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Rochelle GABE

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œuvres
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Œuvres

Rochelle GABE

New-York, FBI - division criminelle.

Pour qu’un mensonge fasse illusion, il est essentiel d’apporter au récit une touche de vérité. Peu importe la forme que cela peut prendre, qu’il s’agisse d’une émotion ou du lointain souvenir d’un événement vécu, la condition sine qua non pour être cru demeure dans ce détail qui fera naître un sentiment de confiance chez l’interlocuteur.
Malheureusement, rien dans les propos de cet homme n’inspirait la confiance. Aussi invraisemblable que son récit puisse paraître, il le répétait scrupuleusement comme une leçon apprise par cœur. Sans dévier d’une virgule et avec un aplomb qui rendait fou l’agent spécial Cole C. Walsh.
Supporter ces inepties était une épreuve en soi, mais le faire depuis la salle d’observation, un espace réduit suffocant, alors qu’ils auraient dû, son équipier et lui, être ceux qui menaient l’interrogatoire, n’arrangeait pas son humeur. Il s’impatientait, déplorant l’absence de réaction des enquêteurs et le manque d’originalité de leurs questions.
Était-il le seul à voir ce qui se tramait ?
Cole jeta un regard à James Caldwell qui observait la scène en silence, les bras croisés sur la poitrine. Son coéquipier affichait une sérénité qu’il était loin de partager.
— Tu vois la même chose que moi ? demanda Cole.
— Je l’ai sentie avant même que tu dises un seul mot.
— Senti quoi ?
— Ta frustration, elle en dit long.
— Ma frustration ?
Caldwell avait le chic pour l’agacer d’un simple mot. Il faisait mouche à tous les coups avec une perspicacité horripilante.
— Peut-être, reconnut-il à contre cœur. Mais avoue qu’il y a de quoi être frustré ! Ce type nous prend pour des imbéciles !
— Et tu détestes ça.
— Bien sûr que je déteste ça !
Son exaspération était parfaitement justifiée. Elle ne tombait pas du ciel, elle était le fruit d’heures entières à subir les délires d’un revendeur de drogue. Et, au lieu de s’aventurer sur ce terrain glissant, Caldwell aurait mieux fait de le féliciter pour avoir su maîtriser ses nerfs.
— Dis, tu pourrais au moins apprécier mes efforts.
— Je les apprécie, crois-moi, affirma Caldwell, amusé.
Il savait, en effet, ce qu’il en coûtait à son partenaire de rester sage aussi longtemps. Une immobilité surprenante chez un homme si remuant.
Derrière eux, la porte s’ouvrit brusquement et Jon Harley, l’agent spécial en charge du Bureau new-yorkais, fit irruption.
— Verdict ?
Dans une simultanéité presque parfaite, les deux fédéraux reportèrent leur attention sur Miguel Calderon. Le dealer, bien connu des services de police, avait été interpellé alors qu’il refourguait sa came au mauvais endroit au mauvais moment. Aussitôt, l’homme avait tenté de négocier sa libération contre des informations susceptibles d’intéresser le FBI.
— Il ment, lâcha Cole, son partenaire hochant la tête pour appuyer sa déclaration.
Manifestement, l’arrestation de Calderon n’était pas le fruit du hasard. Et la grimace de Harley confirma qu’il en arrivait à la même conclusion.
— D’accord, concéda Harley après un temps de réflexion. Une suggestion ?
