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Your Acid Jazz

Retrouvez-moi sur Your-Acid-Jazz.tumblr.com

Hey ! Je vous préviens tout de suite. Moi, présentation, ça coopère pas, donc on va faire simple :

Je suis une fille, j’ai faim et je dessine. Oui, ces trois infos n’ont aucun rapport entre elles, je sais. Mais au moins, vous me connaissez un peu mieux. Ce que j’aime le plus dans l’écriture, c’est décrire. Ohhhh yess je peux vous faire un pavé de description. 3 pages facile.

Aussi, j’adore les cornichons.

2
œuvres
1
défis réussis
7
"J'aime" reçus

Œuvres

Défi
Your Acid Jazz

— Pourquoi est-ce que tu ne veux rien dire ?
— Parce que je suis loyale.
Loyale.
Fidèle.
Ce sont des mots… étranges. Qu’est-ce qui définit la loyauté ? Un dévouement, une honnêteté ?
Ses yeux sont humides, mais elle ne laissera aucune larme couler. Pas devant eux. Il faut qu’elle reste forte. Heureusement que sa fleur est cachée dans la doublure de sa jupe. Shiru ne va pas l’utiliser. C’est le seul point positif.
Après, pour ce qui est des points négatifs…
Elle n’a pas assez fait attention. Elle avait juste prévu de continuer sa mission habituelle, c'est-à-dire de s’infiltrer dans leur QG, de s’avancer un peu plus pour en faire une carte, de retour à la maison. Et puis, si elle pouvait les épier, ce ne serait que du bonheur.
Ca fait plusieurs mois qu’elle fait ça. Quelqu’un penserait qu’elle sait maintenant être le plus discrète possible, qu’elle a assez d’expérience pour ne pas se faire remarquer. En tout cas, c’est ce qu’elle croyait, elle.
Grossière erreur.
Elle a été négligente quant à sa présence sur les lieux. Elle a été bruyante. Et maintenant, elle est là. Dans une cellule, en face de l’un des sous-fifres les plus dérangés qui soient. Enfin, l’une. Erika.
Dès qu’elle l’a vue entrer dans la pièce, elle a directement su que cette torture sera bien, bien plus douloureuse que la première. Elle déglutit. Elle regarde ailleurs.
Ils ont vraiment du culot. C’est exactement la même cellule dans laquelle ils l’avaient enfermée à ses débuts. Il semble que c’était il y a des années. Ha.
Elle espère pouvoir survivre pendant son séjour ici. Cela fait déjà presque deux jours et elle est sûre d’avoir une jambe cassée. Le reste, elle peut le voir et ce n’est pas très agréable : des griffures, des coupures, des bleus, des hématomes, d’immenses ouvertures. Son nez saigne et ses yeux sont irrités.
Ah, mince.
Visiblement, la larme a coulé.
Et elle qui voulait jouer les dures, c’est raté.
— Oh, mais… Mais tu pleures ? Si c’est pas mignon ! Fuusei, viens voir, elle pleure !
Fuusei sort de l’ombre et s’avance, les bras croisés, un sourire amusé placardé sur son visage. Oh non. Et un autre taré. Génial. Elle renifle et d’autres larmes viennent traverser ses joues. L’eau salée brûle ses blessures au visage et elle grince des dents. Elle respire fort. Il faut qu’elle tienne. Elle va se régénérer. C’est sûr. Dans… Dans pas longtemps.
Pourtant, elle sait que ce n’est qu’un mensonge. Elle ne va pas aller mieux. Elle souffre beaucoup trop pour pouvoir se régénérer. Ses dix doigts ne suffisent pas à compter ses plaies. Elle se mord la langue. Elle creuse et creuse pour pouvoir oublier les autres maux. Lorsqu’elle avale sa salive, le goût écœurant du sang s’y mélange, mais elle ne dit rien. Tout ce temps, elle se sent étudiée par les deux adolescents. Ses lèvres frémissent d’appréhension.
— Oh, oh ! s’exclame Erika, excitée. Je peux lui enlever les yeux maintenant ?!
— Non, répond calmement Fuusei. Tu sais ce que la patronne veut. Reste sur le bon vieux coup de poing.
— Oh. Okay, alors.
Erika s’approche. Lentement, pas par pas. Son cœur tambourine contre sa poitrine, demandant à s’enfuir. Et elle ne demande pas mieux. Erika s’accroupit juste en face. Etrangement, elle sent bon. De la lavande. Elle s’attendait plutôt à ce qu’elle sente la mort mais qui est-elle pour juger ?
Ah, oui.
Sa victime.
Elle fulmine tout bas, un petit grognement enragé sort. Erika ne semble pas le remarquer. Cette dernière lui sourit tendrement.
— Alors ? Tu t’es décidée ?

Elle réfléchit.

