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Dennis Wuornos Rader

7
œuvres
5
défis réussis
21
"J'aime" reçus

Œuvres

Dennis Wuornos Rader

Je ne suis chez moi que depuis une semaine,
je rentre à peine du boulot, une autre école où je
n'apprends toujours rien, un autre enclos où je végète en
suant d'un gros labeur pour une grosse tache que je fais
très bien
Un affectation du service du travail obligatoire qu'on m'a administré à moi et pas à un chien,
car lui pourrait mordre, se sauver et même s'en tirer...
Moi, malgré tout, je ne suis qu'un gamin, parmi mes
semblables, les errants de l'éveil au coucher,
sans collier tant qu'il ne sont pas encagés, tatoués...
Mais déjà, c'est marqué dans leurs livres, en
hypothétiques équations dans mon dossier, en gras sur mon casier, en colonne
dans les faits divers avec lesquels j'entre en corrélation, c'est couru je suis déjà gâché, je suis bien foutu, j'ai des gènes de chiens des rues...
Physiquement aussi j'ai mal partout, ça me fait plutôt du
bien en fait, ça affaibli, ça tempère mes instabilités de tous
niveaux qui me rendent fou...
Pour finir de sortir de cette journée,
je bois un café trop clair, sans force, je consume une
clope artisanale de tabac blond et brun, récupéré sur les
pavés de mon nouveau pays, de ma nouvelle vie..
Assis à table, pour essayer de me réconforter un peu, je tire encore plus fort sur la cancérigène, je me
dis que bientôt j'aurais des petits gâteaux avec mon café oû
il y a trop d'eau, de vraies clopes, une chemise à ma taille,
de nouvelles godasses à mon gout pour remplacer celles
qu'on m'a données, maintenant trouées, elles aussi...
Je me rends vite compte qu'extrapoler pour moi en ce
moment n'est pas très bon, car c'est l'administration qui
tient, comme tout le reste, les cordons de ma bourse
pour ne pas s’apercevoir un soir tard, que malin, riche de
mon dû, je me suis sauvé encore plus loin que la dernière
fois où les flics m'ont rechopé...
Alors je m’extirpe des barreaux des fenêtres deja trop
hautes et d'où, de toutes manières je ne peux voir que du
gris bouger dehors, en regardant mes fées blondes et brunes bouger, je vois, je vie bien plus en contemplant
mes volutes bleues toxiques qui s'étalent librement,
majestueusement dans le volume de la cuisine du bloc
trois où tout me retient. Elles sont parfois des oiseaux, parfois un gaz doué de raison inventé par une civilisation
lointaine pour en éradiquer d'autres, mais depuis peu elles
sont plutôt, car ça me plait mieux, cette fille croisée sur le
chemin allant et revenant de mon bagne, qui m'a déjà
offert deux regards bleus, à y sombrer si j'avais été plus
prés et deux sourires en réponse aux miens, un
premier timide et pincé et un second, presque aveu...
Il faut que je redescende, que je retourne seul dans ma
galaxie, je ne traverserai pas la route demain, j'ai bien trop
la trouille de répondre à ses questions et de voir son
sourire s'effacer..
Ré absorbé par ma galaxie mouvante aux potentialités
infinies dans laquelle je me trouve à nouveau, je ne remarque la
présence d'un gamin bizarre comme moi, qu'au moment où
il disloque, de son passage la galaxie qui abritait mon
esprit...
Il s'appelle Elvis..
bien sûr je suis le nouveau alors je garde pour moi qu'on a
pas idée d'appeler son gosse comme ça
Il est deja un ancien ici, il est néanmoins téléguidé par
plus malins et moins vaillants que lui...
Ils veulent voir qui je suis, ils pensent tous que je suis le
nouveau ici, leur nouveau jouet, sans savoir qu'ailleurs, dans
un autre chenil, j'étais déjà l'un des anciens les plus méchant parce que j'ai deja pris
plusieurs foyers dans la tête, le bide et les dents...
Je sais aussi bien qu'eux comment cela fonctionne, ceux là
ne pisseront pas dans mon lit, ils ne voleront pas le peu
qu'on m’octroie, comme mes fringues et la nourriture dans
mon assiette, sous la menace d'une fourchette...
Il arrive d'un pas décidé en vociférant contre moi des trucs
que je n'ai pas le temps de dénouer, en patois mêlé de jactance de cités,
Il m'aurait pu paraître à l'époque, que sa mère, je ne sais toujours pas quoi
aujourd'hui...
Il arrive encore, plus prés de plus en plus fort,
évidemment les hyènes autours ont formé la tribune, une
autre occupe le maton..
Je suis toujours assis, je connais deja les règles d’engagement
Si je me lève dés à présent, sans plus attendre pour sûr on
mêlera nos sangs...
Rester faible pour l'instant, mais comme toujours dans ces
instants, qu'en apparence, attendre sournoisement le
dernier bon moment, espérer jusqu'au bout que le chien d'en face ne morde pas...
Malgré sa tête et ses deux ans de plus, je n'ai pas peur..
Malgré mes quinze ans et mes presque cinquante kilos qui
lui en donne pourtant prés de vingt sur moi...
J'ai à ce moment terrassé la peur qui paralyse, je goutte
deja à celle qui insensibilise,
celle qui fait de moi pour un instant un athlete des plus
acérés...
Les veines saillantes qui dansent sous ma peau, mes
pupilles dilatées au maximum pour percevoir le plus
d'informations possibles, mes yeux si instables qui
cherchent à intégrer à l'équation le
plus de paramètres,
