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CoralDickinson

Bonjour à tous,

Je suis Coral, française habitant à Prague.

Après avoir écrit de nombreuses nouvelles, je me lance dans les corrections de mon premier roman "Le vampire de Prague". Ce roman mêle fantastique, suspense et histoire.

En voici le résumé :

" Prague, 1888. Un jeune couple vient de se marier. Trey Hamilton, pianiste virtuose a quitté son Angleterre natale pour immigrer à Prague. Il épouse Jana Von Bach, héritière d'un magnat du fer, et chef de fils des œuvres caritatives de la famille Von Bach.

À eux deux, Jana et Trey forment un des couples les plus en vus de l'Empire Austro-Hongrois. Jusqu'au jour où Trey tombe mystérieusement malade. La vie du couple bascule alors que les morts mystérieuses s'enchaînent.

Bientôt la presse ne parle plus que du « Vampire de Prague ». Mais y a-t-il réellement un vampire dans la ville ? Et si oui, qui est-il ?

Au-delà des apparences et des jeux de dupes, la vie et la mort se livrent une bataille décisive où toutes les morsures sont permises."

J'aime le XIXè/début XXè siècle, l'époque victorienne anglaise, la café et les biscuits :-)

Vous pouvez lire mes chroniques littéraires et mes articles sur l'écriture sur mon blog :

http://coral-dickinson.com/

Et me retrouvez sur Facebook : https://www.facebook.com/LesLivresDeCoralDickinson/

