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Solange Dolloup

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Défi
Solange Dolloup

*Salle très éclairée, après une fin de journée de leur activité favorite. Le temps des au-revoirs. Un monsieur, une dame. Un amour, platonique mais réel.*

- Chut, ne dis plus rien !
- Je ne dis plus rien
- Tu es in-fer-nale ! Je ne pars que 10 jours ! Ca ne me paraît pas insurmontable, à moi !! Pourtant, tu es là, avec tes yeux humides, à me la jouer, sanglots longs des vi-o-lons, tu es terriblement culpabilisante.

- Je ne dis plus rien... mais enfin... j'aimerais pouvoir être libre de m'exprimer... un petit peu... avec toi au moins... surtout avec toi.

- Oui vas y exprime toi ! Mais si c'est pour me faire des reproches, abstiens toi !
- Amour, je ne te reproche rien. Je suis triste parce que peut-être que demain n'existera plus, alors 10 fois "demain"... c'est vraiment trop long ! Il est déjà bien assez, d'être éloignée de toi plusieurs fois par semaine. D'un coup, me revient cette jolie petite histoire de Zoya !
- ...
- Ca se passe, là-bas loin, dans la grande Russie. Le papa de Zoya doit s'absenter pendant de longues journées. La petite Zoya, n'aime pas quand son Papa part si longtemps. Et elle le lui dit. Alors pour l'aider, il lui donne une matriochka, en lui intimant de n'ouvrir qu'une poupée par jour. Et quand arrivera la dernière , une surprise l'attendrait. Zoya ouvre chaque jour sa poupée, avec un peu de tristesse, mais en se disant que demain, elle sera encore plus petite et que peut-être elle verrait sa surprise. Le temps lui paressait long, mais un tout petit moins avec la matriochka de son Papa. A la dernière, la tristesse l'envahit parce que demain il n'y en aurait plus d'autres à ouvrir. Son papa lui manquait vraiment beaucoup maintenant. Il n'y avait pas de surprise. Alors elle se alla se coucher le cœur lourd et déçue. Mais le lendemain il y avait bel et bien, une surprise qui l'attendait : il était de retour !
- ...
- Je suis comme Zoya, je vais être triste pendant toutes ces longues journées sans toi. Ne me blâme pas, je ne le fais pas exprès. Je fais de mon mieux.

- Et bien écoute... Je vais te laisser une matriochka. Comme Zoya. Et toi aussi chaque jour, tu ouvriras ta poupée... Elle sera aussi belle que toi, elle te ressemblera, et tu penseras à moi. Sauf que ma matriochka, elle, ne sera pas physique. Comme mon amour. Une cyber matriochka. Comme mon amour. Une poupée sur ton écran, tous les jours. Tu me liras, et tu compteras les jours. J'écrirais, pour toi chaque jour, pour les compter avec toi. Je dois bien l'avouer qu'à moi aussi, le temps me paraîtra ainsi moins long. Et le dernier jour... ce sera comme pour Zoya, je te retrouverais.

- D'accord... Et bien à dans 10 jours alors...*Sourire crispé mais tendre*
*Bises et accolade*

- *Clin d'oeil rassurant mais ému* Oui, ça passera vite, fais moi confiance... Allez, laisse-moi partir maintenant.
*Elle sourit parce qu'il le faut bien. Tourne les talons, descend quelques marches, passe la porte, marche droit devant elle. Les larmes montent, montent, débordent. Il ne le saura pas. Elle a une matriochka sur le coeur, et le temps en horreur.*



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Solange Dolloup
Je pense donc je tweet

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Solange Dolloup

Il est partout autour de moi. Dans mes mots, dans le souvenir de ma peau, dans le regard sur mes mains, dans l'émoi de mes chairs, dans mes songes, dans mes humeurs, dans mon armoire et dans mes chutes. Il me hante et déambule dans les couloirs de mes sentiments esseulés. Il règne en maître sur mes pensées et mes activités.

