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pierre françois

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Œuvres

pierre françois

    Ma femme est une sorcière, elle laisse traîner ses artifices dans toute la maison. C'est ainsi que je la retrouve éparpillée en mille morceaux. Ses bas par-ci, son mascara par là, tout traîne. Ceci étant j'aime bien m'asseoir en face de son miroir et regarder ses accessoires de beautés. Bon sang, c'est vrai quoi ! C'est un travail à part entière de se transformer en fleur, et ce dans un unique but : attirer les abeilles. 
    Ma femme, je l'ai rencontré au cours d'une soirée d'ennui, j'étais dans un bar, je buvais une bière en contemplant la rue. Il n'y avait rien à voir en somme, rien à faire sinon passer le temps. Elle était dans un coin, elle attendait. Quoi ? Je ne le savais pas encore. Elle me fit un sourire, se leva et vint se mettre à côté de moi. :
-"Bonsoir, permettez que je m'assois.
- Bien sûr.
- Il n'y a pas grand monde ce soir, c'est d'un ennui. Heureusement que vous êtes là.
- C'est vrai qu'il n'y a pas grand-chose à faire. Au fait quel est votre nom.
- Rebecca, et vous ?
- François. 
A ce stade de la discussion, elle m'ennuyait profondément.
-Vous savez j'aime les hommes, surtout s'ils sont mariés, mais bon j'aime bien les hommes seuls aussi !
-...
- Oh, je vous ai offensé.
-Non, pas vraiment.
-Alors tutoyons-nous.
-D'accord. Mais dis-moi comme je suis naïf, j'aimerai comprendre ton histoire d'homme marié. qu'est-ce qui explique cette préférence ?
-MMMH, peut-être le fait qu'il soit posé. 

-Ah bon ? Et sinon quoi de plus, tu peux tout me dire tu sais.
-En fait j'aimerai juste passer la nuit avec toi, tu me plais bien. Tu m'as l'air d'un parfait gentleman. 
Là, ça me faisait carrément craquer, cette hypocrisie pour me soutirer quelques billets de banque, je ne pouvais pas laisser passer une occasion pareille. Qu'est-ce qu'elle allait trouver comme flatterie. Je portais un jean crasseux, en réalité ça faisait plutôt gentleman looser.
-Tu as raison je suis un gentleman, moi il faut me mériter !
-Hein !? c'est quoi cette histoire, t'inverses les rôles là ?
-Tout à fait, je suis pour la parité intégrale, tu comprendras donc que je ne puisse coucher avec toi sans raison valable.
-Des conneries j'en ai entendues, mais toi mon coco tu m'as l'air t'en tenir une bonne !
-Admettons que je remette les rôles à l'endroit, combien de billets le gentleman que je suis devra te lâcher ?
-Ce n'est pas un endroit pour parler de ça, allez viens...






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Défi
pierre françois

Sur les allées gelées menant au palais d'hiver, dans les neiges oniriques, entre les figures d'onyx et d'argent, tu es réapparu toi, le mendiant de Séoul.
La dernière fois que nous nous étions vus, c'était en été au détour d'une page noircie. Tu souriais amèrement et de tes haillons tombaient les caractères en or et la vermine. Je t'avais laissé là, tout entier à ta maladie, sachant que tu étais en froid avec ta famille.
L'atmosphère s'était rafraîchi avec ta femme et elle t'avait quitté, les anges crevant à ton contact, les libellules gelées perçant ton corps t'avait ramené à tes premiers amours. Grande couture et séduction, robe de bobards brodée de flatterie. Tu t'étais retrouvé dans les bras d'une quelconque fille de joie.
Je te revois ainsi dans une végétation endormie et tu dissertes sur la frontière entre un génie incompris et un imbécile . Mais peut-être s'agit-il simplement d'une virgule bien placée et d'un point d'interrogation à propos ?
À la recherche de quelque moralité, tu tailles des figures de vertu dans la glace. Elles te regardent, dures et polies, aussi détournes-tu le regard vaguement honteux, même si tu sais que le printemps les fera fondre !
Minuit qu’habite une luciole se meurt, hébétude, hébétude...
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pierre françois

C'est à voir
si sur un coin de table
je distingue ta gueule
de con
si dans une flaque
je discerne
ton sourire et les larmes
d'un serpent
si je mets ma main
dans ta gueule
si tu ne fuis pas
le pathétique et
le sublime
c'est que tu es en vie
et digne d'amour
et alors
tu préféreras un bouquet
de digitales
à un panier de fleurs
en plastique
car tu sais
que pour admettre
la plus belle part
il faut gouter
à la laideur

en venir

au dégoût
car quand tu as tout déblayé
il ne reste que l'absurdité
qu'il te faut lisser
et par un mensonge assumé
continuer à vivre
dans la joie
voila ta vie 
encore et encore
débarrassée de ses certitudes
ignorantes
désormais tu danses
au bord du précipice
tu ne seras jamais
plus proche de la réalité
devoir créer le monde
à partir de toi
et de tes irréfutables
erreurs...






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