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lorynal

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lorynal
Une fête foraine parmi tant d'autres, rien de plus banal en plein été, mais là est le début de cette histoire. Emilie, jeune femme cachant de lourds secrets derrière un sourire se retrouve à affronter ses pires démons lorsque celui qui devait la sauver disparaît du jour au lendemain.
De lui, elle n'a aucun souvenir, si ce n'est ce rêve qui revient chaque nuit. Mais elle n'a aucun doute, il est la clé de toute cette histoire.
Parviendra-t-elle seulement à ce rappeler de son nom ? Ou alors succombera-t-elle sous les coups de son passé ?
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Défi
lorynal
Ils s'étaient promis de pas tomber amoureux et ne de pas se lâcher, cependant, ils avaient oublié quelque chose. Ils ne tiennent jamais leurs promesses.
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Défi
lorynal
Max, jeune homme croquant la vie à pleine dent, et les filles aussi, a une date de péremption. Personne a par sa famille ne le sait, pas même Bill, son meilleur ami. Un soir, alors que les frontières se brouillent, un jeune homme le rattrape et lui redonne un souffle de vie.
Max réussira-t-il à se défaire des griffes de la mort pour enfin vivre sa vie ? Et puis, quel est le rôle de cet étrange inconnu ?
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Défi
lorynal
Moi, petite fille, avec un rêve qui ne correspond pas à ce qu'on peut attendre d'une enfant, mais qu'importe, il est toujours dans mon cœur. Venez découvrir sa vie et son avortement.
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Défi
lorynal
Qu'est-ce qui se passe quand on décide de changer de vie ?
C'est ce qu'Alphontine, jeune femme de 21 ans a décidé de faire lors d'un séjour à Goa. Affirmer ce en quoi on croit, faire ce qu'il nous semble juste peut parfois nous éloigner de nos être chers.

Réponse au défi "Elle ne s'était jamais sentie si seule"
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Défi
lorynal
Je ne suis pas seul dans ma tête, je ne l'ai jamais été. Pourtant, ce soir-là, cette voix m'a fait comprendre tout un tas de chose et m'a libérer.
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Défi
lorynal
Ô amour ! Pourquoi me fais-tu tant souffrir ? J'essaye tant bien que mal de trouver des réponses au travers de la lettre de cette âme perdue. Amour... Ne me laisse pas...
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lorynal

Avril 2018, minuit trente et une et dix-sept secondes, elle ouvrit les yeux et fut aveuglée par une clarté meurtrière. Son corps reposait sur un tissu en coton assez doux mais affreusement froid, dénué de tout espoir. Elle était recouverte d'un drap pesant sur sa poitrine tel un étau. Un bip régulier lui parvenait, seul son qui entrait dans la pièce. Lentement, elle déglutit pour essayer d’humidifier sa bouche tenant lieu de désert sec et aride.
Avec mille précautions, elle rouvrit ses paupières. Ses iris noisette s'adaptèrent à la luminosité et découvrirent un plafond blanc, parsemé de taches jaunes. En tournant la tête d'un côté, elle aperçut une petite table de chevet avec une bouteille d'eau et un gobelet en plastique blanc. Ici tout était d'un blanc cadavérique, digne d'un cercueil de neuf mètres carré. De l'autre côté, s'ouvrait une baie vitrée donnant sur un balcon en béton craquelé mal entretenu. Son attention retourna sur son enveloppe corporelle, quelques tiraillements lui parvenaient de ses poignets. Elle se sentait comme anesthésiée, loin de ce monde, de cette chambre d'hôpital à l'odeur de détergent.
La porte s'ouvrit dans un grincement lugubre. Deux hommes en blouses blanches entrèrent, leurs chaussures crissant sur le lino. Le plus vieux, aux cheveux se confondant avec les murs, ajustait des lunettes cerclées d'or du revers de la main. Son visage portait la marque du temps qui avait creusé de nombreux sillons et crevasses. L'autre sortait tout juste des bancs de la faculté. Il possédait de lourdes cernes sous ses yeux clairs. Ceux-ci naviguaient de toutes parts dans la chambre, dévoilant une anxiété sans borne. Un rictus sur les lèvres de l'ancien était le seul signe de mécontentement. Ils s'approchèrent tous deux du lit, se voulant calmes et sereins.
- Bon réveil mademoiselle, vous êtes à l’hôpital, vous avez fait une tentative de suicide. Dès demain vous serez transférée dans le service psychiatrique et je serai votre psychiatre.
- Qui a appelé les pompiers ?
