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Ruby Neige

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Ruby Neige
Ceci est un lancement d'histoires interactives, un test, en quelque sorte ! (Il s'agit de la première histoire lancée, celle de Sahara)

Dans un même environnement, et lors d'un même événement (un manoir et sa fête mensuelle), des personnages choisis par les lecteurs traverseront d'étranges moments qui leur feront gagner ou perdre des points de lune. Ces points, à l'origine au nombre de dix (excepté si une fin d'histoire se termine avec des points excédents), permettront de faire évoluer l'histoire. S'il n'y en a plus, cette dernière s'arrête ! Un point de lune est perdu à chaque chapitre, sauf si un bon évènement survient ; dans ce cas les points stagnent. Il arrive rarement qu'une situation soit excellent, aussi un point est ajouté.
Les lecteurs pourront aussi créer de nouveaux personnages annexes ou des parties de scénario à proposer à l'auteur (que je suis hihi). Et beaucoup d'idées !
À bientôt au cœur du manoir des du Pinson et du mystère des liqueurs de fruits... *voix de fantôme*
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Ruby Neige
Iseul est une jeune femme un peu particulière : elle n'hésite pas à foncer dès lors que son urne magique est chaude ! En effet, cette dernière l'a toujours menée à bon port.
Cette fois-ci, elle pressent qu'un des monts Taebak va la mener au très cher et très envié gingembre rouge sauvage. Malheureusement, Iseul ne réfléchit pas toujours très clairement lorsqu'elle n'a qu'une idée en tête !

P.S : Pour plus de fun, j'ai utilisé un générateur de mots aléatoires pour la créer, 5 à chaque paragraphes, mais j'arrête de faire ça autour du chapitre Baek ho.
L'histoire en elle-même est un exercice de style, je m'y amuse beaucoup et prend en compte toutes vos remarques, alors n'hésitez pas :D
Mon but : trouver un équilibre entre ma façon d'écrire et votre plaisir, jusqu'à comprendre ce qui pourrait "cartonner" dans le monde de l'édition (entre autres).
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Ruby Neige
« Plus l'on regarde au loin, plus les vagues s'aplanissent. C'est au creux de leurs rouleaux qu'on en vit chaque remous. » - RN
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Ruby Neige
L'histoire de Pumpkin est la deuxième du genre lancée !

Dans un même environnement, et lors d'un même événement (un manoir et sa fête mensuelle), des personnages choisis par les lecteurs traverseront d'étranges moments qui leur feront gagner ou perdre des points de lune. Ces points, à l'origine au nombre de dix (excepté si une fin d'histoire se termine avec des points excédents), permettront de faire évoluer l'histoire. S'il n'y en a plus, cette dernière s'arrête ! Un point de lune est perdu à chaque chapitre, sauf si un bon évènement survient ; dans ce cas les points stagnent. Il arrive rarement qu'une situation soit excellent, aussi un point est ajouté.
Les lecteurs pourront aussi créer de nouveaux personnages annexes ou des parties de scénario à proposer à l'auteur (que je suis hihi). Et beaucoup d'idées !
À bientôt au cœur du manoir des du Pinson et du mystère des liqueurs de fruits... *voix de fantôme*
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Défi
Ruby Neige

Beau peuple des nuées
Les Ailes aux yeux d'argent
Volaient de par les vents
Courant à leurs cités.

Sans rang et sans entraves
A leurs pieds florescents
Peuple d'antan !
Marcheurs au teint hâve,
Rêveurs de pluie !
Sous vos baisers rubis
Naissent le ciel et l'aube
Et l'astre de ces odes
Qui nous seront chantées ;
Ecoutons vos histoires
Le long de nos veillées
Endormons-nous ce soir
Beau peuple des nuées.

Voleurs aimés,
Vous qui étiez encore
Des enfants le coeur d'or
Et des aieux l'espoir
Revenez donc nous voir.

Eali l'améthyste
De nos nuits scénariste...

Sommeils affadis aux terreurs nocturnes.

Amazal héliodore
De sa voix nous endort...

Le mistral bat l'échec de nos grandes fortunes.

Oom aux mains saphir
Ondulant à sa lyre...

Les sirènes emplissent nos tympans de rancune.

Addiera lazuli
Par ta grâce nous allie...

Divisions collusions désormais sont coutumes.

Iel aux doigts grenats
Brodant un jour de soie...