Je le vois le jour comme la nuit. Eveillée comme endormie. Par tous les temps et tous les lieux. Il me chuchote des douces nuitées et je l'attends les paupières closes. Toutes les heures nocturnes  ! Il me parle, me touche, parfois nu, parfois muet, parfois sombre, mais toujours bienveillant. Il me veille, et me protège de mes propres cauchemars. Il me prend par les épaules, par l'intensité de son regard, par sa bouche, par ses cuisses, par ses mots inventés, bien à lui, et chuchote à mon esprit sinueux : "Mais comment puis-je être assez fol' pour te laisser partir !". Il me prend par la main ou par les yeux et me réveille doucement. De sa vision, je suis hagarde, esbaudie, étourdie, ensuquée et pâteuse. Triste de l'illusion. Je me tourne et la place est vide. Toujours ce vide qui me creuse.
Il me reste les pensées. Les mots se bousculent, en boucles, répétés, lancinants. Refrains à conserver. Des dialogues font la queue, des sensations à décrire, des lieux insolites, incongrus, des situations inconnues et libres. La cohue dans cet état semi conscient. Ne pas perdre. Se rappeler encore, pour le faire vivre toujours un peu plus. Je répète ma scène, et je scrute les moindres détails. Je consigne dans mes tiroirs l'essentiel de son amour nocturne en grappes d'émotions, bouquet sur mon poitrail. Et puis je laisse filer.
J'abandonne, je baisse les armes sous le joug de mon obsession qui me rend littérairement folle ! Lui. Lui, mon fantasme, mon rêve, ma réalité éphémère, ma jouissance secrète, mon orgasme de chairs et de papier. Mon homme. Celui qui m'évidence. Ce Lui que je veux. Celui que je rêve. Ce Lui qui me touche du bout du dos, et me suffoque, parfois. Celui que je lis. Ce Lui qui me fuit. Mon génial auteur. Mon délicat taiseux. Mon carpe diem timide. Mon bienveillant fantôme. Mon fuyant gentleman. Mon galant amoureux. Je suis folle.
Pour me soigner, et ne pas mourir de chagrin, je me rendors. Vite. Très très vite. Comme toujours. Et au réveil, le mien cette fois, seule, tout s'est évanoui. Je tire le draps et reste là à regarder le plafond. Je ne me tourne pas dans le lit. Je sais qu'il n'est pas là. Je cherche un peu les mots, mais ils se sont évaporés avec le lever du soleil. Je cherche un peu de chaleur mais ma coquille demeure vide de lui. Reste à sonder mon chagrin pour me rappeler que je l'aime tant et qu'il nous manque... Je m'étire et sens les picotements de mon intimité. Souvenirs de ses gestes sur moi. Minces et rares. Précieux et déferlants. Regarder l'écran froid pour le retrouver et apprendre encore un peu, pour quelques heures, jours de sa patience...


J'attends le soir...
Je t'attendrais...
Encore...

Ce soir.




29/05/2015
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Solange Dolloup
Questions du jour qui me taraudent.
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Défi
Solange Dolloup
En réponse au défi "Vous avez 4 minutes..."
https://www.scribay.com/defis/defi/195

Marie est immigrée, quarantenaire, malade, en parcours d'insertion/formation, et n'y connait rien en informatique.
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Solange Dolloup