La voix de la jeune fille était rocailleuse, sèche, dénuée de toute émotion.
- C'est votre mère. Vos parents seront présents dès demain pour le premier rendez-vous afin de discuter des modalités de votre hospitalisation.
- Internement vous voulez dire ?
- Exact, souffrez-vous ?
- Non.
- Très bien, si vous avez besoin de quelque chose, appuyez sur la sonnette qui se trouve sur la table, l'infirmière de service viendra vous voir. Essayez de dormir, nous reviendrons demain matin pour le changement de service.
Sur ces mots, le psychiatre tourna les talons, bientôt suivit par son ombre qui n'avait pas pipé un mot. Elle se retrouva seule à nouveau dans ce quasi-silence. Lentement, elle remonta le drap jusqu'à son menton. Son regard s'égara sur ses poignets recouvert d'un pansement blanc. Elle l'effleura et réprima une grimace. La douleur était bien présente, comme quelques heures auparavant, seul signe pour elle que la vie courrait dans ses veines. Un élan de rancœur envers sa mère parcourait son esprit. La jeune fille avait tout planifié, prit la bonne dose de médicament pour ne se laisser aucune chance. Pourtant la voilà à l’hôpital à cause de sa mère. Sans doute était-elle rentrée plutôt du travail, ou alors c'était-elle elle-même trompée dans le dosage.
Ses paupières se refermèrent, l'inquiétude du lendemain menaçait de la submerger encore et toujours. Elle voulait simplement dormir et ne plus se réveiller. Mais le sommeil ne voulut pas d'elle. Alors, dans un silence habituel, elle se perdit dans le tréfonds de ses pensées. Des images passaient dans son esprit, la torturant sur leurs passages. Les heures s'écoulèrent, le soleil perça à l'horizon, illuminant la chambre. Le blanc était en faite jaunâtre, encore plus horrible. Les bruits augmentèrent de volume, l’hôpital s'éveillait. Les infirmières reprenaient leur ballet, passant dans les chambres apportant les premiers soins et le petit déjeuner. L'une d'elles frappa à la porte en disant un "bonjour" plein d'entrain. Elle poussait un chariot où reposait différents plateaux au contenu varié.
- Comment allez-vous ce matin ?
- En vie.
L'infirmière svelte et athlétique parut étonnée de cette réponse assez incongrue. Mais en une fraction de seconde un large sourire revint éclairer son visage ovale encadré par de petites mèches brunes se sauvant du chignon réglementaire.
- Je suis Corinne, je vous apporte votre repas. Ce sera également moi qui referai vos pansements.
- Merci madame.
Parler était difficile pour la jeune fille, sa gorge la faisait souffrir. Corinne déposa un plateau sur la tablette où reposait le verre et la bouteille d'eau. La miche de pain, le café et la confiture semblaient appétissants. Pourtant, elle ne voulait et ne pouvait pas y toucher, la peur la paralysait.
- Vous pouvez y manger, on ne va pas vous empoisonner.
- Je... Je ne peux pas.
L'air soucieux, l'infirmière s'approcha, essayant de déceler ce qu'il n'allait pas.
- Tu as mal quelque part ? Te te sens nauséeuse ?
- Non.
- Mhhh... Qu'est ce qui te ferait plaisir ?
- Rien, je n'ai pas faim.
- D'accord, je te laisse quand même ton plateau si la faim revient. Je repasse dans une grosse demie-heure.
Lorsque Corinne revint, rien n'avait bougé, la patiente regardait toujours la nourriture, le corps crispé. Elle changea les pansements sans une parole, comprenant que les mots étaient superflus. Vers neuf heures, elle quitta cette chambre silencieuse, emportant le plateau remplit. Dans le couloir, le docteur Grimfield et l'infirmier Jonas discutaient en attendant d'entrer.
- Bonjour messieurs.
- Bonjour, elle est réveillée ?
- Oui tout à fait mais elle n'a pas voulu toucher à son petit déjeuné.
- Cela n'est pas étonnant, elle est très certainement anorexique.
- Oh, je comprends mieux.
Sur ces paroles, Corinne repartit voir ses autres patients. Les deux hommes prirent sa place, observant les membres dénutris de la jeune fille. Ses os saillaient de toute part, elle paraissait prête à se briser comme une poupée de porcelaine. Cette vision depuis qu'il y était confronté perturbait énormément l'infirmier. Il ne parvenait pas à appréhender la situation, aucune de ses professeurs ne l'avait formé à y faire face. La jeune fille planta ses yeux dans les siens, dans une observation silencieuse.