La nue obscure et mate nous efface la lune.

Uyeden émeraude
De l'hiver les exodes...

Le feu de l'âtre éteint et la neige à nos dunes.

Yamnou la cornaline
A la hanche si fine...

De nos amours réels ne reste que la brume.

Beau peuple des nuées
Les Ailes aux yeux d'argent
Volaient de par les vents
Courant à leurs cités.

Sans chaînes et sans douleurs
Ames aimantes âmes soeurs
Sans chagrins et sans peurs
Ils sont nos sept couleurs.

Tendez l'arc du ciel sous ses eaux torrentielles !







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Défi
Ruby Neige

Une étendue d'or
                À la fasce emplie d'azur
Chargée cyclamor
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Ruby Neige
Voici une fanfiction oubliée quelque part dans un tiroir de mon ordinateur. Je décide de la reprendre !

"Histoire mettant en scène une jeune femme tirée de notre réalité dans le monde de Christopher Paolini, bien avant le Serment du Sang et l'arrivée des humains en Alagaësia. Confrontée à elle-même et diverses créatures toutes plus fantastiques les unes que les autres, Éther saura-t-elle s'imposer ou se noiera-t-elle définitivement en un univers qui n'est pas le sien ? Quel est pourtant cet étrange sentiment ?"
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Ruby Neige

