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Roseline Lambert

Aide-soignante clinicienne, je suis maman de deux enfants, écrire a toujours été ma passion première.

Je gratte le papier depuis mes quinzes ans mais jamais je n'ai osé et pris le temps d'aller jusqu'à la fin d'une oeuvre.

A ce jour mon premier roman a été envoyé a différentes maisons d'éditions. N'ayant jamais eu de bêta lecteur, j'y ai déposé ici, les premiers chapitres. Les autres seront mis si vous m'en t"moignez la demande.

Mon deuxième roman est en cours d'écriture, environs 150 pages A4. Je profite de vos expériences, jugements, correction orthographique, afin de l'améliorer.

Je remercie par avance, toute personne qui prendra le temps de me lire et accueille avec plaisir vos remarques constructives.

Bonne lecture !

Et à votre plume !

Roseline

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œuvres
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défis réussis
90
"J'aime" reçus

Œuvres

Roseline Lambert
J'ai commencé à écrire en septembre 2017. Mon œuvre n'est pas le récit d'une histoire vraie, tous les personnages sont fictifs. J'ai souhaité garder le lieu de Valenciennes, là, où je suis fière d'être née.
Le roman a fait l'objet de nombreuses corrections de ma part depuis, il est disponible sur le site, version papier, ebook, epub et pdf:

https://www.bookelis.com/romans/33779-J-arrive-dans-5-minutes-Mila-.html

Martine et Fabrice se sont connus au lycée. De suite, il est tombé fou amoureux d'elle et réciproquement, elle, amoureuse de lui. Après dix ans de mariage, leur couple s'essouffle. Lucas, leur fils, est alors âgé de cinq ans et Mila de deux ans.
Chacun tombe dans la spirale infernale quotidienne du « lever, boulot, dodo », et, finit par oublier de regarder l'autre. Mais, tout va basculer le jour où Mila est enlevée. Ils vont devoir faire face à leur peur, leur mensonge, et trouver comment se battre, afin de traverser cette épreuve.
Entre un voisin aigri, un homme qui se cache près de l'école, un probable témoin près de la maison, le couple va t-il perdre la face ? Le commissaire Foulon Daniel accueille un nouvel équipier depuis six mois, Nadir Joachim, qui fait ses premiers pas dans cette affaire. Malgré son jeune âge, il fait preuve de ténacité.
Tous deux donnent le meilleur d'eux-mêmes, dans ces premières heures de l'enquête qui sont déterminantes.
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Roseline Lambert