Walsh songeait à réclamer la fin de son calvaire lorsque Calderon lâcha un nom, celui d’un homme d’affaires très éloigné de la sphère dans laquelle il évoluait. Cole n’avait pas la naïveté de croire que la corruption s’arrêtait aux portes des entreprises des beaux quartiers, néanmoins la raison qui poussait le dealer à dévoiler ce nom l’intrigua.
Il fit un pas en avant, se rapprochant du miroir sans tain, soudain attentif à l’échange. Qui était cet individu dont Calderon semblait penser qu’il pouvait lui éviter un séjour derrière les barreaux ? Pourquoi l’avait-il balancé et en quoi cette information ferait-elle avancer leur enquête ?
— Cette piste vaut-elle le coup d’être suivie ? interrogea Harley.
— C’est ce qu’il semble vouloir.
— Vous pensez à quoi ?
Cole haussa les épaules.
— Je pense qu’il cherche à nous enfumer.
— Et ? insista Harley, irrité d’avoir à encourager son agent à pousser plus avant ses explications.
Jon Harley le soupçonnait de lui faire payer son refus de le laisser interroger Calderon. Mais assister à l’interrogatoire de l’autre côté du miroir avait ses avantages… comme offrir un recul particulièrement révélateur des lacunes – même celles à peine perceptibles – d’un témoignage dont il savait que Cole en tirerait de bien meilleures conclusions que n’importe lequel de ses hommes.
— C’est juste une intuition…
— Ne vous faites pas prier, Walsh !
— C’est un jeu de piste. Il sème des indices pour nous guider vers un but précis.
— Lequel ?
— Allez donc lui poser vous-même la question, maugréa Cole, conscient de frôler l’insubordination.
Le problème était qu’il n’en savait rien, et ce constat d’échec le minait. Quatre mois plus tôt, un appel anonyme les avait mis sur la piste d’agents d’État soupçonnés de corruption, de trafic d’influence et de détournements de fonds publics à des fins personnelles. Cette enquête, pas très excitante de prime abord, s’avérait, chaque jour, plus complexe. En quelques semaines, l’équipe de Harley avait récolté une masse considérable de renseignements étrangement inexploitables. Et Cole en était si agacé, qu’il se promettait, le jour où il mettrait la main sur celui qui s’amusait à brouiller les pistes, de lui faire passer un sale quart d’heure.
Et il y prendrait du plaisir !
— Merci Walsh pour votre brillante et ô combien percutante intervention, railla Harley, mécontent d’avoir fondé tant d’espoir dans cette arrestation providentielle. Dans trente minutes, je veux voir toute l’équipe en salle de réunion !
Malgré sa sortie pince-sans-rire, Jon savait qu’il ne pouvait se permettre d’ignorer les intuitions de son agent. Par le passé, Walsh avait témoigné d’une forme de clairvoyance qui lui avait plus d’une fois sauvé la mise.
Cependant, il ne pouvait pas non plus affirmer que ses frasques l’enchantaient. Elles avaient depuis longtemps cessé de l’amuser. Et s’il n’avait pas été aussi compétent, Harley se serait fait un plaisir de le transférer dans un autre service, là où ses sautes d’humeur n’auraient pas perturbé sa division des affaires criminelles.
Le point positif résidait dans le duo qu’il formait avec Caldwell. Et après avoir un temps douté de la pertinence d’associer les deux hommes, Harley s’était félicité de sa perspicacité. Jamais de partenariat ne lui avait donné autant de satisfaction… ni d’aussi nombreux cheveux blancs, déplorait-il amèrement.
Toute médaille avait son revers…
… Malheureusement, il l’expérimentait un peu trop souvent à son goût.


