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Etienne Leconte

Paris.
Etienne Leconte
Les carnets de ma grande tante Francine... Plein d'amour pour la vie, plein de haine contre la haine. Le tout guidé par la religion. Une militante qui s'est finalement immolé devant une ambassade tant l'Homme l'avait déçu. Lisez son histoire...
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Etienne Leconte
Nous sommes en 2204, le manque de place sur Terre force l'homme à quitter le système solaire et à tenter de coloniser l'espace. Nous suivons Jefferson Bradley, un scientifique ayant consacré sa vie à étudier Sierra, planète habitable la plus proche de la Terre. Il sera amené à croiser Joshua Valentino, pilote et marine, car tous deux se dirigent vers le même endroit, Sierra...
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Etienne Leconte
Cet oeuvre réunit des lettres écrites par ou à ma grande tante. À la lecture de ses lettres, je n'ai pu m’empêcher de vibrer. Nostalgiques du temps où nous écrivions encore des lettres : LISEZ-LES !
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Etienne Leconte

Sur les rivages de la mer des lames siégeait Ortenmare, grande cité de bois surplombant les flots, grande par sa taille et non sa stature, hélas. Sur une colline au-dessus du reste de la ville, la grande citadelle, l'une des seules battisses de pierre, s'agrippait fermement au rocher sur lequel elle avait été construite. L'intérieur était pauvrement décoré, pourtant, une salle du trône se devait d'impressionner. Celle-ci semblait vide, un simple tapis en peau d'ours posé devant un brasier qui de ses flammes réchauffait la pièce. Des deux côtés de celle-ci, se tenaient de grandes colonnes de bois blancs sculptées sur lesquelles étaient suspendus des étendards représentant un galion blanc sur un fond bleu azur. Au fond de la salle, sur un trône taillé dans du bois d’ébène, un vieil homme était assis, semblant attendre la fin. Il paraissait avoir passé trop d'hiver ici, avec cette couronne de fer posé sur sa chevelure grisâtre, morceau de ferraille semblant trop lourd pour un si vieil homme, le lourd poids d'une vie entière dévoué à diriger un peuple. Tout à coup on frappa à la porte, les coups résonnèrent d’un bout à l’autre de la salle du trône.



« Ouvrez les portes ! Balbutia le vieil homme. »


Deux gardes postés aux abords de la porte peinèrent à ouvrir cette dernière. Un immense homme âgé entra aussitôt, haut de sept pieds, une longue cape d’un vert sombre recouvrant l’intégralité de son corps, son visage dissimulé dans l’ombre d’un capuchon. Il enleva ce dernier d’un geste de la main et apparurent alors des traits fatigués ainsi qu’une longue chevelure d’argent accrochée à l’arrière de son crâne. Lorsqu’il prit la parole, sa voix envahit la pièce, recouvrant tout autre bruit.


« Me voici devant vous, Brohn, Intendant d’Ortenmare.


- Voilà bien des années que vous n’avez gravi les marches de ma citadelle, Artaglias ! Quel bon vent vous amène ici ? Répondit l’intendant.


- Jamais un vieux sage ne quitte sa montagne sans raison en effet. J’ai le sentiment de vivre mes derniers moments sur cette terre, je ne me sens plus la force d’échapper aux griffes de la mort encore longtemps. C’est pourquoi je me trouve devant vous pour vous conter une histoire oublié de tous, une histoire qu’aucun livre ne citera jamais.


- Contes et autres légendes perdus… Je suis las de vos beaux discours… Quel intérêt trouvez-vous à faire tout ce chemin pour me faire part d’un passé que je n’ai point connu, qu’aucun ici n’a connu ? Cela permettra-t-il aux habitants de ma cité de ne plus vivre dans la misère ? De ne plus marcher dans la fange ? De ne plus être les vassaux de ces terribles tirants ? »


La voix du vieil homme était de plus en plus forte et saccadée.



« Où étiez-vous quand ils ont emporté mon fils loin de la terre qui l’a vu naître ? Mon seul héritier légitime… »



Brohn éclata en sanglot, puis le silence revint peu à peu et c’est au-dessus des lamentations du vieil homme accablé de trop de tourments qu’Artaglias commença son histoire.
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Etienne Leconte

1 : 1 -  À la toute fin, Dieu, insatisfait de ce qu’il avait engendré, décida que tout devait être détruit.



1 : 2 - L’homme avait profondément déçu son créateur et n’était plus digne, selon lui, de séjourner entre le ciel et la terre.



1 : 3 - Mais dieu n’entreprit rien pour le châtier, il savait que l’homme était assez sot pour provoquer seul sa punition.



1 : 4 - Dieu fit preuve de clémence et s’adressa tout de même à l’homme pour l’en alerter. 



1 : 5 - Dieu dit : Je te mets en garde, humain. Si tu tiens tant à cette lumière qui te maintient en vie, chéris-la car elle est fragile. Rappel toi qu’elle est le seul rempart face aux ténèbres.