- Re-bonjour. Vous sentez-vous capable de marcher ? Demanda le docteur.
- Je pense oui.
- Très bien, essayez de vous lever.
La jeune fille se dégagea du drap, dévoilant ses jambes blanches. Avant de se lever complètement, elle ferma les yeux, inspirant une grande bouffée d'air. La tête lui tournait, ses mains se crispèrent sur les draps quand ses membres inférieurs basculèrent et touchèrent le sol. Un souffle d'air s'échappa de ses lèvres, d'un bond agile, elle se retrouva debout, les yeux clos, dans un tourbillon de sensations. Elle murmura tout bas, pour elle-même :
- J'ai échoué.
La jeune fille parvint à trouver son équilibre, la respiration courte, de la sueur perlait sur son cou. L'homme aux cheveux grisonnant s'approcha, essayant de savoir ce qu'elle allait faire.
- Jonas, aide-la à se rasseoir, on va aller chercher un fauteuil.
- Bien docteur.
L'infirmier se positionna pour aider la patiente, répétant les gestes déjà fait plusieurs fois. Mais, sous sa main, les os affleuraient, soudain il eut peur de la casser. Le docteur, ne percevant pas ce trouble, partit en quête d'un fauteuil. Ils se retrouvèrent donc tous les deux, l'un effrayé, l'autre tremblante. Les muscles de celle-ci lâchèrent, la faisant s'avachir entre le matelas et les bras de l'infirmier. Il l'aida à se recoucher, espérant ainsi la protéger d'un malaise. Le silence devint pesant, mais personne ne trouvait quoi dire. Jonas se souvint du plateau, qu'elle n'avait pas touché, malgré la faim qui devait la tirailler.
- Pourquoi n'as tu pas mangé ?
- Je n'ai pas faim.
- Et soif ?
- Aussi.
- Comment t'appelles-tu ?
- Annabelle.
- C'est très joli.
La jeune fille ne releva pas, préférant le silence à ce badinage inutile. La culpabilité de ne pas pouvoir marcher la rongeait, chez elle, Annabelle faisait du sport, allait courir.
Le médecin entra dans la pièce sans paraître surprit de voir la jeune femme à nouveau allongée.
- On va vous transférer dans mon service, vous aurez une chambre individuelle où vos affaires ont été amenées ce matin même par vos parents. Comme vous n'êtes pas majeure, ce sont vos parents qui vont accepter votre hospitalisation. Nous allons tout vous expliquer dans l'entretien que vous allez avoir dès maintenant. expliqua le docteur Grimfield tandis que la jeune fille était installée dans un fauteuil roulant.
- Mes parents seront présents ?
- Oui, mais vous ne serez pas obligée de répondre à leurs questions.
-Merci.
Elle se mit à angoisser, agrippant les accoudoirs. Elle ne voulait pas revoir ses parents. Elle ne voulait pas avoir à affronter leurs regards ou même leur présence. L'infirmier la poussait dans les couloirs, les roues crissaient sur le lino. L’hôpital ressemblait à une véritable fourmilière en cette matinée de printemps. Chacun allait à ses affaires en adressant des sourires encourageants aux autres. L'ascenseur était large, inondé d'une lumière artificielle. Le docteur appuya sur le bouton marqué d'un 5. La cage s'ébranla et s'éleva avec une rapidité déconcertante. Les portes s'ouvrirent sur un couloir aux couleurs vives, parsemés de fenêtres donnant sur la ville. Face à cette vision la jeune fille relâcha légèrement les doigts. Cette ambiance ne ressemblait pas à celle des étages inférieurs. Cependant, elle n'eut pas le temps de s'en imprégner totalement puisque son conducteur l’entraînait à nouveau. En quelques minutes, ils atteignirent une porte d'un bleu rappelant celui de l'océan.
- C'est ici que se déroulera l'entretien. Vos parents sont déjà à l'intérieur, ils nous attendent.
- Je ne veux pas y aller.
- Je sais, mais c'est obligatoire. De plus, ils m'ont l'air spéciaux. C'est normal que tu aies peur, et je te rappelle que tu n'es pas obligée de parler avec eux, tu n'as pas à te justifier de quoique ce soit vis-à-vis d'eux.
- D'accord.
