Suivez, soutenez et aidez vos auteurs favoris

Inscrivez-vous à Scribay et tissez des liens avec vos futurs compagnons d'écriture.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
Image de profil de null

Camille F.

Camille F.


Aujourd’hui, c’était la première fois que je faisais la tournée tout seul. J’avais été formé dessus il y a quelques semaines de cela. Je craignais qu’un temps trop long se soit écoulé et que j’aie un peu oublié le trajet, mais finalement tout s’est bien passé. J’ai seulement fait une petite erreur dans mon chargement avant de partir, mais rien d’insurmontable.
21
26
9
6
Camille F.
Voici ma carte blanche. Dans cette œuvre, qui n'en est pas une, ou alors seulement dans le sens technique de Scribay, je me laisserai aller à toutes les considérations, avec le moins possible d'autocensure, de règles, de contraintes. Ce sera presque comme si mes pensées, les plus quotidiennes comme les autres, venaient à s'écrire elles-mêmes sur la page au fur et à mesure qu'elles verront le jour.
6
4
4
15
Camille F.
Bonjour à tous,

Voici mon texte en réponse au défi de Lutécia, que j'ai trouvé stimulant, ayant toujours secrètement désiré m'aventurer du côté que vous allez découvrir. Je vous préviens, certains d'entre vous risquent de trouver ce texte un peu dérangeant, en plus de cru, car j'ai laissé libre cours à des idées et des associations d'idées assez peu orthodoxes, voire franchement répugnantes. Le titre indique assez bien l'esprit général du texte, quoiqu'il en fasse peut-être un peu trop, ou peut-être juste différemment de ce à quoi on peut s'attendre. Enfin voilà, vous êtes prévenus !

Si vous sautez le pas, bonne lecture.

Camille
3
31
2
5
Camille F.

Le Syndrome de l'Architecte
Un architecte était occupé à des plans
Dans son cabinet.
Une lampe à son chevet
Était pour la lumière le seul instrument.
On était en effet dans la nuit fort avant
Tandis que l'homme, à son objet
Restait rivé, et travaillait
Avec passion tant il aimait sa profession.
Il avait l'habitude, de temps en temps, dont
Il appréciait le tour libre, sans façon,
De lever le regard, de boire un verre d'eau
Ou d'une autre liqueur, rejeté sur le dos
De sa chaise et d'un peu rêver à sa maison...
À ce qu'il y concevait d'aise
Et de raison... En parenthèse
Cependant, car il n'aimait que trop sa mission
Pour n'y consacrer pas le plus clair de ses nuits.
Un jour, ou plutôt à la fin du jour,
Alors qu'il échafaudait à l'envi
L'un de ses travaux les plus lourds,
Il entendit dans le couloir comme un bruit sourd ;
À peine en fut-il avisé qu'un homme entra,
Malgré la pluie qui tombait là-
Dehors, l'homme était sec. Mais voici son discours :
"Cher camarade, mais non, ne vous levez pas,
Faites comme chez vous, moi je suivrai mon cours,
C'est donc ici que vous faites votre séjour,
Votre labeur, votre profit et votre joie ?
Voilà bien des choses en une même fois !
Ne trouvez-vous pas cela un peu monotone ?
Permettez je vous prie qu'un peu je vous étonne,
Ne m'en voudrez-vous pas ? Ah ! Mais non ! Suis-je bête,
Vous oublierez bientôt cette petite fête
Et jusqu'à ma personne, Ah ! Faut-il que je fasse
Bien mon oeuvre, pour laisser tant si peu de traces
Dans la mémoire des êtres qui me sont chers !
Et vous mon ami, mon frère ! Qui dès demain
Aurez perdu dans vos œuvres tous vos moyens !
Quelle terrible chose de ne pouvoir faire
Du penchant de son cœur sa vie et sa matière,
Son métier, son moteur, son bien et son bonheur !
Quand on se sent quelque destin de constructeur
De ne pouvoir bâtir de châteaux que de sable,
Quelle horreur ! Et puis, à jamais n'être capable
Que de morceaux, de simulacres et de ruines
Strictement, à quelque ouvrage qu'on se destine !
Que la vie est cruelle et si souvent injuste
Pour un homme innocent, et quelquefois auguste !
Si cela vous peut consoler, mon cher ami,
Sachez dès à présent, et ce malgré l'oubli
Où vous me porterez demain, que malgré tout
Je ne serai jamais bien loin de vous,
Que vous me sentirez confusément,
Et que par quelque effort de jugement
Vous pourrez m'appeler à vos côtés,
Alors, vous serez ma priorité,
Je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir
Pour vous aider, vous contenter, vous promouvoir !
Vous n'aurez jamais eu de secours si ardent,
En votre âme immortelle, souvenez-vous-en !
Je dois partir maintenant, mais veuillez connaître
Qu'en me retirant je vous fais mon maître
Et suis votre obligé, adieu Monsieur"
Disant ces mots, le passant quitte alors les lieux.
Notre homme, tout confus,
Ne sachant déjà plus
De quel tumulte il avait souffert,
Succomba sous trop de mystère
Dont il ne conçut que fatigue.
Il alla se coucher, tout habillé,
Dans un lit simple et sans intrigue.