Tous les mercredi après-midi et vendredi soir, je file du campus vers mon travail à mi-temps de femme de ménage, après une pause cafét', quand je peux. Ciel splendide, brise du sud agréable, odeur d'herbe coupée, de fleurs et de terre sèche : ce printemps est incroyable.
Leur résidence se trouve à la périphérie de notre petite ville fleurie (trois étoiles). Quasi un manoir, leur histoire. Heureusement, je n'ai généralement pas tant à y faire qu'on pourrait le penser. Pour y aller, j'enfile mes rollers : compagnons de route de toujours, ils me sont plus naturels que mes propres pieds. J'ai commencé à en faire à l'âge de quatre ans, pour tout vous dire, et je virevolte là-dessus comme une ballerine sur la scène.
« Maude, hey, hey ! » Je freine. Paul, grand ami poil de carotte, un vrai chien de berger malheureusement dès qu'il perçoit ma tête frisée fuir au loin sur son fil égal (à cause des patins).
« Oui, Paul ? Je dois y aller, là. On m'attend. » Ce qui, dans les faits, n'est pas vrai. Les propriétaires m'ont confié les clefs du manoir il y a maintenant deux mois avant d'aller s'installer à Paris, je suis donc parfaitement seule à chaque fois. Mon ami s'approche, véritable asperge (ou carotte, plutôt, mais je vais arrêter parce qu'on va croire que je parle d'un potager), tenant à la main mon téléphone.
« Merde ! je jure. J'ai failli l'oublier. Merci, Paul, t'es un ange.
- T'as déjà vu un ange roux aux yeux dorés, toi ?
- On s'en fout, non ? Y a pas de chinois dans la Bible, ça les empêche pas d'exister. »
Il éclate de rire, me livrant une de ses phrases hors-sujet :
« Fais attention à la tempête ! » et me pousse vers un poteau électrique que j'attrape adroitement avant d'en faire le tour complet, utilisant ma force et ma vitesse pour me propulser sur la route.
« À toutes ! » C'est vrai qu'il a de grands et beaux yeux dorés. Ça, c'est étonnant. Je n'en ai vu nulle part ailleurs que sur sa tête ! Les miens aimeraient bien y ressembler...
Perdue dans mes pensées parfaitement existentielles, je n'en oublie pas moins les passants, les voitures et les crottes dans une danse familière quoique extatique ; je suis la reine des rues, personne n'égale ni mon adresse ni ma vitesse. Enfin, je parviens à la demeure souveraine : marbre blanc, grandes baies vitrées, un toit d'ardoise et de multiples et belles fenêtres – notamment des chiens-assis aux rideaux blancs fermés. De là-haut, je sais que la vue est sublime sur le petit parc que je viens de traverser et sur le jardin arrière dont je n'ai pas à m'occuper, fort heureusement (vu la taille et le travail nécessaire à son arrangement). Ce jardin me fascine, quelque part, peut-être à cause de sa ressemblance avec celui de mes parents, morts il y a trois ans à présent. Lorsque j'entrais en fac. Leur maison a été reprise par ma sœur de six ans mon aînée, qui n'y va guère que pour s'y reposer les jours de congé, lorsqu'elle le peut, prise entre les feux de ses rôles de figuration et ses vernis mondains. Moi, j'évite d'y passer, les souvenirs y sont encore trop douloureux et j'ai peur de voir que ce dont je me souviens aura été changé.
Je secoue la tête pour chasser les idées noires tout en dégrafant les scratch de mes rollers puis enfile mes fines baskets, pénétrant à l'intérieur de la demeure tel un chat sur son territoire. Hop, sac à dos à côté du panier de parapluies, dans le couloir dallé ; petit bond vers la cuisine, l'inspection commence. J'époussette, récure, savonne, rince, sèche et tout ça en boucle. Comme on est mercredi, je sais que j'en ai pour quatre heures. Bon, ce n'est pas un cataclysme de produits nettoyants, ni un tsunami de serpillières : je suis là pour conserver la maison en état jusqu'à ce que ses propriétaires reviennent cet été de leur je-ne-sais quel boulot parisien. Pour posséder un tel bien, ils ne sont certes pas en difficulté financière. Du moins, je le suppose. Peut-être me trompé-je.
« Regarde, toi, t'as une part d'une ferme incroyable dans le sud-ouest de la France, et pourtant t'es femme de ménage deux jours par semaine afin de joindre les bouts. »
