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Roseline Lambert

Roseline Lambert
J'ai commencé à écrire en septembre 2017. Mon œuvre n'est pas le récit d'une histoire vraie, tous les personnages sont fictifs. J'ai souhaité garder le lieu de Valenciennes, là, où je suis fière d'être née.
Le roman a fait l'objet de nombreuses corrections de ma part depuis, il est disponible sur le site, version papier, ebook, epub et pdf:

https://www.bookelis.com/romans/33779-J-arrive-dans-5-minutes-Mila-.html

Martine et Fabrice se sont connus au lycée. De suite, il est tombé fou amoureux d'elle et réciproquement, elle, amoureuse de lui. Après dix ans de mariage, leur couple s'essouffle. Lucas, leur fils, est alors âgé de cinq ans et Mila de deux ans.
Chacun tombe dans la spirale infernale quotidienne du « lever, boulot, dodo », et, finit par oublier de regarder l'autre. Mais, tout va basculer le jour où Mila est enlevée. Ils vont devoir faire face à leur peur, leur mensonge, et trouver comment se battre, afin de traverser cette épreuve.
Entre un voisin aigri, un homme qui se cache près de l'école, un probable témoin près de la maison, le couple va t-il perdre la face ? Le commissaire Foulon Daniel accueille un nouvel équipier depuis six mois, Nadir Joachim, qui fait ses premiers pas dans cette affaire. Malgré son jeune âge, il fait preuve de ténacité.
Tous deux donnent le meilleur d'eux-mêmes, dans ces premières heures de l'enquête qui sont déterminantes.
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Roseline Lambert



