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Rafael

Paris et sa région.
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œuvres
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défis réussis
67
"J'aime" reçus

Œuvres

Rafael
Ici vous trouverez des textes courts, des histoires sans lendemain, vous plongerez dans Paris, dans la folie, dans la vengeance, dans l'héroïsme, dans les pleurs, dans la Rome Antique, vous protégerez un Pape, vous serez charmés par une serveuse new-yorkaise. Ici, en somme, vous trouverez le monde et ses histoires. Simples. Vivantes. Vibrantes. Des histoires tout simplement. Laissez-vous embarquer. Le billet est gratuit.
Bon voyage mes amis.
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Rafael
Cette histoire avait été compliquée. 900 km nous séparaient et un manque de plus en plus grandissant. Chaque matin quand je partais au travail, je m'imaginais dans les rues d'une petite ville proche de Perpignan, sortant de mon immeuble, rejoignant ma voiture, et dans ma tête plein d'histoires s'entremêlaient. Des histoires d’elle, des histoires où l'on se retrouvait, des moments que je rêvais, des instants que je voulais voir devenir réels. Et chaque nuit ces histoires revenaient, et dans ma tête remplaçaient Morphée. Ça devenait une obsession. Être avec elle était devenue vitale. Non seulement je voyais ma vie avec elle mais surtout il m'était impossible de l'imaginer sans elle.
Sin ti, no puedo vivir.

"Je trempe ma plume dans ma plaie" Kaaris
"Tu crois que je vais mal, que je ne dors plus, tu voudrais sécher mes larmes mais il y a bien longtemps que je ne pleure plus, Messieurs et Mesdames" Booba
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Défi
Rafael

Pearly White - Adam Fincher, si vous le désirez, en fond sonore.

Avant de me regarder dans le miroir, je me dois de le décrocher du mur, faire quelques pas jusqu'au balcon et le tourner vers mon horizon. Le paysage est un mélange de verdure et de grisaille. D'un coin d'herbe, entouré de hauts murs. Une prison de béton, dirait ma soeur. A travers le miroir, vous y découvrirez mon univers. Celui qui m'a forgé, qui m'a donné des codes, qui m'a fait traversé les murs.