Elle se déteste.
Elle se hait.
Mais elle doit se l’avouer.
Pendant un instant, elle a hésité. Ce serait tellement plus simple de sortir une phrase. Une phrase. Juste une. Et on la libère et on la laisse aller à l’hôpital, sans demander son reste. Elle sent ses membres trembler.
La blonde soupire.
— Bon, tu vas nous dire ce qui la rendrait triste ? En colère ? Désespérée ? Je sais pas, moi, je m’en fout, juste de quoi la posséder.
Elle ne dit rien.
— Roh, allez. C’est pas si mal. C’est ce que Shiru nous a fait et regarde-nous. On se porte bien, non ?
Non.
— Très bien. Tu ne me laisses pas d’autres choix.
Elle lui assène un violent coup de poing à la mâchoire, faisant déferler le sang dans sa bouche. Elle s’étouffe et se voit obligée d’ouvrir la bouche pour tout libérer. Elle tousse. Oh mon Dieu, elle croit bien qu’elle va vomir.
Elle plisse des yeux en espérant arranger sa vision de la pièce qui n’arrête pas de tourner. Elle ravale la bile acide qui était remontée, et tousse encore.
— Alors, t’as réfléchi ?
Ses membres sont de plus en plus fébriles. Elle jette son plus beau regard noir aux deux personnes.
— Peut-être que si tu nous parles de ta sœur, Rina…
Erika se tourne vers son compagnon.
— J’veux dire, pourquoi pas. Elle est assez proche d’Inochi. Si on a Rina, on a plus de chances d’avoir la fille.
Et elle lui refait face. Son tournis ne va pas mieux.
— Alors ? Alors ?
Elle hoche la tête pour lui demander de s’approcher. Elle obéit. Elle expire longuement puis lui crache sur les clavicules. Mince. Elle visait le visage.
— Oh. Je vois, dit-elle simplement, ce qui s’avère effrayant. Bon, tu sais ce qui…
Elle s’interrompt et s’approche un peu plus. Ses pupilles parcourent son corps. Elle ne peut s’empêcher de gigoter.
— Hey. Fea. Tu trembles, non ?
— … Non, marmonne-t-elle, la voix rauque.
— Mais si. Si, si. Tu trembles.
Elle secoue la tête du mieux qu’elle peut. Elle la voit venir. Elle a déjà eu affaire à elle. Par pitié, s’il n’y a, ne serait-ce qu’une infime justice dans ce monde, aidez-la.
Pitié.
Aidez-la.
Erika se lève, quitte la pièce. Fuusei la surveille toujours, mais ne bouge pas de son coin.
Pitié…
Erika revient, armée d’une scie circulaire. Les yeux de Fea s’écarquillent. D’autres larmes coulent tandis qu’elle crie intérieurement.
A l’aide !
Elle s’avance, ayant lancé la scie.
A l’aide…
Elle sanglote. Qu’a-t-elle fait, de sa vie entière, pour mériter une fin pareille… ?
Les dents métalliques s’attaquent à ses épaules nues, accompagnées par une avalanche de douleur. Les mouvements de son bourreau sont lents et malicieux. Fuusei détourne le regard, il ne possède pas la même soif sanglante que sa partenaire temporaire.
Et Fea reste là, à subir. Personne ne répond à sa question. Personne ne répond à ses prières, ses appels désespérés. Personne. Rien.
Et le monde est injuste. Et Fea est idiote, seule et loyale.

Idiote.
Seule.
Loyale.

Vous voulez savoir ce que loyale veut dire ?
Loyale veut dire Fea.
Et Fea veut dire loyale.



Jusqu’au bout.
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Your Acid Jazz