Je voudrais pouvoir vous dire que tout cela n'est pas grave. Mais je ne peux pas. Le trou de la serrure tatoué sur ma nuque. Caché par ma chevelure. Personne ne se doute de rien. Aujourd'hui, j'ai vingt deux ans. Les plus belles années de ma vie sont probablement devant moi. Il ne peut en être autrement. Celles qui grondent encore derrière n'ont rien d'enviables.
Je pouvais tout entendre. À cette heure où les enfants sont censés conquérir un monde où dragons et fées sont rois. Moi, je ne dormais pas. Je ne pouvais pas. Je me sentais trop effrayée pour toi. Je craignais tout.
À douze ans, j'ai peur de vous. Je suis térrifiée à l'idée de vous perdre tous. Alors, j'attends là. Derrière la serrure de ma porte, je plaque mon oreille pour que rien ne m'échappe. Vos mots. Vos insultes. Ce discours incohérent que j'entends à demi-mot. On pourrait me trouver ridicule de faire ça. Moi, je ne trouve pas.
Et puis, un cri. Le bruit d'une gifle. Ça y est. Ça commence. Je serre mes mains entre mes jambes, car évidemment, j'ai envie d'uriner. Je pourrais aller au toilette pensez-vous. Non. Je ne peux vraiment pas. J'ai bien trop peur de sortir de là. Je tente de comprendre de quoi il s'en retourne cette fois. Vous parlez du travail. Les syndicats sont venus à l'usine de papa. Oui, je sais ce qu'ils représentent. Est-ce normal à mon âge ? J'en doute. Mais ça, encore, ce n'est pas dramatique.
J'avoue qu'aujourd'hui, je ne suis pas mécontente d'en avoir connaissance. Et toi. Tu pleures. Je pense que c'est à cause de la gifle. Tu as dû avoir mal. Tu te sens humiliée sans doute. Pardonne-moi. Je ne suis pas encore grande. Je ne discerne pas trop le sens du mot humiliation. Pour l'instant, je me dis que si t'as eu cette baffe, c'est que tu l'as cherché aussi.
Pourquoi tu ne fais rien ? Pourquoi tu ne l'appelles pas, la police ? Là, je suis perdue. Ce n'est pas comme ça, ailleurs. Les parents de mes amis ne se disputent pas tant. Enfin, il n' y a pas tous ces hurlements, ces pleures et nos peurs. Parce que oui, je ne suis pas seule. Il y a eux aussi. Mes frères.
Ce mot, qui de sa main vient arracher mes tripes. Elle l'a crié.
« Arrête ! »
Je sais d'ores et déjà qu'il y en a pour toute la nuit. Mes jambes tremblent, je vais me faire dessus si ça continu. Je respire fortement. J'ai dû mal à comprendre ce qu'ils racontent. Je remets l'oreille sur cette maudite serrure. Je murmure ton nom.
« Maman ! »
Évidemment que tu ne m'entends pas t'appeler. Comme-ci que ça pouvait t'aider ! Mais je ne sais rien faire d'autre. Avoir peur derrière cette porte, c'est déjà tant pour moi.
Là, tu hurles. Mes jambes vont se casser tellement elles tremblotent. Je gémis, je me hais de rester immobile. Je n'ai aucun courage. Je ne sais pas crier, ni parler. Vraiment bonne à rien.
La porte d'en face s'ouvre. Mes frères sortent. Ils sont la clé de ma serrure. Les entendre me délivre. Je sors de ma chambre.
Je me place derrière le plus grand, j'ai au moins le courage de m'interposer entre les deux frangins. On a tous les trois ces mêmes reflex. On pleure, on cri, on le supplie d'arrêter.
Ça dure ce calvaire. Deux heures passées déjà. J'ai complètement oublié de me soulager. Un moment calme, je m'éclipse vite fait. Dans ce petit mètre carré, je m'insulterai presque de petite ordure, de me retirer, alors que j'en ai besoin.
C'est le milieu de la nuit. Demain il y a école. On est fatigué. Mais on ne peut pas aller dormir. Nos boyaux de travers, la gorge sèche tant nos larmes ont coulés, nous sommes cloués au sol.
Toi, tu es sur ta chaise apeurée. Les cheveux en bataille. La joue rouge et gonflée. Tu suffoques. Tu as mal. La douleur physique tout aussi importante que la douleur psychologique.
Je ne suis pas grande, non. Mais je commence à comprendre des choses. Je m'interroge. L'as-tu vraiment mérité cette raclée ? Il dit que c'est parce que tu parles trop. Apparemment tu ne comprends rien. Les chiens ne font pas des chats alors. Car moi non plus, maman, je ne comprends rien.
Qu'est-ce-qu'on a fait de mal bon sang pour aller ce matin en classe, fatigué, triste, et seul en dedans. Toi, tu l'es encore plus parfois. Je t'ai vu atteindre le sommet de la solitude, dont l'altitude, je sais, est aussi grande que le Mont de l'Everest. C'est de ça dont j'ai peur. J'ai peur que la chute ne t'épargne pas. Du coup, pour lui non plus. Et nous avec...
Tout n'est pas noir, bien sûr. Faudrait juste un peu plus de rose des fois. Un peu plus de fleur sur la table pour embaumer la maison. Nous en avons eu des moments agréables à cinq. Des parties de carte. Des vacances dans l'aude. Des paquets de frites engloutis après les tours de manèges. Oui, il y a eu des couleurs. Mais le noir a gâché ce tableau. Ces comportements égarés ont tout gâché.
Après l'ouverture des cadeaux, on commence à jouer. Du bonheur. Une bille sillonne un circuit. Une poupée danse sous le sapin. Une dispute. Encore une. Il cri. Fait des allés et venues dans la maison. Du verre s'éparpille sur le sol. Il te gifle. Une fois, puis deux. Une chaise vole. Nous nous écartons, sans crier, ni nous rebiffer. Tels de bons chiots déjà bien dressés. Côte à côte, prêt à lever la patte pour calmer le jeu si l'un de vous le demandait.
Nos larmes tombent bien sûr, même ce jour là.
Demain, lorsque les voisines te demanderont comment s'est déroulé le réveillon, tu ne répondra que d'un grand sourire, maman, pour que personne ne s'en doute. Et tu en fera de même avec la famille.
Durant plusieurs semaines, vous ne vous parlez plus. Certes, l'ambiance n'est pas idyllique, mais ce silence repose. Peut-être êtes-vous pris de remords puisque ce calme plat durera presque une année complète. Et pourtant, je peine de plus en plus à m'endormir depuis.
J'installe un rituel. Chaque soir, une fois les embrassades faîtes aux parents, je scotche mon oreille à cette serrure. Je perçois à travers des sons étranges. Je me force à croire qu'il s'agit de la télévision. De toute façon, à cette heure, personne ne vient nous rendre visite en général. Même en journée, nous ne recevons que très rarement.
Je fatigue. Une demi-heure passée à me tenir sur mes jambes fléchies. Je me résonne à me replonger sous mes couvertures. Je fredonne pour empêcher les bruits de traverser mon conduit auditif. Mais un boum me fait sursauter et me revoilà accolée à cette serrure. Je regarde à travers et attends de voir si un de mes frères sort. Mais non. Je tape sur le tuyau de la chambre trois fois. L'un d'eux me répond. Ils ne dorment pas encore. Si quelque chose se passait, ils auraient entendu.
Je finis par m'endormir lorsque quelqu'un ouvre ma porte. On entre. Un poids se place à mes côtés. Je place ma main sur me bouche pour que l'on ne m'entende pas gémir tant j'ai peur. Mon cœur s'approche de l'explosion. Ça remue. Le lit grince. Trop effrayée, s'échappe de moi un petit cri.
« T'inquiète pas ma chérie, y a rien de grave, dors, demain t'as l'école. »
Il n'y a donc pas une personne étrange, genre un revenant qui s'est immiscé dans mon lit ?! Que fais- tu là ? Il a du se passer quelque chose avec papa. Désormais, je guetterai chaque soir derrière la porte.
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Roseline Lambert