Le lendemain matin, comme à l'accoutumée,
Il voulut se remettre bientôt à l'étude.
Alors qu'il s'employait avec exactitude
À gagner son bureau et rouvrir tous ses livres,
Vaillant et enthousiaste à l'idée de poursuivre,
Se présenta à lui certaine rêverie
Qu'il trouva fort charmante et dont le tour d'esprit
Lui parut ingénieux et singulier, partant
Il résolut de reporter dans un instant
Son dessein de travailler. Quand il y revint
Il n'était plus temps jugea-t-il, il avait faim,
Il fallait faire la vaisselle et à manger,
Midi était encore loin, mais la journée
Lui laisserait ainsi plus de sa moitié pour
Après le repas se mettre à l'ordre du jour
Confortablement. Et d'ailleurs, il n'avait plus
Pris le loisir de s'occuper de son menu
Avec un peu de soin depuis longtemps, c'est dire
Qu'il profita de l'occasion ! Même il fit pire,
Il mangea si bien, de si copieuse manière,
D'un tel luxe de mets et de si bonne chère
Qu'il eut fini bien tard, et que d'architecture
Il ne put que rêver dessous sa couverture,
Frappé de torpeur comme il fut après cela,
Méditant dans son lit sur le danger des plats.
Bientôt il fut un peu plus léger, ou plutôt
Il s'accommoda de sa pesanteur, mais trop
Daigna-t-il glisser dans ce bonheur oublieux,
Dans ce monde si vague, cette sorte de jeu
Gratuit et savoureux, où rien n'est un malheur,
Où l'on avance comme un héros de vapeur
Dans un pays de nulle part, vers une quête
Légère, à peine une aventure, une historiette,
Où l'on se joue de vent, de tout et de rien presque,
Et voilà qu'on se sent des harmonies de fresque
Quand aux bruits de la rue on a peur ! on sursaute !
On revit et on se sent déjà pris en faute
Pour peu qu'on n'ait pas fait quelque tâche prévue,
On se jette au bureau, quoiqu'on n'y puisse plus
Prendre le temps qu'on a perdu en telles liesses,
On se frappe le cœur, on fait vœu de vitesse
Et on affronte le Travail qui partout gronde.
Voilà la scène où l'homme fut rendu au monde.
Il fit bien quelques traits et puis quelques calculs,
Son bâtiment l'occupait moins que ses scrupules
Cependant, il eut aussi du mal à éteindre
Le trouble d'avoir vu deux mondes se rejoindre
Dans un si grand fracas. Quand il le put enfin,
Il vit qu'autour de lui rien n'avait changé, rien
Ni la bibliothèque, ni les lourds tapis
Ni les meubles, ni la lumière de la vie
Pas de grands cris, on n'agitait aucun mouchoir
On n'applaudissait rien, tout n'était que le noir
Marbre des objets dans le pâle et creux espace.
On aurait dit qu'on avait tout laissé sur place
D'un chantier important, peut-être pour toujours.

L'architecte considéra sa tâche en cours :
C'était le même monde et la même lumière
Qui la lui faisaient voir en le même arbitraire
Abandon que les choses autour, herbes folles
Au milieu de gravats, de pioches et de pelles
Qu'aurait oublié là quelque dieu en vacances,
Ou qui serait allé ailleurs tenter sa chance,
En un monde meilleur peut-être ! Or aurait-il
Été insatisfait jusqu'à vouloir l'exil ?
Ou bien une raison plus noble et impérieuse
L'aurait-elle éloigné de la nécessiteuse
Matière que nous, hommes, ciel et terre, sommes ?
Si nous le revoyons un jour, ce sera comme
Un rêve universel, comme un nouveau soleil
S'approchant en esprit de tout ce qui sommeille,
Nous ne le verrons pas, mais tout ce qu'on peut voir
Sera illuminé sur l'intime bougeoir
Qui siège en toute chose, puis la lumière neuve
Coulera doucement, et bientôt comme un fleuve
Dans chaque objet, dans chaque fleur et dans chaque être,
Et vraiment ce sera ce qu'on appelle : naître !

La nuit était tombée, l'architecte rêvait
À tout cela devant sa fenêtre, il avait
Allumé la petite lampe à son bureau
Et s'était éloigné pour trouver un plus beau
Cadre à ses pensées. La fenêtre, vaguement
Il pensait y nourrir son rêve au firmament,
Mais tout ce qu'il put voir, ce fut sa silhouette
Presque toute noire de contre-jour, et cette
Table encombrée, et la lampe dont l'abat-jour
Faisait aimer la nuit d'un dangereux amour.
5
8
0
5
Camille F.
Inspiré en grande partie, puis simplement accompagné d'un morceau d'Aphex Twin intitulé "Sekonda". Ce texte fera probablement partie plus tard d'un recueil d'écrits en lien avec la musique.
4
17
5
1
Défi
Camille F.