« Pff, quand j'aurai terminé mon master, j'ouvrirai ma propre maison d'édition. Je serai à mon compte et je saurai présenter sous leur meilleur jour les livres de mes propres auteurs aux plus grandes librairies londoniennes... », je continue à voix haute, imaginant ce rêve, la main sur l'éponge. Bilingue de naissance, je devrais pouvoir m'en sortir. J'adore la littérature, tout type et libérée, tout comme l'ambiance des salons du livre, la rencontre émulsifiante...
« Heu, qu'est-ce que je pense, moi. N'importe quoi. Émulsifiante. C'est quoi déjà le mot ? »
À cet instant précis, un bruit totalement insolite me fige, en alerte. Non... des voleurs n'oseraient pas. Il est six heures. Précautionneusement, je dépose mes ustensiles (et mon savon émulsifiant), m'en allant vérifier, silencieuse. Le bruit revient, plus fort, plus désordonné. Il arrive du grand salon, et une magnifique loggia l'encadre au premier étage, y permettant une vue plongeante. Je connais l'endroit comme ma poche, aussi y vais-je immédiatement – sur la pointe des pieds –, le téléphone en main, prête à appeler la police (en toute sécurité, cela va de soi). Merci Paul. La cuisine mène sur le vestibule qui mène lui-même, par une porte latérale, à l'escalier montant. Les marches ne grincent pas – vive la modernité. Mais il n'y a plus un son et lorsque je parviens à la loggia et ses grands canapés chics, je reste bouche-bée face à la vision du salon : un roc énorme est posé là. Énorme.
« Oh bordel de merde... » Ce n'est pas une exclamation franche, je murmure, je ne sais plus quoi faire, je reste là, toute bête, les bras ballants. Mais, attendez, comment, oui, comment ce rocher a-t-il pu parvenir jusque là ? Sa taille dépasse de loin l'encadrement des portes, dont deux, je le sais, mènent au jardin arrière. Merdouille, merdouille, merdouille. La curiosité l'emporte. Je descends quatre à quatre et stoppe en bas, dans l’entrebâillement de la porte, les yeux fixés sur le roc. Gris, il paraît tout à fait normal, si ce ne sont ses dimensions. On dirait un caillou agrandi d'un coup de baguette...
« Magique... », je termine, la mâchoire tombante. Une créature fantastique vient de faire son apparition par une des entrées au jardin. Blanche, haute (deux mètres ?), corpulence importante (à moins que ce ne soit des muscles), on dirait un mix entre un Yéti et un bébé phoque. Mon imagination fait quelques cabrioles – de bon droit – puis se stabilise sur « Yéoqui ». Bizarre. Le Yéoqui me fait un grand sourire et j'ai les cheveux qui se dressent sur la tête.
« Comment le rocher est-il venu là ? » me demande-t-il tout de go, dès que mes cheveux sont retombés. Je le regarde sans un mot, éberluée. Il me demande ça, à moi ? J'ai l'air de savoir ? Mais je ne vais pas lui répondre de cette manière. Deux cents kilos de fourrure blanche, ça reste quand même deux cents kilos.
« Heu... vous... d'où... » Ça commence bien. Maude, rattache tes neurones et renvoie-les dans le circuit des réponses intelligentes, s'il te plaît. Je vois le Yéoqui sortir d'une poche ventrale (de mieux en mieux) un mètre ruban. Il s'approche du bloc rocheux, le mesure puis marmonne quelque chose. Enfin, il se tourne vers moi :
« Le rocher n'a pas pu être glissé par les portes, il est plus large et plus grand qu'elles. » Nom d'un chat. Je craque :
« Et vous avez eu besoin de le mesurer pour en être sûr ? Je rêve. Évidemment qu'il est plus grand qu'elles. Ça se voit à l’œil.
- Ah ! Et comment est-il venu là, mademoiselle la maline ?
- Quoi ?! » J'étouffe. J'ai dû m'endormir en train de faire mon ménage. La police va me retrouver le lendemain aprèm parce que Paul l'aura appelée, paniqué de ne pas m'avoir au tél après s'être rendu compte de ma flagrante absence aux cours. Qu'est-ce que je fais ? Je ne vais tout de même pas rétorquer deux fois à un Yéti, j'ai des manières (et pas de courage, surtout).
« Allons dans le jardin chercher des indices », me propose-t-il tout innocemment. Je hoche la tête malgré moi et le suit, en mode automatique. Le fameux jardin. Avec un machin blanc géant qui parle et qui se moque.