Là où j'ai grandi, tout n'est pas parfait, loin de là. Mais ça ressemble un peu à l'Espagne Al-Andalus où les 3 grandes religions monothéistes cohabitaient (avec, semble-t-il, plus de facilité quand même qu'aujourd'hui). D'où je suis, blancs, noirs, beurres, jaunes, caramels, etc. cohabitent aujourd'hui. Dans l'ensemble, la grande majorité se mélange, vit ensemble et se respecte. Il y a toujours des communautaristes, il y a toujours des racistes (de toutes couleurs), il y a toujours des cons mais la majorité n'est pas ainsi.
La couleur de peau ne doit pas être une fierté, c'est être un être humain, tourné vers les autres, vers l'acceptation, vers la compréhension, etc. qui doit être une fierté. Je suis blanc, mon meilleur ami est beurre, ma nièce est caramel, mon petit cousin est eurasien, et mon grand pote est noir. Dans tout ça, je ne vois aucune couleur. Je vois un homme, je vois une fille, je vois un garçon, je vois des être humains. Et c'est au milieu de ces couleurs que je me suis créée. Regardez bien le miroir, et avant que je m'y plonge, vous me verrez, au milieu de ces pakistanais, de ces algériens, de ces polonais, de ces turcs, de ces ivoiriens, de cet allemand (on n'a jamais compris comment il s'était perdu ici), de ces arméniens, de ces portugais et j'en passe car des nationalités, on en a compté une centaine.
Parfois, pour certains, on est trop noir, trop blanc, trop petit, trop gros, trop maigre, on louche trop, on a trop de rides, trop de cheveux blancs, trop bêtes, trop intelligents, trop ci, trop ça. Certains m'ont dit que j'étais un sale blanc et d'autres m'ont dit que j'étais un nègre-blanc de traîner avec des gens de tous horizons. Mais si j'ai appris quelque chose dans la vie, c'est grâce, notamment, à l'endroit où j'ai grandi car le monde entier y vivait aussi. Et juste en changeant d'étage ou d'immeuble, je me retrouvais au Sénégal, en Pologne, en Espagne, à Cuba, en Algérie, je traversais les frontières qui, au final, n'existaient pas.
Tout n'a pas été rose. Il y a eu de la violence sur ce béton, il y a eu de l'effroi, des drames mais comme je l'ai dit plus haut, c'est aussi une de mes forces. Longtemps, j'ai été un écorché vif. Puis j'ai appris à voir le verre à moitié plein et vous savez quoi ? Il y a eu des rires, des fous rires, des apprentissages magnifiques, des mets épicés, des phrases aux accents mélangés, des voyages dans de lointaines contrées. Il y a eu une enfance et une jeunesse tout simplement géniales.
Le miroir commence à peser de tout son poids, pardonnez-moi mais je vais le raccrocher au mur. Oh...que vois-je ? Des yeux noisettes. Je sors du trait de lumière et les voilà marrons, je retour à la lumière, les voilà verts. J'aime bien. Et ces cheveux. Chataîns ? Bruns ? Va savoir. Les goûts et les couleurs, dit-on. Mon visage se rapproche, mon doigt caresse ma joue, proche de ma bouche. D'où vient cette discrète cicatrice ? Mes souvenirs travaillent... Un soleil en vélo, dans le Sud chez Papé et Mamé ? Une bagarre d'enfants ? Un ongle de ma soeur ? Allez savoir. Mes souvenirs ne parviennent pas à ouvrir la porte de cette marque.
Mon regard devient sérieux. Cet appartement, je le connais par coeur. J'y ai tout vécu. Les puzzles, seul, dans ma chambre, au sol. Faire sauter la chevelure des playmobils en refermant la porte sur leur tête avec ma soeur. A genoux sur le canapé, une nuit de Noël, à regarder la neige tomber et tentant d'épier le traineau du Père Noël. Le four, sous ma surveillance, qui faisait gonfler mes meringues. Mon père, un genou à terre, qui m'embrasse. Les larmes de ma mère. La chaise de mon bureau qui subissait la marque de mes fesses dès le matin, le samedi et le dimanche, me permettant d'affronter Ryu ou Bison, de vaincre encore une fois l'Olympique de Marseille et entendre le Parc des Princes scander mon nom, de sentir mon coeur battre à tout rompre en me baladant dans les couloirs d'un manoir à Racoon City. Le visage de la belle Houria, la copine de ma soeur, qui me faisait rêver qu'un jour, je serais assez grand pour l'épouser. La sonnerie d'un téléphone qu'on ne voudrait jamais entendre. Mes premières fois. Mon frère qui se balance avec la ceinture d'un peignoir accroché à la barre de traction...jusqu'au jour où la ceinture craque. Tout, j'y ai tout vécu, dans cet appartement.
Quoi ? Miroir ? Que veux-tu ? Moi ? Mais tout ça, c'est moi. C'est nous. Je ne sais pas être moi. Je suis un loup, je vis en meute.
Tu veux sortir ? De l'appartement ? Oui c'est possible même s'il fait partie de moi. De la meute ? Compliqué mais tu veux sonder mon coeur. Ecorché vif, timide, excentrique, un pierrot lunaire, la tête ailleurs, plein de rêves. Un enfant heureux mais sensible. Un enfant joyeux et plein de vie. Un adolescent comme tous les autres mais timide. Ça oui. Mais déjà en meute. Un jeune adulte perdu, plein de question sans réponse. Un jeune adulte qui brûle sa vie par les deux bouts. Puis une libération. Un adulte épanoui et accompli. Tout ça, car la main tendue a été saisie. Cette main, celle de mon ami depuis tout petit. La plus importante rencontre de ma vie. J'avais 3 ans, lui aussi. Première section de maternelle, jusqu'à la troisième au collège. Le même lycée, la même fac. La même équipe de handball, le même groupe d'amis. Les mêmes vacances. La même famille finalement. Nous deux, c'est pas les doigts de la main. C'est le coeur et les poumons, auquel vous ajoutez, les reins, le foie, la rate, les veines, le cerveau, l'eau, les muscles, les tendons, l'oxygène et tout ce qui va avec. Indissociables. On n'a pas fait les 400 coups ensemble. C'est trop peu. On en a fait 2 millions, au bas mot. Et quand je suis tombé au fond du trou, il y a eu un faisceau de lumière, d'où sortait une main et de la patience. Sa main. Sa patience. Son amitié. Sa fraternité.
Finalement, beau miroir, raconter qui je suis, c'est raconter qui ils sont. Raconter qui ils sont, c'est raconter ce que nous avons vécu. Raconter ce que nous avons vécu, c'est nous dévoiler. Nous dévoiler n'est pas dans nos aptitudes. Désolé, beau miroir, je ferme la porte et te laisse dans ton placard.
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