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Mayday MC

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Œuvres

Mayday MC
Percy Chevalier cumule les qualités : sociabilité exemplaire, amant extraordinaire, humour à toute épreuve, et tant d'autres. Envoyé en mission sur un chantier de fouilles en Arabie Saoudite, il va devoir composer avec les archéologues locaux, en particulier l'un d'entre eux. Saïd, son amour de jeunesse, n'a rien perdu de son charme oriental, et manie le sarcasme à la perfection. Mais évidemment, rien ne se passe jamais comme sur le papier. A quelques kilomètres à peine de l'ancienne oasis censée faire l'objet de leur travail, Percy et Saïd mettent au jour une salle souterraine étonnante, abritant des ossements en parfait état de conservation. De découverte en découverte, les deux hommes s'investissent avec passion... mais pour qu'une collaboration fonctionne, il faut parfois déterrer bien plus que des squelettes.
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Mayday MC

La caupona était pleine à craquer ce soir-là, comme tous les autres depuis son ouverture. Nombre de buveurs empiétaient, déjà ivres, sur la voie publique. Marcus, en revanche, était parvenu à se frayer un chemin jusqu'à la salle du fond. Enfumé par les ragoûts et saucisses brûlantes qui devaient attirer de potentiels clients, l'espace confiné ressemblait à un caldarium aux odeurs douteuses. Le mulsum s'écoulait des amphores pour venir égayer cette soirée. Les plus sains d'esprit parlaient fort, les autres formulaient des phrases incompréhensibles. Au fond de la pièce, des danseuses de petite vertu se déhanchaient devant des groupes d'hommes au regard vitreux. Ceux qui tenaient encore debout montaient parfois à l'étage avec l'une d'entre elles, avant de redescendre pour faire profiter l'ensemble de l'auberge de leurs prouesses sexuelles. C'était tout juste s'ils ne se lançaient pas dans une envolée lyrique à grand renfort de qualificatifs animaliers.

Las de les entendre ainsi s'extasier, Marcus se faufila jusqu'au comptoir. Le peu d'air se dégageant de la rue encombrée semblait se transformer en un bol de fraîcheur vivifiant en comparaison avec l'intérieur de la caupona.

« Pollio, du vin ! »

Lui aussi commençait à être bien éméché. Pourtant, l'aubergiste le servit à nouveau sans hésiter, heureux d'empocher quelques pièces de monnaie supplémentaires. A ses risques et périls s'il n'était pas capable de se contrôler. Ce n'était pas comme s'il n'en avait pas l'habitude.

L'air frais lui faisait du bien, mais pas assez. Son cerveau était aussi embrumé que la salle à manger. Il sentait bien qu'il ne marchait plus très droit. Un gobelet se brisa non loin de lui, attirant des exclamations véhémentes. Sentant sa tête prête à exploser, soumise à tant de bruit, Marcus lâcha un juron et quitta le comptoir bétonné. Malheureusement, à peine eut-il fait un pas qu'il se trouva emporté sur la chaussée, entraînant dans sa chute un ivrogne aussi déséquilibré qu'il l'était à cet instant. S'ensuivit une volée d'insultes avant qu'il ne se prenne un poing en plein visage sans l'avoir vu venir. Aussitôt, il se releva en titubant et rendit la pareille à son agresseur. La ruelle tournait à la lueur essoufflée des torches. Il distinguait mal son environnement. Les coups pleuvaient toujours. Il en esquiva certains, se fit surprendre par d'autres. Les hommes criaient, insultaient, applaudissaient. Dans l'immeuble d'en face, certains étaient sortis sur le balcon pour assister à la bagarre. Ce n'était pourtant pas le spectacle du siècle. Tous les soirs, les rues de Rome résonnaient de tumultueux règlements de comptes.

« Ça suffit ! Pas de ça chez moi où je risque de devoir fermer boutique ! Allez donc vous entre-tuer ailleurs que devant mon comptoir, bande d'ivrognes ! »

Ce fut au tour de Pollio de se faire allègrement insulter pour avoir oser interrompre le conflit. Profitant de l'inattention de son adversaire d'un soir, Marcus quitta prestement les lieux. Plusieurs fois, il manqua de trébucher sur les pavés. Il avait chaud. Sa bourse était vide, tout ayant été disséminé dans la boisson. Heureusement, il ne lui fallut pas longtemps pour retrouver le chemin de son immeuble. Il s'y engouffra en titubant toujours, grognant des mots incompréhensibles et jurant à chaque marche d'escalier. Quand il arriva enfin, sa femme Prisca semblait dormir depuis longtemps. Du moins, c'est ce qu'il pensait.

« Tu sens l'alcool à plein nez ! Ne pense même pas à dormir avec moi. »

Marcus ne répondit que par un grommellement, avant de se laisser tomber à côté d'elle. Ses mains glissèrent avidement sous la tunique de sa femme, tandis que le vin combiné à son état d'échauffement l'enhardissaient.

« Arrête ! »

Il savait qu'elle n'aimait pas faire ça quand il avait bu, mais ce soir, il s'en fichait. Personne ne lui dirait ce qu'il avait à faire. Encore moins une femme. Prisca se débattit avec fureur pour qu'il la laisse en paix, lui ordonnant d'aller cuver tout seul le plus loin d'elle possible. Déjà bien entamé par sa bagarre, Marcus ne lui laissa guère le temps de protester et la retourna face contre le lit, bien décidé à poursuivre son affaire jusqu'au bout. Ses bras subissaient maintes griffures tandis que sa femme continuait de l'invectiver avec rage.

« La ferme ! »

N'y tenant plus, il s'empara de l'objet le plus proche et le lui fracassa sur le crâne pour qu'elle se tienne enfin tranquille. Il avait une femme et il avait par conséquent le droit de disposer de son corps à sa guise, que cela lui plaise ou non. L'effet escompté ne tarda pas à apparaître, lui arrachant un soupir de satisfaction.

« Tu vois quand tu veux ! Tu vas adorer ça. »

Il s'apprêtait à la prendre brutalement lorsque son cerveau lui lança un signal d'alarme. Jamais elle n'avait été aussi silencieuse. Prisca ne bougeait plus, inerte sur le lit. Il la retourna à nouveau pour lui faire face et constata avec stupeur que le visage de la jeune femme était en sang. Son corps encore chaud dénotait avec le vide de ses yeux grand ouverts, fixant un point imaginaire derrière lui. D'abord stupéfait, il resta de longues secondes immobile au-dessus d'elle avant de prendre conscience de la situation.

« Prisca ? »

Il la secoua légèrement, puis de plus en plus violemment mais n'obtint aucune réaction de sa part. Son premier réflexe fut de rassembler toutes ses affaires le plus rapidement possible. S'il avait de la chance qu'elle ne soit pas fille de citoyen, il n'en restait pas moins qu'il venait de commettre un crime. A ce moment précis, une seule personne était capable de lui venir en aide, et c'est en direction de sa demeure qu'il se dirigea avec la plupart de ses effets personnels, l'ardeur ayant laissé place à la peur.
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