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Défi
Rochelle GABE


— Tu vas te manier le cul ! rouspéta Léo.
— Oh, ça va ! Pas la peine d’être malpoli !
Dans sa précipitation, Louise buta contre le meuble du couloir, jurant à son tour. Elle allait avoir un sacré bleu. Ça n’était ni le premier ni le dernier. Elle avait cette fâcheuse tendance à ne pas savoir prendre soin d’elle-même.
— Tu rayonnes, ma chérie, l’accueillit sa mère alors qu’elle se précipitait vers la porte d’entrée, là où son frère Léo l’attendait en râlant.

L’odeur de café s’échappa de la cuisine. Ce nectar, elle en raffolait. Elle le consommait chaque matin en suivant un rituel bien précis. L’incomparable boisson était versée avec respect, humée puis, bue avec un plaisir sans nom. Ce matin, elle n’y aurait pas droit à cause d’une fichue panne d’oreiller. Pourtant, la veille, à peine bordée, elle s’était endormie, rêvant d’un conte que sa maman lui lisait alors qu’elle était gosse. Le souvenir qu’elle remixa à sa sauce, à son réveil, lui avait fait perdre le fil du temps. Elle s’était levée en précipitation en entendant sa mère s’activer dans leur appartement.
— Tu es sacrément à la bourre, s’était-elle fustigée. Ton jules va t’attendre une fois de plus devant la fac. Heureusement qu’il est le mec le plus zen du monde sinon ton aventure, comme toutes les précédentes qui se sont soldées par des échecs cuisants, serait à mettre dans la case « passée ».
— C’est pas trop tôt, fulmina son frère.
Depuis qu’elle avait son permis, c’était elle qui le déposait chaque matin devant le lycée.
— C’est bon, tu ne seras pas en retard. Et remercie-moi, je sacrifie mon café pour toi !
— N’oublie pas de dire à ton professeur que je recalerai notre rendez-vous à jeudi, précisa sa mère en venant embrasser son fils qui regimba sous l’étreinte.
— Maman ! J’ai plus deux ans !
— À deux ans, tu étais si mignon, roucoula sa mère. Une vraie flaque d’amour.
— N’importe quoi, soupira-t-il en levant les yeux au ciel.
— Tant d’amour, se moqua a sœur, c’est hard pour un grand viril comme toi ! Allez wu, en route !
— Arrête de m’appeler comme ça, les mangas, c’est japonais, pas chinois, ignorante que tu es !
Louise éclata de rire. Son frère était un vrai fana de mangas. Il en dévorait du matin au soir. Et comme il les regardait en vidéo, en version originale, elle s'en amusait, le surnommant Wu. Un surnom qui sonnait bien manga.
— Est-ce que je te traite de fakir, moi ?
— Tu peux, ça ne me dérange pas.
Dès qu’elle avait un moment, Louise lisait le journal Fakir sur le net et profitait des repas du soir pour faire sortir son père, un bon vieux républicain de droite, de ses gonds en reprenant les thèses gauchistes du journal. Leur mère finissait toujours par mettre un terme à leurs échanges houleux, en posant, un peu plus fortement que nécessaire, le plat familial au milieu de la table. C’était le signal pour mettre un terme à leurs joutes verbales.
— Allez magne-toi, on est à la bourre, exhorta-t-elle son frère.
— Non, mais c’est le monde à l’envers ! Je te signale que je t’attends depuis dix bonnes minutes !
Louise et Léo montèrent dans la bonne vieille Clio d’occasion qui faisait un boucan d’enfer, autant qu’une horde de camions routiers et devait sûrement polluer autant.
— Tu ne veux pas qu’on discute pendant le trajet ? proposa-t-elle en voyant son frère sortir ses écouteurs.
— Tu veux partager un bon vieux potin comme si j’étais ton pote ? railla-t-il. Je ne crois pas non !
— OK, soupira Louise.
Elle visita la boîte à gant pour y dénicher un CD de rock et l’inséra dans l’autoradio.
— Go ! hurla-t-elle, en même temps que les premières notes de Nirvana s’élevaient dans l’habitacle. C’est parti pour l’aventure!
Léo soupira bruyamment, mais elle vit le petit sourire qu’il tenta de cacher. Son frère et elle, ils étaient beaux, ils étaient jeunes et la vie leur appartenait.
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Rochelle GABE
L’ennui ! Quel enfer ! Sibylle devient folle à tourner en rond dans son minuscule appartement parisien et décide sur un coup de tête de s’offrir les vacances de ses rêves. Quitte à faire pâlir d’horreur son banquier en vidant son compte maigrement approvisionné. Mais parfois, nécessité fait loi et là, c’est l’urgence absolue ! C’est ça ou l’asile psychiatrique pour avoir fichu le feu au plancher. Non, les vacances, c’est une bien meilleure idée.
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Questionnaire de Scribay

Pourquoi écrivez-vous ?

J'écris pour donner vie à ces personnages qui frappent à la porte de mon esprit.

Listes

Avec Sur la lande, L'éveil, Catharsys, Par le fer et le feu...
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