En entrant dans sa chambre, la première chose que l’on puisse remarquer est la couleur. Pas bleue, pas rose, mais un doux mélange de ces deux couleurs. La tapisserie qui couvre les murs est pleine d’arabesques fleuries. Le sol est masqué par une moquette bleutée, qui se marie au ton des murs.
Le lit ne peut être plus proche de la fenêtre. Ce dernier possède une tête d’un blanc crémeux, sur laquelle est déposée une veilleuse ronde, qui, d’après les motifs qui l’ornent, projette un effet étoilé, lorsqu’elle est allumée. Idéale à utiliser lors d’une nuit solitaire et froide. Le drap, lui, est d’un bleu comparable à la nuit. La grosse couverture moelleuse et rassurante est nuancée de bleu et de violet, agrémentée par des petits pois blancs. Vus de hauts, ces derniers sont comparables à des étoiles.
Une petite table de nuit accompagne le meuble. Sur celle-ci, une lampe bien plus grande que celle qui trône sur le lit. Sûrement plus utile pour lire, que pour dormir. Dans le compartiment, trois livres sont empilés. Ce sont tous des romans. Deux d’entre eux sont des récits fantastiques, d’aventures et le troisième est un roman policier. Près d’eux, une console de jeu.
Puis, au coin des murs où se trouvent le lit et la porte, une étagère. Celle-ci est en bois blanc, rien de plus simple. Son côté visible est camouflé par un poster grandeur nature d’une héroïne de jeu vidéo, en costume de combat. L’étagère comporte des romans, des recueils de nouvelles, des DVDs, des cassettes de jeux divers, en passant d’un quelconque jeu d’arcade à celui le plus élaboré et attachant qui soit. Ensuite, on a des produits de beauté, comme du parfum, des crèmes, du déodorant ou encore un stick à lèvres, mais pas de maquillage en vue. Sur le même étage repose une tirelire en forme de tortue, sur ses petites pattes vertes. Le trou qui sert à y entrer des pièces se trouve dans la carapace. C’est cette dernière qu’il faut tourner un certain nombre de fois avant de pouvoir accéder à toutes les économies de la jeune fille. Après le reste, ce n’est que des affaires scolaires. Des cahiers, des manuels, des sacs. Pleins de sacs, à vrai dire. Faits main. Mais sûrement par quelqu’un d’autre, puisqu’aucun matériel de couture n’est présent, ici.
Quand on pénètre dans la chambre, ce sont des rideaux sombres qui nous accueillent. Ils sont sur le mur face à la porte. Ils sont dégagés, permettant aux rayons du soleil de s’infiltrer dans la pièce. La fenêtre est très grande, la luminosité est excellente et les rideaux ne sont pas très opaques, ce qui obligerait donc qui que ce soit à se réveiller, le matin. Idéal, pour les étudiants.
Contre le mur en face du matelas multicolore, se dresse une armoire. Elle aussi, semble bien simple, de l’extérieur. Toujours en bois, mais elle n’est pas repeinte. Après, bien sûr, ses deux portes sont décorées. L’une d’elle contient un poster d’un lieu sombre, faisant référence à une série télévisée, et un autre, plus joyeux et fantaisiste, faisant référence à une autre série magique. L’autre porte n’est décorée que par des photos souvenirs. Deux jeunes filles souriantes, exposant leur appareil dentaire. Un garçon et une fille, partageant une glace. Un groupe d’amis qui éclatent de rire. Et d’autres encore, qui ne peuvent que réchauffer le cœur de quelqu’un. L’armoire, qui d’habitude est fermée à clés, est ouverte. Elle permet à quiconque de jeter un coup d’œil à l’intérieur. La majorité des vêtements sont suspendus et une absence de robes ou de jupes est facilement remarquable. Ca ne veut pas dire pour autant que les hauts ne sont pas féminins.
En bas, il y a deux tiroirs ouverts, où se trouvent encore plus d’habits, la plupart, défaits. Derrière l’une des portes, un long miroir qui aide à se préparer. Derrière l’autre, une feuille froissée est épinglée. On peut y lire « Nombre de jours passés sans me mutiler ». En dessous du titre, il y a des petites barres qui représentent les jours passés. Puis, des ratures et des phrases démotivantes comme « je n’y arriverai jamais » ou encore « ça ne sert à rien ». Puis, d’autres barres. Puis des phrases encourageantes, d’une écriture différente. Des petits dessins drôles. Un sourire lui échappe une fraction de seconde. C’est lui, qui les avait faits.
Un peu plus loin de l’armoire, au coin du mur, il y a un pouf. Il est jaune et son dossier est agrémenté d’une fausse feuille verte. Il ressemble à une poire et paraît infiniment confortable.
Enfin, sur le dernier côté, siège une longue table blanche et sa chaise de bureau, roulante. Celle-ci est recouverte d’un fin drap rosâtre qu’elle utilisait pour être à l’aise à son maximum. Sur une partie de son bureau, il n’y a que du matériel de dessin. Des pinceaux, des palettes, de l’aquarelle, de la gouache, de l’acrylique, des feutres, des crayons de couleurs, des critériums, des gommes, et, bien sûr, des carnets. Ils sont fermés, et, franchement, il ne veut pas les ouvrir, maintenant. L’autre partie est bien plus banale, avec un ordinateur portable branché à des écouteurs (dont ils se servaient afin d’écouter de la musique ensemble). Un cahier rempli d’équations qu’elle s’est faite un plaisir à compléter jusqu’au moment fatidique où elle a lâchement abandonné à cause de la difficulté. Quelques stylos, un effaceur. Sous la table, un télescope plié et condensé. Tout en haut, proche du plafond, une lignée de guirlandes de basse luminosité. Sa chambre est tout simplement galactique, pas étonnant de penser qu’elle est passionnée par l’astronomie.
Il s’accoude au bureau, il a la tête qui tourne.
Il ferme les yeux. La bile qui était remontée se coince dans sa gorge.
Il déglutit. Il essaie d’ignorer le sang sur ses vêtements.


Quelle magnifique chambre.

Qu’est-ce qu’ils vont bien pouvoir en faire, maintenant qu’elle est morte ?
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Questionnaire de Scribay

Pourquoi écrivez-vous ?

C’est une évasion, et j’ai beaucoup trop d’imagination, faut que je la fasse sortir.
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