Lorsque nous nous y retrouvons, le vent souffle ; le ciel est chargé d'un épais nuage gris chagrin aux renfoncements lumineux d'éclairs couvant. Il faisait si beau tout à l'heure ! Je n'ai pas rêvé, d'ailleurs, par les fenêtres de la cuisine me parvenaient les doux rayons de notre cher soleil printanier. Puis je me souviens avoir vu à travers les vitres de la loggia, en face, le ciel couvert. Bon, mois d'avril, ne te découvre pas d'un fil.
Le jardin est magnifique. Des roses de partout, comme chez mes parents. Une herbe tendre, des bosquets, de hauts arbres, une impression d'infinité dans un écrin de nature. Malgré le temps, j'inspire à fond cet air si savoureux, le cœur papillon : je revois mes parents s'occupant l'un du bois à découper, l'autre de sa mare artificielle si jolie, aménagée en plusieurs mois de dur labeur. Lorsque je rouvre les yeux, le Yéoqui regarde sous les buissons, farfouille un peu partout. Mais qu'est-ce qu'il cherche, au juste... ? Pas une réponse à l'énigme du rocher, quand même ? Pas de cette façon ? Je me sens très étourdie. Bien que le ciel soit sombre, il semble très haut et pas une goutte ne tombe. Tant mieux. À l'instant où j'ai réuni suffisamment de courage pour poser des questions essentielles à ce drôle d'animal, un vague courant électrique se propage entre mes flancs. Je sursaute. Une fluctuation à ma gauche. Je plisse les paupières. Le vent a forci à l'instant même de cette étrangeté. Mais je n'en suis plus à ça près et comme le Yéoqui paraît ne pas s'en émouvoir – l'a-t-il seulement remarquée ? – je le rejoins, gardant une distance raisonnable. Il ramasse quelques curieux cailloux bleus réfléchissant la lumière diurne.
« Tiens, me les tend-il spontanément.
- Heu, merci. » Au creux de ma paume, les pierres sont chaudes et attirent mon regard. Je referme les mains en coupe et les colle à mon visage : elles émettent leur propre lumière !
« Qu'est-ce que c'est ? » je murmure, fascinée. Il ne répond pas et continue à fouiner la terre, cette fois sous un tremble. Une chose paraît émerger entre ses racines. Un énorme caillou bleu !
« Il est passé là il y a peu de temps... », entend-je soupirer mon « ami » pelucheux. Je le rejoins, touchant le rocher : chaud, comme les cailloux.
« Mais qu'est-ce que c'est ? j'insiste, brûlant de questions.
- Des pierres de vent. Humm... tiens-moi ça, je pourrais en avoir besoin. » Il me refile tout un tas de branches, de mousse et de fils de fer. Où a-t-il eu le temps de trouver tout ça ?
« À quoi ça va vous servir ? » je demande, agacée qu'il me prenne pour un baudet. Un éclair zèbre l'éther, mauve. L'air sent très bon, l'humus et les marguerites-chocolat, celles qui sont hautes et ont une délicieuse fragrance de chocolat au lait. Le Yéoqui ne me répond pas, encore une fois, et poursuit son investigation personnelle. Je fronce des sourcils. Il est clair que je nage en plein rêve et j'espère que je ne me suis pas cognée la tête contre un rebord d'évier en le nettoyant. Enfin, nous passons une petite barrière et entrons dans une sorte de bosquet sauvage où les ronces m'attrapent le pantalon comme le sweater, un peu trop amoureuses. Une imbrication de branchages se transforment sous mes yeux en tipi de fortune ; la grosse peluche me prend le tas des bras et se met à en couvrir son abri naturel.
« Voilà ! s'exclame-t-il satisfait. Merci pour ton aide, humaine. Entre, je t'en prie. »
Je le suis à l'intérieur avant de m'immobiliser, totalement à l'ouest ; mon cerveau ne sait plus comment réagir face aux informations données par mes yeux illusionnés : ce tipi de bois et de mousse est immense et je reconnais ci et là des objets qui avaient mystérieux disparu de la demeure. Moi qui ne savais comment l'expliquer aux propriétaires, me voilà bien embêtée. Un courant d'air s'insinue à ma suite. Le Yéoqui va tirer le rideau, laissant l'obscurité tomber un court instant. Le temps que mes yeux s'habituent et la pièce est toute illuminée de bleue : des pierres de vent, partout, émettent leur si caractéristique lueur. Je m'assois sur un petit pouf, dépassée.
« Alors ça, alors ça », je marmonne, la tête dans les mains. J'entends mon hôte éclater de rire et me redresse, perdue.
