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Gwenouille Bouh

Gwenouille Bouh
Maxime est un génie. Ou du moins, il le pense. Il joue du piano depuis son plus jeune âge et a même intégré une prestigieuse école dans le but de devenir soliste. Toutefois, un violent désaccord avec son professeur manque de le faire renvoyer. Commence alors une douloureuse phase de remise en question : Maxime compte bien prouver au monde sa valeur ! Cependant, le retour de son frère, violoniste, ne lui rend pas la tache aisée. De plus, ce mystérieux voisin dont il admire secrètement la musique, pourrait bien lui mettre des bâtons dans les roues…
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Gwenouille Bouh
Devenir Héros, voilà tout ce à quoi aspire Yuling. Pour cela, elle doit d'abord intégrer le célèbre Dragonium. Mais au coeur de cette école particulière, des incidents se produisent et Yuling devra apprendre à gérer son dragon si elle compte comprendre ce qui se trame.
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Gwenouille Bouh
Orkian est une planète d'or. Une planète où s'étendent à perte de vue le sable, la roche et les montagnes. Je suis née ici par une journée brûlante. Une journée comme nous en connaissons soixante-cinq l'an. Le reste du temps, nous essuyons tempêtes et rafales ; la moitié des enfants d'Orkian se meurt dans le mois qui suit sa naissance.
Je suis Kimi, enfant d'Orkian. Mes yeux sont bleus, mes cheveux noirs. Et si je ne fais rien, je vais mourir.
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Gwenouille Bouh

La voiture file sur la route qui mène chez mon père. Une immense forêt. Un trou pommé. West Wood, voilà où je m’apprête à passer mon été. On dirait bien que ma mère a finalement trouvé comment se débarrasser de moi, une fois de plus.
La fenêtre ouverte, je soupire en laissant le vent s’engouffrer entre mes doigts.
- Et tu crois qu’il y a le net au moins ?
- Ce n’est jamais que deux mois. Tu verras, il y a pleins de choses à faire dans le coin.
Je retiens un rire. Je ne sais pas pourquoi mais je sens déjà venir l’été pourri. Les longues heures à mourir d’ennui. Est-ce qu’elle a vraiment le droit de m’infliger ce supplice ?
- Et n’oublie pas de me contacter, rappelle-t-elle.
- Parce qu’il y a le téléphone maintenant ?
- Très drôle, ma fille. Sois gentille avec ton père. Tu sais qu’il peut être un peu casanier par moment. Dans son monde… Enfin, tu sais…
- Oui, je sais.
- Ne lui en fait pas voir de toutes les couleurs. La situation est déjà assez compliquée comme ça.
Je soupire en regardant défiler les arbres à travers la fenêtre. Et voila comment on se retrouve à faire les frais d’une situation qu’on n’avait même pas voulu…
- Ca va aller, maman, tenté-je de la rassurer. Tu te fais trop de soucis. Vraiment.
- Tu crois ?
- Sérieusement, j’ai autant de chances qu’il m’arrive quelque chose que de gagner au loto.
Elle rigole.
- D’accord, j’arrête. Mais sois prudente, ok ?
- Si ça peut te rassurer, j’appellerai tous les soirs pour te faire un débriefing complet de ma vie à mourir d’ennui.
Cette fois, je saisie qu’elle a compris. Elle n’ajoute rien.
Trois kilomètres après le panneau qui annonce West Wood, la voiture s’engage sur un sentier en terre sur plusieurs mètres. L’odeur des pins s’infiltre dans l’habitacle. Je remonte mes lunettes de soleil. La maison de mon père se trouve légèrement à l’écart de la ville et l’immense propriété voisine, qui doit bien faires quelques milliers d’hectares.
Je soupire.
- Est-ce que cette ville a toujours été aussi pommée ? lancé-je, sceptique.
- Ce n’est pas aussi isolé que ça en a l’air. Et puis au moindre pépin, tu peux toujours m’appeler.
- Maman…
- C’est une blague, fait-elle en me lançant un clin d’œil. Je sais que tu sauras te débrouiller.
Elle gare la voiture devant la maison à côté de l’énorme pick up de mon père et se penche pour m’embrasser le front.