1 : 6 - Il y eut un soir et il y eu un matin : premier jour.



1 : 7 - L’homme, fière par nature, n’apprécia pas qu’on doute de lui. Qui donc était-il pour jouer les donneurs de leçons ?


1 : 8 - Il ne prêta pas la moindre attention aux recommandations de son concepteur, se croyant trop parfait pour briser l’équilibre du monde. 



1 : 9 - Dieu  dit : Tu es orgueilleux, humain, ceci causera ta perte. 



1 : 10 - Il y eut un soir et il y eu un matin : deuxième jour.



1 : 11 - L’homme était friand de ce que la terre avait à offrir et la terre était assez féconde et luxuriante pour l’en contenter.



1 : 12 - Mais l’homme, craintif par nature, ne put s’empêcher de collectionner les présents de la terre privant par mégarde certains frères de leur dû.


1 : 13 - Dieu dit : Tu es avare, humain, il y en a bien assez ici pour contenter tout le monde.



1 : 14 - Il y eut un soir et il y eu un matin : troisième jour.


1 : 15 - L’homme dépourvu ne put s’empêcher de regarder l’homme qui convoite les biens de la terre. 


1 : 16 - De cette surveillance naquit la jalousie. L’homme tua l’homme.


1 : 17 - Dieu dit : Tu es envieux, humain, cela t’a poussé à tuer tes frères.


1 : 18 - Il y eut un soir et il y eu un matin : quatrième jour.


1 : 19 - L’homme n’était pas venu seul sur terre, Dieu avait créé son opposé : la femme. Ils étaient voué à s’attirer mutuellement pour que l’homme puisse encore longtemps fouler la terre.


1 : 20 - Mais homme et femme jetèrent l’amour et se laissèrent aller aux plaisirs charnels.


1 : 21 - Dieu dit : tu es luxurieux, humain, tu t’es perdu dans la débauche et tu as oublié les valeurs que je t’ai inculquées.


1 : 22 - Il y eut un soir et il y eu un matin : cinquième jour


1 : 23 - L’homme était avide de ce que la terre avait à lui offrir mais la terre n’était plus assez féconde et luxuriante pour l’en contenter.


1 : 24 - L’homme dompta des monstres extrêmement dangereux qui comblèrent, un temps, son appétit insatiable.


1 : 25 - Mais les monstres, indomptables, se rebellèrent et blessèrent grièvement la terre.


1 : 26 - Tu es gourmand, humain, tu as eu tort de te prendre pour un dieu.


1 : 27 - Il y eut un soir et il y eu un matin : sixième jour


1 : 28 - L’homme eut maintes fois l’occasion de panser les plaies de la terre, qui était meurtrie par sa faute.


1 : 29 - Mais il n’en fit rien et dompta de nouveau des monstres qui meurtrirent à jamais la terre.


1 : 30 - Tu es paresseux, humain, tu as choisi de te réfugier dans la facilité mais tu as échoué. Tu as asséché les déserts et surchargé les océans. Il est temps pour toi de récolter ce que tu as semé.


1 : 31 - Il y eut un soir et il y eu un matin : septième jour


1 : 32 - L’homme était idiot mais tout de même assez sensé pour comprendre que venait la fin et ne put l’accepter.


1 : 33 - Dans sa fureur, l’homme tua l’homme jusqu’au dernier, emportant la terre avec lui. 


1 : 34 - Dieu dit : Par ta colère, humain, tu n’as su que détruire ma création. J’ai vu les monstres que tu as domptés pour tuer tes frères. J’ai vu les immenses colonnes de flammes, de poussières et de fumées s’élever et tout embraser. Tu n’étais plus digne de la lumière, voici pour toi les ténèbres.



1 : 35 - Il y eut un soir. 
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Etienne Leconte

Il y eut une époque qui n’a pas connu le majestueux ballet qu’effectuent les planètes autour de leurs étoiles. À cette époque, les astres de pierre, de gaz et de feu arboraient des trajectoires on ne peut plus rectiligne. Les planètes et les étoiles naissaient avec une direction définie et étaient réduites à la suivre toute leur vie durant. Elles menaient une vie solitaire et sans aventure car la probabilité qu’elles croisent une de leur semblable était si mince que rares étaient celles qui pouvaient se vanter d’avoir eu cette chance. Le plus triste est que lorsque cela se produisait, elles n’avaient pas le temps d’en profiter car à peine elles remarquaient la présence d’une de leur congénère que celle-ci s’éloignait déjà dans les ténèbres de l’univers sans qu’elles n’aient eu le temps de s’adresser la parole. Après ce genre de rencontre, découvrant qu’ils n’étaient plus seuls dans l’univers, les astres recouvraient l’espoir et sortaient miraculeusement de leur dépression astrale. Mais quand des millions d’années s’écoulaient sans que cela ne se reproduise, cette lueur d’espoir finissait par disparaître à nouveau. Passé le milliard d’années, le souvenir de leur rencontre était si flou que les astres commençaient à douter de celui-ci, à le croire sorti de leur imaginaire et à remettre en cause l’existence même de leurs frères et sœurs.