 Mon cher, mon très cher professeur,
Je ne sais par où commencer cette lettre qui me tient depuis une bonne décennie si ce n'est d'avantage.
Aujourd'hui je viens à toi parce que nous sommes éloignés par la distance, par la vie, par les idées, par l'orgueil, par je ne sais plus trop quoi.
Aujourd'hui je pense à toi souvent. Oui souvent. C'est cet orchestre sorti de nul part, de "la nuit debout" qui m'a fait repenser si fortement à toi. A nos années, a ton professorat, mon apprentissage, ton rôle dans ma vie, à la place qu'a pris la musique dans mes réflexions, à tout ce qui aurait pu se dire mais qui ne l'a jamais été par manque d'opportunités, de temps, de maturité.
La maturité. Je pense que notre lien s'est brisé le jour où tu m'as brisé de ta lucidité, de ton regard aiguisé sur mes capacités, mes motivations, mes envies folles. Et moi, de t'en vouloir pendant ces si longues années, sans comprendre pourquoi toi, si cinglé (pardon, mais tu es si fou...), m'a fait reculé devant une folie de plus. Toi qui n'a jamais été a une incohérence près, à une folie fougueuse près, à un projet entreprenant près, à une énergie perdue à jamais près. Oui ce jour où tu as refusé, le vrai rôle, le seul que tu aurais dû prendre, avoir, être... Mon professeur de musique qui m'aurait poussé aux sommets des reconnaissances diplômantes. Même si...
 C'est un peu fou à réaliser, et j'ai mis si longtemps. A le comprendre, à l'ingurgiter, à l'accepter. Oui toi mon professeur, tu as refusé de me porter vers les diplômes alors que ça aurait dû être ton rôle. J'ai mis des années à me relever de cette trahison. Mais aujourd'hui, je crois que ma petite maturité m'aide en cela. Je n'ai jamais su ton âge... j'ai 37 ans. Une petite gifle amicale sur nos souvenirs. 37 ans. Et toi ? Quel âge te prend aujourd'hui ? 
Cet orchestre sorti de nul part, 300 musiciens. J'ai compris, à ton corps défendant, et je me trompe sûrement, comme toujours, en pensant que c'était là, l'essence même de ta philosophie de la musique, enfin, celle que j'ai eu l'impression de développer à tes côtés, mais j'ai compris qu'il ne servait à rien d'avoir des diplômes pour faire de la musique. Certes, tu as brisé toute possibilité pour moi de devenir "professionnelle" de la musique, car jamais je n'aurais pu avoir un autre professeur que toi. J'aurais arrêté dans la minute où j'aurais pénétré une autre salle de cours que la tienne.
Celle qui renfermait les trésors de souvenirs de mon enfance. Ta façon de retirer tes pulls en hiver, après avoir voyagé en vespa, te retrouver dans une salle surchauffée quand toi tu vivais dans des pièces à 15°C l'hiver, subir tes enregistrements sauvages des morceaux coriaces et maltraitants, tes "hum pardon" quand au milieu d'un morceau que tu me montrais tu faisais une erreur, tes lentilles rigides qui te jouaient parfois des tours, ton "wagon de campagne" 1e classe, mon violon que je chéris jalousement depuis plus de 20 ans que tu as choisi pour moi et que tu aurais gardé en violon d'étude s'il ne m'avait pas adopté.
D'ailleurs, j'aime cette anecdote, mais quand je vais voir notre luthier commun (Est-ce toujours le tien ? toujours ton ami ?), je surveille, presque nerveusement, impatiente toujours, sa moue. Là de t'écrire cela, ça me fait sourire, vois tu. Parce que ça fait du bien, ces instants pris à la volée. Je le surveille parce que j'aime par dessus tout savoir qu'il voit des centaines, si ce n'est des milliers de musiciens par an, et qu'il ne se souvient jamais de moi, mais vraiment jamais, avant que je ne lui parle de toi. Et je le fais seulement, et uniquement après lui avoir présenté mon violon, ton choix pour moi, parce que ce violon, figures-toi, il s'en rappelle. Aussi fou que cela puisse paraître, il se souvient que c'est le sien. Mais comment Est-ce possible ? A quoi le reconnaît-il ? Tu as sûrement la réponse, toi. Son vernis ? Sa patte ? Sa griffe ? Quelle empreinte laisse-t-on sur les choses, les gens ?  Et quand il le prend dans ses mains, son visage s'illumine, il prend d'abord un air heureux, comme quand on revoit un ami après de nombreuses années, puis soucieux, de vérifier que tout aille bien, et enfin professionnel pour savoir ce qu'il y a à faire. Ce luthier, aussi étonnant que toi, je ne l'ai jamais quitté. Ce luthier qui refuse de me faire payer une réparation, mais qui pendant des années m'a demandé de mettre ce que je voulais dans une tirelire pour les sauveteurs bretons en mer...
Tu vois, je me rappelle de choses insignifiantes pour le commun des mortels, des choses qui ne riment à rien, mais qui ont fait de mon univers musical un socle de vie. Et j'en ai des cargaisons. Des kilos que ne les mots ne peuvent même plus peser.
 
