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Nicolas Cesco

Nicolas Cesco
Quatrième de couverture

Qu’y avait-il avant ? L’univers des vivants se résume-il à cette île minuscule ? Existe-t-il quelque chose au-delà de cet immense océan ? Pourquoi l’injustice règne-t-elle en ce monde ? Toutes ces questions, la princesse se les pose depuis longtemps. Depuis son tout jeune âge, s’imagine-t-elle. Mais depuis peu, elle s’en pose de nouvelles. Esclave de condition, l’homme qu’elle vient de rencontrer a tout d’un prince. Ses chaînes brisées, il a libéré un groupe important. Et maintenant qu’il est là… elle ne pense plus qu’à lui, car il semble penser comme elle. Et se poser les mêmes questions qu’elle.

Et quelle énergie ! Avec quelle célérité il fait sa place au sein du royaume ! Royaume qui lui doit la victoire, c’est vrai. Et à elle, la vie, en passant. Et ce n’est sans doute qu’un début. Le roi, son père, ne semble pas l’apprécier, mais il a besoin de ses compétences pour préserver l’intégrité du pays.

Grâce à lui, ce n’est plus seulement vers le salut du royaume que la princesse oriente ses pensées, mais vers les énigmes qui l’obsèdent. Pour les résoudre, il convient d’ébranler les fondations de la société elle-même. En est-il capable ? Elle voudrait l’attirer, suffisamment pour qu’il adopte ses rêves. Parviendra-t-elle alors à changer le monde avec lui ? Parviendront-ils alors à retrouver leur histoire, seule capable d’expliquer la bassesse des hommes ? Si tel est le cas, les événements qui s’annoncent leur en laisseront-ils le temps ? Et ne risquent-ils pas de réveiller les vieux démons de l’humanité en lieu et place ?
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Nicolas Cesco
De dépit, il secoua la tête.

— La grange des Raley brûle aussi.

Étienne s’essuya le front. Du village en contrebas s’échappaient cris de détresse et fumée noire. La horde avait investi les lieux aux premières lueurs de l’aube. Il s’en était fallu de peu. La peur au ventre, son frère et lui avaient abandonné le fruit de leur larcin. Le propriétaire n’y était pour rien, les sons qui les avaient effrayés provenaient en réalité des hurlements de résidents réveillés à la hâte. Ils avaient déguerpi précipitamment, persuadés que les envahisseurs s’en prendraient à eux autant qu’aux habitants.

Ils furent les premiers à atteindre la forêt. Le bosquet qui leur tendait les bras leur offrirait cachette et poste d’observation. À peine installés, ils remarquèrent des villageois à moitié nus abandonner leur domicile aux vandales. Ces chanceux avaient réagi immédiatement, sans une pensée pour leurs biens. Bien leur en prit, la localité fut rapidement bouclée.
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Nicolas Cesco

