Suivez, soutenez et aidez vos auteurs favoris

Inscrivez-vous à Scribay et tissez des liens avec vos futurs compagnons d'écriture.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
Image de profil de null

antiquaire

PARIS.
Retrouvez-moi sur instagram : sarah.lfvr|Facebook
3
œuvres
0
défis réussis
3
"J'aime" reçus

Œuvres

antiquaire


Esther ouvre les yeux. Quel heure est-il ? Où est-elle ? Aucune importance. Des femmes courent, des gens hurlent, la fumée lui donne déjà mal à la tête. Esther descend de son petit lit en bois puis pose les pieds au sol. Elle est pieds nus, comme tous les enfants ici. Elle a envie d'une bonne tartine de beurre et d'un bon verre de jus d'orange, mais elle se tait. Depuis le temps qu'elle est ici, elle a compris, il ne faut pas parler, pas réclamer. Esther connaît la signification de son prénom, elle sait qu'il veut dire « caché » en hébreu, et « étoile » en perse. Ce prénom lui allait très bien ici, caché était le bon mot.
Esther sortit donc de son dortoir dans son pyjama rayé. Elle regarda à droite puis à gauche. Des personnes comme elle, le même regard détruit, la même expression faciale ; une expression de mort. Elle observa le ciel comme tous les matins ; il était gris noir, comme à l'apocalypse. Mais ça ne l'était pas, enfin pas pour tout le monde ; c'était leur apocalypse.
Un coup de matraque lui frappa la nuque, elle se retrouva à genoux. Ici, ils n'ont pas le temps d'observer le ciel, de regarder ce désastre. Mais pour Esther c'était important, elle préférait se prendre un coup de bâton tous les matins plutôt que manquer ce spectacle. Le gardien lui cria dessus, puis repartit.
– Anouchka ! Anouchka !
Une petite fillette brune se rapprocha d'elle. Elle lui fit un grand sourire puis les deux partirent dans un autre bâtiment. Les deux fillettes ramassèrent des gamelles sales et firent la vaisselle.
– Tiens. Dit Anouchka en tendant un bout de pain à Esther. J'ai volée ça à un gardien.
Esther regarda le morceau de pain, ses yeux se mirent à briller tel deux étoiles. Ce prénom lui allait si bien, sa mère le lui avait répété si souvent. Esther était son étoile. La petite fille croqua dans le bout de pain avec force, le sourire au lèvre. Elle se dépêcha de l'avaler avant que quelqu'un arrive. Elles riaient toute les deux, heureuse. Ce morceau de pain était leur petit plaisir du matin.
1
4
22
24
antiquaire