Alors oui aujourd'hui, je pense souvent à toi. Parce que tu me manques. Parce que tes avis fous et décalés, saugrenus mais si plein de bon sens me manquent. Toutes ces choses, si avant-gardistes, qui te rongeaient, tes combats politiques, pour toi, pour nous, pour la musique, la culture, ces incohérences du système, tout ce qui empêchait de vivre, putainement, de juste vivre, mais qui au final m'ont tant bousculé et forcé à réfléchir. Je me demande ce que tu penses de ce mouvement "Nuit debout" et particulièrement de ces anonymes qui se retrouvent pour jouer ensemble. C'est loin d'être parfait, et tu ne pourrais me contredire là-dessus, mais toi, toi qui, je le crois, nous a toujours appris que la musique n'est rien d'autre qu'une forme d'expression commune. La musique n'existant que si elle peut se partager, se vivre ensemble, s'élaborer, se transpirer, s'engueuler, grandir ensemble.
Je me souviens de toutes ces engueulades, parce que capable mais trop feignante, ça te mettait en rage folle. Je me souviens que tu disais aux petits, tous petits, que peu importait leur niveau, puisque l'essentiel, le vital, l'essentiel, le fondamental de la musique était déjà d'être là ensemble, sur la scène, dans la rue ou la cité, sur le quai de gare ou les places publiques, qu'il fallait jouer, même qu'une note, mais que chaque note était LA note qu'il fallait, qui nous manquait. J'extrapole, je divague, tu n'as jamais prononcé ces mots, mais tu m'as appris la musique, buriné, façonné, sculpté par cet enseignement là. Peu importe le niveau, la musique, celle qui se vit, qui fait vibrer les gens, ne connaît pas le niveau, les compétences. Elle ne connaît que la joie de vivre, ensemble cet instant et de transmettre. Le rire. La musique par le rire, et la joie de vivre. Les pleurs aussi... Te rappelles-tu des larmes de Pef, quand nous l'avions invité pour "Huit ans de violon". Moi oui. Ce fut si terrible, de voir cet être, ce colosse physique comme culturel, se faire ébranler par une tripotée de petits musiciens. Les émotions, mon cher Professeur. Les émotions. On ne badine pas avec les émotions. On les prends, et on les soigne. On les chérit, on les cultive, on les fait grandir, et on les transforme en notes, en vibrations. Vibration, oscillation, les parallèles de la musique et de la vie.
Et pourtant, qu'Est-ce que tu as pu gueuler pendant toutes ces répétitions. Ces temps de professeur perdus. Ces temps arrachés à nos jeunesses. Qu'Est-ce que tu as pu me faire pleurer par tes mots acerbes et tranchants, brutaux, presque tribaux. J'ai appris en accouchant de mes deux enfants, ce qu'était le cerveau reptilien. L'animal qui est en nous. Le truc de la nuit des temps qui nous anime. Toi c'était la musique. Le son. Le rythme. Le partage. L'engagement. Le message et ce temps commun. Tu n'y es pour rien. Tu es cet animal fait de vibrations.
Que de sueurs de toute part, pour de si petits résultats. Quoi que. Tu dois te souvenir évidemment de cette soupe populaire servie au milieu de notre spectacle de Brecht/Weill, sous le regard médusé d'une municipalité réfractaire ; de cette sortie au milieu de la cité, et de ces jeunes sur une bagnole, radio à fond qui refusaient de couper le son, de partir, et qui ont fini par demander à essayer les instruments ; et ça de mon expérience de cette même journée, dans cette cité, avec ce groupe de jeunes handicapés mentaux, qui touchés par la musique nous ont écoutés, à leur façon, sans chichis, au cœur même, avec leur instinct, leur cerveau reptilien... Ce jeune trisomique qui s'est posté à quelques centimères de moi pendant tout le spectacle m'empêchant de me mouvoir, lui la tête de profil, le corps droit, pendant TOUT le spectacle, ce fut si fort ! si fort... ; De cette commune dont tu connais si bien les habitants, venus nous voir chez toi, sur ton quai de gare, malgré toutes les polémiques, discordes... Tu y as mis tellement de toi, pour nous nourrir tous. Et on a bu, chacun à notre façon, ce nectar, ce puit de vie, parfois imbuvable, tellement efficace sur le long terme. Tes combats furent parfois perdus, mais pas tous, c'est une certitude. Regarde ce que sont devenus ce de l'atelier aujourd'hui... c'est fou non ?
Mon cher Professeur, tu ne sauras jamais tous les trésors de souvenirs que j'ai engrangé à cause de toi. Tout ce qui a fait, qu'aujourd'hui, je suis debout, et que je n'ai pas besoin de participer à cet orchestre, parce qu'être debout c'est un combat quotidien que je mène depuis tant d'années. Avec ou contre moi-même d'abord. Avec mon quartier et tous mes préjugés de stupides. Avec ma faible volonté de me mettre au violon. Avec tous ces petits camarades de dimanches perdus, ces parents de bonnes volontés et si bienveillants, cette énergie à vouloir tellement être tous ensemble. Ne pas se lâcher la main, pour réinventer tout ce qui était déjà perdu, qui l'est et le sera encore. Cette étincelle de vie devant le barbecue de cette cours de conservatoire. Ces horizons mélangés, ces discriminations qui disparaissaient, s'effaçaient devant ta volonté inébranlable de nous rassembler.
Même si, tu sais, au fond, j'ai râté cette voie professionnelle, je ne t'ne veux plus. Je n'ai toujours pas compris mais j'ai continué. Tu as réussi cela. Je joue encore du violon, oui, je joue de temps en temps dans les bals. Oui je fais danser les gens. Et ils sont heureux ! Je transmets un répertoire oral avec mes techniques écrites de conservatoires. J'ai modifié, à mon échelle, cette façon de jouer du trad/folk. C'est de ta faute ! Quand j'ai découvert le trad, ils jouaient TOUS assis. ASSIS ??? Tu aurais fait des bonds, et je t'imagine à me lire, te dire, que bon sang ce n'est pas possible, comment vivre de la musique populaire en communion avec le public, des danseurs qui plus est, assis ? Mon corps a refusé, d'abord parce qu'il ne savait pas faire. Tu ne m'as pas appris à jouer assise. Alors j'ai demandé à jouer debout, et petit à petit, tout le monde ou presque s'est levé. Aujourd'hui, 10 ans après mes débuts dans cet univers, les groupes de trad et folk qui font danser dans les bals, jouent debout. C'est drôle d'y penser en regardant dans le rétro viseur de mon deux roues, à moi. Quel bonheur ! Ma prochaîne folie... y rajouter un jeu de scène, une présence, le truc en plus, qui fait que la vie prend des couleurs. Certains ont déjà commencé d'ailleurs.
Ah, mon cher professeur, tu me fais tant sourire à ces mots. Cette lettre est bien trop longue. Je l'écris je crois, juste pour te dire qu'au fond, quand tu me disais passer des nouvelles ans à jouer au loto avec les gens de ton village, à partager une bonne bouteille de pif entre amis, à discuter sans cesse, à s'engueuler sans conséquences, et que non tu ne t'ennuyais pas... tout ça... au fond, c'est toi qui avait raison. Je t'ai trouvé si "vieillot" à l'époque. Bon sang que tu avais raison ! Boudu que tu avais trouvé le vrai sens de la vie ! Celle qui se partage, celle qui s'anime, celle qui ne mérite aucune coupe-franche, aucune concession. Le plaisir.
 