Depuis que je m’y suis habitué, les miennes se sont calmées. Ça ressemble plus à une douce lumière dorée maintenant. Mais pour les autres ça n’a pas changé. Même le docteur. S’il savait…
Je me rappelle le jour où c’est arrivé. Avant, tout était normal. Et puis d’un seul coup… Ça m’a rendu fou. J’ai essayé de leur dire, mais ils n’écoutaient pas. Après j’ai vu que moi aussi. Alors j’ai crié. C’est vrai, à ce moment-là j’étais fou, mais maintenant ça va mieux. Je peux vivre comme ça. Après tout, ce n’est plus mon problème. Ça m’embête juste un peu de devoir mentir, mais bientôt je serai sorti, alors je n’aurai plus besoin d’en parler.
Enfin quand même, peut-être que s’ils savaient, tout irait mieux pour eux aussi. Je vois bien qu’ils sont presque tous malheureux. Moi aussi j’étais triste avant. Pour quelques-uns seulement ça a l’air d’aller, parce que ça fait comme avec moi. Une douce lumière dorée. S’ils pouvaient me croire…
Peut-être que pour aller mieux, un homme doit savoir qu’il brûle.
6
13
4
1
Camille F.


On aurait bien des raisons de penser que l'homme est petit, médiocre, ridicule. Il l'est la plupart du temps. Cependant, je ne peux pas me résoudre à faire de cela une définition. Lorsque la vanité ne lui serre pas les dents, lorsque la croyance ne lui fait pas verser des larmes de sang, lorsque l'hypocrisie ne le défigure pas, il est quelque fois grandiose. Les peuples anciens auxquels la modernité n'a pas fait perdre son histoire portent encore leurs traditions comme une longue barbe blanche toute tressée de symboles, et ces peuples-grand-pères n'ont pas encore fini de partager la lumière qu'ils ont dans leurs yeux avec nous qui sommes plusieurs fois leurs cadets, turbulents et impétueux comme de vrais diables. Écoutez ce que c'est que l'homme ! Disent ces chants bulgares. Mais ils ne nous l'expliquent pas, non, car on aurait si tôt fait d'oublier leurs raisons... Non, ils nous le représentent, là, au fond de notre oreille, il n'y a pas même à écouter, il suffit d'entendre...
C'est un désert. L'homme avait été laissé là par quelque soin méconnaissable. Il avait appris à se défier des mirages. Il marchait depuis si longtemps. Sa peau, tourmentée par le soleil, avait fini par ressembler au cuir de ses chaussures, aussi la chaleur et la sécheresse ne le faisaient plus souffrir. Il s'était trouvé parfois très longtemps sans manger ni boire. Dans ses dernières crises de délire il s'était cru capable de se nourrir de lumière, et à défaut s'en était fait une raison. N'ayant pas le luxe de se disputer à lui-même, il était aussi en paix avec le soleil. Il rentrait chez lui. Il ne savait que cela. Un jour sur son chemin il trouva un cristal dont il lui sembla qu'il était la quintessence de son milieu, dur et désert, matière d'absence. Toutes ces facettes resplendissantes lui rappelaient les visages de ceux qu'il aimait, de ceux qu'il rejoignait. Réglant son pas sur le rythme de sa foi, il marchait vers la fin du désert.
L’homme est un homme qui rentre chez lui.
2
7
0
1
Défi
Camille F.
Inspiré d'un vécu et aussi, très vaguement, de la superbe "Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille", par François de Malherbe.
3
6
1
2
Camille F.
Truc un peu expérimental
2
7
3
0
Camille F.
À ne pas prendre au pied de la lettre...
8
6
0
0
Défi
Camille F.

Cet après-midi-là, au musée, une pièce avait fasciné Gontran. Il s'était senti vraiment gratifié d'avoir pu accéder à la compréhension d'une telle oeuvre. Au bas du mur blanc, il n'y avait qu'un petit cartel sur lequel on pouvait lire : Néant. Le titre était accompagné du nom de l'artiste et de la mention, entre parenthèses : (collection particulière).
4
11
0
0
Défi
Camille F.
Bon, je ne l'ai pas vraiment inventé, puisqu'il existe en anglais et en France en tant qu'anglicisme, mais je jure qu'au moment d'y avoir pensé j'étais persuadé de l'avoir inventé ! Je l'ai construit spontanément à partir du mot "anachronisme", en remplaçant le radical "chron" issu de "khronos" qui signifie "temps" en grec, par le radical "top" issu de "topos" qui signifie "lieu" dans la même langue. Je me suis ensuite amusé à faire un pastiche de l'entrée du Trésor de la Langue Française (informatique) dédiée au mot d'origine, le plus drôle et intéressant étant bien sûr de forger des exemples !
10
11
7
2

Chargement...

0