Parmi toutes ces planètes, il en était une qui ressemblait en tous points aux autres si ce n’est qu’elle avait en elle quelque chose d’unique qui, sans qu’elle ne s’en douta le moins du monde, allait changer à jamais la face du monde. Nommée Soleil, elle était majoritairement constituée de gaz et, battait en son centre, un petit cœur rocailleux. Elle était de celles qui sont presque trop volumineuses pour être considérées comme des planètes mais juste assez petites pour ne point s’effondrer sur elles-mêmes et s’embraser, à la juste frontière entre planète et étoile.



Le jour de son millionième anniversaire, alors que Soleil n’était encore qu’une petite enfant, elle parcourait naïvement son chemin tout tracé lorsqu’elle vit apparaître au loin un minuscule point. Elle fut piquée de curiosité et ne le lâcha pas du regard. En l’examinant scrupuleusement, elle s’aperçut que celui-ci grandissait et comprit aussitôt qu’il s’approchait d’elle. Elle était terriblement excitée à l’idée que quelque chose d’inhabituel allait se produire dans sa vie. « Qu’est-ce que cela peut-il être ? » se questionna-t-elle. À un moment, il était devenu tout juste assez grand pour qu’elle en comprenne la nature : c’était une planète, tout comme elle. En une fraction de seconde, la planète arriva à son niveau et commença à décroître, s’éloignant aussi rapidement qu’elle était venue. Soleil était abasourdi devant ce qui venait de se produire, tout ceci était allé si vite. Ne s’étant jamais doutée de l’existence d’autres planètes, sa surprise fut telle que lorsqu’elle la croisa, elle n’y était pas préparée et ne sut que faire. Elle aurait tant voulu partager quelque chose avec l’autre planète... ne serait-ce qu’un mot. Mais tout ceci appartenait dorénavant au passé et rien ne pouvait y changer.



Durant toute son enfance, Soleil scruta inlassablement l’horizon, caressant l’espoir d’apercevoir à nouveau une planète. Dans ses rêves, elle la revoyait, parfois, s’approchant d’elle et s’en allant aussi vite. Elle ne désirait rien de plus au monde que de croiser une nouvelle fois le chemin d’une planète solitaire. Elle l’attendait, l’attendait encore, mais elle ne vint jamais.



À l’adolescence, Soleil comprit amèrement que la vie était injuste et que cela ne se reproduirait jamais. Découragée, elle cessa son observation scrupuleuse et incessante de l’horizon et vaqua à des occupations de planète adulte et responsable, laissant ses rêves d’enfant derrière elle.



Le temps s’écoula et Soleil finit par tout oublier et la vie, farceuse, choisit ce moment-là pour faire resurgir du passé ce profond désir qui sommeillait en elle. De nouveau, un point insignifiant fit son apparition dans le champ de vision de Soleil qui n’eut, en premier lieu, aucune réaction. Tout à coup, elle fut prise d’un sentiment de déjà vu et se mirent à foisonner dans son esprit souvenirs et images qu’elle n’arriva pas à interpréter. L’instant d’après, son puissant désir refit surface et elle comprit que son rêve le plus fou était sur le point de se réaliser. Quand la planète fût assez près pour qu’elle puisse la contempler, elle fût émerveillé tant elle était majestueuse et belle. Celle-ci était d’une taille tout à fait similaire à la sienne et, tout comme elle,  était faite de gaz et d’un cœur rocheux. Elles se ressemblaient comme deux gouttes d’eau si ce n’est que Soleil n’arborait pas sur son flanc cette magnifique tâche rouge, tempétueuse. Soleil sentit son cœur de pierre battre de plus en plus rapidement en elle. Quand elles furent assez proches, Soleil lui adressa ces mots :



"Comment vous appelez-vous ?



- Jupiter. Je n’ai cessé, toute ma vie durant, de rêver du jour de notre rencontre. Et vous, quel est votre nom ?



- Soleil. Je... je... C’est étrange, mais je vous ai toujours imaginé comme cela. "




Sans qu’elles ne s’en rendent compte, les planètes avaient ralenti et leurs trajectoires s’étaient légèrement courbées. Puis, sans dire un mot et sans se lâcher des yeux, elles se tournèrent autour en formant de nobles spirales jusqu’au moment où elles se heurtèrent. Dans la collision, Jupiter lui céda une partie de sa masse, ce qui permit à Soleil de s’effondrer sur elle-même et de s’embraser. Soleil devint une admirable étoile autour de laquelle Jupiter orbita longuement. De leur alliance naquirent leurs enfants : Mercure, Vénus, Terre, Mars, Saturne, Uranus et Neptune. Du puissant désir qu’ils avaient cultivé respectivement depuis leur plus tendre enfance - ce désir de rencontrer à nouveau un astre - était né quelque chose qui leur avait permis de s’attirer mutuellement, l’un vers l’autre : les ondes gravitationnelles, les ondes de l’amour. 
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