Mon cher Professeur, cette lettre juste pour te dire que tu fus bien plus qu'un professeur, bien plus qu'un second père, tu fus un maître de vie. Mon maître de vie.  Sans amour, sans amitié, sans respect, sans dégoût, sans joie ou tristesse.
 
Tu me manques, et j'aimerai que tu sâches, que j'admire l'être fou et génial que tu as toujours été, que je ne comprendrais jamais l'homme que tu as été, mais ce que je sais, ce que tu fus un pilier d'une partie de ma croissance, les fondations. Je ne pourrais plus jamais me passer de la musique et de ce que cela anime chez moi, et je te le dois. D'ailleurs, tu ne le sais sûrement pas, mais j'ai appris à lire la musique avant de savoir lire les mots... et oui, une incohérence dans mon parcours.
 
Mon cher professeur, je t'aime et tu manques à mes errances cérébrales. Merci pour ces années tordues, laborieuses, vivantes. Je suis comme une position de notre instrument... Te rappelles-tu m'avoir dit un jour ceci : "Si tu te sens à l'aise en jouant, c'est sûrement que tu as pris une mauvaise position, une mauvaise habitude, parce qu'au violon, aucune position n'est naturelle". Je suis cette posture. Je ne suis, serais jamais dans une position naturelle. Tordue par mon instrument, par la vie. Je vis.
Et je peux te dire merci. Tu ne sauras ô combien je te dois la vie, d'où je viens, et ce à quoi tu m'as fait échapper.
Continue de respirer aussi longtemps que tu le pourras, mon cher Professeur. Le jour, où ce sera fini, une partie de moi s'éteindra avec ton dernier souffle. C'est aussi pourquoi, je me tiens loin de ta vie, et de tes folies géniales. Nos complexités méritent sûrement de se pardonner des actes, des mots, qui n'ont jamais été dit, prononcé, respiré, joué. Tu es ma 7e diminuée, celle qui gratte l'oreille de ma petite vie de terrienne. Mais tu me manques.
Bonne route cher Professeur. 
Le plaisir n'a pas de prix, sauf peut-être celui du temps à apprendre à savoir en prendre. 
 