Je voudrais pouvoir vous dire que tout cela n'est pas grave. Mais je ne peux pas. Le trou de la serrure tatoué sur ma nuque. Caché par ma chevelure. Personne ne se doute de rien. Aujourd'hui, j'ai vingt deux ans. Les plus belles années de ma vie sont probablement devant moi. Il ne peut en être autrement. Celles qui grondent encore derrière n'ont rien d'enviables.
Je pouvais tout entendre. À cette heure où les enfants sont censés conquérir un monde où dragons et fées sont rois. Moi, je ne dormais pas. Je ne pouvais pas. Je me sentais trop effrayée pour toi. Je craignais tout.
À douze ans, j'ai peur de vous. Je suis térrifiée à l'idée de vous perdre tous. Alors, j'attends là. Derrière la serrure de ma porte, je plaque mon oreille pour que rien ne m'échappe. Vos mots. Vos insultes. Ce discours incohérent que j'entends à demi-mot. On pourrait me trouver ridicule de faire ça. Moi, je ne trouve pas.
Et puis, un cri. Le bruit d'une gifle. Ça y est. Ça commence. Je serre mes mains entre mes jambes, car évidemment, j'ai envie d'uriner. Je pourrais aller au toilette pensez-vous. Non. Je ne peux vraiment pas. J'ai bien trop peur de sortir de là. Je tente de comprendre de quoi il s'en retourne cette fois. Vous parlez du travail. Les syndicats sont venus à l'usine de papa. Oui, je sais ce qu'ils représentent. Est-ce normal à mon âge ? J'en doute. Mais ça, encore, ce n'est pas dramatique.
J'avoue qu'aujourd'hui, je ne suis pas mécontente d'en avoir connaissance. Et toi. Tu pleures. Je pense que c'est à cause de la gifle. Tu as dû avoir mal. Tu te sens humiliée sans doute. Pardonne-moi. Je ne suis pas encore grande. Je ne discerne pas trop le sens du mot humiliation. Pour l'instant, je me dis que si t'as eu cette baffe, c'est que tu l'as cherché aussi.
Pourquoi tu ne fais rien ? Pourquoi tu ne l'appelles pas, la police ? Là, je suis perdue. Ce n'est pas comme ça, ailleurs. Les parents de mes amis ne se disputent pas tant. Enfin, il n' y a pas tous ces hurlements, ces pleures et nos peurs. Parce que oui, je ne suis pas seule. Il y a eux aussi. Mes frères.
Ce mot, qui de sa main vient arracher mes tripes. Elle l'a crié.
« Arrête ! »
Je sais d'ores et déjà qu'il y en a pour toute la nuit. Mes jambes tremblent, je vais me faire dessus si ça continu. Je respire fortement. J'ai dû mal à comprendre ce qu'ils racontent. Je remets l'oreille sur cette maudite serrure. Je murmure ton nom.
« Maman ! »
Évidemment que tu ne m'entends pas t'appeler. Comme-ci que ça pouvait t'aider ! Mais je ne sais rien faire d'autre. Avoir peur derrière cette porte, c'est déjà tant pour moi.
Là, tu hurles. Mes jambes vont se casser tellement elles tremblotent. Je gémis, je me hais de rester immobile. Je n'ai aucun courage. Je ne sais pas crier, ni parler. Vraiment bonne à rien.
La porte d'en face s'ouvre. Mes frères sortent. Ils sont la clé de ma serrure. Les entendre me délivre. Je sors de ma chambre.
Je me place derrière le plus grand, j'ai au moins le courage de m'interposer entre les deux frangins. On a tous les trois ces mêmes reflex. On pleure, on cri, on le supplie d'arrêter.
Ça dure ce calvaire. Deux heures passées déjà. J'ai complètement oublié de me soulager. Un moment calme, je m'éclipse vite fait. Dans ce petit mètre carré, je m'insulterai presque de petite ordure, de me retirer, alors que j'en ai besoin.
C'est le milieu de la nuit. Demain il y a école. On est fatigué. Mais on ne peut pas aller dormir. Nos boyaux de travers, la gorge sèche tant nos larmes ont coulés, nous sommes cloués au sol.
Toi, tu es sur ta chaise apeurée. Les cheveux en bataille. La joue rouge et gonflée. Tu suffoques. Tu as mal. La douleur physique tout aussi importante que la douleur psychologique.
Je ne suis pas grande, non. Mais je commence à comprendre des choses. Je m'interroge. L'as-tu vraiment mérité cette raclée ? Il dit que c'est parce que tu parles trop. Apparemment tu ne comprends rien. Les chiens ne font pas des chats alors. Car moi non plus, maman, je ne comprends rien.
Qu'est-ce-qu'on a fait de mal bon sang pour aller ce matin en classe, fatigué, triste, et seul en dedans. Toi, tu l'es encore plus parfois. Je t'ai vu atteindre le sommet de la solitude, dont l'altitude, je sais, est aussi grande que le Mont de l'Everest. C'est de ça dont j'ai peur. J'ai peur que la chute ne t'épargne pas. Du coup, pour lui non plus. Et nous avec...
Tout n'est pas noir, bien sûr. Faudrait juste un peu plus de rose des fois. Un peu plus de fleur sur la table pour embaumer la maison. Nous en avons eu des moments agréables à cinq. Des parties de carte. Des vacances dans l'aude. Des paquets de frites engloutis après les tours de manèges. Oui, il y a eu des couleurs. Mais le noir a gâché ce tableau. Ces comportements égarés ont tout gâché.
Après l'ouverture des cadeaux, on commence à jouer. Du bonheur. Une bille sillonne un circuit. Une poupée danse sous le sapin. Une dispute. Encore une. Il cri. Fait des allés et venues dans la maison. Du verre s'éparpille sur le sol. Il te gifle. Une fois, puis deux. Une chaise vole. Nous nous écartons, sans crier, ni nous rebiffer. Tels de bons chiots déjà bien dressés. Côte à côte, prêt à lever la patte pour calmer le jeu si l'un de vous le demandait.
Nos larmes tombent bien sûr, même ce jour là.
Demain, lorsque les voisines te demanderont comment s'est déroulé le réveillon, tu ne répondra que d'un grand sourire, maman, pour que personne ne s'en doute. Et tu en fera de même avec la famille.
Durant plusieurs semaines, vous ne vous parlez plus. Certes, l'ambiance n'est pas idyllique, mais ce silence repose. Peut-être êtes-vous pris de remords puisque ce calme plat durera presque une année complète. Et pourtant, je peine de plus en plus à m'endormir depuis.
J'installe un rituel. Chaque soir, une fois les embrassades faîtes aux parents, je scotche mon oreille à cette serrure. Je perçois à travers des sons étranges. Je me force à croire qu'il s'agit de la télévision. De toute façon, à cette heure, personne ne vient nous rendre visite en général. Même en journée, nous ne recevons que très rarement.
Je fatigue. Une demi-heure passée à me tenir sur mes jambes fléchies. Je me résonne à me replonger sous mes couvertures. Je fredonne pour empêcher les bruits de traverser mon conduit auditif. Mais un boum me fait sursauter et me revoilà accolée à cette serrure. Je regarde à travers et attends de voir si un de mes frères sort. Mais non. Je tape sur le tuyau de la chambre trois fois. L'un d'eux me répond. Ils ne dorment pas encore. Si quelque chose se passait, ils auraient entendu.
Je finis par m'endormir lorsque quelqu'un ouvre ma porte. On entre. Un poids se place à mes côtés. Je place ma main sur me bouche pour que l'on ne m'entende pas gémir tant j'ai peur. Mon cœur s'approche de l'explosion. Ça remue. Le lit grince. Trop effrayée, s'échappe de moi un petit cri.
« T'inquiète pas ma chérie, y a rien de grave, dors, demain t'as l'école. »
Il n'y a donc pas une personne étrange, genre un revenant qui s'est immiscé dans mon lit ?! Que fais- tu là ? Il a du se passer quelque chose avec papa. Désormais, je guetterai chaque soir derrière la porte.
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Roseline Lambert