mes reflex dopés à la meilleure des cames, qui veulent, qui
peuvent, je le sens, me faire bondir dix mètres d'un seul saut, la vitesse, l'abondance de l’oxygène dans mes
poumons font ralentir le temps lui même...
J'ai du mal à travestir tout cela pour qu'il ne puisse voir que
je suis prêt..
Il n'a pas vu...
Le moment décisif que j'attendais en le redoutant
continue d'avancer, il est tout proche...
Ça y est c'est maintenant qu'il devient le combattant,
l'adversaire de ce combat de chiens, l'ennemi à réduire à rien dans l’arène où aucune règle n'est valide,
En assénant dans le vide son dernier substantif à
obtenir de moi une réponse prédéterminée,
il fait l'erreur d'être encore beaucoup trop prés et il ajoute
celle décisive, en appuyant sur ma joue son index qui vient
d'un mètre plus haut pour forcer mon visage à ne plus faire
face, mes yeux à ne plus soutenir les siens exorbités qui
me toisent de sa stature de supériorité...
Son doigt encore sur mon visage, le reflex émanant de
mon encéphale reptilien, me rend aussi véloce que lui en brisant les derniers liens qui me tiennent à l'Homme
Je laisse les réglages pré définis par la peur, décider de mon
corps entier..
Un geste animal m’élève à sa hauteur,
l’uppercut qui mijotait en bas avec moi remonte encore
plus vite que tout le reste pour lui exploser le nez
dans un craquement organique,
Avant que sa tête ne finisse son voyage vers l'arrière,
l'autre bras en clef autour de son cou cherche à le briser en
serrant le plus possible
Je ne peux pas encore desserrer l'étreinte, il est trop tôt, il
est encore trop vigoureux, trop conscient
Je décide sans même le savoir, de laisser faire Newton et
j'accompagne sa masse au sol toujours agrippé à son cou et
collé à lui pour lui laisser le moins de champs
possibles tout en l'écrasant de tout mon poids
Au sol, son visage offert par la prise de mon bras, je lui
envoie un second uppercut, clone du premier qui vient
encore impacter bruyamment son nez, cette fois
sanguinolent...
Pour lui c'est fini, je le sens contre moi, il ne m’enserre pas, plus aucun de ses
muscles ne sont contractés en signe de résistance
Mais pour moi la partie se poursuit lorsque je vois la
fureur des spectateurs qui remplace peu à peu l'aspect
médusé de leurs yeux, de leurs visages qui ne s'attendaient
pas à tant de fracas
Le sang s'étale doucement contre le carrelage sale et craquelé de notre fight club improvisé
Mais ça va, l'hémorragique au sol est toujours conscient,
son sang sur mes mains sèche déjà,
Bientôt, après ce qui vient, je sais, je le sens, le mien craquellera aussi quelque part...
Surtout qu'ils sont un, deux, trois, quatre, cinq, six avec
celui à mes pieds...
Sept maintenant car le maton vient
d'entrer,
alerté par la stupeur générale trop bruyante que
l’ambianceur de surveillant n'a su couvrir...
Tenir encore un peu ne rien montrer, la partie est bientot
terminée, le juge arbitre bourreau est là
J'imagine que le pire est derrière moi même si je sais que
la douleurs physique des baffes d'adultes que je dois
encaisser pour me rééduquer
me feront peut être autant de maux que ceux que j'ai infligés
à mon codétenu,
qui me rassure maintenant, qu'il se relève..
Ces coups là me feront mal, je sais j'ai l'habitude mais ne
me font pas autant peur qu'une bande de Cheyenne
déchaînées, car cette douleur est encadrée par
l'administration, elle est restreinte,
je souhaite même qu'elle arrive vite car l'afflux
d'adrénaline dans mon sang commence à se réguler,
je commence deja à ressentir doucement la chaleur qui
deviendra douleur dans mes phalanges tâchées de fluide
vital séché à l'endroit qui a cogné et où commence à se
faire ressentir les battements de mon coeur...
Je commence à reprendre le contrôle, je perçois qu'adopter
la même stratégie face à la violence voulue légitime par
l'autorité ne fera qu'aggraver les moyens de coercition mis
en place dans mon dossier par les détenteurs de ma vie,
Ceux qui jugent, qui savent que mon avenir ne peut qu'être
prison, hall et cave de tours où je finirai de laisser l'âme
et ensuite la vie avec du sale plomb neuf mou dans
la tête ou mes intestins surinés qui finiront de rendre
mon sang septicémié des toxiques de ma vie...
En hurlant à tous une injure qui laisse sous entendre que
le fautif toujours debout va souffrir à ne plus pouvoir le
rester, pour demander lequel, et juste lequel, lui aussi
s'avance très vite vers moi, il a vu , c'est un professionnel,
superbe de puissance, la loi pour et en lui, la hiérarchie
toujours en appuis, l'inspecteur Harry a vingt
quatre ans, il est seul contre vingt quatre délinquants, tout prés, il attend ma
réaction...
Comme dans tous les cas on a toujours au minimum deux
choix, dans le cas qui m'intéressait alors,
je n'en perçu que deux, peut être à cause de l'adrénaline
qui me rendait encore trop instinctif
mais surtout avec le temps qui manquait pour opter
judicieusement...
Soit faire ma pleureuse collaborante pour espérer atténuer
le nombre, la puissance des impacts à venir mais alors à
coup sûr perdre pour longtemps le travail que je viens de
faire sur l'un des leurs
mais aussi et surtout sur les vingt deux autres...