Les deux hommes se regardèrent, acquiescèrent pour enfin ouvrir cette porte. L'intérieur de la pièce était décoré avec de nombreuses plantes, qui lui donnaient un air réconfortant malgré l'austère bureau en contre plaqué entouré de chaises. Deux d'entre elles étaient occupées par un homme et une femme aux tenues soignées. Cette dernière portait une jupe droite anthracite rehaussée d'un chemisier blanc sur lequel pendait un médaillon doré. Sa chevelure brune était relevée en un chignon sophistiqué. À côté d'elle son mari dégageait la même aura froide d'élégance dans son ensemble bleu marine. Leurs regards se tournèrent vers leur fille, la mère prit une expression de peine choquée.
L'infirmier avança le fauteuil jusque devant le bureau, puis s'éclipsa sur un signe du docteur. Celui-ci s'installa sur sa chaise l'air grave. Le silence était bien plus pesant. Annabelle gardait la tête baissée, observant les petits grains de poussière sur le sol. Le Docteur Grimfield prit la parole en feuilletant un dossier.
- Bonjour Madame, bonjour Monsieur, nous sommes ici suite à la tentative de suicide de votre fille qui a ingéré une grande quantité de médicament et s'est ouvert les veines. C'est vous, madame, qui avait appelé les pompiers. Ils l'ont trouvé faisant un malaise dans sa chambre. Est-ce exact ?
- Oui, c'est ce qu'il s'est passé.
- Bien, on ne peut pas rester indifférent face à une tentative de suicide. Une hospitalisation en psychiatrie est donc nécessaire.
- Ma fille n'est pas malade. Elle va très bien. s'insurgea la mère.
- Alors expliquez-moi, pourquoi a-t-elle tenté de mettre fin à ses jours ?
Un silence gêné s’installa quelques instants jusqu'à ce que le médecin poursuive.
- De plus, elle se trouve dans un cas de maigreur extrême, si elle continue ainsi, dans un mois, elle sera morte.
Cette phrase perturba profondément les parents mais provoqua une lueur d'espoir chez la jeune fille. Cette réaction fut captée par tout le monde.
- C'est grave Annabelle ne prend pas cet air réjouit veux-tu !
- Laissez-la madame.
- Monsieur, pensez-vous que vous pourrez l'aider ? Demanda le père.
Avant de répondre, Grimfield sonda les yeux de sa patiente, à la recherche de la réponse. Un sourire confiant étira ses lèvres, en ne quittant pas la jeune fille du regard, il répondit :
- Oui, j'en suis certain. Si elle accepte.
- Que de sottises, elle n'acceptera jamais votre aide, elle n'est pas assez stupide pour cela ! C'est moi qui l'est mise au monde, je la connais sur le bout des doigts.
Sans un bruit, des larmes roulèrent le long des joues d'Annabelle. Il y avait trop d'émotions pour elle. Ses nerfs lâchaient, pour la première fois, elle acceptait de montrer ses faiblesses en public. Auparavant, elle réservait ses larmes pour l'obscurité de sa chambre. Mais cette discussion la poussait à bout mentalement. Autour d'elle, les voix continuaient de décider de son sort. Mais, dans sa bulle de douleur, elle s'en foutait, espérant seulement que cela se termine au plus vite. Son corps se mit à trembler, agité de sanglots muets lui donnant l'air d'une poupée désarticulée. Personne ne se préoccupait d'elle, comme d'habitude. Sa vision se troubla, sa tête lui pesait. Ses paupières s'abaissaient, devenaient lourdes. elle perdait peu à peu conscience de son corps. Alors qu'elle sombrait, une main lui maintient la tête droite, une main rugueuse et grande.
- Annabelle ! Merde, elle nous fait un malaise. Jonas !
Elle sentit qu'on la portait puis un contact froid sur son dos la perturba. Enfin, elle perdit totalement conscience, sombrant dans un océan de noirceur.
Tandis qu'elle était allongée sur le sol, inerte autour d'elle le monde s'agitait. Ses parents paniquaient, sa mère essayait de retenir ses larmes dans les bras de so mari au regard effrayé. La porte s'ouvrit avec fracas sur une cohorte de blouses blanches. Tous s’affairèrent autour de la jeune femme, la transportant sur un brancard, posant une perfusion pour lui redonner de l'énergie. Alors que le brancard partait en direction d'une chambre. Le docteur resta avec la famille, sachant que sa patiente était hors de danger.
- Madame, êtes-vous toujours certaine que votre fille va bien ?
- Non... Je ne l'avais jamais vue ainsi...
- Son corps est en train de lâcher, sa tentative de suicide n'était que la partie émergée de l'iceberg. Comme je vous l'ai dit, elle souffre de dénutrition. Son corps puise dans ses réserves. Elle ne peut plus se tenir debout sans faire un malaise.
- Ce ne peut pas être vrai...