Gabriel est mort. Enfin, je le présume. Je le pousse du pied, il ne répond pas.
« Gabi, gabi ! » lui dis-je.
Mais non, pas un membre ne bouge. Sa cage thoracique ne renvoie aucune cadence. Respire-t-il encore ? Je m'approche, sur mes gardes, pourtant, vu l'état dans lequel il se trouve, je ne crains rien. Je le souhaite vivant, évidemment. Non pas que je l'aime, mais je n'en ai pas fini avec lui. Ses yeux enflés, et les croûtes de sang sur son nez colorent son visage souillé par la poussière du sol de la cave. Ses cheveux crasseux depuis des semaines, paraissent ma foi moins rangés qu'avant. Gabi ne se coiffait que rarement, comme tout ce noyau d'hommes qui se négligent.
Je place ma main devant sa tête de manière à n'observer que son corps. Je le trouve aminci. Nettement plus svelte, toute la graisse de son ventre répugnant et débordante, disparue. Le haut de son corps ne laisse qu'apparaître les fins muscles sous sa peau tiraillée de blessures multiples dont j'en accuse la responsabilité avec joie.
Il lui manque des ongles, je lui ai rendu service, il les rongeait souvent. Cela m'agaçait, mais bien sûr, il prenait cela à la rigolade. Son haleine exhale encore des éfluves d'excrément, là aussi, son hygiène dentaire laissait à désirer.
Vautré de la sorte sur le ventre, ses pieds s'écartent comme un canard, ce qui ne change pas trop son allure habituelle, jamais ses pieds ne se tenaient parallèles. Bon sang, comment ai-je pu lui donner toutes ses années. À chaque fois que je me pose la question, la rage me monte et l'envie de le torturer augmente au fur et à mesure.
Satanique, me trouvez-vous ? Pas moi. Je le hais cette enflure. De toute façon, même si j'éprouvais une essence de remord, je ne peux revenir en arrière, sauf peut être pour conter notre histoire et comprendre comment nous avons pu en arriver là.
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Roseline Lambert

