Suivez, soutenez et aidez vos auteurs favoris

Inscrivez-vous à Scribay et tissez des liens avec vos futurs compagnons d'écriture.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
Image de profil de null

Mellyna

1
œuvres
1
défis réussis
7
"J'aime" reçus

Œuvres

Défi
Mellyna

Les toutes récentes capsules de la ligne Bruxelles - Nice flambant neuves sentent encore l’usine. Christophe fronce le nez, presque agressé par les odeurs de matériaux fraîchement posés et de PVC chauffé au soleil, et s’enfonce dans son siège. Après un long signal sonore, les issues se ferment et l’engin démarre dans un léger ébrouement et file aussitôt à sa vitesse de croisière. Prochain arrêt, Lille.


Sur les écrans qui tapissent dossiers et parois, des pubs aux couleurs criardes, des prévisions météo de toutes les capitales de la planète - certaines dont il ignorait jusque là l’existence, des nouvelles du monde… Pas de son, que des images et du texte tournant en boucle, suffisamment pour comprendre.


Quelques sièges devant lui, un couple se dispute déjà, du vide se fait autour d’eux à mesure que les passagers agacés se lèvent et changent de place. L’un a la tête tournée vers la vitre, le regard obstinément rivé sur rien de spécial, l’autre complètement appuyé sur l’accoudoir déversant un flot de reproches.


Un peu plus vers lui, une jeune fille a les cheveux emmêlés et les yeux rouges et bouffis de celle qui a pleuré au moins toute la nuit. Personne ne veut la regarder, mais tout le monde l’a vue.


Un instituteur traverse la capsule à reculons, en tête d’un petit cortège en bas âge qu’il ne perd pas des yeux. Il bouscule un passager distrait, trébuche et se retient de justesse à un dossier, pour finir dans une position improbable. Les enfants hurlent de rire et se moquent, l’instituteur les fusille du regard.


Le contrôleur commence à arpenter l’allée à l’affût de la moindre carte magnétique manquante. Le couple est le premier et l’ignore complètement. L’employé patiente d’abord, mais pas longtemps. Christophe voit quelques sourires apparaître autour de lui face au spectacle.


Au dehors, il peut voir furtivement la ligne de TGV que longe celle de l’hyperloop, et que les nostalgiques empruntent encore. Petit, quand la première ligne Lille-Paris était en construction, il avait souvent pris le TGV avec son père. Il se souvient du bruit constant de la course sur les rails, des messages incompréhensibles dans les hauts parleurs, de l’odeur de moquette mal entretenue, du souffle de la climatisation, des secousses, mais surtout du paysage.


L’hyperloop file sans bruit dans son tube translucide, à la manière d’un métro supersonique. Le paysage défile à toute vitesse, trop pour qu’il puisse distinguer plus que l’horizon, puis c’est l’obscurité. A l’approche de l’agglomération lilloise, la ligne devient souterraine. Christophe tourne la tête juste à temps pour voir le contrôleur arriver à son niveau, le visage rouge et la mâchoire serrée. Il lui marmonne un bonjour, tend sa carte, la récupère, et grimace un sourire.


Raide, le contrôleur poursuit son parcours, derrière lui le couple se fait plus la tête qu’au début, mais silencieusement, et la jeune fille commence à s’endormir.


Christophe songe quelques secondes à sortir ses fiches de révision, et change aussitôt d’avis. Il prend son carnet et écrit ses premières idées en vrac. Il a envie d’une intrigue dans l’hyperloop. Peut-être qu’il tomberait en panne dans une portion souterraine de la ligne, sans lumière. Et qu’il y aurait un tueur en série. Et ce serait le contrôleur. Mais tout le monde croirait que c’est l’instituteur. Et à la fin le contrôleur s’en tirerait.

A peine cinq minutes et les idées fusent dans tous les sens. Il ne lui reste plus que cinquante-cinq minutes, avant le terminus à Nice, pour tout mettre grossièrement en place.
7
7
8
2

Questionnaire de Scribay

Pourquoi écrivez-vous ?

J'écris pour rendre un peu plus réels mes univers, mes mondes, mes personnages, tous ceux qui naissent par accident dans mon imaginaire. Ma tête est pleine et ne cesse de se remplir. Je sens intérieurement chaque histoire que j'ai créée et je les vis lorsque je les écris. J'écris pour goûter au bonheur, mais j'écris parfois pour faire plaisir. J'écris surtout par égoïsme, pour moi, pour le plaisir de mon âme. J'écris aussi pour mieux me connaître, pour tester mes limites et grandir. J'écris parce que c'est quelque chose qui m'est aussi vitale que de manger.
0