- Si ça l'est, vous venez de le voir. Souhaitez-vous encore refuser l'hospitalisation ?
Les parents se regardèrent, ne sachant pas quoi répondre. Puis, malgré la peur, omniprésente face à cette situation qu'ils ne pouvaient contrôler, le père prit une décision.
- On accepte l'hospitalisation.
- Très bien, elle sera en sécurité ici. Vous pourrez l'appeler via le numéro de téléphone indiqué dans l'autorisation. Cependant, ce sera à elle de juger si elle souhaite vous parler ou non. Ne soyez pas déçus ou blessés, cela peut prendre du temps. Je vous enverrai de ses nouvelles toutes les semaines.
- D'accord, de toute manière, c'est pour son bien. Souffla la mère.
Sur un commun accord, les parents signèrent la demande d'hospitalisation puis se levèrent, remerciant le docteur dans un murmure. Celui-ci les raccompagna jusqu'à l’ascenseur en silence. Le regard perdu dans le vague, il songeait à sa patiente. Elle était loin d'être commune et recelait sans doute de lourds secrets. L'esprit ailleurs, il n'entendit que vaguement Jonas lui annoncer que la sonde était posée et qu'Annabelle dormait profondément.
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Défi
lorynal


Il se tenait là, bien droit, le buste relevé. Ses organes palpitaient au travers de sa peau translucide, l'énergie qui la parcourait créait des mouvements, des auras de couleur et plongeait le spectateur dans une attitude contemplative sans pareille mesure. Autour de lui, il n'y avait que le chaos, les combats faisaient rage, les incendies tuaient les arbres dans un concert de crépitement, de craquement . Pourtant, l'Azoulos ne bougeait pas. Il gardait son regard abyssal posé sur les combattants. Il ne les jugeait pas, il essayait de comprendre la finalité de tout ceci. A le voir ainsi on aurait pu croire qu'il était mort là, figé tel une statue de glace. Or, un petit tic nerveux trahissait une grande agitation intérieure : du bout de ses doigts, il donnait naissance à une flamme bleue scintillante qui s'éteignait à cause du vent. Il n'y avait pas que sa grande taille qui en imposait, mais également les cristaux d'améthyste qui hérissaient son dos de milliers de pic acérés. Ils tranchaient profondément sur la peau sensible de par leur dureté et la froideur qu'ils dégageaient. Néanmoins, ce n'étaient pas des armes, mais des réceptacles de savoir, qu'ils léguaient aux générations suivantes.
Les traits fins de l'Azoulos se crispèrent, dans son épaule vint se ficher une flèche. Même sous la douleur il ne trembla pas, ne bougea pas, il savait que son heure à lui et a tous les siens était venue. Il allait se changer en arbre, retrouver la proximité de ses ancêtres, de sa famille qu'il avait tant chéri. La rancune, la haine, la colère, son esprit n'en avait aucune trace, il acceptait son sort, ne voulant pas se débattre face à cet ennemi en surnombre qu'il connaissait si bien. Alors, l'Azoulos attendit, bientôt un nouveau projectile se planta dans son corps. Son sang ruisselait, traçant des rivières qui dénaturaient la transparence de sa peau. Un autre Azoulos tombait près de lui, pour adoucir son ultime chute, il déploya ses grands bras et accueillit le torse de son congénère dans ses mains palmées. Avec milles et unes précautions, il le déposa sur le sol, lui ferma les paupières puis reprit sa posture initiale. Ses yeux paraissaient aveugles, la pupille et l'iris se confondaient dans une noirceur sans égale. La lumière s’engouffrait à l'intérieur, piégée, elle ne pouvait ressortir. Ils n'étaient pas ternes pour autant, ils possédaient une aura qui leur était propre.
Les combats s'intensifièrent, l'Azoulos ne bougeait toujours pas lorsque l'un des archers ennemis le prit pour cible. Les flèches pleuvaient sur son corps immense et sans défense. L'une d'elles toucha son cœur, il ne lui resta plus que quelques minutes à vivre. Alors, il se mit à esquisser un sourire, dévoilant des dents blanches parfaitement alignées. Ce fut ainsi qu'il décéda, toujours debout, se changeant au fil du temps en un arbre centenaire.
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lorynal
Mandrag, continent séparé en divers royaumes où les espèces les plus variées se côtoient. Azaelle, une humaine ayant tout perdu, se retrouve malgré elle à devoir coopérer avec l'élite du continent afin de rétablir l'équité en ce monde. Mais est-ce réellement là le but de Lyrus, qui aurait tout à perdre en menant à bien son projet.
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