« Ha ha ha, je t'ai bien eue !
- Comment ?
- Le rocher, c'était ma blague. Elle était bien, non ? Avoue, tu croyais qu'il s'était mis là tout seul, en coup de vent ! (Il glousse.)
- Que... hein ? Quoi ? » Niveau vocabulaire, je peux repasser. Voyant ma tête, le Yéoqui s'explique, mi-penaud mi-hilare :
« Je suis un farceur venteux. Je ne manque pas d'air, quoi. »
Mes yeux doivent sortir de leurs orbites parce qu'il éclate encore de rire.
« Les pierres de vent, finit-il par m'expliquer sans doute par pitié, elles sont les conséquences de mes blagues pas très aériennes. Je sais, je peux être lourd, d'où... enfin, bref. Avec mon air finaud, je loupe jamais mon coup. C'est dans le vent ! Mais j'avoue que je ne suis pas le meilleur. Il les brise à plus d'un, celui-là ! Ha ha, brise !
- Laisse-moi reprendre mon souffle, je jette, ne sachant plus sur quel pied danser.
- Souffle !!! Hahahahaha !!! » Et c'est reparti pour un déluge de rire. Lui, en tout cas. Moi, je suis stoïque et bien décidée à le rester. Je veux me réveiller. Ce farceur... venteux est complètement débile. Et c'est clair que ses blagues sont lourdes. Mais de qui parlait-il à l'instant ?
« C'est qui, « celui-là » ? je lance, plus par désir de le voir arrêter de rigoler bêtement que par véritable curiosité.
- Ah... lui, c'est le maître des farces ! Il joue tout le temps les filles de l'air, mais tu pourras l'apercevoir avec... ça ! » Il attrape une paire de jumelles et me fait signe de sortir à sa suite. Nous retournons au jardin.
« Tiens, regarde, là. » Il pointe un espace vide du jardin ; en plissant les paupières, j'ai l'impression d'y voir comme une fluctuation qui n'est pas sans me rappeler celle observée plus tôt ! L'outil sur les yeux, je cherche un peu puis...
« Oh !
- Oui, ça soulève toujours un vent d'enthousiasme. »
J'aimerais bien qu'il arrête avec ses jeux de mots affreux, mais je suis plus occupée par ce que je viens de voir : une sorte de fantôme noir avec des yeux d'or qui me regarde avant de filer et disparaître de mes jumelles. Une effrayante et fascinante fondue de couleurs électriques s'évapore dans son sillage.
« Voilà, tu as fait connaissance avec le maître des farces. Un conseil toutefois, ne t'approche pas de lui ou tu pourrais totalement disparaître dans son monde ! Il est bien plus bizarre que moi, je t'assure. »
Lorsque nous retournons à l'intérieur de la demeure que j'étais censée nettoyer, le roc énorme a disparu. À la place, nous trouvons une pierre de vent plutôt imposante.
« Et voilà, qui sème le vent récolte la tempête », lance-t-il ravi en mettant le morceau de roche bleue dans sa poche ventrale. Je sors mon téléphone, songeant que je n'ai pas pris une seule photo de mon incroyable aventure. Il est huit heures et demi !! Plus qu'une demi-heure avant la fin de mon service, et j'ai tout laissé en plan dans la cuisine ! Je me tourne alors vers le Yéoqui, mais il a disparu... Les portes du jardin sont fermées. Je vois bien le ciel sombre par les vitres, en haut, et je vais rouvrir une des portes. Il n'y a personne dans le jardin qui semble bien normal, finalement. Je prends tout de même un cliché et file à mon travail, tourneboulée. La nuit parfaitement claire, lorsque je rentre chez moi en rollers, m'interpelle de ses dizaines d'étoiles ; un souffle chaud m'enrobe, contredisant le climat tempétueux du jardin. Je ne comprends plus rien.
Le lendemain midi, Paul et moi sommes en train de dévorer un sandwich au soleil, près de la cafétéria. Je lui ai dit, complètement surexcitée ce matin, avoir un truc d'importance à lui raconter. Écoutant mon histoire rocambolesque, ses yeux d'or brillent étonnement. Il a un petit rire et se penche vers moi :
« Ce maître des farces pourrait bien te surprendre sans en avoir l'air, que ce soit ici ou ailleurs, ne dit-on pas que l'aventure est dans chaque souffle de vent ? »
Je reste muette, frissonnante, n'arrivant pas à terminer ma bouchée. Il se lève, et dans son sillage, pas même une seconde, s'évanouit un arc-en-ciel torturé, une pâte de verre aux milles teintes, un amalgame étincelant.
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Ruby Neige

