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Oïbarès

19
œuvres
13
défis réussis
160
"J'aime" reçus

Œuvres

Oïbarès

Sirocco, ton nom avide court sur mes plaies
Occitane ma douleur
Noir est ton autan, vent fou qui ravage mes colères
Électrise ma peur et noie mes peines


Constance se leva et approcha sa main de la bulle. Fraîche, humide, élastique sous la soie de ses doigts. Elle en fit le tour, lentement, comptant chacun de ses pas sur le sol de marbre tiède.
C'était le début de l'été et déjà les maisons et leurs habitantes s'affaissaient sous la chaleur. L'air tremblait des avances du soleil et des alizés. On entendait le murmure de l'océan, au loin. Les lataniers ondulaient doucement, saluant l'azur. Posté près de la fenêtre, l'ylang-ylang planté quelques dizaines d'années auparavant attendait le crépuscule pour exhaler ses parfums envoûtants. Derrière les voiles safran, la chambre baignait dans un demi-jour moite. Constance prit une grande inspiration, et décela un infime effluve. Cette odeur la ramenait bien loin.

Ailleurs, avec lui. Dans sa pépinière aux allures de jardin sauvage, ils avaient marché, nommé les plantes autour d'eux, s'étaient deviné des points communs ; elle se penchait pour sentir chaque fleur, il riait de son obsession pour les odeurs ; petit à petit ils avaient laissé leurs cœurs se répondre. En partant, elle avait découvert le bel ylang-ylang, qui n'était bien sûr pas à vendre. Elle en avait ramassé une fleur, sa fleur, petit trésor collecté, comme tant d'autres mais vif en son cœur, unique.

Douleur douceur.
Elle accentua la pression. La membrane souple s'enfonça, sans rompre.
Constance recula. Sa longue jupe aux motifs fleuris glissa au sol, découvrant des jambes d'enfant sauvage, des cicatrices de toutes tailles, souvenirs d'une jeunesse joyeuse à grimper aux arbres et à courir dans les champs de cannes, entourée de ses chiens bien-aimés. Le chemisier léger suivit la jupe, doux froissement écru ; Constance accueillait l'air qui courait de son cou à ses reins, s'enroulait autour de sa taille. Nue, elle pressa son corps alangui contre l'enveloppe hyaline.
Elle sentait la caresse de la bulle la prendre par les hanches, la tirer en avant. Un soupir dans l'âme en pensant à ses mains. Va plus loin.
Elle avança jusqu'au point de rupture.


Mes frissons effleurent
du bout des doigts ta paume tiède
Le coeur bat, mais cette fois
blottis-moi contre toi
loin de la course du temps
Zephyr coquin
j'ai par trop exploré, visité, entamé ton corps
de mes griffes et de mon désir
Alize-moi jusqu'à la maison
Pose-moi sur le sable
Enfouis-moi jusqu'à l'oubli


Plop. La bulle se referma sur Constance.
Absorption.


Tout engourdir
Pour ne pas
Penser
À toi


Repliée sur elle-même, Constance entra en hivernation, écrin de fraîcheur au beau milieu de l’été.

La métamorphose viendrait.
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Défi
Oïbarès
Poème.

Illustration de couverture : https://www.scribay.com/author/584415234/tanuki :)
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Oïbarès

Mon amour,

Tu pars en lambeaux dans mon coeur et je n'ai plus envie de te retenir. Deux ans déjà qu'entre mes doigts je retiens les sentiments qui goutte à goutte s'éparpillent.
Deux ans que je guéris loin de toi mais qu'à la moindre occasion je reviens frémir à ton rire, à ta voix, à ton regard. Je rouvre les plaies avec envie et inconscience, je ne veux pas avancer, je veux rester là, dans ces instants figés de joie, de partage, de compréhension, de rêve.
Dans un coffre je garde la magie de tes yeux de tes mots de tes mains, j'en ai fait une pépinière du bonheur, mais elle se fane au contact de la réalité. Celle où tu es pénible, fuyant, attachant, lâche, touchant, cordon-bleu, buveur, fumeur, beau, prétentieux, indépendant, loyal, blessé ; tu as tout à apprendre d'une vie à deux, et moi je suis lasse. Lasse de courir après une amitié amoureuse, lasse d'espérer, de chercher ton regard, d'y trouver de l'amour, sans rien pouvoir faire. Lasse d'avance de cette infirmière que je ne veux pas devenir.


Mon amour,

Tu deviens un fantasme fantôme. Finalement tu es bien mieux au chaud à l'intérieur de moi. Je vais te garder là, ignorer le vrai toi. Ne me regarde pas comme ça, tu l'as choisi aussi.
J'ai hâte que tu trouves quelqu'un d'autre à aimer, relâche-moi. Relâche-toi, échappe-toi, dépêche-toi, sors de moi.


Mon amour,

Plus de lettres désespérées, écrites en essorant mon âme à deux mains. Plus de privilèges, plus de rires à mon oreille. Seulement tes mots, chauds, amicaux, sur un écran.
Voilà que la distance nécessaire s'est enfin installée, et que je te regarde tel que tu es, pour la première fois depuis longtemps.
Combien de corps et de coeurs n'ai-je usés pour être capable de relâcher les tiens ?
Tu as étoilé mes errances de tes cils et de tes mains. Accroché un à un des baisers sur mes doutes.
Aujourd'hui, je danse.


Mon amour,

Un jour, peut-être.
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Listes

Avec Café Vanille [Terminé], Des ados, de l'amour et des monstres (Terminé), Cinq à Sexe amélioré [Terminé], Insaisissable...s (terminé), Zèbres [TERMINÉ], Plaisir offert, J'ai tellement attendu qu'on m'attende., La défaite...
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