Gabriel est mort. Enfin, je le présume. Je le pousse du pied, il ne répond pas.
« Gabi, gabi ! » lui dis-je.
Mais non, pas un membre ne bouge. Sa cage thoracique ne renvoie aucune cadence. Respire-t-il encore ? Je m'approche, sur mes gardes, pourtant, vu l'état dans lequel il se trouve, je ne crains rien. Je le souhaite vivant, évidemment. Non pas que je l'aime, mais je n'en ai pas fini avec lui. Ses yeux enflés, et les croûtes de sang sur son nez colorent son visage souillé par la poussière du sol de la cave. Ses cheveux crasseux depuis des semaines, paraissent ma foi moins rangés qu'avant. Gabi ne se coiffait que rarement, comme tout ce noyau d'hommes qui se négligent.
Je place ma main devant sa tête de manière à n'observer que son corps. Je le trouve aminci. Nettement plus svelte, toute la graisse de son ventre répugnant et débordante, disparue. Le haut de son corps ne laisse qu'apparaître les fins muscles sous sa peau tiraillée de blessures multiples dont j'en accuse la responsabilité avec joie.
Il lui manque des ongles, je lui ai rendu service, il les rongeait souvent. Cela m'agaçait, mais bien sûr, il prenait cela à la rigolade. Son haleine exhale encore des éfluves d'excrément, là aussi, son hygiène dentaire laissait à désirer.
Vautré de la sorte sur le ventre, ses pieds s'écartent comme un canard, ce qui ne change pas trop son allure habituelle, jamais ses pieds ne se tenaient parallèles. Bon sang, comment ai-je pu lui donner toutes ses années. À chaque fois que je me pose la question, la rage me monte et l'envie de le torturer augmente au fur et à mesure.
Satanique, me trouvez-vous ? Pas moi. Je le hais cette enflure. De toute façon, même si j'éprouvais une essence de remord, je ne peux revenir en arrière, sauf peut être pour conter notre histoire et comprendre comment nous avons pu en arriver là.
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Listes

Avec Au fond du puits, Un papillon en hiver, L'intimité à travers l'expérience de la maladie et du soin : force ou vulnérabilité ?...
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