Mon univers a le pourpre du velours et la froideur blanche de la neige. Rien d'autre ne perdure en ce lieu plein d'oublis, ni mes traces soufflées ni la vapeur écrue au-devant de mon nez. Je suis le prince éteint d'un royaume effondré, celui par qui les mots ne sont plus que glaçons et la fierté d'antan un voile sans façon. Sur mon corps engourdi, ma capeline usée, celle dont le pourpre était sur l'étendard. À mes yeux morts, son toucher est sensible, telle que l'était la main disparue de ma mère, et je veux croire encore qu'elle me préservera. Mes bottes s'enfoncent sans répit ; le frou-frou continu me paraît délicat et je me vois parfois sous les ailes d'un ange.
Je flanche. La neige à mon visage fond, puis gèle, et les coups de sa langue glacée me tailladent et m'attirent vers l'abysse éternel de mes ancêtres honnis. La douleur s'apaise et me laisse apprécier cette mortelle paix qui, lentement, m'envahit, comme si je m'envolais.
Là-bas, au royaume Étincelant, nous avions l'habitude des fêtes jours et nuits. L'on décorait les rues de millions de tapis et je courais dessus, m'effondrant dans leurs plis de taffetas ou de laine, laissant leurs franges brunes, d'or ou de grenat chatouiller ma nuque ; un bonheur en soie illusionnait mes yeux plongés au cœur de leur trame familière. J'aimais ressentir leur peau chatoyante et ainsi le royaume se paraît des plus belles couleurs. Jaune ronronnant sous la paume, vert rasé de près grattouillant mes bras nus, ocre profond presque invisible à mes doigts frais, bleu turquin électrique à mon front ; je pouvais deviner leurs nuances uniquement au toucher, moi qui avait perdu la vue dans mon enfance. Je savais chaque bois caressé, chaque pierre effleurée, chaque grain épousé de la main. Mes parents m'offraient les plus divins tissus, de pays fort lointains, dont la haute couture m'était un cadeau du ciel, un scintillement permanent, un arc-en-ciel étrange dont la splendeur tactile m'était réservée. Je bâtissais sur des mousses élastiques des empires lapis-lazuli aux contours incisifs d'émeraude rassurante. Je me roulais sur les parquets au fauve lisse et chaud et les rayons de l'astre avait la ouate précieuse de l'or en brume, une évanescence quasi spirituelle escaladant mes sens. J'étais un verre, le plus pur des cristaux que la lumière en reine éveillait de frissons.
Je vois ma mère, à présent. Telle qu'elle l'était auparavant, fière, grande, aimante. Fière de nous, grande de notre force, aimante sans détour, car nos chemins étaient clairs. Elle me tend ses mains et je crois attraper quelques perles, une rivière, un océan plutôt d'une incomparable douceur. Le velours s'éteint lentement sur la neige, goutte de sang bientôt recouverte de poudre vierge.
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Ruby Neige