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Œuvres

CoralDickinson


Trey ouvrit les yeux. Le lustre au-dessus de son corps dansait. Dans cet état nébuleux entre le sommeil et la veille, il sentit son corps tanguer. Refermant les paupières, Trey jura. Ainsi, il n’était pas mort.
Il bougea ses pieds, sentit les poils de ses jambes vibrer sous la surface du drap en soie. Il leva les bras avec difficulté, frotta mollement ses paupières closes.
Le jeune anglais sentit que l’alcool de la veille ne s’était pas encore tout à fait dissipé. Il essaya de se lever, mais une nausée enserra sa gorge. Trey rouvrit un œil. La lumière inondait la chambre. Il poussa un grognement et enfouit la tête dans l’oreiller. Une petite plume s’extirpa du coussin moelleux.
L’esprit engourdi, un inlassable morceau de musique battait dans son esprit, usant ses tympans de leurs notes immatérielles. La valse de Brahms en La bémol majeur, Op. 39 No 15. Derrière ses paupières closes, les robes tournoyaient comme de fines libellules dansant un soir d’été. Des masques plus hideux les uns que les autres lui souriaient. Trey soupira en relâchant ses bras qui heurtèrent le matelas du lit. Il ouvrit un œil et le referma aussitôt. La blancheur du plafond lui parut insoutenable.
Il resta un moment immobile, tentant de se concentrer sur sa respiration. Il avait dû rêver. Il avait entendu parler de ces cauchemars plus réels que la vie elle-même. Ce genre de songes qui prennent possession de vous, allant jusqu’à vous empêcher de bouger. Et ces démons qui s'asseyent sur votre torse et se nourrissent de vous.
Trey sourit. Bientôt il devrait se lever, et se préparer mais il savoura l’image qui s’était imprimée dans son esprit : un loup de velours et de dentelle. Celui-là même qui mangeait la moitié du visage de sa maîtresse. Celle qu’il avait suivie dans cette chambre. Celle qui était partie sans lui donner son nom.
Sa fréquence cardiaque s'accéléra. Un rictus s’imprima sur son visage.
Se redressant avec peine, ses paupières luttant contre l’éclat du jour, il hurla. Le lit frémit.
— Qu’est-ce que tu fous là toi ? Tu m’as fichu une sacrée trouille !
Trey tira le drap vers lui et essuya le fil de salive qui avait quitté ses lèvres.
— Oh là, tu es bien remonté ! La journée s’annonce bien… ricana Wilhelm assis au pied du lit. Aurais-tu vu un fantôme par hasard ? Tu es pâle comme un mort…
— Qu’est-ce que je fous dans cette chambre ?
Trey essaya de maîtriser sa voix, mais la pellicule de sueur qui suintait de son torse trahissait son émoi. Il remonta le drap jusqu’à ses épaules, soudain pris d’un frisson. Wilhelm se leva, et s’approchant de la table à proximité, il versa du thé dans une tasse de porcelaine bariolée.
— Comment ? Aurais-tu perdu la mémoire durant la nuit ? Tu te souviens quand même de ton nom j’espère ? Ça serait très ennuyeux au moment d’échanger tes vœux à l’église. Imagine la tête du prêtre…
Wilhelm rit en reposant la théière. Il se retourna et tendit la tasse brûlante à son ami. Son sourire ironique ne quittait pas ses lèvres. Trey récupéra l’offrande en examinant la chambre.
— Quelle heure est-il ? finit-il par articuler avec difficulté. Il ne faut pas que nous soyons en retard.
— Ne t’inquiète pas, nous serons à l’heure. Enfin, si tu ne passes pas ton temps à te pomponner… Tu as encore trois heures devant toi. Elles ne seront pas de trop pour te redonner un aspect décent.
L’anglais lança un regard hargneux à celui qui serait son témoin de mariage dans quelques heures. Wilhelm imprima un coup de coude dans les jambes de son ami. Quelques gouttes de thé débordèrent de la tasse et vinrent mourir sur le drap. Le regard de Trey se perdit sur les tâches qui doublaient de volume au contact de la soie. Il porta la porcelaine à ses lèvres. Le liquide brûlant finit de le réveiller tout à fait.
Les yeux plongés dans le thé noir, Trey tenta d’y noyer ses interrogations. Il s’affaissa contre le dossier du lit et souffla sur les volutes du breuvage pour le refroidir. Il aurait pu interroger son ami, lui demander s’il connaissait la femme au loup de velours. Il décida que cela n’avait pas d’importance. Une aventure parmi d’autres, voilà ce qu’elle était. La nuit appartenait au passé. Dans quelques heures, il signerait son futur.
— Mange. La cuisinière t’a préparé un festin. Tu auras besoin de forces aujourd’hui. Laisse les évanouissements à ces dames si tu veux bien, je ne veux pas avoir à te porter.
Wilhelm ajustait ses boutons de manchette.Trey délaissa le fond de la tasse pour poser le regard sur son ami. Il sourit. Wilhelm détourna le regard, et pointa un doigt impérieux vers la table en fer forgée. L’anglais suivit du regard son ami alors qu’il ouvrait la porte pour quitter la chambre. « Une question, une seule » se promit-il.
— Attend ! Trey hésita. Les volets, étaient-ils clos cette nuit ? Wilhelm leva un sourcil en dévisageant son ami.
— Les volets ? Pourquoi ? Tu crains que je me sois glissé sous les draps avec toi et que les voisins nous aient aperçus ? Je ne veux pas te faire de la peine mon chéri, mais tu sais que je préfère les gros nichons… Wilhelm évita de justesse l’oreiller que Trey lui jeta.
Maintenant, si tu as fini, je vais m’assurer que vos alliances sont prêtes. Il serait fâcheux de les oublier…
Wilhelm disparut derrière la porte, mimant une révérence grotesque. Trey se demanda si le viennois était né avec ce sourire sarcastique imprimé sur les lèvres.
À contrecœur, Trey quitta le lit moelleux. L’anglais avala la dernière goutte de thé refroidi et s’avança vers la table emplit de victuailles.
« L’absinthe a d’étranges effets sur moi » pensa-t-il en croquant un toast dégoulinant de beurre. Un spasme dans la gorge le fit frissonner. Il baissa les yeux et réalisa qu’il était nu. Ses mâchoires se crispèrent sous l’effet de la douleur. Il avala rapidement le pain émietté dans sa bouche.
Il balaya la chambre du regard. Il cherchait un indice qui trahirait la nuit. Au pied du lit, les sequins de son costume brillaient au soleil. Le masque vénitien, sous lequel il étouffait alors que l’inconnue le caressait, était à ses côtés. Au pied de la cheminée, le loup de velours et de dentelle le narguait.
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Questionnaire de Scribay

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J'écris pour partager tous les mondes qui fourmillent dans ma tête, présenter les personnages qui veulent hurler au monde qu'ils existent et nous faire profiter de leurs histoires :-)

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