 
 
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Défi
Solange Dolloup
Texte écrit en écoutant cet album...
http://www.deezer.com/album/1396563
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Solange Dolloup
C'est la première fois que je sévis en anglais. Ce sera tout à fait exceptionnel. Merci pour votre tolérance, et j'espère ne pas m'être trop trompée. On peut aussi l'inscrire en français et vous pouvez le critiquer.





In my heart your smile
In my eyes our love
In your hands my soul 
On my nose, the light sun.

My life belongs to my man
Only this man of my days and nights
who keeps me against him
When we dance between death and life.

My Lord
My Princess
Because in yours arms, 
Because in your words,
I know now that all is possible

Find me, really, and i'll never let you go
If you don't trust my cries
Just look at me, and kiss my hopes
Come on, Our "us" keep us waiting enough time.

With you, my man, 
I know now what is Love
and i'll tell you all of my days
thank you for this present.

I love you




http://youtu.be/AirbfEATUlA
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Solange Dolloup
Elle écrit une lettre, qu'elle croit la dernière. Sa démence active et sa correspondance bipolaire lui pèsent en ces jours d'attente, elle croit devenir folle... Elle l'est surement.
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Défi
Solange Dolloup
Réponse au défi de Zara tousse (tssss) "Collaboration" (gnagnagna)

Episode 8
Walter Smith ? C'est une blague ? Mon père comme instructeur ?!! Mais !
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Solange Dolloup


Les cloches sonnaient déjà midi au clocher. A la plume et à l'encre, d'une écriture si régulière, Mamé avait écrit 16 juin 2004.
Il faisait bon dans le jardin, une température qui se prêtait au bonheur. Une température qui nous réchauffe, et un petit air qui effleure. Mamé avait sorti de sa très vieille armoire qui sent la lavande et le clou de girofle, sa jolie nappe en lin, de rouge brodée à ses initiales. S.D. Mamé avait le geste lent, de cette lenteur du temps qui file comme midi au clocher. Elle parlait peu, avait le sens des choses, le sens des mots et il en fallait peu pour nous guider avec bienveillance. Mamé souriait. Elle souriait tant et tant. De ce petit sourire, figé dans ce visage sculpé par le vent fou de la vie. Ce petit sourire un peu triste qui nous adoucit et me rassure. Il était là, aux naissances, aux premières fois, aux chagrins, aux histoires de petite fille, de jeune fille, de femme, de maman. Il était là, au coin du feu, sur le bord du lit, derrière la porte de la très vieille armoire, près du framboisier, devant sa cuisinière et toujours auprès de Papé. Les mains un peu raides et froides, elle me caressait la joue. Mamé n'avait pas non plus besoin d'entendre beaucoup de mots pour comprendre, elle lisait en nos coeurs. Elle savait tout de chacun de nous.






Mathilde aide maman à sortir les couverts en argent.

Jean et Philipe montent le tivoli. Tonton Richard, lui s'occupe des chaises et surtout la plus précieuse de toute, celle de papé. Les murs à la chaux sublime nos couleurs.

Camille, Judith et Lou se construise un monde au fond du jardin.

Mitsi nous surveille de sa branche, et bien que l'oeil attentif aux vas-et-viens des hirondelles, il ne loupe pas une miette de ce tableau vivant.

On attend encore Charlotte, qui, comme à son habitude est en retard. Elle arrivera à grands bruits d'excuses, de plaintes, les bras chargés de ses soucis et il faudra la patience d'ange de maman, pour réussir à la voir sourire un peu.



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Solange Dolloup

Puisque la crue déverse tous ses immondices
Sur mon esprit malade de vides avides
Je recrache les branches du fond de ma gorge
Dans le vase concave de mes doigts trop courts.


Puisque la nuit glousse quelques rauques cadences
Sur ma crasse fièvre de manant manquant
Je dégage le flou de mes prunelles glacées
Dans le souhait parfait de mon intrusion brusque


Puisque la musique m'use les rares ritournelles
Sur mes synapses simples de face perfide
Je dépend le voile du père Golas las de toi
Dans le creux visqueux de ma fente déperlante


Puisque l'incontinent consterne le contenu
Sur mon rut très retenu de glaise en chaise
Je dévisse le vice de l'arrimage aux mots
Dans l'ombre, se relâchant de mon amant absent.


 27/05/2015






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