   Assise sur son fauteuil à bascule, son regard vacille entre les branches de ce vieux cerisier. Elle murmure une mélodie qui appartient à ces années d'insouciance où son cœur l'emmène. Entre deux bouffées de cigarette, elle ferme les yeux.
Léna y repense chaque soir à cette nuit d'été. À soixante seize ans, malgré ces quarante années de vie commune sans orage, elle y replonge encore avec délice. Cet été de 1958, était chaud mais rien ne l'aurait fait reculer pour remporter ce concours de danse. Ni la chaleur et la distance à pied qu'il lui fallait marcher pour se rendre jusqu'au théâtre.
Ce soir là, elle s'apprête à entrer dans le corps d'un balai. Tandis que s'échauffe les ballerines sous le froissement de leur jupon, les partenaires répètent sans relâche leur geste. La rigueur est le seul mot d'ordre où même les rubans restent en place lors d'un papillon ou d'un grand jeté ! Alors que chaque ballerine se positionne à présent près de son partenaire, Léna cherche le sien dans les coulisses du théâtre. Pierrot n'est pas au rendez-vous.
    Aujourd'hui il lui aurait suffit d'envoyer un SMS pour la prévenir de son retard, mais à l'époque, il en était tout autre. Un jeune homme dans les sous-sols lui tournant le dos, colmate une brèche d'une canalisation. Lorsqu'il se retourna, il tomba fou amoureux d'elle. Il faut dire que Léna était sans contester la plus jolie ballerine de l'époque. Elle ne fût pas indifférente au charme de cet inconnu.
     La musique retentit, Léna compris que sa chance était passée. Sans représentation, il n'y aurait pas de droit d'entrer dans la plus prestigieuse troupe de danseur étoilés. Le jeune homme resta immobile devant Léna qui ne disait mot. Quelques minutes de silence puis vient le vacarme du tuyau qui céda sous la pression de l'eau. Les jeunes gens s'en retrouvèrent trempés de la tête aux pieds. Leurs éclats de rires les rapprochèrent. Elle l'aida à réparer la fissure durant plus d'une heure.      Dans cet exquis chaos, Léna se sentait bien, et avait même oublié l'enjeu des auditions. Elle aimait sa voix et son regard. Et c'est avec délice qu'elle se laissa embrasser, pour la toute première fois. Sous le poids du désir elle s'offrit à lui. Tandis que les pas virevoltaient sur le plancher, les corps dénudés ondulaient gracieusement sous les caresses des mains inexpérimentées. Lorsque les courbes dévoilées de Sarah frissonnaient entre les doigts du jeune homme, c'était avec délicatesse qu'il la recouvra de sa veste pour qu'elle ne prenne pas froid.
      Pas un instant ils s'échangèrent leur prénom. Quelle importance cela pouvait-il avoir ? Elle était de toute beauté et lui un rêve inespéré. Léna savait bien que son père n'aurait jamais accepté un tel gendre. Alors à quoi bon en savoir davantage. Le jeune homme l'entendait aussi de cet ordre. Il avait conscience d'appartenir à un niveau social opposé.
     Avant que les auditions ne se terminent, il la raccompagna près de la scène, insistant à ce qu'elle ose danser seule. Léna tremblait tant le traque la gagnait. Comment le jury allait-il réagir ? Il lui fallait un partenaire, elle ne pouvait y danser en solo. Elle tenta de lui expliquer, mais le jeune homme fut plus persuasif qu'elle.
     Après tout, elle n'avait plus rien à perdre ! Ce concours, elle l'avait déjà échoué. La musique s'arrêta et les danseurs quittèrent la scène. Le jeune homme réussi à convainc une ballerine de prêter sa tenue de scène à Léna. Elle l'aida même à s'habiller. Chaque danseur la regardait intrigué de voir si elle allait oser, fouler les planchers, face à un jury de marbre, dont la notoriété ne se faisait plus.
     Il alluma une cigarette. Avant même que la fumée ne sortie de sa bouche, Léna se lança. Un implacable silence en fit frissonner plus d'une ballerine. Le regard détestable du jury sur Léna fit sourire le jeune homme. Un des membres la jugea d'effrontée. Mais aucun ne détournât les yeux d'elle.
      Ils lui annoncèrent sans équivoque le rejet à son entrée dans la troupe. Léna baissa la tête et la releva vite lorsqu'une des quatre voix lui dit :
« Accepterez-vous d'être en solo, dirigez par un chorégraphe ?
— Pardon ? s'émeut-elle.
— J'en serais la productrice, et ravie de travailler avec vous jeune fille ! »
     Sa première pensée alla pour le jeune homme. Elle se retourna pour lui sourire mais il n'était plus là. Léna ne le revit jamais. Elle fût l'une des plus brillantes danseuse étoile de ce siècle.      Et je ne vous dit pas cela parce qu'elle est ma femme ! Je lui laisse cet instant bien à elle, où entre chaque bouffée de la seule cigarette qu'elle fume de la journée, elle retrouve son premier amour dans ses souvenirs.
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Défi
Roseline Lambert