- On est arrivé ma chérie. Tu prends les valises ?
Je grommèle mais me plie à ses règles. Je crois que je suis tellement crevée que je pourrais m’affaler dans le canapé et m’endormir illico. Ce qui ne m’arrive à peu près… jamais.
Je sors les valises pendant qu’elle touche deux mots à mon père, sur le pallier.
- Bonjour John.
- Salut, Judith. Tu veux entrer ?
- Euh… Non, je ne reste pas longtemps. Je m’assure juste qu’Emma a tout ce qu’il lui faut.
Mon père hoche la tête d’un air entendu avant de récupérer les bagages.
- J’ai fait des pancakes, comme tu les aimes, dit-il. Et je t’ai installée dans la chambre que tu préfères.
- Super papa, merci.
Je le sers dans mes bras. Il a l’air content de me revoir et m’embrasse à son tour les cheveux.
- Bien, alors je pense que je vais y aller, lance ma mère. Emma, ne veille pas trop tard et soit sympa. Pense à ton linge sale et ne fait pas tourner ton père en bourrique.
Elle fait mine de partir, et se retourne une dernière fois, me faisant signe de la main de l’appeler. Oui, oui, maman… Si tu faisais tant de soucis il ne fallait pas te débarrasser de moi !
Le moteur démarre et la voiture disparait sur le sentier.
Pendant ce temps, mon père a rentré les valises et les installe dans ma chambre.
- Christine te passe le bonjour, dit-il. Elle est passée plus tôt dans la journée pour voir si tu étais arrivée.
- Ah ! Avec tout ça je l’ai totalement zappée !
Je me jette aussitôt sur mon portable et consulte mes messages : trois appels en absences et au moins une dizaine de notifications.
J’avais rencontré Christine deux ans plus tôt, au cours du premier été que j’avais passé chez mon père. Un été dont je ne gardais que peu de souvenirs d’ailleurs. Si ce n’est les après-midi passés ensemble chez elle. Il faut dire que ses parents adoraient organiser des fêtes. Rien de tel quand on ne savait comment faire passer le temps.
De : Christine
A : Emma
Je suis passée chez toi mais tu n’étais pas encore là. J’ai hâte de te voir !
Et moi donc. J’avais beau avoir mes amies, j’appréciais toujours sa compagnie. C’était une fille sincère. Puis je crois que j’aimais bien sa voix. Son ton enjoué, sa bonne humeur, sa gentillesse. Son visage angélique attirait souvent les regards : on ne passait jamais inaperçu en soirée, à ses côtés. Mais en dépits des apparences, elle était plutôt du genre réservé.
De : Emma
A : Christine
Je viens d’arriver. Tu passes ce soir ?
- Si tu as besoin de moi, je suis dans le salon. Ah, et tu as des pancakes dans la cuisine.
Il disparait tandis que je m’affale sur mon lit. Le matelas rebondit, les draps sentent les cerisiers, mon parfum préféré. Je laisse ma tête s’enfoncer dans l’oreiller en songeant à Davon. Emily me tuerait si elle savait qu’il m’a adressé la parole à la dernière soirée. Pas grand-chose. Juste pour savoir si je voulais venir avec eux à la soirée de Matt. Malheureusement, j’avais dû refuser par amour pour mon cher papa qui passait les siennes seul à Nulepart City.
Davon, c’est un peu le gars sur lequel louchent toutes les filles du lycée. Un mètre quatre-vingt de perfection. Le genre de mec qu’on ne touche que du regard. Des yeux sombres, un air cool. Un garçon qui aurait probablement plu aux parents de Christine. Et qui plaisait à Emily…
Il valait mieux que je passe sous silence ma dernière soirée à Springfield.
Mon portable vibre. Nouveau message.
De : Christine
A : Emma
Je passe te chercher à 19h. Prépare-toi !
Ce qui me laisse le temps pour une bonne sieste… et des pancakes. Mon père sait toujours comment m’acheter quand il le veut. Sans me faire prier, je roule sous les draps et glisse dans le sommeil.