Contre quelques coups administratifs de plus, les voir devenir plus tard
durs, quotidiens, physiques, psychologiques car c'est moi qui vit ici avec mes
codétenus et pas Harry le torche cul, pas censé devoir
s'éduquer lui même
Opter pour cette stratégie serait un
piètre judicieux stratagème
Je n'ai plus qu'une carte dans les mains, si je la joue bien je
peux même remporter la partie en ne me couchant pas
J'arriverai le dernier des deux c'est sûr,
Je n'ai pas encore cinquante kilo d’expérience, mais je ne
suis pas si con,
je sais que si j'endure sans rien lâcher face à robocop qui
pèse des tonnes j'ai une bonne chance de finir mon boulot sur les hooligans pour les mettre k'o debout, ceux qui jubilent déjà en se poussant les uns les autres
pour mieux voir venir le sang....
Le roi s'avance toujours comme il veut, c'est au pion avec son seul pas, à
jouer comme il peut..
Il est sacrifiable, c'est sa fonction il le sait, mais celui ci est
fou aussi, à demi suicidaire il se sait deja échec, mais se dit
dans sa consciente folie ne jamais pouvoir être mis mat, par défi, dans le déni..
A la question duquel, le pion fou lance sur l'échiquier du carrelage de la cuisine du bloc3, son indéniable responsabilité avec véhémence et fierté...
il s'avance comme le roi, en parlant fort comme lui pour lui asséner
consciemment, à la face et délibérément, sa dernière
estocade...
Ne pas trop en faire, je ne suis pas aussi adroit et courageux que David à
la fronde
Mais dilemme, les principaux parieurs sont là, je ne dois
pas me laisser coucher au premier coup de masse, faut leur
en donner pour leur grains, aux parleurs...
Avec un coup épuré et puissant, un bruyant "
c'est moi et alors y'a quoi ? " lui arrive en pleine bouche,
qui s'ouvre doucement pour rester coite...
Je ne perd pas ses épaules de vue, ses envois naîtront de là
mais je jubile de savoir la bouche de son public pareille à
la sienne
Ça y est l'adrénaline me retravaille, mais moins fort qu'au
tout premier shoot, je perçois quand même nettement ce qui vient, son
épaule vient de bouger, je suis maintenant beaucoup
moins courageux face à Harry le champion incontestable de
la taule
Le deja vainqueur fait claquer dans la cuisine un magistral
son de coup de fouet avec mon profil droit et la paume de sa main
au calibre magnum 44... il est gaucher l'inspecteur Harry, une fausse patte
comme moi, c'est noté, ça pourrait servir un jour, surtout si
aujourd'hui il va trop loin...
Avec sa paume, il est malin, c'est peut être pas un fou
furieux comme trop d'autres...
Je suis toujours debout, ils n'ont même pas eu un souffle
de moi
Mes jambes n'ont les temps que de me rétablir, mes poings
serrés montent un semblant de garde, vicieusement levée
qu'à la taille pour lui laisser la fenêtre grande ouverte
Je ne peux rien faire d'autre et de toute manière je ne dois
pas
Cette fois c'est mon profil gauche qui fait tonner au dessus
de la clameur de tous, la seconde frappe éclair d'Harry, le
champion de jeu de paume...
Il est très rapide, c'est suspect, j'aurais du voir venir,
surement un enchaînement optimisé par la pratique...
La table de la cuisine, je décide de me servir de la table
pour finir mon effet comme un catcheur, en l'envoyant glisser du centre du ring dans
l'assemblée, comme un comédien qui sait comment faire le
spectacle même dans sa chute
Rester à terre, la meilleure option, la seule, vu qu'il est
déjà sur moi, occupé à déchirer le col de ma chemise
en agrippant pour m'étrangler...
Ne plus faire que me protéger, le meilleur des choix, ça lui glorifie la virilité,feinter qu'il a gagné, il a
accès à mon dossier, ça le confortera lui et l'autorité locale dans leur supériorité de savoir qu'il ont du boulot sur moi, parce qu'il y qu'une semaine et demi encore, ça aurait été pire, bien pire que me laisser relever par le col, me laisser insulter par des hurlements, accepter mon exil en cellule jusqu'au lendemain, y'aurait probablement eu les pompiers, peut être aussi le fourgon à grille parce que y'aurait aussi eu tout ce que j'aurais pu... j'ai même pas un gâteau, 18 heures trente, j'ai déjà les crocs...
J'ai une grande cellule pour une équipe de trois rien qu'à moi, Majid et Reda, les occupants de notre piaule ne sont pas là depuis mon arrivée, parce qu'ils ont trouvé une des clefs de la taule pour s'envoler comme des oiseaux de nuit, Reda s'est fait serrer par la poulague, il termine sa garde à vue bientôt, et Majid cavale toujours aux vents de la liberté, j’espère que c'est un marathonien...
Le coup de clocher du bled me dit qu'il est neuf heure et demi, j'ai encore plus faim qu'à neuf, j'ai même plus un bout de clope, j'ai même pas un bouquin et la lourde est évidement carrément verrouillée...
C'est l'hiver dehors aussi, entre le quadrillage des barreaux y'a un peu de ciel de nuit pareil au reste, tout gris, tout froid, tout p'tit et sur le mur de brique d'en face y'a même pas un seul graffiti...
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Défi
Dennis Wuornos Rader
Ma feuille qui tue
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Défi
Dennis Wuornos Rader