Je ne pourrais caresser ton joli sourire et sentir la caresse de tes mains sur ma peau, mais malgré l'eau salée qui envahit mes poumons, ton souvenir restera gravé dans mon cœur.
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Roseline Lambert

INCESTE

Même chair et même sang et pourtant...

Pauvre gamine perdue, naïve et rêveuse,
Traine les pieds en bordure de honte,
Tête baissée, les paupières lourdes, tant
De larmes déposées par-dessus les ponts,
Etouffée par la foule, cours par tous les temps.
Je croise ton chemin, sourire sans envie,
Ecoutes le silence qui pèse sur toi,
Chaque jour de ta vie un peu plus tu t'attristes,
En attendant la nuit, ton pire ennemie...
...
Mais tu donnes ton cœur à celui qui le veut,
Et tu chantes ces pleures autant que tu peux,
Et tu donnes ta vie à celui qui n'a rien,
Tu lui fais un abri , de joie, de rire et d'envie,
De l'or du bout des doigts, le monde sur tes lèvres,
Tu portes les bosses, les plaies et poses sur tes seins,
Le front de tout homme qui se plaint pour rien!
...
Et tu donnes ton corps encore et encore,
Tu ne gardes ni remord, ni regret mais à tord,
Tu laissera la nuit venir tout emporter,
Jusqu'au jour, fatiguée, d'attendre un secours,
Tu fermera ce cœur,
Un joyau,
Une émeraude...
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Roseline Lambert

Je suis dans l'illusion
projetée dans une stimulation
et je ne sais que faire
quand tu touches mon cœur
quand tu touches mes lèvres
et je ne peux que me taire
Et je t'ai dans ma tête
je vois tes larmes
je vois ton sourire
y laisser juste un rire
faire tomber les armes
je suis dans l'illusion
et je ne sais que faire
je ne peux que me taire
personne ne m'entend
enfermée, dedans, et, dehors
Je suis dans l'illusion encore
Je te laisse et prend
Ailleurs, une autre envie
Transporte au loin tes essences
Et je ne sais que faire
Et je t'ai dans ma tête
Et je ne peux que me taire
Je pars loin de toi
Mais souviens toi de moi
Tu es tellement en moi
Je t'emmène avec moi
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Roseline Lambert

Cet instant pourpre...

Voici l'automne qui pose son manteau de feuilles sous nos pieds,
Tandis que les peintres se jouent de ses couleurs sur leur toile,
Les enfants jouent encore, sur les pavés glissants ,et hissent la voile,
Ricochent les rires sur les ruisseaux, voyagent des bateaux en papier.

Le ciel nuageux fait de l'ombre aux jardins,
Il ramène une brise frissonnante sur la peau,
Mais les amants se réchauffent de baisers en vain,
Dans leur jardin d'éden, ils y étouffent leurs maux.

Je contemple le tableau, posée sur une branchage,
Seule dans mon arbre qui pleure son feuillage,
Sa verdure le quitte, son cœur se dénude.