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Défi
Gwenouille Bouh

La salle est plongée dans le noir. Le public, suspendu au bout de mes doigts. Bien avant de poser la première note, l'émotion m'envahit. Puis la convoitise accompagne mon geste lorsque mes mains effleurent les touches. L'envie de faire ressentir, de faire naitre, de donner vie à cette œuvre.
Sonate Waldstein.
Beethoven n'a que trente-cinq ans quand il la compose. J'en ai dix-neuf. Je m'attaque à un chef-d'œuvre et je compte bien montrer à la terre entière mon génie.
Après une première exposition du thème réussie, mes doigts reprennent la mélodie qu'ils ont maintes et maintes fois jouée. Je connais la partition par cœur ; mon corps connait cette partition par cœur. De mon cerveau qui la voit défiler devant mes yeux, à mes pieds qui dansent sur les pédales. Mes doigts, fidèles, suivent scrupuleusement ce qui y est écrit. Le phrasé. Les nuances. Jusqu'à l'interprétation et le sens que je dois y mettre. Rien ne m'échappe.
Rapidement, la mélodie s'emballe. Beethov, mon petit Beethov pro du développement, ne me laisse pas un instant de répit. Les pages se noircissent de dièses et de bémols. Il module. Accélère. Captivé, le public a les yeux rivés sur moi. Il est surpris, se demande comment un si jeune pianiste peut faire preuve d'autant de maturité. Moi je sais. Je vole, survole le clavier à une vitesse phénoménale. Ma technique est irréprochable. Car c'est là tout ce dont il s'agit. De rigueur. De doigté.
De génie.
Mes doigts s'emparent de la mélodie sans jamais la lâcher. Mon être tout entier ne fait qu'un avec la musique. Je vis. Je touche. J'effleure. Et chaque seconde me rapproche un peu plus de Beethov. Mon sang bout, agonise. J'ai besoin de respirer. De reprendre mon souffle. Mais la ligne s'est emparée de moi, elle me consume, me dévore. Je ne peux la rompre. Ne peux trahir l'œuvre. Mon sacrifice n'aura pas été vain : un silence parfait règne dans la salle.
Dernière partie et le sentiment du triomphe s'éveille en moi. Encore quelques minutes et je savourerai ma victoire. Mes doigts glissent, volent, s'emballent. Je suis un dieu. Personne ne m'égale. Je vais terminer ce premier mouvement libre de toute entrave et demain, demain... je n'aurai plus de comptes à rendre. Mon corps rit. Mes mains cavalent. Elles courent euphoriques, courent après les notes quand je réalise soudain que je suis en train de me perdre. Que je m'oublie. Les notes s'échappent, le charme s'envole. Mes doigts s'enfoncent, chaotiques, sur le clavier de plomb.
Dans la salle, le public s'éveille. Les gens remuent et murmurent. Leur attention me fuit. C'est la soudaine descente aux enfers. Je me perds dans les eaux noires. Dans le désespoir qui accompagne les génies désabusés, tandis que je résiste à l'envie de tout planter et de quitter la scène. Encore quelques mesures, quelques notes à peine... Le poids de la gêne qui pèse sur mes épaules, mes doigts qui ploient dans la douleur, avant que ne résonnent enfin les dernières notes. J'entends sonner le glas de mon trépas. Quelques applaudissements, timides, qui traversent le public. Je ne suis pas dupe. Le manque d'entrain rappelle cruellement la qualité de la prestation. On vient de m'annoncer ma condamnation : demain, Stein se fera un plaisir de m'achever.
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Gwenouille Bouh
Alors qu'il a décidé de partir vivre à West Wood chez son père, Eliott remarque, un soir, qu'un loup rôde autour de leur maison. Sans prendre en compte les mises en garde du patriarche, il n'a à l'esprit que de l'approcher pour l'apprivoiser. Mais voilà qu'un soir de tempête, Eliott est envoyé à la clinique de son père et réalise que "son" loup, comme il aime à l'appeler, y est enfermé. Entre le désir de le relâcher et celui de le garder à ses côtés, il n'y a qu'un choix, celui d'ouvrir ou non la cage. Eliott écoutera-t-il son cœur ? Ou laissera-t-il la raison le guider ?
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