune fille livide va t-elle s'approcher de ton corps sans vie afin d'accepter. Ce corps sans vie. Ce coeur étient. Ce sourire figé. Ils se demandent par quels moyens allait-elle réussir à s'en sortir après cette terrible épreuve à laquelle elle faisait face ce jour là.

Jusqu’à ce que je me retrouve seule, et que le moment venu de te faire mes adieux n'arrive. Ils avaient compris avant moi, que mon moment était venu. Ma mère m'aide alors à me lever de peur que je perde pied et m'écroule de faiblesse. Nous déplaçons ma chaise au près de ton corps, sans vie, et vient mon tour de t'adresser mes dernières paroles.


Tu es beau, si beau.. C'est pas croyable. Comme si cette voiture ce jour là ne t'avait pas atteins, que tu l'avais seulement survolée avec succès et que tu en étais sorti indemne. Mais ce jour là, lorsque cette voiture, un beau jour d'été, t'a frappée de plein fouet, ton cœur a cessé de fonctionner. La magie n'existe pas, les super héros non plus, les accidents de deux roues ne pardonnent pas. Mais tu restes si beau. Bien qu'à 17 ans et demi, ce bel homme ai perdu la vie.


Je suis près de toi, et je suis consciente que tu aurais souhaité que je m'allonge à tes côtés, bien que ce lit soit trop étroit pour nous deux, et bien que la situation ne soit pas franchement adéquate pour. Et puis ce jour là ce n'était pas possible, ce jour là ce n'était plus possible. La partie était terminée, le jeu avait cessé. Et ni l'un, ni l'autre n'avait déclaré forfait, la vie y avait simplement mit fin.


J'ai timidement posé la paume de ma main sur ton bras qui était le long de ton corps, et une vague de froid s'imprégna en moi. Et ma vie bascula. Et tout s'effondra autour de moi. Et les larmes n'étaient plus assez fortes pour évacuer la détresse qui s'installa. Tout mon être se gela, en un instant. C'est avec difficulté que je réussis à effleurer ta main, pour la serrer intensément contre la mienne. Je me blottis contre toi, mais ton cœur ne battait plus mon ange. Il y avait deux corps dans cette pièce, mais seulement un être. Alors je ferma les yeux, afin de te rejoindre une dernière fois. Afin d'être un instant de plus, au plus près de toi. Et doucement, d'un air lointain, je cru entendre ton souffle. Je t’entendis respirer, j'entendis de nouveau ce souffle que tu adoptais lorsque tu somnolais au creux de mes bras, en ces soirs d'été, et je cru te faire revivre. Mais je n'ai pas trouvé le pouvoir magique assez puissant pour, il était trop tard mon ange. Alors je continua à te regarder, comme je l'ai toujours fait. Je pris une profonde inspiration avant que les mots réussissent à se faire entendre. Ta main était au creux de la mienne, et je te caressais le visage avec tendresse, lorsque j'arriva à prononcer ton nom. "Jordan.." De longues minutes passèrent avant que je n'arrive à prononcer quoi que ce soit d'autre. Mon corps était un amas de larmes, me paralysant de tout mon être. Plus rien n'existait autour de nous, c'était toi, et moi, contre le monde. Un monde qui s'effondrait sous mes yeux. Un monde qui ne nous appartenait plus désormais. Un monde dans lequel je m'apprêtais à me battre seule.



"Ce n'est pas aujourd'hui que je te dirais au revoir, puisque personne ne m'obligera jamais à te quitter. Puisque je suis certaine que tu es toujours quelque part, pas loin, à veiller sur moi. Alors je te souhaite bon voyage mon grand, bien que j'aurais aimé être de la partie. Veille sur elle, sur lui, et sur nous." Et sans que je ne contrôle rien, les mots sortirent d’eux même. "Mon petit cœur, je te promet de ne jamais t'oublier, ne jamais te remplacer, et ne jamais cesser de prononcer ton nom. Je te promet d'être forte, même si cela va être insurmontable sans toi." J'étais en sanglot, j'étais terrifiée, mon être tout entier tremblait, j'avais froid à mon tour. "Je m'excuse, de ne pas avoir eu plus de temps. Rien qu'un peu plus de temps. Je m'excuse pour ça mon ange. Tu devais être terrifié. Tu l'es sûrement encore. Et toi seul sait comme je le suis aussi. Alors saches que.. je veillerais sur toi moi aussi, alors n'ai pas peur mon ange, s'il te plait, ça va aller. Je te le promet. Tout ira bien." Et je t'embrassa, pour la dernière fois.


Il n'y a pire baiser que celui que l'on fait a un corps sans vie. Cette nuit, cela fait un an, 12 mois, 52 semaines, 365 jours, 8766 heures, 525960 secondes, que je vis avec le décès de mon meilleur ami. Et cela fait un an que chaque nuit, je revis ces instants comme si je m'y trouvais de nouveau. Cela fait un an que chaque nuit, je me réveille à 05h25 en sueur, le visage humide, le coeur en vrac, et terrorisée à l'idée d'entendre les paroles que je n'ai jamais eu le courage de prononcer.


Le problème avec le temps qui passe, c'est qu'il emporte avec lui certains détails, bien que notre mémoire nous permette de visualiser de nouveau ces instants. Le plus dur cette nuit, c'est d'avoir besoin d'une vidéo de toi pour me souvenir du son de ta voix. C'est d'avoir besoin d'une photo de toi pour me remémorer ton sourire, alors qu'il ne sera jamais aussi beau en photo qu'il ne l'a été en réalité. C'est de te retrouver uniquement au cœur de mes cauchemars. C'est d'avoir ce manque constant, de ton toi au près de moi, au près de nous. C'est d'avoir eu durant une année cet espoir sans fin de t'apercevoir, quelque part, n'importe où.


Le mot est faible, mais Dieu seul sait comme Je t'aime.
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