Et les amants qui s'aimantent, s'alimentent de ça,
C'est le temps des baisers, un instant pour s'aimer,
Des lèvres qui salivent, les feuilles rougissent de ça,
Des couleurs prennent place, je peux encore rêver.

Cet instant de saison, chantons la à l'unisson,
Faisons place à la couleur, cessons d'avoir peur,
Bientôt les feuilles reviendrons, en attendant cette heure,
Profitons de ces goûts, des langues qui se délient, elles sont
La papille de tendresse, un vertige de sensation.

Cet instant de saison n'a qu'une seule couleur,
Celle de la vie, du sang, et celle du cœur...
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Roseline Lambert

Les yeux bandés et les mains liées, je sens sa lame glisser sur mon ventre vers mon entrejambe...
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Roseline Lambert

Je vous invite en ces lieux

A ces hommes de guerre, barbares, vous les fous,
De voler nos âmes, de violer les femmes,
De verser du sang plutôt que d'en donner,
De vouloir tout prendre quand il faut tant offrir,
De déraciner les arbres plutôt que de cueillir,
Dans le cœur d'une femme,
Vous y plantez la haine,
Et c'est bien là le drame,
De ce que vous y gagnez.

Je vous invite en enfer,
En ces lieux, ce refuge,
Pour que votre âme à jamais
Ne trouve aucun repos,
Que votre douleur soit infinie
Et ne cesse de grandir.

Soyez déchiquetés, de mes mains, je le voudrais,
Tourbillon, eau bouillonnante, et, éteindre votre soif
De pêcher immonde, pauvres dégueulasses,
Vos mots ne sont que fiente, ceux des mômes de l'or.
Vos discours sont impures,
Moi, je ne suis plus si sure,
Qui de vous ou de la bête,
Est la viande la plus tendre.

Je vous invite en ces lieux et dresse la table,
Bourgogne aligoté, et saint Emilion sont conviés
A ce plaisir, de vous cuisiner, appréciés, dégustés,
Ce moment délectable, qu'il vous est préparé...
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Roseline Lambert

S'il m'est donné de choisir entre ombre et lumière,
Déposer mes ailes à jamais, suspendues en plein ciel,
Me lier les mains, et, plaquer ma poitrine à terre,
Je ne pourrais que t'aimer, telle est ma prière.
Alors, vois...

S'il t'est donné d'entendre mes murmures,
Un océan de mots qui sillonnent les murs,
Un cœur battant défiant toute logique,
Combat sans répit ,fragile et tragique.
Alors, vois...

Je te laisse l'amour, donne moi tes pêchés,
Prend toute ma lumière, je ne suis que ton ombre,
Fais de toi mon enfer, je te porte au sommet,
Là où rien ne s'éteint, tu vivra à jamais.
Alors, vois...

Et si la vie t'abîme, prend mes ailes, et,
Si les autres tournent le dos, je serais si près,
Que le tourment et les regrets ne sauraient d'atteindre.
Alors, vois...

Alors vois et entend ce que je laisse,
Tout mon âme,
Tout mon cœur,
Jusqu'à saigner...
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Roseline Lambert

TOI
MAMAN

La même expression dans nos yeux bleus,
Le même éclat dans le regard, des larmes
Jumelles, nos sourires qui se touchent
De mots semblables, soufflés de nos bouches.

La même émotion dans le creu du corps,
Cœur battant , se soulevant, battant infiniment,
Pour pareil cause, par conséquent,
Je prie le passeur de la mort,
Qu'il t'envoie cette lettre, quand je mens,
Ou me vend, à défaut de gagner
Un instant de trêve, et, revoir encore
Les mêmes yeux, la même femme, et,
Te souffler de tes lèvres qui sont miennes,
Je t'aime.

Et je trinque à la vie,
Quand je pleure ou lorsque je ris,
Ces moments de nous, mis dans ce gant de crin.

Merde à dieu, aux hommes et à tous les saints,
D'avoir pris mon seul et unique bien:
Mon miroir,
Mon reflet,
Mon refuge,
Ma moitié..
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