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Solange Dolloup

Paris.
Retrouvez-moi sur http://solangedolloup.com
"Celui qui ne comprend pas ton silence, n'arrivera jamais à comprendre tes mots"
Sam Yã

L'écriture est pour moi une respiration, ma vibration. Une certitude dans mes doutes. Un doute dans mon évidence aussi. Un essentiel dans l'irréel. Un instant suspendu où je vous tiens contre moi.

Parce que c'est quand on ne croit plus en rien, que survient le plus beau. Il était une fois. Etc. Ou pas. Et pourtant si !

Twitter : https://twitter.com/SolangeDolloup
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œuvres
17
défis réussis
274
"J'aime" reçus

Œuvres

Défi
Solange Dolloup

*Salle très éclairée, après une fin de journée de leur activité favorite. Le temps des au-revoirs. Un monsieur, une dame. Un amour, platonique mais réel.*

- Chut, ne dis plus rien !
- Je ne dis plus rien
- Tu es in-fer-nale ! Je ne pars que 10 jours ! Ca ne me paraît pas insurmontable, à moi !! Pourtant, tu es là, avec tes yeux humides, à me la jouer, sanglots longs des vi-o-lons, tu es terriblement culpabilisante.

- Je ne dis plus rien... mais enfin... j'aimerais pouvoir être libre de m'exprimer... un petit peu... avec toi au moins... surtout avec toi.

- Oui vas y exprime toi ! Mais si c'est pour me faire des reproches, abstiens toi !
- Amour, je ne te reproche rien. Je suis triste parce que peut-être que demain n'existera plus, alors 10 fois "demain"... c'est vraiment trop long ! Il est déjà bien assez, d'être éloignée de toi plusieurs fois par semaine. D'un coup, me revient cette jolie petite histoire de Zoya !
- ...
- Ca se passe, là-bas loin, dans la grande Russie. Le papa de Zoya doit s'absenter pendant de longues journées. La petite Zoya, n'aime pas quand son Papa part si longtemps. Et elle le lui dit. Alors pour l'aider, il lui donne une matriochka, en lui intimant de n'ouvrir qu'une poupée par jour. Et quand arrivera la dernière , une surprise l'attendrait. Zoya ouvre chaque jour sa poupée, avec un peu de tristesse, mais en se disant que demain, elle sera encore plus petite et que peut-être elle verrait sa surprise. Le temps lui paressait long, mais un tout petit moins avec la matriochka de son Papa. A la dernière, la tristesse l'envahit parce que demain il n'y en aurait plus d'autres à ouvrir. Son papa lui manquait vraiment beaucoup maintenant. Il n'y avait pas de surprise. Alors elle se alla se coucher le cœur lourd et déçue. Mais le lendemain il y avait bel et bien, une surprise qui l'attendait : il était de retour !
- ...
- Je suis comme Zoya, je vais être triste pendant toutes ces longues journées sans toi. Ne me blâme pas, je ne le fais pas exprès. Je fais de mon mieux.

- Et bien écoute... Je vais te laisser une matriochka. Comme Zoya. Et toi aussi chaque jour, tu ouvriras ta poupée... Elle sera aussi belle que toi, elle te ressemblera, et tu penseras à moi. Sauf que ma matriochka, elle, ne sera pas physique. Comme mon amour. Une cyber matriochka. Comme mon amour. Une poupée sur ton écran, tous les jours. Tu me liras, et tu compteras les jours. J'écrirais, pour toi chaque jour, pour les compter avec toi. Je dois bien l'avouer qu'à moi aussi, le temps me paraîtra ainsi moins long. Et le dernier jour... ce sera comme pour Zoya, je te retrouverais.

- D'accord... Et bien à dans 10 jours alors...*Sourire crispé mais tendre*
*Bises et accolade*

- *Clin d'oeil rassurant mais ému* Oui, ça passera vite, fais moi confiance... Allez, laisse-moi partir maintenant.
*Elle sourit parce qu'il le faut bien. Tourne les talons, descend quelques marches, passe la porte, marche droit devant elle. Les larmes montent, montent, débordent. Il ne le saura pas. Elle a une matriochka sur le coeur, et le temps en horreur.*



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Solange Dolloup

Il est partout autour de moi. Dans mes mots, dans le souvenir de ma peau, dans le regard sur mes mains, dans l'émoi de mes chairs, dans mes songes, dans mes humeurs, dans mon armoire et dans mes chutes. Il me hante et déambule dans les couloirs de mes sentiments esseulés. Il règne en maître sur mes pensées et mes activités.

Je le vois le jour comme la nuit. Eveillée comme endormie. Par tous les temps et tous les lieux. Il me chuchote des douces nuitées et je l'attends les paupières closes. Toutes les heures nocturnes  ! Il me parle, me touche, parfois nu, parfois muet, parfois sombre, mais toujours bienveillant. Il me veille, et me protège de mes propres cauchemars. Il me prend par les épaules, par l'intensité de son regard, par sa bouche, par ses cuisses, par ses mots inventés, bien à lui, et chuchote à mon esprit sinueux : "Mais comment puis-je être assez fol' pour te laisser partir !". Il me prend par la main ou par les yeux et me réveille doucement. De sa vision, je suis hagarde, esbaudie, étourdie, ensuquée et pâteuse. Triste de l'illusion. Je me tourne et la place est vide. Toujours ce vide qui me creuse.
Il me reste les pensées. Les mots se bousculent, en boucles, répétés, lancinants. Refrains à conserver. Des dialogues font la queue, des sensations à décrire, des lieux insolites, incongrus, des situations inconnues et libres. La cohue dans cet état semi conscient. Ne pas perdre. Se rappeler encore, pour le faire vivre toujours un peu plus. Je répète ma scène, et je scrute les moindres détails. Je consigne dans mes tiroirs l'essentiel de son amour nocturne en grappes d'émotions, bouquet sur mon poitrail. Et puis je laisse filer.
J'abandonne, je baisse les armes sous le joug de mon obsession qui me rend littérairement folle ! Lui. Lui, mon fantasme, mon rêve, ma réalité éphémère, ma jouissance secrète, mon orgasme de chairs et de papier. Mon homme. Celui qui m'évidence. Ce Lui que je veux. Celui que je rêve. Ce Lui qui me touche du bout du dos, et me suffoque, parfois. Celui que je lis. Ce Lui qui me fuit. Mon génial auteur. Mon délicat taiseux. Mon carpe diem timide. Mon bienveillant fantôme. Mon fuyant gentleman. Mon galant amoureux. Je suis folle.
Pour me soigner, et ne pas mourir de chagrin, je me rendors. Vite. Très très vite. Comme toujours. Et au réveil, le mien cette fois, seule, tout s'est évanoui. Je tire le draps et reste là à regarder le plafond. Je ne me tourne pas dans le lit. Je sais qu'il n'est pas là. Je cherche un peu les mots, mais ils se sont évaporés avec le lever du soleil. Je cherche un peu de chaleur mais ma coquille demeure vide de lui. Reste à sonder mon chagrin pour me rappeler que je l'aime tant et qu'il nous manque... Je m'étire et sens les picotements de mon intimité. Souvenirs de ses gestes sur moi. Minces et rares. Précieux et déferlants. Regarder l'écran froid pour le retrouver et apprendre encore un peu, pour quelques heures, jours de sa patience...


J'attends le soir...
Je t'attendrais...
Encore...

Ce soir.




29/05/2015
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Solange Dolloup
Le portrait de ce couple pourrait répondre au défi là

https://www.scribay.com/defis/defi/191
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