Sophie, marche, court, vole même. Elle se précipite à travers la plage, essayant de ne pas se retourner. Ses pieds s’empêtrent dans le sable, ses pas se font de plus en plus lours de plus en plus lens. Le sable humide entre dans ses chaussures, venant se placer entre ses pieds et ses chaussettes. C’est désagréable, à chaque pas elle s’envoie des grains de sable dans les jambes. Sa cheville droite la fait souffrir, son débardeur lui colle à la peau tellement elle transpire. Fumeuse, Sophie n’a pas de souffle, elle n’a aucune endurance, mais pourtant elle donne tout. Son cœur bat dans tout son corps, mais ce soir Sophie ne s’arrête pas. Elle sauve sa peau, s’enfuit sans se retourner. Elle a de la chance d’avoir réussi à balancer son glock. Elle a de la chance que l’homme derrière elle soit blessé. Sinon elle ne s’en sortirait pas.
La pleine lune éclaire l’océan, le paysage est magnifique, pourtant elle ne s’arrête pas. Le son des vagues vient buter la plage, et dieu sait comme Sophie adore cette musique. Mais ce soir elle ne l’entend pas. Elle se concentre sur cette respiration saccadée qui est la sienne. Sur son instinct de survie qui la force à courir.
La plage est interminable, il fait nuit, elle n’y voit rien. Dans un endroit pareil, impossible de trouver du secours, impossible de rejoindre la ville. Et puis elle le sait bien, personne ne traîne dehors à quatre heures du matin. Pas sur cette plage, pas dans cette ville.
Trois possibilités s’offrent à elle, aussi mauvais les unes que les autres.
Tout d’abord, Sophie pourrait continuer de courir. Elle pourrait espérer comme depuis quarante-cinq minutes de trouver une solution. Seulement elle n’en a pas, son cœur est sur le point d’exploser, et bientôt, elle ne pourra plus courir. Sophie se retrouvera piégée sans avoir prit le temps de reprendre son souffle.
Ensuite elle pourrait tout simplement s’arrêter, accepter son triste sort, et laisser l’homme qu’elle connaît si bien lui ôter la vie. Cependant elle n’en a pas l’intention, pourquoi aurait-elle courut aussi longtemps pour s’arrêter ? Dans ce cas-là, elle n’aurait pas dû s’enfuir de chez elle. Elle n’aurait pas dû quitter leur maison de vacance après avoir brisé un vase sur la tête de son mari.
Une dernière proposition s’offrait à elle, la plus terrifiante qu’il fut. L’océan l’attendait les bras ouverts. Lui était libre, il la narguait. Elle pourrait, éventuellement, le rejoindre, espérant trouver un bateau, ou une côte à proximité. Sauf que Sophie n’était pas si bonne nageuse, il y avait beaucoup de courant ce soir, et elle ne connaissait pas ce côté de l’île.
Suite à la chaleur et à l’essoufflement sans doute, Sophie changea de voie et courut en direction de l’eau. C’est là qu’il fallait être rapide. C’est à ce moment précis que cet homme qu’elle aimait autant qu’elle haïssait avait le plus de chance de la rattraper. Elle courut à en perdre haleine jusqu’à l’océan, ne réfléchissant plus. Sophie faisait comme si l’impact l’eau glacée sur son corps bouillonnant ne l’atteignait pas. Comme si ses vêtements trempés collant contre sa peau n’étaient pas désagréables, comme si le poids de ses chaussures ne la dérangeait pas. Le cerveau de Sophie avait gelé, elle faisait semblant de ne pas avoir peur, semblant de ne pas sentir les algues lui caresser les jambes. Comme si le fait de nager dans les eaux noirs et mystérieuses ne l’effrayait pas. « Surtout, ne pas mettre la tête sous l’eau. » se disait-elle. Seulement elle n’avait pas le choix, elle était obligée de nager le crawl sinon elle n’irait pas assez vite. Alors la jeune femme plongea son visage dans les eaux sombres, fermant les paupières et la bouche du mieux qu’elle put, priant pour que cette nuit, l’océan soit inhabité. Malheureusement ce ne fut pas le cas, elle sentait déjà un poisson lui effleurer le bras.
Quand Sophie estima qu’elle avait assez nagé, elle se retourna un quart de seconde, voulant étudier la distance parcourue. Seulement ce ne fut pas la plage qu’elle aperçut, mais son mari à quelques mètres d’elle. Inlassable, il avançait tel un requin fonçant sur sa proie. Suite à ses blessures sans doute, l’homme avait du mal à nager, essayent d’aller le plus vite pour rattraper sa femme. Mais elle voyait bien que ses jambes ne bougeaient pas comme il le souhaitait. Le sel devait brûler ses blessures, et l’alcool ingurgité ne devait pas l’aider à avancer.
Après quelques minutes à nager, Sophie se retourna et vit son mari faire demi-tour. Un sentiment de joie explosait dans tout son corps, il avait abandonné ! Elle se mit à ralentir, à nager une brasse.
Sophie se retourna encore une fois et comprit qu’elle avait été piégée. La plage était trop loin désormais, et ce terrain aquatique qu’elle ne connaissait guère fit ressurgir la peur. Son mari l’attendait patiemment, sur la plage. Elle ne pouvait pas faire demi-tour ni aller de l’avant, les vagues se faisaient de plus en plus épaisse et sauvage. Sans faire attention, Sophie se laissa submerger par l’une d’elle. Elle se retrouva dans un tourbillon, sans air, n’étant plus libre de ses mouvements.
Sa tête alla heurter un rocher et sans qu’elle n’ait eu le temps de reprendre son souffle, la mer l’emporta.
2
5
44
82
antiquaire
Un homme qui vit seul depuis plusieurs années devient obnubilé par deux enfants sur la plage.
Qui sont-ils ?
0
0
49
18
0