Dans Le Miroir du Temps (titre provisoire), on revisite l’époque médiévale où les puissants dominent et, d’une certaine manière, exploitent les pauvres. On se dit que tout cela fait partie d’un passé oublié.
Peu se rendent compte des implications du rachat des médias. À part quelques entités ici ou là, tout organisme médiatique appartient maintenant à un ou plusieurs groupes industriels ou financiers (de par l’interdépendance de ces deux sphères, on a tendance à nommer ce milieu : « la Finance »). Aujourd’hui, ceux qui nous informent dépendent de grands groupes et de la manne publicitaire, autant d’entités qu’ils se doivent de ménager.
En termes d’indépendance, on aura vu mieux.
S’ils ne font pas toujours partie intégrante de ce système, nos élus font, pour le moins, cause commune avec lui. Dans le cas contraire, ou si l’envie leur venait de s’opposer aux intérêts de ces Géants, il suffirait à ceux dont les intérêts sont égratignés d’utiliser l’organe de la presse qui leur est assujetti. Le message, implicite, est clair : vous votez une loi qui nous arrange ou nous influençons vos électeurs au moyen de l’Information.
En somme, tout élu qui s’opposerait au système serait immédiatement décrédibilisé aux yeux du public par toutes sortes de moyens et se verrait pied et main lié par une opposition de plus en plus forte.
Aujourd’hui subsiste quelques médias indépendants, mais qui disposent d’un public trop peu nombreux pour gêner le Système. Il sera facile de les décrédibiliser par des termes simples : complotisme, extrémisme, etc.
Autrefois, pouvoir et religion faisaient cause commune, se renforçant l’un l’autre. Le roi se réclamait de la religion, en retour, les prêtres ne cherchaient pas à influencer les masses en sa défaveur et n’étaient pas imposés. Plus proche de nous, Hitler a craint l’église protestante qui, au début de son « mandat », aurait pu faire bouger la moitié du pays à son encontre. Par ses promesses aux religieux, ceux-ci ont hésité, ont omis d’écouter les alertes de certains de leurs mentors et ce, jusqu’à ce qu’il soit trop tard.
Aujourd’hui, le pouvoir sur la pensée est détenu, non par la religion, mais par les médias.
D’où leur rachat par les lobbies.
Nous pensons décider en tout état de cause, nous nous imaginons dans un système démocratique, mais il n’en est rien. Le propre de l’homme, orienté généralement sur ses besoins primaires ou sur son plaisir, est de se laisser manipuler, de passer d’une forme d’esclavage à une autre.
Aujourd’hui, les pauvres facilement exploitables se trouvent surtout en Asie et en Afrique, dans des pays que nous avons affaiblis en intervenant politiquement ou en subventionnant notre propre production au détriment des leurs. Ces pauvres produisent et meurent pour la plus grande satisfaction du monde consumériste qui regarde ailleurs afin de se protéger de leur souffrance.
Pour caricaturer, je dirais que, nous, occidentaux, faisons partie de cette classe intermédiaire aisée qui consomme leur production tâchée de souffrance, parfois de sang. Au-dessus de « l’occidental-consommateur », se trouve le financier qui déplace ses pions sur l’échiquier.
La classe moyenne (nous) a tendance à laisser agir les Grands de ce monde tant qu’elle y voit son intérêt. Or, aujourd’hui, un paramètre imprévu la titille : la somme de nos consommations n’est pas durable !
Cette fois, au faible pourcentage de personnes éthiques qui se préoccupaient de l’état de misère de l’autre partie de la planète – le même pourcentage qui réclamait, à l’époque, l’abolition de l’esclavage – vient s’ajouter ceux qui désirent transmettre un avenir le moins sombre possible aux générations futures. En somme, à ceux qui se batte contre la misère s’ajoute ceux qui observent leur monde sombrer écologiquement. Il s’agit toujours d’une minorité, elle s’oppose toujours à la masse de ceux qui entourent leur entendement d’un masque de plomb pour éviter d’entendre la voix des souffrants, mais elle clame l’évidence et cela éveille la conscience d’un nombre toujours plus importants d’anciens « consuméristes ».
Car, cette fois-ci, l’avenir de leur progéniture est en cause.
Les mouvements éthiques ont rarement obtenu gain de cause à eux seuls. Le bison a été sauvé parce qu’un faible nombre s’était réfugié (ou plutôt se trouvait) dans un lieu reculé. Un homme les a découvert et s’est proposé de les protéger. De même, le castor et la loutre de mer, chassés pour leur peau, ont survécu dans certaines régions parce qu’on croyait en leur annihilation ou que cela représentait un coût trop important de les retrouver.
La baleine a été sauvée par deux facteurs : le pétrole, capable de remplacer son huile, et le coût pour en ramener une seule, au sein d’océans où cette ressource avait presque disparu. En somme, l’huile de baleine dépassait le coût du pétrole.
L’esclavage s’est vu abolir grâce à trois facteurs : 1) des dizaines d’années de manifestations, 2) le pétrole, encore lui, source d’alimentation de machines capables de les remplacer et 3) l’exploitation à la source : plutôt que de transférer des millions d’esclaves d’un continent à l’autre, il apparaissait préférable de les exploiter sur place. Le partage de l’Afrique constitua, par suite, certainement la véritable cause déterminante de fâcherie entre les grandes puissances en concurrence, qui allait provoquer la première guerre mondiale, et donc, par la grâce d’un revanchard illuminé, la seconde.
Ces deux conflits ayant précipité la fin de l’époque coloniale, la source des petites mains s’est tarie. Il convenait de refonder le capitalisme pour se procurer les avantages d’une telle ressource. Un capitalisme non durable, qui consomme plus que ce que la Terre peut produire.
Nous sommes le Titanic. Ceux qui se posent les bonnes questions : 1) notre navire est-il vraiment insubmersible ? 2) est-il sage de naviguer aussi rapidement dans une zone si dangereuse ? sont peu nombreux. Ils ne prendront jamais le pouvoir, mais que seraient-ils s’ils ne clamaient l’évidence ? L’espoir est dans l’action. Pas d’action sans véritable information.
C’est pourquoi j’écris.
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