Assise à même le sol, elle modela avec ses doigts fins comme une plume, une partie des pains d'argile à faire des bols, qui tournait entre ses mains
Elle ne me paraissait vraiment pas laide du tout
Toi non plus tu ne vas pas comprendre, j'ai tout vu , j'ai tout lu
Mais avec elle, j'ai comme des trous à l'intérieur, comme une griffe interne qui me raméne à la raison, comme un joueur de Scrabble qui découvrirait seulement l'éxistence du mot wu
Elle est belle comme le cuivre d'un orchestre, ce n'est pas ma copine, il n'y a pas encore assez d'eau passée sous le pont du village, je pourrais même dire, non loin de là, des farines au moulin
J'entends déjà son pére me huler : "vous traquez ma fille, je le jure, ne croyez jamais annexer notre demeure, des gens du village restent à ma disposition si vous faites le souk, je ne serai pas noble avec vous, même le tenancier de l'hôtel veut vous débiter en quartier, car vous lui devez trop de ce qui luit !"
Un dernier affront qui noya le peu d'éspoir que j'avais, il me hait, ah s'il savait combien seulement sa fille j'aurais pu aimer
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Questionnaire de Scribay

Pourquoi écrivez-vous ?

A la bombe, en jaune, noir, rouge, vert pour faire les murs moins austères Au stylo, pour faire la liste des courses et des chèques principalement... peut être un jour, des autographes également Au clavier, pour envoyer des messages en réponse à d'autres, sur les réseaux pour tempérer un peu les gens qui propagent la haine, l'inculture, leur prosélytisme en étalant leur bêtise... Ce qui m’amène aujourd'hui ici, pour lire autre chose que les réseaux, mais surtout pour progresser avec des gens sympa en partageant mes catastrophes, dans le but de prendre des leçons de ceux qui savent
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