Caramel à mes lèvres
Épanouissement doux
Comme le sel relève
Alors mon jour si mou !
C'est un pétillement
La danse des papilles
À l'orée de mes dents
Vert de menthe et vanille.
Allons croquer ceux-là
Si pleins de chocolat
Terre de sienne et cachou
Je vous aime comme un fou !
Laissez-moi vous goûter
Avec vos joues si roses
Et vos douceurs sucrées
Où par-dessus j'arrose
Un peu de ce vin bleu ;
Observez le mélange
C'est l'indigo des anges
Aux alcooliques preux.
Mais je préfère encore
Le tendre mauve et puis
L'émeraude d'alors
Des dragées sous le buis ;
Les guirlandes de crème
Aimées de leurs cerises
Aux formes de la brème
Mignonnes friandises.
On y plonge son doigt
Et voilà l'écarlate
Qui au palais éclate
Nous protégeant du froid !
Sans parler du café
Gardant mille secrets
Enfouis au cœur du lait
Des fèves et des fumets ;
Que ce soit le matin
La mi-jour ou le soir
Je le boirai sans faim
Plongé dans son ivoire.
J'ajouterai souvent
Sur sa peau d'orpiment
La blanche chantilly
Ou son matcha verdi.




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Ruby Neige

Ce texte est un essai "à la manière de". À vous de deviner où s'arrête le vrai extrait de la recherche du temps perdu et où commence mon texte (ce sera facile pour ceux qui connaissent) :
Ces évocations tournoyantes et confuses ne duraient jamais que quelques secondes ; souvent, ma brève incertitude du lieu où je me trouvais ne distinguait pas mieux les unes des autres les diverses suppositions dont elle était faite, que nous n'isolons, en voyant un cheval courir, les positions successives que nous montre le kinétoscope. Mais j'avais revu tantôt l'une, tantôt l'autre, des chambres que j'avais habitées dans ma vie, et je finissais par me les rappeler toutes dans les longues rêveries qui suivaient mon réveil ; chambres d'hiver où quand on est couché, on se blottit la tête dans un nid qu'on se tresse avec les choses les plus disparates : un coin de l'oreiller, le haut des couvertures, un bout de châle, le bord du lit, et un numéro des Débats roses, qu'on finit par cimenter ensemble selon la technique des oiseaux en s'y appuyant indéfiniment ; où, par un temps glacial, le plaisir qu'on goûte est de se sentir séparé du dehors (comme l'hirondelle de mer qui a son nid au fond d'un souterrain dans la chaleur de la terre), et où, le feu étant entretenu toute la nuit dans la cheminée, on dort dans un grand manteau d'air chaud et fumeux, traversé des lueurs des tisons qui se rallument, sorte d'impalpable alcôve, de chaude caverne creusée au sein de la chambre même, zone ardente et mobile en ses contours thermiques, aérée de souffles qui nous rafraîchissent la figure et viennent des angles, des parties voisines de la fenêtre ou éloignées du foyer et qui se sont refroidies ; – chambres d'été où l'on aime être uni à la nuit tiède, où le clair de lune appuyé aux volets entr'ouverts, jette jusqu'au pied du lit son échelle enchantée, où on dort presque en plein air, comme la mésange balancée par la brise à la pointe d'un rayon – ; parfois la chambre Louis XVI, si gaie que même le premier soir je n'y avais pas été trop malheureux, et où les colonnettes qui soutenaient légèrement le plafond s'écartaient avec tant de grâce pour montrer et réserver la place du lit ; parfois au contraire celle, petite et si élevée de plafond, creusée en forme de pyramide dans la hauteur de deux étages et partiellement revêtue d'acajou, où, dès la première seconde, j'avais été intoxiqué moralement par l'odeur inconnue du vétiver, convaincu de l'hostilité des rideaux violets et de l'insolente indifférence de la pendule qui jacassait tout haut comme si je n'eusse pas été là ; – où une étrange et impitoyable glace à pieds quadrangulaires barrant obliquement un des angles de la pièce se creusait à vif dans la douce plénitude de mon champ visuel accoutumé à un emplacement qui n'y était pas prévu ; – où ma pensée, s'efforçant pendant des heures de se disloquer, de s'étirer en hauteur pour prendre exactement la forme de la chambre et arriver à remplir jusqu'en haut son gigantesque entonnoir, avait souffert bien de dures nuits, tandis que j'étais étendu dans mon lit, les yeux levés, l'oreille anxieuse, la narine rétive, le coeur battant ; jusqu'à ce que l'habitude eût changé la couleur des rideaux, fait taire la pendule, enseigné la pitié à la glace oblique et cruelle, dissimulé, sinon chassé complètement, l'odeur du vétiver et notablement diminué la hauteur apparente du plafond. L'habitude ! aménageuse habile mais bien lente, et qui commence par laisser souffrir notre esprit pendant des semaines dans une installation provisoire ; mais que malgré tout il est bien heureux de trouver, car sans l'habitude et réduit à ses seuls moyens, il serait impuissant à nous rendre un logis habitable. L'obscurité vannait ainsi ses grains d'intemporalité tandis que mes songes égrenaient les leurs, au cours de ces longs éveils si généreux en souvenirs. Je laissais le plus souvent possible courir cet onirisme délicat, aussi fragile que la toile d'araignée sous la rosée du matin et croyais voir sous mes paupières la chétive lumière du tison de grand-père observant tendrement mon sommeil après m'avoir conté ses histoires. Comment mon esprit pouvait-il être à la fois si cruel et si bon ? Tout était net et clair, si présent et pourtant révolu ; au-delà des persiennes de la fenêtre andalouse, la lune – lorsque par le hasard des chemins je m'étais endormi un soir sur le poignet de l'Espagne – glissait jusqu'à mon lit sa figure asiatique et blanche comme poudrée de riz. Mes oreilles pouvaient percevoir encore ce doux son mélodieux qu'est celui des cigales et j'ai souventefois perçu dans leur stridulations un jouet d'enfant, un hochet. C'est à ces instants là que l'on frémit, brièvement, ne pouvant supporter deux émotions contraires au sein d'un même esprit d'un si bel ordre chaotique. Madame de Vicens qui savait s'entourer des plus beaux châles pour nos âmes captives, au langoureux regard espiègle et tentateur, m'avait un jour offert un carnet de voyage ; je n'en savais que faire ! Et sa phrase, sibylline s'il en est, donnant au cœur perdu matière à réfléchir : « Nous ne sommes jamais vraiment ici, toujours un peu devant, souvent derrière ; prêtez-vous alors un soir au jeu et laissez ce carnet guider votre plume dans vos ressentis présents...on a toujours le temps de déplorer. » À la suite de quoi ce fut une de ces nuits si chères qui emplissent la mémoire défaillante de particules de félicité ; ah, temps, qu'as-tu donc contre nos existences ?
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Ruby Neige

Les fenêtres ouvertes à la bise matinale
Je disperse ma cendre à rêves obscurs et durs
C'est un peu de folie moins l'ennui que j'endure
Que je voudrais apprendre à ma vie qui s'étale
La souffrance accompagne le désir refréné
Quand l'âme en apocope devient un lion en cage
Raccourcie à ses angles ne peut tourner la page
Laissant tout son courage enfermé à deux clefs.
Les fenêtres ouvertes à l'ensuqué mi-jour
Je rumine ma colère contre les vagues-à-l'âme
Herbivore esseulé ignorant chaque lame
D'une mer étouffée par un esprit trop lourd
La déprime a déteint sur ces yeux invisibles
Puisque seul à les voir le miroir s'est brisé
Le reflet s'en est vu affadi de regrets
Et mon corps se replie, un futur illisible.
Les fenêtres fermées à la nuit crépuscule
Je dépose mon cerveau dans le nid des chagrins
Farandoles opprimantes apportées par l'embrun
D'une vie qui s'enrouille et s'enroule en iule
Éclairé par Morphée souventefois cruel
Timidement l'esprit ose s'attendre à rêver
De ces rêves lucides espérée panacée
Mais le matin revient découpant ses deux ailes.
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